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InterviewC à vous (sur YouTube)· 21 octobre 2021 8 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsSolidarités & famille

Face à Éric Zemmour, la classe politique dans l’embarras, avec P. Corbé & L. Alemagna - 21/10/2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteÉludée

    C'est le même phénomène ?

  • 3:04OuverteRéponse partielle

    Vous pensez que vous avez fait une erreur ?

  • 4:57OuverteRéponse directe

    Que s'est-il passé quand vous avez sollicité la réaction des ministres ?

  • 7:35OuverteRéponse directe

    Le traitement médiatique d'Éric Zemmour, et ici même, encore hier, dans toutes les rédactions.

  • 8:02RelanceRéponse partielle

    En parler, c'est le favoriser ou pas ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:21Invité politiqueFait
    « Il y a une différence. »
  • 0:30Invité politiqueFait
    « Je me méfie de la comparaison simpliste de dire « Ah, c'est Trump ». »
  • 0:36Invité politiqueFait
    « Le système électoral n'est pas le même. »
  • 0:44Invité politiqueFait
    « Sa stratégie ou la manière dont il fait des efforts tous les jours pour capter l'attention, pour assécher l'oxygène du reste de la classe politique, des médias, c'est la même méthode. »
  • 4:00Invité politiqueChiffre
    « Elle a été invité plus souvent qu'Éric Zemmour sur le plateau de BFM TV. En temps de parole. »
  • 4:27Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas de savoir ce qu'il fera en avril, le score qu'il fera en avril, ou s'il aura ses 500 signatures. C'est ce que ça révèle aujourd'hui de la société française. »
  • 5:38Invité politiqueFait
    « Jean-Michel Blanquer, officier nazi, qui était le médecin d'Auschwitz, qui sélectionnait ceux qui allaient se faire gazer et qui menait des expérimentations sur des victimes. »

Temps de parole

  • Éric Zemmour59 %
  • Invité17 %
  • Présentateur12 %
  • Invité 211 %

4,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Pendant 6 ans, vous avez été correspondant aux Etats-Unis, Philippe Corbet. Là où un certain Donald Trump, pendant des années, s'est attaqué aux journalistes et des attaques quasi quotidiennes contre la presse. C'est le même phénomène ?

0:13
Éric Zemmour

Vous avez 3 heures ? Je ne sais pas. Franchement, je me pose la question tous les jours et on me pose la question 50 fois par jour. Et je ne sais pas. Il y a une différence.

0:21
Invité

Si on compare à Donald Trump, c'est peut-être un peu ce qu'il cherche aussi.

0:24
Éric Zemmour

Non, c'est-à-dire que les deux personnes ont beaucoup de différences. Et moi, je me méfie de la comparaison simpliste de dire « Ah, c'est Trump ». Je pense que c'est une manière de se mettre des œillards.

0:33
Invité

Il avait un parti, lui, il n'a pas le parti.

0:35
Éric Zemmour

Voilà, notamment. Le système électoral n'est pas le même. En revanche, il y a quelque chose qui est très clair. C'est que sa stratégie ou la manière dont il fait des efforts tous les jours pour capter l'attention, pour assécher l'oxygène du reste de la classe politique, des médias, c'est la même méthode. Et quand je dis ce problème-là, il se pose au RN, il se pose à LR, il se pose à la majorité, il se pose aux médias, il se pose à tout le monde. Il assèche l'oxygène et d'une certaine manière, on est tous piégés. Et ça, Trump...

1:02
Présentateur

Oui, les médias, comme ses concurrents, comme ses rivaux à l'élection présidentielle, comme les autres partis politiques...

1:07
Invité

Oui, parce qu'il y a quelque chose qui a changé par rapport aux deux précédentes présidentielles, c'est qu'il n'y a pas de primaire, de vraie primaire. Il y avait des primaires citoyennes en 2012. Il y a eu des primaires de droite, puis de gauche en 2016 et 2017. Et ça a focalisé aussi notre attention médiatique sur des questions de fonds. C'est-à-dire qu'on a parlé, avec Benoît Hamon, du revenu universel. On a parlé avec François Fillon du nombre de fonctionnaires en France. Donc on a parlé de fonds dans ces primaires. Et là, on a une attraction de cette présidentielle médiatique qui est là. Et donc, on manque de sujets de fonds.

Enfin, ce qui a surtout changé, c'est l'écosystème médiatique. C'est-à-dire qu'il y a 20 ans, le même candidat, avec le même incident, ça aurait donné, le lendemain, dans toute la presse, ce qu'on appelle une photo légende. On aurait publié la photo, qui est très forte, celle que vous avez choisie pour illustrer votre papier. Elle est quand même très symbolique. Et d'ailleurs, j'ai fait une petite recherche comme ça, vite fait. Il n'y a qu'un seul équivalent d'un personnage de premier plan tenant un fusil d'assaut, c'est Poutine. Il y a Bolsonaro aussi. Ah, Bolsonaro, je ne l'ai pas cherché. Bon, ben voilà, en tout cas, Poutine et Bolsonaro, donc ça... Donald Trump, non ?

Ça devient des choses.

2:12
Présentateur

On ne l'a pas vu jouer avec des armes ?

2:13
Invité

Pas poiton des journalistes ? Non, non, non, avec un fusil comme ça dans la main, mais pas pointant vers qui que ce soit. Mais pour revenir à l'écosystème médiatique, photo légende il y a 20 ans, aujourd'hui, réseaux sociaux plus chaînes d'information, c'est-à-dire instantanéité, fait que les gens se répondent en direct.

2:32
Éric Zemmour

Et ministre ! Mais bien sûr, et rappelons que si Marlène Schiappa répond, elle le fait sur Twitter. Elle ne fait pas un comique, elle le fait sur Twitter. Pourquoi ? Parce qu'il y a aussi une sorte d'énorme bulle qui part, virale, qui parle de cette séquence. C'est-à-dire que cet événement existe sur les réseaux sociaux. Plein de gens le voient, plein de gens le commentent. Et d'une certaine manière, choisir, et le choix qu'on faisait, et peut-être que ce n'était pas le bon, mais le choix qu'on faisait de... on ne le diffuse pas, c'était aussi un choix de ne pas... Alors même que ça existait, que plein de gens le voyaient sur les réseaux sociaux. Enfin, c'est compliqué, c'est difficile.

On doit faire des choix tous les jours. Parfois, on se gourre. Mais c'est vraiment des questions qu'on se pose. Vous pensez que vous avez fait une erreur ? Il aurait mieux fallu la diffuser tout de suite ? Non, je pense, je maintiens que... Parce que je connais l'impact aussi d'une chaîne comme FM TV. Et je sais très bien que si on commence à diffuser ça, ça se passe à 10h29, si on commence à le diffuser à 10h40, on donne un écho extraordinaire. Extraordinaire. Et franchement, ces choix-là, on se les fait tous les jours, plusieurs dizaines de fois par jour. Qu'est-ce qu'on fait ?

3:31
Invité

Tous les jours, BFM fait quand même partie de ces chaînes qu'on pourrait dire qualifiées de chaînes tout Zemmour. Je suis désolée, mais depuis plusieurs semaines, on regarde BFM.

3:37
Éric Zemmour

C'est ce que nous dit le RN. Vous parlez tout le temps d'Éric Zemmour ? Alors, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. On parle beaucoup d'Éric Zemmour. Mais par exemple, Éric Zemmour a été moins invité sur l'antenne cette dernière semaine que Sandrine Rousseau. En temps d'antenne également ? En temps d'antenne. Quand même, des lay-neux ? Non, c'est vrai, bien sûr.

3:55
Présentateur

Elle a eu moins de temps d'antenne, Sandrine Rousseau. Elle a eu plus de temps d'antenne sur BFM TV.

4:00
Éric Zemmour

Elle a été invité plus souvent qu'Éric Zemmour sur le plateau de BFM TV. En temps de parole. En temps de parole. En temps de parole, pas en temps de parole. Évidemment qu'on parle plus d'Éric Zemmour. Mais à un moment donné, soyons clairs, c'est quoi ? On est tous journalistes, là ? Le journaliste, c'est regarder le réel. Et parfois, le réel, ce n'est pas juste des petites fleurs avec des oiseaux qui font cucuy. Et parfois, le réel, ça pique. Et il faut choisir de regarder ce qui se passe. Aujourd'hui, l'alternative, c'est quoi ? C'est de ne pas regarder ce qui se passe dans la société française.

Parce que la question, au fond, à Éric Zemmour, ce n'est pas de savoir ce qu'il fera en avril, le score qu'il fera en avril, ou s'il aura ses 500 signatures. C'est ce que ça révèle aujourd'hui de la société française. Qu'autant de Français écoutent Éric Zemmour parler d'immigration, d'identité, et se disent « j'ai envie d'entendre cet homme ». Ça dit quelque chose de la société française. Quand la société française ne réagit pas à certains propos d'Éric Zemmour, ça dit quelque chose de la société française et d'une forme de banalisation de certains propos. Et ça, c'est un révélateur, non pas seulement de Zemmour et de la situation politique, mais de ce qu'est la France de 2021.

C'est une question d'équilibre, du coup, aussi.

4:57
Présentateur

Hier, Marlène Schappert a réagi, mais sur les précédents propos polémiques d'Éric Zemmour, que s'est-il passé quand vous avez sollicité la réaction des ministres ?

5:05
Éric Zemmour

Je prends un exemple, c'est l'exemple que j'ai cité, et qui n'est peut-être pas le bon. Un soir, sur Europe 1, c'était, je crois, le 6 octobre, Éric Zemmour, dans une interview avec Laurence Ferrari, évoque la circulaire mise en place par Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, sur l'accueil des enfants trans à l'école. Il est contre ça. Il évoque. Et il évoque le docteur Mengele. Moi, je ne m'en rends pas compte. J'écoutais en faisant autre chose. Et des heures plus tard, j'ai un journaliste d'une autre rédaction qui me dit « Mais pourquoi vous n'en parlez pas ? Pourquoi vous ne montez pas là-dessus ? »

5:36
Présentateur

Jean-Michel Blanquer au médecin nazi à Mengele.

5:38
Éric Zemmour

Jean-Michel Blanquer, officier nazi, qui était le médecin d'Auschwitz, qui sélectionnait ceux qui allaient se faire gazer et qui menait des expérimentations sur des victimes. Et on se dit « On écoute ça ? » Et à 22h40, on appelle. Moi, je l'appelle mes chefs. On dit « On fait quoi ? » On appelle le ministère de l'Éducation nationale. « Qu'est-ce que vous en dites ? » « Qu'est-ce que vous faites ? » Et on a décidé, le lendemain, de faire un plateau avec Bruce Toussaint pour expliquer ce qu'est cette circulaire, quelle est la question autour des enfants trans à l'école, qui était le docteur Mengele. On n'a pas fait des titres toute la journée sur « Mon Dieu, Mengele contre ceci !

» Non, évidemment non. Mais c'est dur.

6:13
Invité

C'est là où il y a une question de dosage, parce qu'on ne peut pas rebondir, faire des pieds, faire des articles sur toutes les petites phrases, les horreurs que dit Eric Zemmour. Sinon, on participe aussi à ce fonctionnement qu'il met en place pour se victimiser par rapport aux médias, par rapport à tout ça.

6:29
Présentateur

Et n'empêche que ce propos, il a été tenu sur une radio nationale.

6:33
Invité

Et donc nous, on a fait le choix. À des moments donnés, on dit « Stop ». À des moments donnés, on dit « Stop ». Et hier, on a dit « Stop ». On a laissé passer deux, trois fois. Là, c'est « Stop ». Et on n'en fait pas trop. On n'a pas monté cette polémique à la une. On n'en a pas fait une double page. On est resté sur une double page sur François Hollande, parce que pour nous, c'était l'actualité politique du jour. Voilà. Donc on utilise ce format-là, ce qui n'empêchera pas à d'autres moments de revenir sur, pour voir la vérité, aller voir les proches d'Eric Zemmour ou les soutiens dans les différents meetings, ce qu'on fait également.

7:06
Éric Zemmour

Juste une chose. C'est-à-dire qu'on fait infiniment moins, infiniment moins de Zemmour qu'une autre chaîne de télévision où il était salarié récemment. Nous ne diffusaient pas en milieu de la nuit des discours d'autres responsables politiques pour repenser le temps de parole. Et par ailleurs, moi, j'ai parlé infiniment plus, et je pense à quelque chose comme 20 fois plus du pouvoir d'achat sur les plateaux ces dernières semaines que de Zemmour. Mais vous m'invitez pour parler de Zemmour, pas du pouvoir d'achat. Moi, je pourrais vous parler de Yannick Jadot, d'Anne Hidalgo, du pouvoir d'achat. Vous m'invitez pour parler de Zemmour. Vous voyez la situation dans laquelle on est ?

7:35
Présentateur

On en parle parce que vous soulevez une question qui est intéressante. Le traitement médiatique d'Éric Zemmour, et ici même, encore hier, dans toutes les rédactions. Voilà, et aussi qui agite les partis politiques, et même Emmanuel Macron, qui ne sait pas quelle place accorder aujourd'hui encore à Éric Zemmour.

7:52
Éric Zemmour

C'est-à-dire qu'hier, il y avait des ministres qui disaient, Marlène Schiappa a fait une erreur politique, et en même temps, eux-mêmes reconnaissaient qu'ils ne savent pas que faire. Ils ne savent pas quelle est la règle.

8:02
Présentateur

En parler, c'est le favoriser ou pas ?

8:04
Éric Zemmour

Encore une fois, reprendre une chose simple. Parler d'enfants accueillis à l'école en France, évoquer Minguelet, et que ça ne suscite aucune réaction immédiate de membres du gouvernement, on peut souligner ça. Peut-être qu'ils ont raison de ne pas réagir. Mais que d'un côté, ils ne réagissent pas là-dessus, et qu'en revanche, Marlène Schiappa, voyant cette scène grotesque, fasse un tweet immédiatement et que ça devienne un événement politique, il y a un deux poids deux mesures qui est troublant, qui est difficile.

Face à Éric Zemmour, la classe politique dans l’embarras, avec P. Corbé & L. Alemagna - 21/10/2021 — Éric Zemmour · Pourquijevote