Et maintenant… Trump insulte l'Europe - C dans l’air - 27.02.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
pas comme nous? ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue. C'est une charge d'une virulence rare. D.Trump a dénoncé une Europe construite pour "entuber les Etats-Unis" et confirme sa volonté d'augmenter les droits de douane de 25 % sur les produits de l'UE.
Les leaders Europe ne veulent pas tendre l'autre joue. La commission promet de rendre coups pour coups. F.Hollande assume: "Nous devons lui faire mal, très mal." Les échanges sont de plus en plus rudes alors que l'Europe tente de conserver voix au chapitre sur le règlement de la crise ukrainienne.
Les armes de D.Trump contre l'Europe sont militaires et commerciales. Il veut pousser les conservateurs lors des élections comme s'y emploie E.Musk.
Jusqu'où peut ce bras de fer? Quelle est la part de bluff de part et d'autre? Quels sont les atouts de l'Europe?
Avec nous, C.Sellin, professeur agrégé d'histoire. Vous êtes spécialiste des Etats-Unis.
M.Van Renterghem, vous êtes grand reporter et chroniqueuse à "L'Express". Je rappelle votre livre.
F.Charillon, vous êtes professeur en relations internationales. Votre livre, "Géopolitique de l'intimidation", vient de paraître.
Enfin, le général D.Trinquand est avec nous. Vous êtes ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU.
Merci de participer à cette émission. On commence par la dernière charge de D.Trump. - D.Trump: L'UE a été fondée pour entuber les Etats-Unis.
Soyons honnêtes. L'UE a été fondée pour entuber les Etats-Unis, c'est son but. - C.Roux: C'est clair.
On peut dire que la traduction en français, c'est "entuber"? - C.Sellin: Oui.
C'est vulgaire. Ca marque une charge supplémentaire. Durant son 1er mandat, D.Trump avait déjà eu des mots très durs contre l'UE en les traitant de "rivaux".
On était restés sur des menaces rhétoriques. On voit bien combien, en début de second mandat, ça avait changé. C'est plus vulgaire, débridé.
On va passer aux choses sérieuses. Ce dont il menace l'UE, c'est une taxe douanière de 25 % sur tous les biens de consommation courants. C'est autre chose.
On se demande pourquoi. Le pourquoi, je crois qu'il y a 2 choses principales. Premièrement, D.Trump, depuis toujours, est persuadé que les alliés des Etats-Unis profitent d'eux commercialement et qu'il faut les punir.
Deuxièmement, il méprise l'UE et l'Europe parce qu'il les trouve trop faibles politiquement. Voilà la raison qu'on peut donner à cet extrait. - C.Roux: Sur le ton utilisé par D.Trump, il nous avait habitués à dire tout le mal qu'il pensait de l'Europe.
On a l'impression qu'il monte encore en pression, alors qu'on sortait d'un moment avec E.Macron qui a été reçu, K.Starmer également, un sentiment d'entendre une parole européenne. - M.Van Renterghem: Ce qui me frappe, même si ce n'est pas tout à fait nouveau...
Il avait parlé "d'ennemi commercial". Ce qui éclate au grand jour, c'est la proximité idéologique et d'ambition politique profonde avec V.Poutine.
Ils ont en commun l'impérialisme, le partage du monde, une sorte de deal entre eux pour se partager la planète. Il y a également la détestation du droit international, du droit intérieur. On agit par la force et pas par le droit.
Ca aboutit à la détestation commune de l'UE qui incarne le droit. Ils ont tous les 2 un objectif commun. On le voit dans le discours de J.D.Vance à Munich.
Il s'est greffé sur cette proximité et cette conjonction politique. Il y a un discours idéologique antioccidental, réactionnaire, qui n'est pas vraiment la nature de Trump, qui n'est pas un idéologue mais dont il se sert de manière très utilitariste, de manière électoraliste. Ca aboutit à faire de l'UE un ennemi pour Trump.
C'est un ennemi qui l'empêche de conquérir le continent. J'ai dit Trump...
C'est Poutine. Pour Trump, c'est l'ennemi commercial. - C.Roux: Ca n'est pas nouveau.
Il a toujours détesté l'Europe. Cette fois-ci, il l'assume et il le dit. Les menaces sur les sanctions commerciales, c'est sur tous les produits.
Il y a un côté très débridé dans sa haine et sa colère contre l'Europe. - Gal D.Trinquand: Totalement.
On ne doit pas être surpris. Après un 1er mandat et une élection qu'il a ratée, il n'a jamais accepté son échec, il a eu 4 ans pour se préparer. Il gagne totalement.
Il a tous les pouvoirs. Il sait que dans 4 ans, il ne peut pas se représenter. Le midterm, c'est dans 2 ans.
Il doit faire vite. Il doit bousculer tout le monde pour faire perdre l'équilibre à ses adversaires et pouvoir engranger le maximum le plus vite possible. - C.Roux: Ce qui est vertigineux dans ce qu'on commente ce soir depuis quelques semaines, c'est la montée en tension verbale.
Nous allons écouter les propos de l'ancien président F.Hollande qui évoque l'attitude qu'il faut avoir désormais avec D.Trump. - F.Hollande: Nous devons lui faire mal, très mal.
La négociation avec D.Trump n'est pas possible tant qu'il n'y a pas un rapport de force. Il ne comprend que le rapport de force. - C.Roux: Nous devons lui faire mal? "Tu hausses le ton, nous aussi." - F.Charillon: Oui.
Il est fort avec les faibles et il est faible avec les forts. On n'a jamais entendu...
On a entendu ses équipes et ses proches insulter le Premier ministre britannique, soutenir l'AfD en Allemagne, s'en prendre au Canada, au Mexique, avec un mélange de considérations stratégiques et d'autre part des caprices absurdes comme cette histoire du golfe du Mexique qu'il veut rebaptiser. On n'a jamais entendu cette équipe s'en prendre aussi fortement à la Russie. Tout le monde l'a remarqué.
Même la Chine. C'était frappant avec les 25 % des droits de douane dont il menaçait le Canada et le Mexique. Parallèlement, c'était 10 % seulement pour la Chine.
L'autre chose qui est frappante, c'est qu'il s'en prend à tous ses amis, ses alliés. Même l'Egypte, il les menace de représailles ou de couper l'aide américaine si l'Egypte n'accueille pas des Palestiniens de Gaza. On a l'impression qu'il veut faire le tour de tous les alliés des Etats-Unis. - C.Roux: Il considère l'Europe comme étant faible?
Quels atouts l'UE a-t-elle dans sa manche? E.Lombard dit que si les Américains mettent des droits de douane, nous ferons pareil.
Il y a une volonté de montrer qu'on peut réagir. - F.Charillon: On a des cartes à jouer.
Nous sommes de très bons clients des Etats-Unis. D.Trump voit le déficit américain sur les produits industriels.
Il y a aussi les services. Nous sommes de très bons clients en matière de matériel militaire. Ca inquiète une partie des industriels américains.
La façon de traiter des clients importants commence à faire des remous aux Etats-Unis. - C.Roux: Dans cette déclaration, il dit: "j'aime les pays européens." Il peut discuter avec les uns et les autres, E.Macron ou le futur chancelier allemand, mais c'est l'ensemble qui représente l'Union qu'il méprise. - Gal D.Trinquand: Il veut éviter ce rapport de force.
Il provoque de telles réactions que le rapport de force devient incontournable. Avec les pays européens individuellement, il ne peut pas. Il va gagner à tous les coups.
Contre le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie...
L'Italie le dit déjà. Il veut éviter ce rapport de force. D'une certaine façon, je dis "enfin".
Oui, il faut un rapport de force. On est revenus dans un monde où il y a des empires, qu'ils soient américains ou russes. On a oublié ce qu'étaient des empires.
On a oublié ce qu'étaient les rapports de force. - C.Roux: D.Tusk s'est fendu d'un rectificatif: "Non, l'Europe n'a pas été créée pour entuber qui que ce soit.
On le fait pour le maintien de la paix." Les 27 ne sont pas restés silencieux et préparent la riposte à la guerre commerciale que veulent balancer les Etats-Unis. - D.Trump: Vous allez faire la prière.
Merci. - Merci, Dieu, pour le président Trump. - Tête baissée en train de prier, voici les images de la nouvelle administration Trump réunie hier pour la 1re fois depuis son investiture. - Merci de nous donner l'opportunité de rétablir la foi dans notre pays et de bénir le peuple américain. - Une prière avant de lancer les hostilités et d'attaquer l'UE avec bientôt son arme favorite, des droits de douane. - D.Trump: L'UE a été créée pour entuber les Etats-Unis.
Soyons honnêtes. Nous avons pris la décision, ce sera 25 % d'une manière générale. Ca concernera les voitures et toutes les autres choses.
L'UE est un cas différent de celui du Canada. Ils profitent de nous d'une manière différente. Ils n'acceptent pas de voitures, ils n'acceptent pas l'essentiel de nos produits agricoles. - Faux.
Blé, soja sont importés des Etats-Unis, l'un des principaux partenaires de l'UE en matière de commerce agricole. L'Europe attaquée, le Premier ministre polonais réplique, sidéré. L'Europe pourrait-elle répliquer? - S.Lecornu: Il n'y a pas beaucoup de surprises à l'annonce du président américain.
Il n'y aura pas beaucoup de surprises sur la réaction de l'UE. Ce n'est pas moi qui gère ça. Le principe du commerce mondial et du libre-échange sont les principes de réciprocité. - Depuis des semaines, D.Trump menaçait l'Europe sur le terrain économique.
Lundi, lors de sa visite à Washington, E.Macron espérait pouvoir le faire changer d'avis. - E.Macron: Je veux dire combien les économies américaine et européenne sont liées.
Ce sont les économies les plus imbriquées au monde. - La complicité affichée des 2 hommes n'y a rien changé. Entre l'Europe et les Etats-Unis, le fossé se creuse.
Guerre économique et différend idéologique. La leçon de démocratie du vice-président américain à Munich il y a 2 semaines a profondément marqué les esprits. - J.D.Vance: La menace qui me préoccupe le plus vis-à-vis de l'Europe n'est pas la Russie.
Ce n'est pas la Chine. Ce n'est pas un acteur extérieur. Ce qui m'inquiète, c'est la menace intérieure, le recul de l'Europe par rapport à certaines de ses valeurs les plus fondamentales.
Des valeurs partagées avec les Etats-Unis d'Amérique. La liberté d'expression est en recul au Royaume-Uni, comme dans toute l'Europe. - Des divergences aussi stratégiques sur l'Ukraine.
Hier, D.Trump a définitivement écarté une entrée de Kiev dans l'Otan et lâché encore un peu plus les Européens. - D.Trump: Je ne vais pas fournir beaucoup de garanties de sécurité.
Nous allons demander à l'Europe de le faire. L'Europe est leur voisin immédiat. Nous allons nous assurer que tout se passe bien. - Alors que D.Trump s'acharne sur son allié européen, le Kremlin rappelle aujourd'hui qu'il ne cédera rien. *-Les nouveaux territoires sont inscrits dans la Constitution de notre pays.
Ils font partie intégrante de la Russie. C'est incontestable et non négociable. - La Russie inflexible.
V.Zelensky est attendu à Washington demain pour rencontrer D.Trump. - C.Roux: Nous allons revenir sur ces négociations sur l'Ukraine.
Question. - M.Van Renterghem: Non.
Il y a certains partis trumpistes au coeur de l'UE. Ce qui s'organise, c'est une résistance à D.Trump.
C'est ça qui l'agace. Vous disiez qu'il est faible avec les forts et fort avec les faibles. Il est fort avec l'UE sur son point faible qui est l'absence totale de préparation.
Elle ne peut s'en prendre qu'à elle-même sur les questions de sécurité et de défense. C'est le plus grand marché de libre-échange du monde. C'est ça qui empoisonne la vie de V.Poutine, de Xi Jinping ou D.Trump.
Ce marché puissant et uni fait en sorte que c'est un levier de puissances contre lequelles il n'arrive pas à s'accrocher. Ils passent les uns les autres à essayer de nous diviser par les trolls, les actions de guerre hybrides qui essaient de diviser la société. Le comble, c'est qu'ils sont soutenus par les partis souverainistes nationalistes.
C'est un paradoxe ou une bêtise de ces partis souverainistes et nationalistes. Si l'Europe est défaite et divisée, la France seule ne vaut plus une cacahuète. La souveraineté française disparaît.
La seule manière pour la France de garder une once de souveraineté, c'est d'être unis dans le cadre de l'UE. - C.Roux: On entendait S.Lecornu qui disait: "Attention.
Ca sera oeil pour oeil, dent pour dent." La loi du talion, on est capables de l'appliquer vis-à-vis des Etats-Unis? 25 % sur les biens qui proviennent d'Europe. 25 % sur tous les biens qui proviennent des Etats-Unis, on en est capables? - C.Sellin: Si on ne le fait pas, on est discrédités.
On est face à un choix important. On est sur le choix de ne plus avoir...
Il faut faire mal. C'est le seul langage qu'il comprend. Il est en train de convaincre le monde entier qu'il faut se passer de l'Amérique pour pouvoir être à l'abri de ses caprices, de sa vindicte.
C'est un suicide stratégique assez rare. - C.Roux: Vous êtes sûr? - C.Sellin: Personne n'est sûr de rien.
Quand vous voyez qu'il attaque tous ses alliés, de rendre furieuses les opinions publiques...
Quand on pense qu'on siffle et qu'on hue beaucoup l'hymne américain au Canada...
Lors des compétitions sportives au Canada...
Il commet un suicide stratégique assez étonnant. Il tourne ses propres amis contre lui. Il ne nous laisse pas le choix.
Nous devons répliquer. C'est un grand marché. Nous sommes un bon client.
Nous avons les moyens de riposter. Il table sur la faiblesse de l'autre. - C.Roux: On saura faire?
Est-ce qu'il peut y avoir une réaction? Lorsqu'on challenge la réponse, c'est sur ça qu'il arrive, l'idée que chacun a sa propre partition. - C.Sellin: Peut-être que D.Trump est en train de changer d'amis et d'alliances.
On ne s'y attendait pas. Quand il remet en cause, il dit que l'Europe a été conçue pour "entuber les Etats-Unis". Il nie tout un passé américain de politique extérieure, tout ce qui a été fait après la Seconde Guerre mondiale, le plan Marshall, l'aide à la reconstruction de l'Europe de l'Ouest, à aider les Européens à coopérer ensemble. - C.Roux: Les Etats-Unis ont voulu l'Europe? - C.Sellin: Ils ne l'ont pas empêchée.
Jean Monnet, le père de l'Europe, avait passé la Seconde Guerre mondiale à Washington. Il était proche du président Roosevelt. Aujourd'hui, D.Trump revient là-dessus.
Il revient à une logique de puissance américaine d'avant 1914, du début du XXe siècle, qui n'est intéressée que par l'expansion, l'expansion économique, de puissance. Il ne veut traiter qu'avec des forts comme les Etats-Unis. Il se rapproche de la Russie et de la Chine, au détriment de ses anciens alliés avec qui il partageait des valeurs.
Pour lui, il n'y a pas de valeurs. Il y a des intérêts économiques et la force pour les faire appliquer. - C.Roux: Sur l'Ukraine, il est allé plus loin hier.
On se disait qu'après l'entretien avec E.Macron, peut-être que les Etats-Unis seraient aux côtés des Européens pour la garantie de sécurité. Sujet central dans les négociations avec l'Ukraine.
Trump dit: "Non. Ca ne sera pas nous." - Gal D.Trinquand: Il a dit: "Pas beaucoup." C'est ouvert à la négociation.
Les Américains ne mettront pas un soldat au sol. C'est une évidence. Les Européens insistent au moment où ils mettent sur la table la possibilité de mettre des soldats.
Ils veulent un backup américain. Rien n'est acquis. Les Européens ont l'habilité de dire: "OK, vous nous attaquez.
On ne vous attaque pas sur ce sujet. On a besoin de ce lien qui a permis la paix en Europe." Je crois que tout ceci est sujet à négociation.
C'est le retour des empires. Nous, Européens, on a quitté ce monde. Il faut qu'on revienne d'abord dans le rapport de force.
Ne désespérons pas. Le problème de l'Europe, c'est que c'est toujours plus lent. Les Etats-Unis ne discutent pas entre les 50 Etats.
Nous, on discute entre les 27. Ca prend toujours un peu de temps. Au moment où on doit répliquer, on ne doit pas s'imaginer que dans l'heure, surtout qu'avec le décalage horaire, l'attaque arrive souvent la nuit.
Le lendemain matin, on réplique. Il nous faut un peu de temps. Prochaine réunion, le 6 mars, sur laquelle on va voir comment l'Europe va réagir. - C.Roux: Avec des atouts?
Que ce soit sur les questions de défense, commerciales? - Gal D.Trinquand: Sur la défense, la France prêche cela depuis longtemps.
Si monsieur Trump arrive, je disais que ça serait bien pour les Européens. Ils sont en train de se réveiller. On va voir dans quelle mesure on va faire des efforts.
L'augmentation des budgets, c'est quelque chose d'important. Ecoutez la révolution, le futur chancelier allemand parle de la dissuasion nucléaire française qui pourrait s'appliquer à l'Allemagne. Ca fait des années qu'on en parle.
Il n'y avait que les Français qui en parlaient. D'un seul coup, les Européens se disent: "Zut. On n'a plus d'Américains qui peuvent venir." Il y a une vraie révolution.
L'Europe a les moyens mais doit se réveiller. - C.Roux: Ecoutons cet extrait d'une interview du ministre de la Défense sur la question des terres rares, des minerais.
C'est au coeur de la négociation entre V.Zelensky et D.Trump. - S.Lecornu: On ne cherche pas à se faire rembourser.
Notre industrie de défense va avoir besoin d'un certain nombre de matières premières tout à fait clés dans nos propres systèmes d'armes, non pas pour l'année prochaine, mais pour les 30 ou 40 prochaines années. On se doit de diversifier ça. E.Macron m'a demandé de rentrer en discussion avec les Ukrainiens.
Je le fais depuis le mois d'octobre dernier. - C.Roux: Ce que certains ont qualifié de racket, la France le fait vis-à-vis de l'Ukraine? - C.Sellin: Il faut faire attention.
Le terme de racket s'appliquait à la première proposition d'accord américaine qui était absolument impensable pour Zelensky, et qu'il avait rejetée. Les Américains essayaient de tirer 500 milliards de dollars de revenus de l'exploitation des terres rares. C'était un racket car ça dépassait largement l'aide apportée par les Etats-Unis.
La proposition sur laquelle il y a eu un accord mais dont on sait très peu de choses, il faut être très prudents...
Il y a eu un draft, un préaccord, sorti par CNN. Les Ukrainiens ont dit: "On est sur des choses beaucoup plus raisonnables." Ce qu'on n'est pas sûrs de trouver, c'est des garanties de sécurité américaines.
L'administration Trump dit qu'il n'y a pas des garanties de sécurité. On verra le texte demain. - C.Roux: Pendant ce temps, les Russes ne lâchent sur rien.
On a entendu le porte-parole du Kremlin. "D.Trump parle en son nom et on n'est pas concernés".
Sur l'accord, c'est Poutine qui gagne? - Gal D.Trinquand: Trump a tout lâché avant que les négociations commencent. "On ne discute pas du territoire et V.Zelensky n'est pas légitime." C'est le langage de monsieur Poutine.
Il se base sur ce qu'a dit D.Peskov. Ils ont demandé le désarmement de l'Ukraine.
Ils ont demandé le retrait des bases de l'Otan de l'est européen. Dans les négociations, les Américains ont très mal démarré en lâchant d'entrée de jeu tout ce que les Russes avaient déjà demandé. Ils vont forcément demander plus. - C.Roux: Question.
On voit bien que ça effraye. C'est le modèle dans lequel on s'est construits depuis l'après-guerre qui bascule. Il y a une inquiétude. - F.Charillon: Tout le monde n'est pas convaincu de ça.
Beaucoup de gens disent: "Il bluffe." Il y a ceux qui pensent que ça passera après Trump et que c'est un mauvais moment à passer. Et là, il a gagné, il se déchaîne et on reviendra à la normale après lui.
On a déjà eu cette alerte dans la 1re élection de Trump. Quand Biden a été élu, on s'est reposés à nouveau sur nos lauriers. "Tout est redevenu comme avant, on n'a plus besoin de faire des efforts." Serons-nous capables de comprendre que cette rhétorique...
Après Trump, il y aura un autre Trump. Je crois que Trump va instiller des modes. Il est en train de créer une nouvelle façon de faire de la politique qui contamine un peu tout le monde.
Il lance une 1re mode qui est celle de dire qu'on va faire le ménage. J'ai cru entendre que d'autres pays européens posaient la question d'une commission qui serait chargée de voir l'efficacité de l'aide au développement. On avait posé la question de savoir si on pourrait faire du Trump.
Il y a autre chose, le donnant-donnant. Nous commençons à dire, sur certains dossiers, que les pays qui ne se comportent pas bien avec nous, nous allons revoir un certain nombre d'accords. On n'a pas tellement le choix, vis-à-vis des Etats-Unis.
Comme souvent, les modes viennent des Etats-Unis. Il est en train, comme Reagan...
Nous allons entendre les leçons de Trump. - C.Roux: Est-ce qu'il y a une forme de logique par rapport à ce qu'avait fait J.Biden, où il mettait beaucoup d'argent et les Européens étaient en colère contre cela, considérant que c'était une concurrence déloyale?
Est-ce qu'il y a une tradition, une sorte de cheminement qui s'est opéré aux Etats-Unis, de durcissement de la relation avec l'Europe? Est-ce qu'il est dans une suite logique? - C.Sellin: Pas qu'avec l'Europe.
Il y a une leçon à tirer politiquement. Ils ont fait des guerres longues en Irak et en Afghanistan qui leur ont coûté énormément, qui ont coûté au pays, qui ont coûté des vies. Ca a endetté le pays.
Quel a été le retour pour les Américains? Rien. L'Américain des classes moyennes, des classes populaires, n'a rien eu de ces guerres.
Trump veut que la politique étrangère soit palpable, qu'elle ait un retour palpable sur le terrain. Sur le thème de la réindustrialisation...
Il y a cette idée que la politique extérieure américaine doit avoir des avantages pour la population et dans l'électorat. - C.Roux: En taxant les produits européens à 25 %, il espère que ça va servir les électeurs trumpistes? - C.Sellin: Quand il a essayé la 1re fois, en 2019, ça a été le contraire.
Sur l'aluminium et l'acier, ça avait été l'équivalent d'une des plus grosses hausses d'impôt sur les Américains. Trump dit que ces taxes, il s'en sert comme levier, qu'il veut casser le bras de l'adversaire. Il va peut-être se heurter à plus fort que lui. - Gal D.Trinquand: La guerre en Afghanistan ou en Irak, ça avait été fait contre l'avis de tous les Européens.
Trump a tiré l'enseignement, non pas que les Etats-Unis avaient fait cela pour les autres et perdu beaucoup de moyens...
La guerre était une erreur. La puissance militaire...
Il est en train de commencer à faire des coupes au Pentagone. C'est la vraie leçon qu'il a tirée, aux Etats-Unis, qui sont très marqués par ce qui s'est passé en Irak...
Quand vous êtes aux Etats-Unis, les vétérans maltraités, les infirmes, ça les a beaucoup marqués. Il dit: "Moi, je suis l'homme qui ne fait pas la guerre. Regardez, en Ukraine, je vais l'arrêter.
Tous ces jeunes gens qui se font tuer, c'est scandaleux." - C.Roux: Il a commencé avec un coup de téléphone à V.Poutine.
Demain, il va voir V.Zelensky. Comment le perçoit le Kremlin, ce rendez-vous? - Gal D.Trinquand: Je retiens une leçon: lundi, et la rencontre avec Macron.
Poutine, à 23h, a fait une conférence de presse. Ca veut dire qu'ils suivent de très près tout ce qui se passe à Washington et qu'ils font des contre-propositions immédiatement. Dès qu'on a parlé des métaux et des terres rares, la Russie a dit: "Ce n'est pas la peine.
On a tout. Pourquoi vous ne faites pas le business avec nous?" Ils suivent de très près.
J'attends avec beaucoup d'impatience de voir comment V.Zelensky va être traité à Washington après tout ce qui a été dit contre lui, ça va être difficile. J'attends la réaction de Poutine, derrière.
Poutine est déjà à la phase suivante. S'il y a un cessez-le-feu, la phase suivante, c'est le déséquilibre interne de l'Ukraine, arriver à faire sauter Zelensky et mettre en place quelqu'un d'autre. - C.Roux: Selon l'AFP, les Russes mènent une enquête de désinformation pour attiser les tensions entre les administrations Trump et Zelensky en mettant en scène un faux soldat ukrainien qui s'en prend à D.Trump. ...
Votre réaction? - Gal D.Trinquand: C'est grotesque, mais ça marche.
Ca marche auprès d'un tas de réseaux. Les gens sont cloisonnés, pro-Trump ou pro-Poutine. Les cercles qui travaillent dans la cybersécurité, ce type de truc, quand vous vous rendez compte que Meta loue de la publicité sur des réseaux et loue ses publicités à des réseaux interdits parce que poutiniens ou russes...
Ca, ça passe par milliers avec des tas de trolls. - C.Roux: Pourquoi font-ils ça?
Quel intérêt ont les Russes à s'immiscer et à déstabiliser ce qui se construit? - Gal D.Trinquand: C'est d'activer les réseaux.
Les gens vont se dire que ce n'est pas vrai. "Au fond, l'Ukraine a raison d'en vouloir à monsieur Trump." - C.Roux: L'offensive américaine est aussi politique.
E.Musk n'a pas ménagé ses efforts pour faire progresser le parti d'extrême droite AfD allemand qui a fait plus de 20 % aux élections dimanche dernier et qui a libéré une parole radicale inspirée même des thèses hitlériennes. On est allés à la rencontre d'un professeur allemand agressé pour avoir dénoncé les agissements de certains de ses élèves. - C'est l'histoire d'un homme traqué parce qu'il n'a pas voulu se taire. - Je m'appelle Max, je suis professeur de mathématiques et de sciences politiques.
J'ai dû fuir mon village il y a 2 ans à cause des néonazis. - Max a 33 ans. Il vit à 250 km de la commune où il a grandi, étudié, enseigné, peu à peu gangrénée par les idées d'extrême droite. - Il est arrivé que des élèves fassent le salut hitlérien dans les couloirs.
J'ai moi-même eu un élève qui s'est levé en classe et qui a crié: "Le travail rend libre." C'est la phrase qu'on pouvait lire sur les portes du camp de concentration d'Auschwitz. Il y avait aussi des croix gammées gravées ou peintes sur les montants de portes.
Des élèves courageux sont venus me voir et m'ont dit qu'il y avait des images étranges postées dans le groupe WhatsApp de leur classe, des photos d'Hitler. J'ai fait des captures d'écran et je les ai transmises à la police. - Le nombre d'incidents similaires a triplé dans les écoles de cette région d'Allemagne. - La plupart des élèves au coeur de l'incident avaient entre 15 et 16 ans.
Ils venaient de familles normales. Les parents avaient un travail. Ils étaient même plutôt bien lotis.
On ne peut pas dire que c'est un problème de jeunes de familles peu instruites ou en difficulté financièrement. J'ai vu des parents qui avaient un buste d'Hitler dans leur salon. Ca montre à quel point l'idéologie d'extrême droite est ancrée dans ce pays. - Très vite, Max signale ces faits à sa hiérarchie. - La direction de l'école a mener son enquête mais elle en a conclu qu'il ne s'était rien passé.
Elle voulait préserver la bonne image de l'école donc il ne fallait pas que ces problèmes se sachent. J'aurais aimé qu'elle ait plus de courage. J'ai même reçu un avertissement de l'administration de l'école disant que je perturbais la paix scolaire. - Le professeur va ensuite devenir une cible hors des murs du collège, avec une campagne d'intimidation relayée par des membres locaux du parti AfD. - Des autocollants ont été affichés dans toute la ville avec notre visage dessus.
Il était écrit: "Cassez-vous à Berlin." Quand j'ai vu ça, j'ai ressenti comme un vide en moi. Un jour, j'étais avec ma fille au supermarché.
On faisait les courses. On s'est fait agresser en pleine journée. Ma fille a fondu en larmes devant les insultes.
C'est arrivé plusieurs fois ensuite, à tel point qu'on a eu une protection policière avec des patrouilles qui passaient fréquemment devant chez nous. C'était devenu tellement violent qu'on s'est dit que la meilleure chose à faire était de se mettre à l'écart. - Max enseigne aujourd'hui dans une autre région mais refuse de baisser les bras et d'entendre certains qualifier de tels actes punis par la loi allemande comme relevant de la liberté d'expression. - Non.
Je ne l'accepte pas. C'est pour ça que je continue à parler publiquement. J'utilise ma voix pour ceux qui n'osent peut-être pas le faire.
Je ne laisserai pas des nazis me dire ce que je peux faire ou ne pas faire dans ce pays. Je ne me tairai pas. - C.Roux: Là où a été tourné ce reportage, l'AfD est arrivée en tête.
Vous connaissez très bien l'Allemagne... - M.Van Renterghem: C'est édifiant.
La liberté d'expression est où? Du côté de ce texte qui décide de mettre des croix gammées ou du côté de ce professeur qui essaie de les empêcher? On est en plein dans le discours de J.D.Vance à Munich.
Ce qui est frappant, pour revenir à cette bascule du monde, le pivot russe et cette conjonction idéologique de Poutine et de Trump, c'est qu'ils soutiennent les mêmes partis en Europe, ils sont soutenus par les mêmes partis en Europe, notamment l'AfD. Ce parti, que cite en exemple Musk, J.D.Vance et Trump, c'est l'AfD.
Un parti qui n'est pas nazi en soi mais largement infiltré par des groupements pro-nazis, nostalgiques de l'hitlerisme. C'est ça qu'il veut. - C.Roux: Mais pourquoi?
Pourquoi cette volonté de pousser cet AfD? Quel est le projet politique? - M.Van Renterghem: Le projet commun à Trump et Poutine, qui soutiennent ce parti, qui est anti-Otan, anti-UE, antilibéral, anti tout ce que nous sommes.
L'AfD, c'est le parti qui en Allemagne s'érige contre ce qui fait l'identité allemande depuis la 2e guerre mondiale, la construction d'une démocratie et d'une mémoire du nazisme qui vise à interdire que le nazisme recommence. Dans le mot AfD, il y a "alternative". Ils veulent une alternative à la mémoire.
Ils veulent effacer la mémoire. C'est un ras-le-bol vis-à-vis de la culpabilité du nazisme. J.D.Vance et Poutine sont dans ce relativisme de cette barbarie.
Ils veulent la recommencer sous d'autres formes. - C.Sellin: Si on fait le lien avec ce qu'on disait, oui, l'UE pourra réagir avec force si l'UE n'est pas gagnée intérieurement par un plus grand nombre de gouvernements passés à des partis pro-Moscou, pour cette alternative.
C'est une véritable course contre la montre qui se joue. L'UE a déjà en son sein, en Slovaquie, en Hongrie, on a des gouvernements pro-Moscou. Avec N.Farage en Grande-Bretagne, les Etats-Unis et Trump encouragent cette alternative.
On le voit en France et en Allemagne. Le but, c'est pour qu'à terme, il y ait suffisamment de gouvernements pour aligner l'UE sur les Etats-Unis et sur Moscou. - C.Roux: Question. - F.Charillon: Elle est différente.
L'ingérence américaine dans la politique européenne n'est pas nouvelle. Beaucoup de choses ne sont pas nouvelles. Cette montée du trumpisme, cette obsession du wokisme, ça rappelle beaucoup le maccarthysme dans les années 50.
C'était une obsession anticommuniste. C.Chaplin a dû s'exiler...
On a eu l'époque des néoconservateurs dans les années 2000. Tous ceux qui ne pensaient pas comme l'administration Bush étaient des traîtres. Des gens de l'administration voulaient rebaptiser les French fries pour les appeler "Freedom fries".
Avant, les Etats-Unis faisaient ça au nom d'un leadership du monde libre. Là, on a l'impression d'une soumission au régime autoritaire. - C.Roux: Il n'y avait pas cet outil redoutable qu'est X. - F.Charillon: L'Europe doit se battre sur les représailles.
On évoquait les représailles possibles aux sanctions américaines. Quelque chose de très strict sur ces gens qui ne veulent plus surveiller les fake news et empêcher la haine et la désinformation, on peut prendre des sanctions. On peut dire que ceux qui ne voudront pas respecter ces précautions, nous allons les interdire.
C'est possible. Il y a des pays comme l'Inde qui ont interdit des réseaux sociaux. Nous pouvons faire ça. - C.Roux: F.Hollande dit qu'il faut s'en prendre à ces géants de la tech. - F.Charillon: Aux Etats-Unis, il y a plusieurs Amériques.
La Californie représente la 5e puissance économique du monde. Elle n'est pas là-dessus. - C.Roux: On ne les entend plus. - F.Charillon: Tout ça va se réveiller. - Gal D.Trinquand: Ils se sont pris une telle bâche...
On ne les entend plus. Ca va se réveiller, d'une certaine façon. Est-ce que ces attaques trumpistes sont pires que les attaques poutiniennes?
Je pense que oui, à cause du soft power. Je reviens sur le cyber, la possibilité d'attaquer de l'intérieur mais aussi de notre proximité. On se dit que ce n'est pas possible, qu'on est liés.
Ca nous mine de l'intérieur. Quand on regarde la carte électorale allemande, c'est tout l'est de l'Allemagne...
Elle a eu Une histoire contre le nazisme imposée par les soviétiques. Elle n'a pas eu cure qu'à eu l'ouest de l'Allemagne. On parle tout le temps de la Hongrie et de la Slovaquie.
La Hongrie, 9 millions d'habitants et un Premier ministre élu à 54 %. 46 % sont contre lui. Est-ce que ça pèse dans l'Europe? - C.Roux: E.Musk soutient l'extrême droite en Espagne. - F.Charillon: Chaque fois qu'il y a eu un accord européen, il a été signé par la Hongrie, voire il est allé aux toilettes au moment du vote. - C.Roux: Les valeurs communes sont plus fortes? - Gal D.Trinquand: Oui.
Il y a plus de choses qui nous rassemblent. Il faut se souvenir que depuis 1945, l'Europe connaît une ère de prospérité et de paix. Nous avons inventé un continent qui s'est battu pendant des siècles.
Les pays se sont battus les uns contre les autres et d'un seul coup...
Il faut qu'on se rassemble sur cette force pour expliquer que c'est ça qui fait la force de l'Europe. - C.Roux: Vous laissez entendre que ces ingérences n'ont pas le poids qu'on leur donne. - F.Charillon: Je ne dis pas qu'elles n'existent pas.
On a les moyens de se battre contre ça. Le fait de pouvoir en parler en permanence monte extraordinairement...
Dans ces mouvements, qu'est-ce qui marche pour eux? C'est l'immigration. Tout le monde dit qu'on est inondés par l'immigration.
Quand on étudie les choses, on voit un gouvernement avec monsieur Retailleau qui prend des sujets là-dessus. On s'aperçoit qu'il y a des sujets à traiter mais que ce n'est pas la catastrophe. - F.Charillon: Nous avons affaire à de l'intimidation.
On a l'intimidation du fort qui est celle de Poutine qui dit que la Russie n'a pas perdu une guerre. C'est faux. Elle a perdu la guerre russo-japonaise...
Ils n'ont pas été glorieux en Afghanistan. C'est la rhétorique que reprend Trump. Celle de V.Orban, c'est celle du faible. "Je ne suis pas aussi gros que vous, mais je peux bloquer.
Vous avez besoin de moi. Je suis incontournable." Il y a un chantage en permanence.
Vous avez D.Trump qui fait l'intimidation du fou. "Je suis capable de tout." C'est le seul qui l'a théorisé.
D'autres ont joué les fous, comme Chavez au Venezuela. Trump a été le seul à l'assumer. Pendant la campagne, quand on lui a demandé ce qu'il ferait si la Chine envahissait Taïwan.
Il a répondu: "Ils ne le feront pas, ils savent que je suis dingue." Lui le dit franchement: "Je veux me montrer capable de tout. Je veux que le monde entier parle de moi." Ca me rappelle une chanson de Balavoine... "Que tout le monde sache que je suis dingue, que je suis capable de tout." Il est persuadé que c'est un élément de dissuasion. - C.Roux: Ca va parfaitement avec le reportage qui vient.
C'est une vidéo qui a choqué dans le monde entier, que le président américain a postée sur ses réseaux sociaux. Un clip généré par l'IA qui présente un Gaza transformé en complexe hôtelier de luxe, aux couleurs de D.Trump, alors que la trêve reste fragile et que Gaza est un champ de ruines. - C'est un clip hallucinant de 33 secondes diffusé hier sur les réseaux sociaux du président américain, entièrement créé par l'IA.
La bande de Gaza transformée en station balnéaire, à la gloire de D.Trump. Hôtels de luxe et pluie de dollars.
Comme une mise en image du projet présenté début février par D.Trump pour la bande de Gaza. - D.Trump: Les Etats-Unis prendront le contrôle de la bande de Gaza et nous ferons du bon travail.
Je ne veux pas être naïf, je ne peux pas faire le malin mais la Riviera du Moyen-Orient, ça pourrait être quelque chose de magnifique. - Dans le plan de D.Trump, Les 2,4 millions d'habitants seraient déplacés vers l'Egypte et la Jordanie.
Fin de non-recevoir des pays concernés et indignation générale. - E.Macron: La réponse ne peut pas être une approche immobilière.
C'est une question politique parce que Gaza n'est pas une terre vide. C'est un territoire où vivent 2 millions de personnes qui veulent y rester. - Un projet américain jugé indécent au regard de la situation chaotique à Gaza.
Dans le territoire presque entièrement détruit, des centaines de milliers de Palestiniens continuent de vivre dans un dénuement total. - Nous nous couvrons. Nous couvrons tout le monde avec les couvertures disponibles dans la maison.
Je jure devant Dieu que nous ne sentons pas la chaleur. Toute notre vie se concentre autour du feu. Notre vie est devenue épuisante. - Les habitants espèrent que la trêve avec Israël va se poursuivre.
Cette nuit a eu lieu le dernier échange prévu dans le cadre de la première phase du cessez-le-feu. Les corps des 4 otages israéliens ont été restitués contre la libération de plus de 600 prisonniers palestiniens. Côté israélien, la semaine a été marquée par l'hommage de tout un pays à la famille Bibas. - La famille Bibas, je crois qu'elle est devenue le symbole de tout ce qui nous est arrivé depuis le 7 octobre. - Désormais, c'est l'incertitude.
La 2e étape du cessez-le-feu est censée débuter dimanche mais les termes n'ont pas encore été discutés. Une soixantaine de personnes sont toujours retenues à Gaza, dont plus de la moitié aurait déjà été tuée. - B.Nétanyahou: Nous sommes prêts à reprendre des combats intenses à tout moment.
Nos plans opérationnels sont prêts. A Gaza, nous avons éliminé la plupart des forces organisées du Hamas. Mais qu'il n'y ait aucun doute, nous atteindrons tous les objectifs de la guerre. - Une trêve fragile à Gaza et une offensive en Cisjordanie.
Pour la première fois en 20 ans, des chars ont été déployés. 40 000 Palestiniens, habitants des camps de réfugiés, ont reçu l'interdiction de retourner chez eux. - Nous avons reçu des nouvelles concernant la maison de mon oncle et celle de mon grand-père.
Elles vont être démolies. Nous sommes venus récupérer ce que nous pouvions. - Une offensive encouragée par les mots du président américain.
Il a promis début février de se prononcer dans les 4 semaines sur une éventuelle annexion de la Cisjordanie par Israël. D.Trump, meilleur allié de l'Etat hébreu. - C.Sellin: Si on revient sur cette vidéo, je crois que Trump, un des périls qui le guette, face à cette vidéo que même des trumpistes peuvent trouver indécente...
D.Trump doit faire attention à ne pas perdre son électorat. Certes, il a un socle plus large et a gagné le vote populaire, mais il a gagné 49 à 47.
Dans les sondages actuellement, il est déjà en train de descendre. Il est le président le plus impopulaire à ce moment-là, à l'exception de Trump, premier mandat. Il faut qu'il fasse très attention.
Il ne faut pas qu'il s'enferme dans les réseaux sociaux. Les gens qui ont voté pour lui ne sont pas forcément sur les réseaux sociaux. Adoptze sans arrêt ces outrances, ces excès, ça peut le desservir.
Il peut perdre son électorat. Sur cette question de Gaza, après une première déclaration fracassante, depuis, il ne cesse d'amender en disant: "On ne sera peut-être pas forcément..." A un moment donné, il faut faire attention à l'excès d'outrance qui peut le desservir. - F.Charillon: Il va surtout perdre ses alliés arabes.
Ce sont des positions intenables pour les pays arabes. Les mots ont une importance. On a l'impression que pour son électorat, les mots n'ont aucune importance.
Au début de sa campagne de 2016, il a dit: "Je pourrais tirer sur quelqu'un au milieu de la 5e Avenue, ça ne me ferait pas perdre des lecteurs." Il est convaincu d'être dans son monde post-vérité. Il a un électorat qui croit à ce qu'il a envie de croire.
Si on reparle de relations internationales, c'est peut-être une erreur de sa part, ne pas faire la différence entre ce qui peut marcher lors d'une campagne électorale et à l'international. Vous avez des alliés qui ne peuvent pas supporter de soutenir ce discours, qui vont être très gênés... - C.Roux: Sur son projet pour Gaza? - F.Charillon: Et sur la question de la Cisjordanie, la question palestinienne.
Ces leaders ont une opinion publique. Son importation du modèle du business ne fonctionne pas forcément à l'international. A huis clos, dans une salle, on peut traiter l'autre de tous les noms, claquer la porte et revenir...
Dans les relations internationales, quand bien même qu'un chef d'Etat étranger comprendrait qu'il s'agit d'une stratégie, il doit compter sur une opinion publique. Aujourd'hui, les alliés arabes des Etats-Unis, comme l'Egypte, vont être dans une situation embarrassante. - C.Roux: Pour l'instant, personne ne lui dit? - F.Charillon: Il va y avoir un sommet arabe le 4 mars.
Il y a une tentative arabe de proposer une solution alternative à celle de Trump pour Gaza. L'Arabie saoudite est le dernier pays à avoir proposé un plan de paix important en 2002 sur la question palestinienne. Les pays arabes se regroupent à nouveau pour proposer quelque chose d'autre sur une gouvernance palestinienne avec 15 personnalités qui ne seraient pas du Hamas ni de l'Autorité palestinienne.
Les pays arabes se disent qu'il faut proposer autre chose face à ce monsieur. - Gal D.Trinquand: Les seuls qui proposent un plan, ce sont les pays arabes, avec aussi un plan de reconstruction de Gaza, avec des financements de l'Arabie saoudite et des entreprises égyptiennes.
Ca n'a rien à voir avec la vidéo. Tous ces gouvernements, qui ne sont pas démocratiques, mais j'ai l'impression que leur population est énorme. Ce qui me fascine, c'est ce face-à-face entre Trump et B.Nétanyahou.
Trump: "Je ne vais jamais à la guerre." B.Nétanyahou, c'est l'inverse, la guerre, c'est l'existence d'Israël.
On sait que le Hamas, il n'arrive pas à l'éradiquer. On a le face-à-face de ces 2 alliés très forts, mais avec des objectifs différents. - C.Roux: Question. - M.Van Renterghem: C'est toute la question de cette grande bascule.
Ce qui m'a fascinée dans ce documentaire, dans ce dessin animé, ce sont les statues en or de D.Trump et le culte du chef. On est vraiment en train d'assister, c'est le plus grave et traumatisant pour nous, à un glissement des Etats-Unis...
Trump met en place une érosion des contre-pouvoirs progressifs, il les licencie, fait des enquêtes sur tous ceux qui ne lui sont pas loyaux. Il instaure une forme de terreur. Il fallait voir l'audition au Sénat de celui qui se présentait au poste de vice-secrétaire adjoint à la Défense, à qui le sénateur qui posait la question disait: "Est-ce que la Russie a envahi l'Ukraine?" Il était incapable de répondre car il était terrorisé.
L'autre l'aidait en lui disant que des chars russes ont franchi la frontière...
Il a bégayé. Il y a un régime de terreur qui s'instaure. Quand vous mettez ensemble l'érosion des contre-pouvoirs, la terreur autour du chef, ça ressemble à du fascisme.
Les institutions américaines sont fortes, mais je pense qu'on va assister à un bras de fer entre Trump et les institutions américaines. On va voir qui gagne. Pour l'instant, les institutions sont plus fortes.
Le rôle des Etats-Unis, c'était bien ça, être le gendarme. Malgré tout, il restait le gardien du principe démocratique. C'est ça qui vole en éclats.
C'est perturbant. - C.Roux: Nous revenons à vos questions.
Question. Vous disiez, oeil pour oeil, dent pour dent. - F.Charillon: Vous avez une unanimité en Europe.
Le probable futur chancelier allemand dit qu'il faut être indépendants des Etats-Unis. Il y a une prise de conscience générale. D.Tusk, il est polonais.
Je pense qu'on va y arriver. C'est une question de survie. - Gal D.Trinquand: Pendant le premier mandat, il y a eu un frémissement.
Les démocrates nous ont arrosés de miel, mais avec une politique assez dure. Le fait que Trump soit si brutal, on se dit qu'il faut faire quelque chose. - C.Roux: Question. - M.Van Renterghem: Pourquoi pas! - Gal D.Trinquand: Tesla, ça a commencé.
Moins 67 % en France. - F.Charillon: Ca inquiète les industriels américains.
Les 3 grands de l'automobile américaine ont dit: "Attention, on va perdre nos bénéfices." Tout le monde est conscient aux Etats-Unis que la représaille peut venir. - C.Roux: Question. - C.Sellin: Comment lui faire mal en attendant qu'il ne soit plus dans le sillage d'une élection triomphale?
Il est un peu euphorique. Il est dans cette ivresse de la victoire. On commence à voir certains sénateurs républicains...
Des remontées de terrain commencent à être mauvaises car les gens disent: "Virer tous les gens de l'Etat fédéral, ça diminue et la qualité des services publics. Comment je vais faire?" Il pose des questions sur l'Assurance maladie.
Trump est très fort maintenant. Et un Trump contesté par l'électorat, avec la perspective des midterms... - C.Roux: Question. - M.Van Renterghem: Je pense que c'était bien qu'il le fasse.
C'est trop facile de critiquer...
Les gens n'ont vu que la conférence de presse. Ils ne savent pas ce qui s'est passé dans les coulisses, dans la manière dont ça peut influer sur D.Trump.
E.Macron a quand même réussi à lui glisser...
Il faudra voir comment ça retombe dans ce cerveau un peu fou et pas forcément rationnel de D.Trump. Mais comment il a pu lui montrer que c'était dans son intérêt à lui de faire en sorte de ne pas empêcher les forces européennes de garantir la sécurité de l'Ukraine. - C.Roux: Question. - C.Sellin: Il y a une raison historique.
On a été éduqués dans l'idée de la relation transatlantique, du partage des valeurs. Aujourd'hui, on a quelqu'un qui préfère s'aligner avec la Russie de Poutine. - F.Charillon: Ca ne sera pas la même chose partout.
En France, on a un logiciel gaullien. On est plus prêts à ça. Ceux pour lesquels ça va être dur, c'est les Britanniques et les Allemands, qui doivent beaucoup aux Etats-Unis. - C.Roux: Question. - M.Van Renterghem: Ca fait partie de leur point commun, renverser l'histoire et faire des comparaisons. - C.Roux: Et réécrire l'histoire? - M.Van Renterghem: Poutine, ça ne le gêne pas de soutenir un parti comme l'AfD qui comporte de vrais nazis. - C.Roux: Question. - F.Charillon: Ca peut être jusqu'au pire. - C.Roux: C'est quoi? - F.Charillon: Une vraie guerre et une offensive sur l'Europe.
Nous devons notre sécurité aux Etats-Unis qui nous font savoir chaque jour qu'ils nous défendront plus, voire même qu'ils prendraient le parti de l'adversaire. Il faut craindre le pire. - C.Roux: C'est la fin de cette édition.
C'est l'heure de retrouver toute l'équipe de "C à vous". - A.-E.Lemoine: Quand Daniel Balavoine se prononçait sur l'état brut de l'établissement où il était, un collège de Dax qui est aujourd'hui cible d'accusations.
Les circonstances troublantes de la disparition de l'acteur américain Gene Hackman retrouvé mort chez lui à 95 ans aux côtés
Valérie Hayer