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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 27 avril 2012 13 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileSolidarités & familleEurope & international

Jean-Luc Mélenchon

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    François Hollande n'a pas été très clair hier soir sur France 2, vous vous êtes parlé ou pas depuis dimanche ?

  • 1:12OuverteRéponse directe

    Au cours de ce bref échange, François Hollande vous a invité à l'un de ces meetings ?

  • 1:49RelanceÉludée

    Jean-Luc Mélenchon, vous connaissez le poids des symboles, la présence, votre présence dans un meeting.

  • 3:08OuverteRéponse partielle

    Mais vérifiez dans les dernières enquêtes d'opinion, dernier sondage, 89% de vos électeurs de premier tour voteraient François Hollande au second.

  • 4:54OuverteRéponse directe

    Et dans les discours de Nicolas Sarkozy que vous venez de citer, il y a vous, aussi, Jean-Luc Mélenchon, puisqu'il vous brandit comme un épouvantail en citant un certain nombre de vos déclarations, de vos propositions.

  • 5:04FerméeRéponse directe

    Ça vous réjouit ou ça vous agace ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44Invité politiqueFait
    « Il n'y a rien à négocier, nous ne négocions pas »
  • 0:49Invité politiqueFait
    « Nous utilisons le bulletin de vote François Hollande pour battre Nicolas Sarkozy »
  • 2:24Invité politiqueChiffre
    « C'est les trois quarts de la progression de la gauche depuis la dernière fois »
  • 2:33Invité politiqueChiffre
    « Il n'y a maintenant plus un département où nous sommes en dessous de 7 points, et il y en a plus de 20 où nous sommes au-dessus de 12 »
  • 3:46Invité politiqueFait
    « Il est en train d'extrême-droitiser la droite »
  • 3:54Invité politiqueFait
    « Ce qui s'est passé en Hongrie, où un ancien libéral est devenu tout d'un coup un nationaliste autoritaire, c'est M. Orban »
  • 4:56Invité politiqueChiffre
    « 89% de vos électeurs de premier tour voteraient François Hollande au second »
  • 5:36Invité politiqueFait
    « Il dit que j'aurais déclaré que quand on croise un riche, il faut lui faire les poches »
  • 6:21Invité politiqueFait
    « Il me reproche de proposer de faire les poches aux riches quand on les croise »
  • 6:29Invité politiqueFait
    « Il me reproche d'avoir dit que Cuba était une démocratie »
  • 6:40Invité politiqueChiffre
    « Cuba est un pays sous embargo depuis 50 ans, condamné 160 fois par les Nations Unies »
  • 8:16Invité politiqueChiffre
    « Ils cotisent pour plus de 12 milliards davantage que ce qu'ils reçoivent »
  • 8:47Invité politiqueFait
    « Se faire traiter de fasciste par un communiste est un compliment est une reprise mot pour mot d'une phrase de Pierre Laval »

Temps de parole

  • Jean-Luc Mélenchon89 %
  • Présentateur11 %

2,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Jean-Luc Mélenchon, François Hollande n'a pas été très clair hier soir sur France 2, vous vous êtes parlé ou pas depuis dimanche ?

0:06
Jean-Luc Mélenchon

Oui, il m'a téléphoné pour me dire un petit message de courtoisie que j'ai bien reçu, je lui ai redit ma position, il m'a dit la sienne, tout va bien.

0:15
Présentateur

Bon, donc c'était un vrai échange parce qu'on comprenait hier en l'écoutant.

0:18
Jean-Luc Mélenchon

C'est pas non plus un colloque, c'est bonjour, comment ça va, bravo, tu as fait une belle campagne, merci pour ce que tu as dit dimanche soir. Il dit oui, j'espère que tu as bien compris, tel que je l'ai dit, voilà, bon, c'est de la courtoisie, c'est normal quand même, non ? D'accord, c'était pas de la négociation politique ? Non, mais je le répète ce matin encore, quoique je l'ai fait tout le premier tour, il n'y a rien à négocier, nous ne négocions pas, et je veux dire pourquoi ?

Nous utilisons le bulletin de vote François Hollande pour battre Nicolas Sarkozy, mais nous n'allons pas maintenant commencer entre les deux tours, une discussion que j'ai proposée au mois d'août dernier et qui n'a jamais eu lieu. Et enfin, je ne veux pas que si peu que ce soit, on vienne dire que nous ayons posé un problème pour battre Nicolas Sarkozy. Donc on ne discute pas, et je ne ferai pas le bilan comparé de ce qu'il a dit, de ce qu'il dit maintenant, ce n'est pas intéressant. Pour nous, toute la machine est tournée, nous voulons battre Sarkozy. Chaque jour qui passe, nos raisons augmentent.

1:12
Présentateur

On va en parler. Au cours de ce bref échange, François Hollande vous a invité à l'un de ces meetings ?

1:17
Jean-Luc Mélenchon

Non, ça c'est hier, on m'a dit que j'y serais le bienvenu, je pense que ce n'est pas, je le comprends, que j'y sois le bienvenu, mais je pense que ce serait totalement contre-performant, parce que le sujet n'est pas de faire croire à je ne sais quel enthousiasme comme ça qui nous aurait pris. Non, ce n'est pas le sujet. Nous utilisons le bulletin de vote François Hollande pour battre Nicolas Sarkozy. Notre priorité, c'est ça. Pourquoi ? Parce que nous avons fait campagne sur le thème de la révolution citoyenne. Je vous signale quand même, je ne veux ne déranger personne parce que...

1:49
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, vous connaissez le poids des symboles, la présence, votre présence dans un meeting.

1:52
Jean-Luc Mélenchon

Vous connaissez le poids des mois, donc laissez-moi au moins finir la phrase avant de revenir à votre tropisme, François Hollande et encore François Hollande et encore François Hollande.

1:59
Présentateur

Je suis désolé, mais il est candidat à Nicolas Sarkozy.

2:03
Jean-Luc Mélenchon

Oui, je comprends bien. Ça se comprend bien. Ma réponse, par exemple, n'a pas l'air de vous intéresser. Je viens de vous dire... Je vous m'intéresse parfaitement. Ah bon, très bien. Donc laissez-moi terminer. Il se trouve, M. Cohen, qu'il y a un enjeu pour nous à gauche, figurez-vous. À part parler de Mme Le Pen du matin au soir, que nous avons empêché d'atteindre une bonne partie de ses arguments, la percée politique, c'est la nôtre. C'est-à-dire que le point où nous voici rendus, avec 4 millions de voix, c'est les trois quarts de la progression de la gauche depuis la dernière fois. Les trois quarts.

Et il n'y a maintenant plus un département où nous sommes en dessous de 7 points, et il y en a plus de 20 où nous sommes au-dessus de 12. Donc, sans vouloir nullement perturber l'intéressant dialogue qui se noue depuis maintenant 5 jours sur le Front National, je veux faire remarquer qu'il faut que ces 4 millions de personnes votent contre Sarkozy au deuxième tour. Une partie d'entre eux vont le faire sans aucun problème. Ils s'en fichent que ce soit un bulletin de vote Pierre-Paul-Jacques du moment qu'ils suivent l'objectif qui est battre Sarkozy pour briser, comme l'a dit l'État il y a un instant, qui n'a pas tort, l'axe Mercosy au niveau européen, parce que c'est ça notre but.

3:08
Présentateur

Mais vérifiez dans les dernières enquêtes d'opinion, je le dis au passage, dernier sondage, 89% de vos électeurs de premier tour voteraient François Hollande au second.

3:17
Jean-Luc Mélenchon

Absolument. Alors, ils le font, je veux bien qu'on en comprenne le sens, mais il y en a une série qui ne le veulent pas. Et ceux-là, nous ne les ferons pas, nous ne les convaincrons pas par des injures, du mépris, puisque depuis maintenant que cette campagne de deuxième tour a commencé, personne ne leur parle. On parle aux électeurs du Front National, paraît-il, des sottises qui, paraît-il, les intéressent. Bon, mais à ceux-là aussi il faut parler. Moi, c'est mon rôle de leur dire à tous, écoutez-moi bien, vous venez de voir ce qu'est réellement M. Sarkozy.

Il est en train d'extrême-droitiser la droite, comme c'est le cas, comme l'a bien dit Guetta tout à l'heure, dans d'autres pays d'Europe, parce que ce débat est européen. Ce que nous voyons en France, c'est ce qui s'est passé en Hongrie, où un ancien libéral est devenu tout d'un coup un nationaliste autoritaire, c'est M. Orban. La même chose est en train de se passer en France. La situation est d'une gravité exceptionnelle. Donc, moi, je me tourne vers ceux dont je comprends la motivation, puisque moi-même, j'ai quitté le Parti Socialiste. Bon, je comprends qu'ils ne veuillent pas voter socialiste, parce qu'ils n'ont pas confiance. Mais je leur dis, ce n'est pas le sujet.

Le sujet, c'est de battre Sarkozy. Parce que vous ne pouvez pas, à la fois, vouloir la Révolution Citoyenne, la Sixième République, et laisser cet homme en place qui en est la négation. D'ailleurs, nous avons, nous, comme responsabilité suprême entre ces deux tours, de distribuer le contrepoison à la tâche abominable qu'est en train de faire M. Nicolas Sarkozy, qui est d'opposer les Français entre eux, de montrer du doigt à la population d'origine immigrée ou immigrée, qui représente tout de même le cœur de la population française, et que c'est eux qu'il faut rassurer, c'est eux qu'il faut remettre dans le coup, c'est eux à qui il faut adresser des paroles d'affection et de fraternité.

Et c'est le contraire qu'on fait depuis quatre jours.

4:54
Présentateur

Et dans les discours de Nicolas Sarkozy que vous venez de citer, il y a vous, aussi, Jean-Luc Mélenchon, puisqu'il vous brandit comme un épouvantail en citant un certain nombre de vos déclarations, de vos propositions. Ça vous réjouit ou ça vous agace ?

5:06
Jean-Luc Mélenchon

Ni l'un ni l'autre. Il fait campagne, je fais campagne, et c'est normal qu'il m'affronte. Je fais juste remarquer qu'avant le premier tour, tout le monde m'a saoulé avec le fait que j'étais son allié objectif, qu'il disait beaucoup de bien de moi, etc. Tout d'un coup, ça a changé. Oui, bien sûr, M. Coigny. Il y a eu un tour d'élection entre les deux. Voilà, donc je ne suis plus son allié objectif, cette fois-ci, M. Coigny. Mais je n'ai jamais attendu que vous étiez... Non, mais je le mentionne, parce qu'on m'en a beaucoup régalé, et j'ai dû répondre à... Maintenant, regardons. Il dit des choses qui sont des mensonges.

Par exemple, il dit que j'aurais déclaré que quand on croise un riche, il faut lui faire les poches. Pas du tout, mais c'est quand même grave, non ? Il ment. Vous ne trouvez pas assez extra... Et personne ne lui dit ! Il est sur le plateau, j'ai dit que nous allions faire les poches aux riches. Mais je parle de la loi, moi. Je parle de l'impôt sur la grande richesse. Je n'ai jamais dit qu'on allait faire les poches aux riches quand on les croise. Il dit, c'est ça un exemple pour nos enfants. Après, il dit... C'est une image que vous aviez utilisée,

6:00
Présentateur

qu'il reprend telle quelle, telle que vous l'avez prononcée.

6:03
Jean-Luc Mélenchon

Oui, mais il a en vous un avocat extrêmement performant.

6:05
Présentateur

Non, non, non.

6:05
Jean-Luc Mélenchon

Mais il n'empêche que c'est un mensonge, M. Coigny.

6:07
Présentateur

Je n'ai jamais dit... La régularisation des sans-papiers, vous l'avez bien proposé.

6:10
Jean-Luc Mélenchon

Ah oui, mais ça, ce n'est pas un mensonge, ça. Oui. Non, mais là, je vous parle de ces mensonges, M. Coigny. Vous faites la différence. Non, moi, je vous parle des citations qu'il fait de vos discours ou de vos propositions. Non, non, non. Vous n'avez pas la bonne fiche argumentaire, parce que moi, je l'ai suivi. Donc, premièrement, il me reproche de proposer de faire les poches aux riches quand on les croise. Et deuxièmement, il me reproche d'avoir dit que Cuba était une démocratie. Je n'ai jamais dit que Cuba était une démocratie. Ça veut dire que ce n'était pas une dictature. Vous comprenez la nuance, M. Coigny ? Est-ce que vous comprenez la nuance ? Non, vous ne la comprenez pas.

Alors, je vais vous l'expliquer. Cuba est un pays sous embargo depuis 50 ans, condamné 160 fois par les Nations Unies. D'accord ? Donc, tant qu'on n'a pas réglé le problème de l'embargo, c'est-à-dire d'un siège économique absolu et total portant sur 80% des biens dont Cuba a besoin, je pense qu'il faut d'abord parler de ça avant de parler du régime politique de Cuba. Parce que quel est le pays qui arrive à avoir un régime politique multipartidaire et démocratique quand il fait l'objet d'une agression de cette nature ? Voilà ce que j'ai voulu dire. Bon, alors, lui, il l'utilise et il transforme la phrase. Il me fait dire autre chose. La vérité est la suivante.

Le fond de l'affaire, je demande qu'on arrête les petits jeux. Le fond de l'affaire, c'est que M. Nicolas Sarkozy est en train d'extrême-droitiser la droite et que nous sommes témoins de ça sous nos yeux en France et qu'il y a donc... C'est une œuvre de salubrité publique que de le faire battre. Parce que s'il l'emporte, c'est tout ce qu'il est en train de dire, et ce recyclage du vocabulaire de la collaboration ne lui en déplaise, qu'il l'emportera dans notre pays et ce sera un drame. Parce que, je le redis, les immigrés ne sont pas un problème dans notre pays. Et ce n'est pas dix énergumènes dans un coin qui valent pour toute la population que cela représente.

On est donc en train de faire entrer dans les crânes un artefact. De la même manière qu'avant-guerre, un artefact, c'est-à-dire un truc qu'on invente et qu'on colle dans le crâne. Avant-guerre, il n'y avait aucun problème avec les Juifs, d'accord ? Il n'y en a jamais eu. C'est une invention politique de l'extrême droite de l'avoir collée dans la tête de nos aînés, la génération précédente.

Eh bien là, on est en train de coller dans la tête des gens qui ont un problème avec l'immigration et c'est le président de la République française qui ose tenir des propos pareils comme le fait que les immigrés seraient responsables des déficits des comptes sociaux alors que c'est eux qui font la différence puisqu'ils cotisent pour plus de 12 milliards davantage que ce qu'ils reçoivent. Tous ces mensonges, ce mal, ce poison qui est distillant le pays, il faut résister, voilà ce que je viens de dire. Il faut résister de toutes nos forces. Ce n'est pas un jeu, ce n'est pas une petite partie électorale. Il y va de l'identité de la patrie républicaine des Français.

Si on laisse faire, c'est un désastre qui s'annonce.

8:36
Présentateur

Collaboration, avez-vous dit ? Quand l'humanité qui vous a soutenu affiche à la une les portraits de Philippe Pétain et de Nicolas Sarkozy, ça vous semble approprié ? Jean-Luc Mélenchon.

8:43
Jean-Luc Mélenchon

Au cas précis qu'évoquait l'humanité, ça l'était parfaitement. La phrase qui consiste à dire « Se faire traiter de fasciste par un communiste est un compliment » est une reprise mot pour mot d'une phrase de Pierre Laval, le collabo, d'accord ? De la même manière que parler de « Fête du travail » et de dire que c'est le vrai travail, c'est mot pour mot le texte de l'affiche du maréchal Pétain en 1941. Ne me dites pas que c'est par hasard. Si moi je vous recyclais des affiches maoïstes, vous seriez capable de dire « Mélenchon a perdu la tête ».

Eh bien lorsque lui, moi je ne le fais pas, tandis que lui il sort des mots, des phrases, des expressions qui sont directement tirées de la collaboration. Monsieur Cohen, pourquoi le fait-il ? À qui parle-t-il ? À qui veut-il inoculer ce poison ? Ça ce sont des faits, ce n'est pas des inventions.

9:25
Présentateur

Pétain approprié est efficace politiquement. C'est efficace de comparer son adversaire à un personnage historique qui a été jugé comme criminel ?

9:34
Jean-Luc Mélenchon

Je pense que l'efficacité c'est de montrer la dangerosité des idées. Et je vais aller plus loin. Le 1er mai, le président de la République décide de faire un rassemblement. Le 1er mai est une invention du mouvement ouvrier, si j'ose dire invention. L'idée de manifester tous le même jour sur des objectifs de réduction du temps de travail, c'est l'international socialiste qui y a appelé pour la première fois en 1890. Ça a toujours été le rassemblement, et pas la fête du travail. La fête du travail, c'est une invention pétainie. C'est le rassemblement revendicatif de la classe ouvrière et de ses organisations politiques ce jour-là.

C'est la raison pour laquelle l'extrême droite a organisé tous les ans, depuis la même durée, des rassemblements autour de la statue de Jeanne d'Arc sur le 1er mai. Pour faire pièce, c'était les uns contre les autres. Là-dessus, le chef de l'État décide de faire un rassemblement. Donc ce qui se joue le 1er mai pour nous, c'est de savoir si entre les deux tours, on parle des revendications ouvrières ou de ces lubies xénophobes contre les immigrés. Et moi, c'est la raison pour laquelle le Front de Gauche a appelé à se tenir derrière les syndicats. Je n'ai pas dit à la place. Derrière les syndicats, avec nos syndicats. On va voir ce qu'on va voir.

Le 1er mai, nous serons tous dans la rue, parce que s'il veut un rapport de force numérique, il va l'avoir. J'espère que le moindre Français qui m'entend, française, quel que soit son âge, son sexe, l'endroit où il est, il faut être dans la rue le 1er mai, montrer que c'est le camp du travail qui est plus fort que celui des fachos.

10:51
Présentateur

Avec les banderoles du Front de Gauche ou celles des syndicats ? Les banderoles des syndicats. Ah bon ? Parce que les syndicats s'inquiètent un peu.

10:57
Jean-Luc Mélenchon

Oui, mais merci, ils me le diront s'ils s'inquiètent. Ils l'ont dit publiquement. Oui, oui, très bien. Mais non, M. Cohen, il ne faut pas jeter de poison. Les syndicats ne s'inquiètent. Pardon de poser des questions. Non, vous ne posez pas des questions, vous faites des affirmations. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir. L'argument de M. Sarkozy et de Mme Le Pen, d'après lequel les partis de gauche récupèrent les syndicats, est une attaque et n'est pas une question ni un constat. Le 1er mai, nous sommes avec nos syndicats. Les partis politiques de gauche ont légitime Ayette parce qu'ils y ont toujours été. Vous m'entendez M. Cohen ? Ils y ont toujours été.

Alors des fois pas très nombreux, des fois il ne restait qu'un drapeau, mais on y a toujours été. Donc nous y sommes à notre place. Les syndicats défileront. Nous appelons nos adhérents, nos amis, nos électeurs à défiler avec les syndicats. Et nous, nous serons dans des points fixes et dans certaines communes, M. Cohen, nous défilerons derrière le cortège syndical comme nous l'avons toujours fait. Et à Paris en particulier, à la fin de la manifestation syndicale, le front de gauche qui tiendra un point fixe s'ébranlera et défilera lui aussi avec nos drapeaux parce que nous sommes à notre place. Et que nous n'allons pas laisser M.

Sarkozy nous narguer avec une manifestation UMP du 1er mai contre les travailleurs et les syndicats puisqu'il a annoncé que c'était les syndicats son problème, que c'était des corps intermédiaires qui posaient problème. Donc ce qu'il cherche, c'est l'agression contre les organisations syndicales sans lesquelles il n'y aurait jamais eu aucun progrès social dans ce pays. Donc le 1er mai, on va se retrouver dans la rue. Et je vous garantis que nous allons faire la démonstration que la question qui nous occupe, ce n'est pas les immigrés, c'est la paye, le chômage, la santé, l'éducation, les revendications ouvrières.

12:31
Présentateur

Le 1er mai dans la rue et dans quelques minutes avec les auditeurs de France Inter sur l'antenne Jean-Luc Mélenchon et notre invité ce matin.