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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 25 octobre 2019 31 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & internationalNumérique

Cécilia Attias et Louis Sarkozy s’expriment ! - C à Vous - 25/10/2019

Source d'origine 4 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Ils sont très rares dans les médias. Pourquoi cette interview maintenant ?

  • 0:12OuverteRéponse directe

    Cécilia Attias, parlez-nous de votre départ pour les États-Unis.

  • 0:38OuverteRéponse directe

    Cécilia, vous gérez l'agenda de Nicolas Sarkozy. Comment vivez-vous cette exposition médiatique ?

  • 2:19OuverteRéponse directe

    Pourquoi publier ce livre à quatre mains maintenant ?

  • 3:48OuverteRéponse directe

    Louis, vous êtes bercé dans l'ambiance des conversations politiques. Comment l'expliquez-vous ?

  • 4:36OuverteRéponse directe

    Louis, vous aviez 5 ans quand votre père est nommé ministre. Comment avez-vous vécu cette exposition ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29Invité politiqueFait
    « Le patriotisme aux Etats-Unis et en France, ça n'a rien à voir. Ça veut dire qu'aux Etats-Unis, devant toutes les maisons, il y a un drapeau américain. »
  • 7:14PrésentateurFait
    « Je me rappelle avoir été convoquée dans un établissement scolaire où était Louis, en disant, je pense que vous allez traverser des petits problèmes. »
  • 7:43PrésentateurFait
    « il portait à l'époque un nom de famille qui était extrêmement connu, futur président et ministre de l'Intérieur »
  • 9:15Invité politiqueChiffre
    « j'étais co-instructeur, mais on avait... Oui, je tirais 150 à 300 cartouches par semaine. »
  • 9:22Invité politiqueFait
    « Aux Etats-Unis, tout le monde, on peut aller dans un supermarché et acheter une arme. »
  • 10:02Invité politiqueFait
    « le papa est passé avant le président de la République. »
  • 11:10PrésentateurFait
    « Vous rendez hommage à Nicolas Sarkozy qui vous a toujours protégé, je cite, contre les machos du pouvoir. »
  • 11:40PrésentateurFait
    « J'ai d'ailleurs été très mal à l'aise pendant des années de ça. »
  • 12:07PrésentateurFait
    « elles ont un vrai pouvoir, elles peuvent faire des choses, parce que le président de la République, ses conseillers de ses cabinets, c'est très bien, mais le côté humain, humanitaire, je pense qu'elles peuvent vraiment s'en charger. »
  • 13:28InvitéFait
    « Vous écrivez que cette couverture médiatique a été démesurée. »
  • 15:04InvitéFait
    « pour faire libérer 5 infirmières bulgares, un infirmier palestinien, injustement accusé d'avoir inoculé le virus du sida à des enfants libyens, emprisonnés depuis 8 ans à l'époque, torturés et condamnés à mort. »
  • 18:43PrésentateurFait
    « Je vais même jusqu'à comprendre la GPA »
  • 22:47PrésentateurFait
    « vous pensez l'une et l'autre qu'il est bon de penser à la dépénalisation du cannabis. »
  • 23:22Invité politiqueFait
    « Je vous invite à consulter un rapport du think tank français Génération Libre, qui a fait un rapport sur la dépénalisation du cannabis, qui est fantastique. »
  • 23:37Invité politiqueFait
    « Il y a des bénéfices médicaux qui sont absolument indébattables. »
  • 24:52InvitéChiffre
    « Vous y avez publié une trentaine de tribunes sur des sujets très variés. »

Temps de parole

  • Présentateur50 %
  • Invité politique27 %
  • Invité11 %
  • Invité 24 %
  • Présentateur 24 %
  • Invité 32 %

10,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ils sont très très rares dans les médias. Ils ont plutôt appris à les fuir, voire à s'en méfier. Louis, le fils de Nicolas Sarkozy et Cécilia Attiaz, n'a accordé qu'une seule interview jusque-là. C'était il y a 4 ans pour Paris Match.

0:12
Invité politique

J'ai eu la chance de déménager aux Etats-Unis avec ma mère, il y a plusieurs années. Et c'est là que j'ai découvert les valeurs des Etats-Unis. Et je me marie très bien avec elle. Je ne dis pas que les valeurs de la France ne me correspondent pas, mais depuis un très jeune jeune, j'ai été exposé aux valeurs américaines. Et c'est un pays que j'aime énormément. Le patriotisme aux Etats-Unis et en France, ça n'a rien à voir. Ça veut dire qu'aux Etats-Unis, devant toutes les maisons, il y a un drapeau américain. Ça, ça m'a vraiment attirée. Vraiment, ce côté un peu héros, si je peux dire. Ça m'a vraiment attirée.

0:38
Présentateur

Même réserve, même discrétion pour celles dont les dernières interventions médiatiques remontent à 2013. Votre rôle est de plus en plus important. Vous gérez l'agenda, vous assistez à toutes les interviews à laquelle Nicolas Sarkozy se rend. C'est pour ça que je ne suis pas habituée aux vôtres. C'est parce que moi, en général, je suis derrière. En général, vous étiez là-bas. Qui suis-je, à part une ex-première dame éphémère en France, dont la séparation d'avec son époux a défrayé la chronique ? S'interroge Cécilia Athias dans les premières lignes d'une envie de désaccord. Un livre écrit à quatre mains avec son fils, Louis.

Un dialogue passionnant entre deux générations qui ont le sentiment parfois que plus rien ne les relie. Mère et fils s'enflamment sur les sujets brûlants de notre époque. La religion, la planète, la place des femmes, les fake news, la politique. Et ses coulisses, Cécilia Athias et Louis Sarkozy sont sur le plateau de C'est à vous. Bonjour. Bonjour. Bonsoir, Cécilia Athias. Merci à nous accueillir. Bonjour. Comment allez-vous ? Ça va très loin. Merci à tous. Bonjour à tous deux de votre présence. Merci de nous recevoir. Mais c'est un plaisir. C'est vraiment gentil. C'est si rare. C'est même la première fois. Je crois que vous êtes réunis tous les deux sur un plateau de télévision.

C'est la première fois, absolument. Ça ne nous est jamais arrivé. Bon, enfin, il a beaucoup grandi. Il a fallu les choses ont changées. Il a un peu poussé.

1:54
Invité politique

Toi, tu ne l'as pas changé, maman.

1:56
Présentateur

Ah, ça, je vous reconnais bien. La classe à Dalas. C'est gentil. Il faut s'en méfier. C'est là qu'on vient de commencer. Non, il faut s'en méfier. Vous, non. De lui, non. Ah, non. Je connais la bête.

2:04
Invité politique

Non, mais on a tous compris votre côté.

2:06
Présentateur

Ah oui, moi, je suis de côté de Cécilia. Je suis minoritaire. Exactement. Les médias, vous avez plutôt tendance à vous en méfier. Ah, m'en méfier, non. Mais j'habite aux Etats-Unis. C'est vrai que je fais autre chose qui n'intéresse pas grand monde. Et je n'ai pas tellement envie d'ailleurs d'intéresser dans mon travail. Et pourtant, vous avez décidé de rendre public, de publier ce livre à quatre mains, de le rendre public, de nous faire partager ce dialogue franc, ouvert, parfois musclé. J'adore quand vous dites, Cécilia, que parfois vous avez envie de dévisser la tête de votre fils. Ça ne vous est jamais arrivé dans vos cauchemars de prendre la tête de votre fils et de dévisser.

Non, mais très honnêtement, en vous lisant, en lisant votre dialogue, j'étais clairement de votre côté. Si je pouvais vous aider à dévisser la tête de Louis, j'aurais fait volontiers. On va revenir longuement sur les sujets qui vous opposent, ceux qui vous réunissent aussi souvent. Mais à vous lire, je me suis dit que l'envie de désaccord était bien plus forte que l'appréhension de l'exposition médiatique et que la peur d'être jugée, c'est le cas ? Alors, on a essayé de se justifier là-dessus, mais on avait envie vraiment de parler d'un certain nombre de faits, de thèmes qui nous tiennent à cœur. Et pourquoi ne pas le faire publiquement ?

Pourquoi ne pas essayer de montrer qu'il y a un moyen et un dialogue possible entre un enfant et sa maman ou son papa ? Et que le conflit des générations, en fait, on peut aller et essayer de se battre contre cela. Donc, on a essayé de... On s'est écrit des lettres, parce que je trouve qu'il est dommage qu'on ne prenne plus la plume aujourd'hui.

3:21
Locuteur non identifié

Oui, bravo.

3:22
Présentateur

On a écrit des vrais courriers. On n'était pas à côté quand on a écrit. On était chacun chez soi. Oui, ce n'est pas trafiqué. Ce n'est pas trafiqué. On a vraiment écrit chacun dans cinq points. Moi, j'imprimais la lettre de Louis et je répondais avec rage, parfois, à tâter. Et je pense que c'est bien d'aborder ces problèmes-là de façon différente et profonde.

3:40
Invité politique

Oui, c'est pour ça que ce n'est pas un livre qui est écrit à quatre mains. D'ailleurs, c'est une vraie conversation. On trouve un fil, on essaie de le suivre. Et un vrai challenge de ce livre, d'ailleurs, c'était d'essayer de trouver les sujets de transition.

3:48
Présentateur

Vous avez envie de désaccord, Louis, de débat.

3:51
Invité politique

Absolument.

3:51
Présentateur

Vous êtes bercé depuis votre plus jeune âle dans l'ambiance des conversations. On n'est pas le fils d'un ancien ministre et président de la République et d'une passionnée de la vie publique. Pour rien, vous avez attrapé le virus. Je pense qu'il l'a dans les veines. On n'aurait rien de cacher. Ça ne s'attrape pas.

4:05
Invité politique

Je n'ai pas le plus objectif, mais c'est vrai que je suis animé par ces conversations. Et c'est pour ça qu'on m'a donné l'opportunité de faire ce livre. Mais comment refuser ? Comment dire non ? Et c'est ce que j'attraise dans le prologue, parce que la question de la légitimité est bonne à poser. Mais c'est qui ce petit con, comme j'utilise, qui s'avance sur ces conversations-là ? Mais je pense que les conséquences de ces grands débats nous concernent tous. Qui n'est pas concerné par le libre-arbitre ? Qui n'est pas concerné par les dérives religieuses ? Qui n'est pas concerné par l'éducation ? Par la mort de ses parents ou alors la mort de ses enfants dans le pire des cas ?

Donc non, j'ose et je m'initie dans ce débat aux côtés de ma mère. Et j'en suis assez fier, pour être tout à fait honnête.

4:36
Présentateur

Dès le plus jeune âge, effectivement, Louis, vous aviez seulement 5 ans quand votre père est nommé au ministère de l'Intérieur. 7 ans quand il devient ministre de l'Economie et des Finances et patron de l'UMP.

4:46
Invité

A l'époque, il était ministre de l'Intérieur. Dans le bureau de Nicolas Sarkozy, un petit garçon, son fils Louis. En 2003, ses parents souhaitaient masquer le visage de l'enfant. Un an plus tard, les choses ont bien changé. Bonne chance mon papa. Si lever le voile sur sa vie privée n'est pas encore un passage obligé, il est fortement conseillé.

5:07
Présentateur

A l'époque, beaucoup ont reproché à Nicolas Sarkozy de mettre en scène sa famille. Si c'était à refaire, sans doute ne le refraîche pas, écrit-il dans son livre Passion. Vous êtes d'accord avec lui ? Alors est-ce que je suis d'accord avec lui ? Je pense qu'on vit dans un monde où on doit être transparent. On demande à ceux qui nous dirigent de ne pas avoir de vie cachée, de vie secrète. Là où il faut faire attention, c'est de savoir où mettre le curseur. C'est-à-dire en montrer suffisamment, mais pas trop. Et je pense qu'à ce moment-là, on est tombé un peu dans l'extrême inverse, qui est d'en montrer, à mon avis, un petit peu trop.

Vous écrivez d'ailleurs que servir son pays est un privilège qui implique beaucoup de sacrifices. Sacrifices pour les familles aussi. Et ce choix, ton papa et moi, écrivez-vous à Louis, l'avons fait, je l'avoue, sans vraiment en imaginer les conséquences pour vous, sur vous. Vous avez culpabilisé, regretté ? Alors, regretté, non. J'en parlais avec Louis tout à l'heure d'ailleurs. C'est vrai que la culpabilité habite beaucoup de parents, mais la culpabilité était encore plus forte pour moi, parce que je les ai quand même pas mal exposés. Et puis je suis partie, c'était une exposition immense. Mon départ et mon divorce a été une répercussion importante pour eux.

Il était un tout petit bonhomme de 9 ans. Je veux dire, ce n'est pas très fort pour aller au travers de tout ça. Les filles étaient en pleine adolescence, c'était compliqué pour elles. Donc bien sûr, la culpabilité m'a rongée longtemps, pendant très longtemps. Vous en vouliez à vos parents ?

6:30
Invité politique

Non, absolument pas. Déjà, je n'avais aucune compréhension vraiment de ce qui se passait.

6:32
Présentateur

Vous ne compreniez pas ce qui se passait ?

6:34
Invité politique

Non, et pour tout vous dire, je n'ai quasiment aucun souvenir de cette époque. Donc je pense qu'en rétrospection, c'était une énorme chance. Parce qu'aujourd'hui, j'ai la chance d'avoir des amis sur des continents différents. J'ai la chance d'avoir des networks un peu partout. Et c'est vrai que j'ai un petit pincement en cœur quand je vois des gens qui ont le même groupe d'amis, vous savez, toute leur vie, de la maternelle jusqu'à leur 18 ans.

6:53
Présentateur

Ce n'était pas votre cas ?

6:54
Invité politique

Non, ce n'est pas mon cas, mais je ne le regrette pas, après tout.

6:57
Présentateur

Vous réfléchissez l'un et l'autre sur le patronyme que portait Louis, notamment au lycée français. Un nom qui vous vous moquerie, voire raillerie et brimade à l'appui, de la part des élèves, c'est déjà pas terrible, mais ça peut se comprendre, mais de la part aussi des enseignants, Cécilia ? Oui, je me rappelle avoir été convoquée dans un établissement scolaire où était Louis, en disant, je pense que vous allez traverser des petits problèmes, Louis ne va pas très bien, mais je vais m'en occuper, expliquez-moi ce qui ne va pas. Je dis, écoutez, je gère ma famille, occupez-vous de ses études. Donc je pense qu'effectivement, il n'y avait plus de frontières, ça devenait complètement ridicule.

Vous dites des professeurs, vraisemblablement, engagés politiquement, qui du coup s'en prenaient indirectement à Louis ? Bien sûr, bien sûr, c'est arrivé, c'est arrivé parce qu'il portait à l'époque un nom de famille qui était extrêmement connu, futur président et ministre de l'Intérieur, et puis on ne pouvait pas, il était tout petit, je me rappelle de lui, dans les cours de récréation, revenant à la maison avec des enveloppes, des parents écrivant, demandant des services, demandant, je veux dire, 4, 5 ans, 6 ans, c'est absolument aberrant, oui, de lui faire porter ça, bien sûr, bien sûr.

8:02
Invité politique

Mais tout cela pâlit, et excuse-moi de te contredire là-dessus aussi, mais tout cela pâlit vis-à-vis des grands privilèges, des énormes richesses. Moi, ça m'a toujours dérangé, les gens qui se plaignent de leurs petites histoires, parce que face aux grands problèmes de la vie...

8:14
Présentateur

C'est l'inquiétude d'une mère qui m'intéresse. Il y a le côté maman, et puis après, il y a le côté...

8:18
Invité politique

Mais moi, ça me dérange, vous savez, de dire ça, de dire, oui, j'ai été... Enfin, tous les enfants sont face à la cruauté, à l'injustice.

8:24
Présentateur

Ça vous dérange, ou c'est de la pudeur, Louis Sarkozy ?

8:27
Invité politique

Je ne sais pas, il faudrait demander à un psychothérapeute.

8:29
Présentateur

Il n'empêche, c'est la raison, entre autres, pour laquelle vous décidez d'intégrer une école militaire et de vous faire appeler Louis Adams, ça se prononcez Adams ?

8:37
Invité politique

Oui, Adams, Adams.

8:38
Présentateur

Un quotidien quand même infernal. 4 ans dans des baraques de bois, sans confort, ni chaleur, avec pratiquement aucune possibilité de sortie de permission.

8:45
Invité politique

Pas de bois, c'est ça ? Pas de bois.

8:46
Présentateur

Ah bon ?

8:47
Invité politique

Non.

8:47
Présentateur

Des baraques de...

8:48
Invité politique

C'est des beaux bâtiments, d'ailleurs. Des beaux bâtiments. En briques rouges, c'est très beau. Ce qui se passe à l'intérieur est dégueulasse, mais l'extérieur est magnifique.

8:56
Présentateur

Un adolescent fasciné par les armes.

8:59
Invité politique

J'avais 5 ou 6 ans, même 8 ans. Je suis allé à l'école, mon officier de sécurité me ramenait chez moi, à l'époque, au milieu de l'intérieur ou à Bercy. Et depuis que j'ai 8, 7, 8 ans, il m'en est tiré, tout ça. Et j'ai toujours développé une passion pour les armes et que j'ai pu alimenter à l'armée. Et c'est vraiment... J'adore les armes. Ma dernière année, j'étais co-instructeur, mais on avait... Oui, je tirais 150 à 300 cartouches par semaine. Aux Etats-Unis, tout le monde, on peut aller dans un supermarché et acheter une arme. Donc beaucoup de gens pensent que c'est mauvais, mais moi, je trouve, par exemple, que c'est une liberté. Et c'est un des seuls pays qui a une liberté telle.

9:31
Présentateur

Pourquoi vous me dites merci, Louis ?

9:33
Invité politique

Non, c'est parce que vous savez, un des vrais défauts d'être dans une famille ultramédiatisée quand on est jeune, c'est qu'on a l'opportunité de prendre la parole publiquement et qu'on n'a pas forcément le même droit à l'oubli qu'aux autres. Et je ne renonce pas à ces propos. Mais j'ai modéré mes positions.

9:45
Présentateur

Oui, et puis ils ont pu embarrasser à l'époque, notamment votre père. En tout cas, la décision de rentrer dans cette école, vous l'expliquez très bien dans le livre, elle pouvait nuire à votre père qui était à l'époque à l'Élysée. Ses conseillers s'en inquiétaient.

9:58
Invité politique

Oui.

9:59
Présentateur

Mais vous écrivez, il n'a pas oublié d'être un père.

10:02
Invité politique

Non, ce n'est même pas qu'il n'a pas oublié, c'est que le papa est passé avant le président de la République. Et ça peut paraître comme simpliste, mais c'est quand même une des fonctions les plus importantes au monde. Et ça, j'en serais éternellement reconnaissant.

10:14
Présentateur

Si Louis a d'abord été le fils de son père, vous, vous avez toujours été beaucoup plus que l'épouse d'un ministre ou d'un candidat. Votre rôle, votre quotidien en ministère de l'Intérieur, vous aviez accepté de le dévoiler aux Caméras de France 2. On est en 2002.

10:25
Invité

À 45 ans, aux côtés du directeur et du chef de cabinet, Cécilia est aujourd'hui au cœur du dispositif Sarkozy. Son mari lui fait une confiance absolue. Elle sait tout. Elle partage tout. On a tous les deux besoin de l'autre.

10:41
Présentateur

C'est une drôle d'alchimie. Ça fonctionne comme ça depuis longtemps. Moi, j'ai vraiment besoin de lui. À titre personnel, je pense que, quelque part, il doit avoir aussi besoin de moi puisqu'on a toujours travaillé ensemble.

10:52
Invité

C'est une façon moderne de vivre sa vie professionnelle et sa vie familiale. Soit on le vit à deux pleinement, soit on le vit seul. Mais si on le vit seul, ce n'est pas compatible avec une vie de famille.

11:06
Présentateur

Cet exemple-là, il était incroyablement moderne à l'époque. Et vous rendez hommage à Nicolas Sarkozy qui vous a toujours protégé, je cite, contre les machos du pouvoir qui voulaient vous cantonner à un rôle de femme d'eux ? C'est difficile d'être femme d'eux, de ne pas avoir de titre officiel, de ne pas avoir de rôle officiel dans un pays comme la France, qui est un descendant de Descartes. Je veux dire, on est la femme d'eux et on n'est rien d'autre. Travaillant avec lui, on a travaillé ensemble depuis qu'il était maire de Neuilly, c'est vrai qu'on n'arrivait pas très bien à me situer, savoir quel était mon rôle, quel n'était pas mon rôle, où était ma place.

J'ai d'ailleurs été très mal à l'aise pendant des années de ça. Et c'est vrai que je pense que ça va venir, c'est déjà aux Etats-Unis, je veux dire, la première dame a un vrai rôle, un vrai travail, et elle est reconnue avec son cabinet, et d'ailleurs elle fait énormément de choses.

11:52
Invité politique

On avait une femme au bord du pouvoir aussi.

11:54
Présentateur

On avait une femme au bord du pouvoir, alors qu'en France, c'est encore assez caricatural, et on ne sait pas très bien où la placer. Ça nuit toujours à chaque fois aux premières dames. Ce qui est très dommage, parce qu'elles ont un vrai pouvoir, il faut arrêter de se cacher la face, elles ont un vrai pouvoir, elles peuvent faire des choses, parce que le président de la République, ses conseillers de ses cabinets, c'est très bien, mais le côté humain, humanitaire, je pense qu'elles peuvent vraiment s'en charger. Et c'est dommage de ne pas leur laisser faire, et d'accueillir ça, et d'aider, d'accompagner, comme on le fait dans pas mal de démocraties aujourd'hui.

Nous étions un couple en politique, et non pas un couple politique. La nuance est importante, et vous dites que c'est l'une des raisons pour lesquelles notre divorce a eu un tel retentissement dans les médias. Expliquez-nous. Alors, moi, je ne suis pas une femme politique. J'étais aux côtés d'un homme politique, mais je n'étais pas la politique. Nicolas est assez grand et suffisamment intelligent pour être un homme politique à lui tout seul, complet. Moi, j'étais à ses côtés, ce qui est tout à fait différent. Malgré tout, le fait de travailler avec lui et de travailler pour lui a fait que j'étais très exposée, et comme on a voulu, on m'en a beaucoup voulu d'être à ce point-là exposée.

Et après, le retour de bâton a été immense quand je suis partie. Et quelque part, je le comprends. Je comprends que les gens aient eu une telle perception. Le sentiment que vous ayez abandonné le combat déserté. Vous savez, c'était il y a 13 ans, 12 ans. Aujourd'hui, je comprends beaucoup mieux les choses.

13:16
Invité

12 ans, octobre 2007, ce divorce, donc, Cécilia Assias, ça fait la une de toute la presse. Divorce à l'Elysée. Tous les médias s'y intéressent. Des dizaines d'articles sont écrits, des dizaines d'éditos sont comptés les reportages à la télé, à la radio. Vous écrivez que cette couverture médiatique a été démesurée. Mais quand même, une première dame qui divorce, ça n'est pas rien, ça n'arrive pas à chaque...

13:37
Présentateur

Ça n'est pas rien, mais si vous reprenez le livre pour lequel on est invité aujourd'hui, on parle d'un certain nombre de sujets, de sujets de société qui sont tellement importants, avec lesquels il faut vraiment essayer d'avoir des dialogues et parler, que la vie privée de qui que ce soit, quelque part, paraît faible et légère. Vous ne croyez pas ?

13:55
Invité

Revenons encore quelques instants sur cette période d'octobre 2007, automne 2007. Nicolas Sarkozy y revient aussi dans son dernier livre, Passion. Il écrit que ce divorce était la seule issue raisonnable. Je n'avais rien anticipé, je n'y avais rien compris, dit-il. Une période dont il nous a parlé, ici, sur ce plateau, c'était le mois dernier. Ça a été tellement médiatisé. Ça a été tellement au cœur du débat. C'est d'ailleurs tellement extraordinaire. Au moment où je vivais cette situation, la candidate de gauche vivait la même situation. Toute la presse était au courant. C'était Céline Royal.

Effectivement, l'ancien président précisait, juste après ça, qu'il doit parler de ce sujet avec pudeur, notamment pour ses enfants. Voilà ce qu'il précisait. Vous revenez donc sur tout ça. Vous le disiez, Cécilia, il y a quelques instants, 12 ans après les faits. Est-ce que vous n'avez pas peur d'être à nouveau critiquée ? Ou au contraire, ça vous permet de tourner définitivement la page ?

14:43
Présentateur

J'espère que les gens vont lire autre chose dans ce livre. C'est dans la place de la femme. Oui, c'est dans la place de la femme. Il y a un certain nombre de sujets qu'on aborde dans le livre. Mais je pense qu'on aborde d'autres sujets dans ce livre plus important.

14:56
Invité

Alors on va revenir à tout ça, justement, dans ce livre. Vous revenez sur l'épisode libyen. Vos négociations avec le colonel Kadhafi, il y a 12 ans, pour faire libérer 5 infirmières bulgares, un infirmier palestinien, injustement accusé d'avoir inoculé le virus du sida à des enfants libyens, emprisonnés depuis 8 ans à l'époque, torturés et condamnés à mort. Cette image de Cécilia Sarkozy à l'aéroport de Sofia en compagnie des infirmières bulgares va faire le tour de la planète. L'événement est de taille, une première dame en super diplomate qui ramène au pays si condamné à tort.

J'ai pensé que Cécilia pouvait mener une action utile et ce qu'elle a fait avec beaucoup de courage et beaucoup de sincérité, beaucoup d'humanité et beaucoup de brio, en comprenant tout de suite qu'une des clés, c'était dans la capacité que nous pouvions avoir à prendre toutes les douleurs en considération. – Ça a été l'expérience la plus forte de votre vie professionnelle, vous diriez. – Oui, de loin, de loin.

Vous racontez les dessous de cette mission, enfin ce qui est dissible, parce qu'à un moment il y a une petite phrase, vous dites « je ne peux pas tout dire », notamment la rencontre surréaliste avec Kadhafi dans son bunker, il est 2h du matin, il y a une fausse lumière du soleil, et là, par une espèce de réflexe, vous vous emparer d'une cravache.

16:16
Présentateur

– C'est tout à fait exact, je n'en avais jamais parlé, mais j'avais un officier de sécurité qu'ils ont laissé à l'extérieur, je ne savais pas qu'il y avait ce bunker, on me fait descendre un escalier, et là je me retrouve avec des gens étranges dans un sous-sol étrange et un labyrinthe, je vais d'un bureau à l'autre, d'une pièce à l'autre, et ce qui m'avait frappée, c'est qu'il n'y avait pas de lumière, donc il y avait des fausses fenêtres avec de la fausse lumière du jour et du faux vent pour faire bouger les rideaux.

Et je me disais « on est vraiment dans un monde parallèle » et j'arrive dans un bureau, et là je rentre dans ce bureau, il n'y avait personne, il y avait des bouquins partout, des livres vraiment partout, et à un bureau il y avait une cravache posée sur le bureau, et je vois arriver Kadhafi, et là je me dis « mon Dieu, qu'est-ce que je fais ? » et j'ai pris la cravache, c'est un réflexe, enfantin presque. Avec quoi ? Je ne sais pas ce que j'allais me défendre. Je suis comme une idiote avec ma cravache à la main, je me disais « écoutez, je propose de vous asseyer là-bas » et moi ici, manque-toi de moi, vous asseyez là-bas et moi ici, et là on va commencer à parler des infirmières.

Vous prenez quand même un risque réel.

17:14
Invité

Je pense que je n'en étais absolument pas consciente. Louis, vous racontez l'immense fierté que vous avez pour votre mère, entre autres à propos de cet épisode, à tel point que vous vous demandez « suis-je condamné à cause de toi ou grâce à toi à ne jamais me satisfaire de la compagnie d'une femme banale ? » Ça nous a fait pas mal réagir cette petite phrase.

17:34
Invité politique

Non mais d'abord…

17:35
Invité

Pas de commentaire en ce qui me concerne.

17:38
Invité politique

On rentre dans un sujet délicat. C'est un épisode exceptionnel qui est digne des plus grands récits de super-héros, comme je le dis dans le bouquin.

17:45
Invité

Oui, d'Avengers.

17:45
Invité politique

Et je ne dis pas que je ne veux pas me contenter d'une femme banale, parce que c'est ce que j'écris.

17:50
Locuteur non identifié

C'est ce que vous écrivez.

17:51
Invité politique

Mais laissez-moi essayer de l'expliquer. Je confirme, il l'a écrit, ce n'est pas moi. C'est juste que maintenant, une femme charismatique, une femme qui a une mission, qui a des missions, une femme qui porte sa voix, qui veut accomplir des choses, c'est quasiment nécessaire pour une relation à long terme, en tout cas, que j'espère trouver dans mes futures aventures.

18:10
Présentateur

Au cours de vos échanges, certains seront peut-être surpris, Cécilia Sarkozy, des positions que vous prenez sur les faits de société. C'est sans doute ceux qui ne vous ont pas connus à l'époque où vous étiez aux affaires, parce que vraiment, votre maman, Louis, a toujours montré une liberté, une ouverture d'esprit qui me faisait me dire à l'époque que vous deviez être de temps en temps un peu regardé de travers par le gros des troupes avec lesquelles vous aviez à travailler. Je suis peut-être un peu simpliste, mais je ne suis pas sûr. Je ne pense pas. On se connaît depuis très très longtemps.

Alors, dans le bouquin, par exemple, sur la GPA, je cite juste le début de votre phrase, puis vous allez la continuer et la commenter, « Je vais même jusqu'à comprendre la GPA », écrivez-vous. Je vais vous dire pourquoi, parce que je pense qu'il faut aller très doucement. C'est des sujets qui sont explosifs. Mais moi, j'ai des exemples devant moi. J'ai des exemples de familles tellement heureuses, tellement bien, construites de façon tellement remarquable, avec des enfants nés de la GPA. Pourquoi voulez-vous que je sois contre cela ? Quand je vois le sourire de ces petites filles, parce que je connais cette famille, et que je vois le bonheur des papas.

Mais pourquoi voulez-vous qu'on aille contre cela ? Pour quelle raison ? Alors que tout ce qui compte, c'est le bonheur des enfants, je pense. Donc, c'est à nous, peut-être, de changer notre regard sur ces enfants et de voir les choses différemment. Alors, une fois encore, c'est un sujet très compliqué, très difficile, qui en implique beaucoup d'autres. Avec beaucoup de frilosité en France. Oui, et puis beaucoup d'autres questions viennent par derrière, sur les identités, etc. Mais force est de constater que, de voir ces familles-là, je ne peux pas être contre. Je ne peux que, non seulement être pour, mais les aimer même plus que les autres.

19:49
Invité politique

Bon, joignez votre maman ? Complètement. Aucun désaccord là-dessus. C'est très difficile de regarder des photos de familles, de certaines de ces familles dont maman parle, et d'essayer de sortir un argument après. Mais après, je comprends. Je pense que la question, pour moi, un, c'est le consentement de l'individu. Une femme veut bien prêter son corps. Les deux parents sont d'accord. OK. Mais après, il faut faire attention que ce ne soit pas seulement les familles avec les moyens financiers qui en accèdent. Et ça, c'est assez terrifiant comme image. Donc, je réserve profondément le droit d'être déchiré sur le sujet. Mais regardons... Qu'est-ce qui parle bien ? Il a hérité de moi.

20:20
Présentateur

Vous voyez comment on s'entend tous ? Ah oui, non, mais votre maman dit qu'elle vous voit un avenir politique. Il s'est fâché avec moi ce matin en disant « Je ne veux plus que tu dis ça. » Pourtant, c'est écrit à plusieurs reprises. C'est pas vrai. C'est pas vrai. C'est pas vrai. C'est pas vrai. C'est pas vrai. C'est pas vrai. C'est pas vrai. C'est pas vrai. C'est pas vrai. C'est pas vrai. C'est pas vrai. C'est vrai. C'est vrai. C'est vrai. C'est vrai. Non, vous avez ça dans le sang. Franchement, Louis. Qu'est-ce que ça veut dire d'avoir un sang. Je vous ai dit tout à l'heure, on est avec. Exactement. La première fois que vous avez vu Nicolas Sarkozy, vous saviez qu'il aura un destin.

Vous avez la même intuition pour votre fils. Totalement. Même si je vais me faire insulter en sang. Pas du tout. Je vais vous dire. Parce qu'elle vous passe le plan. Non, je vais vous dire. C'est pas ça. Non, laisse-moi m'expliquer. Oui, il n'y a pas d'arrogance. Je t'en prie. Pas du tout. Je t'en prie. Quand on dit qu'il va être musicien, on voit un jeune enfant qu'on met devant un piano et qui a beaucoup plus de facilité qu'un autre pour jouer du piano. On le pousse et on lui dit, bon, c'est ça. Quel est le rôle des parents ? Les enfants envoient des signaux, toutes sortes de signaux.

Et on doit déboursailler tout ça pour essayer de tracer un chemin et voir vers quoi ils sont faits, pourquoi ils sont bons. Alors, je ne dis pas qu'il fera de la politique. Loin de moi. Il fera ce qu'il veut. Il sera peut-être danseur mondain. J'en sais rien.

21:29
Invité politique

Un dérangé fantasie.

21:31
Présentateur

Ce que je veux dire par là, c'est que si on met tous les ingrédients qu'il faut pour être un homme politique, et pour moi, vous connaissez mon avis sur l'homme politique et sur la chose politique que je respecte immensément, parce que je trouve que c'est extraordinaire, il a ses ingrédients. D'une part, il est extrêmement cultivé. Il est très, très curieux des faits de société. Il veut savoir un certain nombre de choses. Il parle quand même assez facilement. Il sait convaincre. Il a un petit peu de charme, pas trop, mais suffisamment. Donc, les ingrédients sont là. Après, il fera ce qu'il veut. Mais voilà, c'est juste. Vous avez au moins une électrice.

22:11
Invité politique

Au moins une.

22:12
Présentateur

Je ne suis pas sûre qu'il ne se présente jamais. Les yeux dans les yeux, ça ne vous intéresse pas ?

22:17
Invité politique

Non, mais vous savez, quand on dit la politique, ça ne m'intéresse pas. Il y a la politique partout. Dans un couple, dans un endroit de travail, dans la famille. Donc non, ce que je peux vous dire avec certitude, c'est que je n'ai absolument aucune ambition électorale. Ma vie, pour l'instant, est aux Etats-Unis. Un retour en France est inenvisageable.

22:34
Présentateur

Un dernier mot, Pierre, sur les positions surprenantes de Cécilia. On peut parler des drogues et du cannabis. Autant que vous êtes tous les deux, avec chacun et chacune, vos mots pour la lutte contre les drogues les plus dangereuses. En revanche, après analyse, vous pensez l'une et l'autre qu'il est bon de penser à la dépénalisation du cannabis. Il m'a convaincue. Il m'a convaincue avec des arguments qui étaient parfaits. J'ai évolué, bien évidemment, et je pense qu'aujourd'hui, il faut dépénaliser. Il y a trop de gens qui vivent là-dessus et trop de victimes.

Si le cannabis était en vente libre, c'est clair que ça ne serait plus sacralisé comme ça l'est et ça éviterait quand même pas mal de dérives.

23:16
Invité politique

Je vous invite à consulter un rapport du think tank français Génération Libre, qui a fait un rapport sur la dépénalisation du cannabis, qui est fantastique. Quels sont les bénéfices ? Un, il y a l'extinction immédiate de tous les cartels de vente illégale. C'est vendu après par des endroits qui sont sponsorisés par le gouvernement. On peut taxer tout ça, le Colorado le fait et dépense l'argent sur l'amélioration de l'infrastructure ou de l'éducation. Parce que ce n'est pas une bonne chose. Deux, il y a des bénéfices médicaux qui sont absolument indébattables.

Il y a cette petite fille qui avait plus de 15 crises d'épilepsie par jour et il se trouve que seule l'huile de cannabioide peut l'aider. Et puis les vétérans qui reviennent de zone de combat avec des symptômes de PTSD absolument insupportables. Il y a ceux qui font de la radiothérapie ou de la chémothérapie ou de la chimiothérapie, pardon, qui en ont besoin. C'est la seule chose qui leur redonne de l'appétit. Je me souviens de cette vidéo extrêmement touchante. Je vous invite à la regarder de cet homme d'une soixantaine d'années qui souffre de la maladie de Parkinson, qui est incapable d'arrêter de bouger ou de vibrer.

Il fume un joint pour la première fois de sa vie et pendant 15 minutes, il n'arrête pas, il n'arrive pas à arrêter de rire. Alors si on n'est pas touché par ça, les amis, on n'est touché par rien.

24:24
Invité

On le disait, il y a quelques instants, vous habitez aux États-Unis, donc c'est là qu'est votre vie aujourd'hui. Vous étudiez, Louis, aux États-Unis. Vous êtes même diplômé. J'étudie, voilà. Vous êtes même diplômé maintenant de l'Université de New York, NYU, diplômé en philosophie. Vous contribuez aussi aux débats publics là-bas, puisque vous êtes l'un des contributeurs d'un hebdomadaire, le Washington Ex-Miner. Vous y avez publié une trentaine de tribunes sur des sujets très variés. D'ailleurs, le cannabis, les drogues en général, Elon Musk, l'équipe de France de football. Et puis même le choix des sièges dans un avion, il faut choisir plutôt le siège qui est près d'un hublot.

24:56
Invité politique

Alors, ce n'est pas exactement le sujet de l'article. Sur toutes mes tribunes, j'ai eu un total peut-être de 14 lecteurs. C'est du commentariat, c'est des opinions avec quelques statistiques sur la vie politique, philosophie et tout ça. Je n'ai jamais eu une grande audience, mais le seul qui a eu un petit succès, c'est celui sur les sièges d'avion. C'est drôle quand même. C'est une petite touche d'humour et c'est juste parce que je suis émerveillé par ces machines volantes.

25:19
Invité

Alors, sur la politique Trump, je le disais, vous avez consacré une tribune à Trump en disant « Pourquoi je ne voterais pas pour lui en 2020, si vous pouviez, alors que j'aurais pu voter pour lui en 2016 ? » Pourquoi vous ne voteriez pas pour lui ?

25:32
Invité politique

Parce que je pensais qu'Hillary Clinton était un vrai danger. Je n'apprécie pas vraiment cette dame. Il y a beaucoup de flip-flops dans ses positions. On a l'impression qu'elle change son discours devant chaque foule différente. Il y a des épisodes de corruption. Bon, n'en parlons pas maintenant. De dire ça maintenant, ça paraît catastrophique vu tout ce qui est sorti sur Trump. Mais en 2016, on n'avait pas toutes ces informations. Et je considérais que Trump était ce qu'on appelle aux Etats-Unis une « wild card ». Ça veut dire que c'était le joker. On ne savait pas ce que ça allait donner. Il y avait 50% de chance. Et je me suis dit « Jamais il ne s'offra à réélire. Pourquoi pas n'essayer ?

» Un outsider, je suis assez séduit par ça. Aujourd'hui, je le regrette profondément. Et si j'avais le Louis de 2016 en face de moi, je lui dirais...

26:08
Présentateur

Qu'est-ce que vous lui feriez ?

26:10
Invité politique

Vous lui dévisseriez la tête ou pas ? Rien de très méchant. Rien de très méchant. Je prendrais sûrement une cravache.

26:14
Invité

Qu'est-ce que vous diriez au Louis de même un peu avant, de 2014, de 2015, quand vous aviez des échanges musclés sur Twitter, notamment avec Léonard Traveilleur, pas seulement lui, mais quand vous étiez assez vindicatif sur le réseau social ? Vous savez, Twitter, c'est excellent. Vous en parlez dans le livre.

26:32
Invité politique

Parce que tout ça est construit magnifiquement bien, avec des neuroscientifiques dans leur équipe qui savent très bien comment nos processus d'addiction marchent, qui nous envoient des notifications, où on voit tous les gens qui en parlent, qui retweetent. Et donc, ça pousse à répondre. Et jeune, venant d'avoir mon premier mille ou deux millièmes followers sur Twitter, je sentais vraiment une responsabilité de participer à ça. Et ça, c'est ridicule. Tout le monde s'en foutait en rétrospection.

26:56
Invité

Et là, vous avez arrêté aujourd'hui ? Vous êtes réfléchi ?

26:59
Invité politique

Mais je ressens encore ça. Ils sont très bons dans les équipes de Twitter et de Facebook. Je suis dans mon lit. Vous vous contrôlez. Mais bien sûr que oui. Et une montée d'adrénaline au moment de se coucher. Il faut répondre. C'est pas possible. Et puis, ça passe au bout de cinq minutes.

27:12
Présentateur

Alors, après Twitter, Instagram, Karim Rarbage, qui est à peu près de votre génération et qui est né comme vous avec les réseaux sociaux, est allé, si j'ose dire, chez vous.

27:21
Invité

Pour en savoir un peu plus sur vous, Louis Sarkozy, on est allé faire un petit tour sur votre compte Instagram. Et avec plus de 570 publications en six ans, vous jouez le jeu des réseaux sociaux. Petit décryptage. Il est assez grand, quand même. Ouais, j'aurais pas dit. Bon, passion USA, passion militaire, passion flingue, passion papa. On en a déjà parlé, on va pas revenir dessus. Ce que l'on sait moins de vous, c'est votre tropisme pour les animaux. Des chihuahuas, des biggles, des bichons, des lapins, des perroquets et même des tigres.

27:45
Locuteur non identifié

Oh !

27:47
Invité

Avec vos 28 000 abonnés, vous êtes ce qu'on appelle un influenceur. Et un influenceur, ça influence. Salut les gars, je vous présente la nouvelle doudouna. Franchement, le top, en plus, made in France, donc allez-y tout de suite. Est-ce que vous la faites en L et en noir, s'il vous plaît ? Et pour fille. Et pour fille. Comme tout bon Instagrammeur, vous avez acquis certains codes. Des photos de vos repas, de vos entraînements, de vos soirées, de vos amis, de vos pieds, de vous-même en mode BG. Et surtout, vous gratifiez votre audience de petites photos dossiers. Clairement, en parcourant votre Insta, on se dit que vous kiffez bien la vie.

Et si sur les réseaux sociaux, on choisit ce que l'on donne à voir de soi, vous, Louis, vous avez choisi la lecture. Et entre les poèmes, la guitare et l'air penseur au sunset, on se dit que vous avez une âme d'artiste. Et forcément, on a envie que vous nous chantiez un petit truc. C'est possible ?

28:52
Invité politique

Du brel, peut-être ? Alors, chanter, c'est absolument impossible. On peut parler de brel, si vous voulez, parce que c'est quelqu'un qui me touche énormément. Mais si je peux me permettre de faire une petite remarque sur ce petit clip. Oui, vous avez raison, je poste des photos de moi et tout ça. Mais tous mes highlights, qui sont ces petites bulles qui sont sur mon Instagram, depuis à peu près un an, sont en fait le partage de mes petites découvertes littéraires. Et je reçois parfois...

29:21
Présentateur

Ce que Karim Harbage a relevé.

29:22
Invité politique

D'accord. Et ce qu'on comprend très rapidement. Vous n'avez pas cru de...

29:26
Présentateur

Vous connaissez la mauvaise foi des médias, pardonnez-nous ce petit écart. Non mais, on voit très bien que vous lisez beaucoup, que vous êtes très cultivé, que vous argumentez chacune des positions, qu'on soit d'accord ou pas, mais que vous les défendez à chaque fois avec fougue. Non, c'est surtout en s'appuyant sur des écrits, des faits ou des... C'est-à-dire que débattre avec lui, c'est intéressant parce que ça nous fait voir les choses différemment. Il s'appuie sur ce qu'il a lu, sur ce qu'il a... C'est étayé. Absolument.

29:53
Invité

Avec une citation qui est assez... Alors, j'ai deux têtes, mais dès le début du livre, ce qui n'est pas sujet de discussion... Ce ne sera pas sujet de progrès. Ce ne sera pas sujet de progrès. Non, mais ça résume bien l'esprit de votre échange.

30:05
Invité politique

C'est la thèse du livre, ce n'est pas que ma philosophie. Surtout, vous parlez des chiffres et tout ça, c'est quand même... On espère qu'à chaque fois qu'on a une opinion forte, il y a quand même des mots de raison de l'avoir. Parce qu'à partir du moment où on croit quelque chose et on n'a rien, on n'a aucune source, on n'a aucun chiffre, on n'a aucun livre ou pointé, c'est quand même assez catastrophique.

30:20
Présentateur

On vous a vexé un peu, Louis, ou pas ?

30:21
Invité politique

Non, pas du tout. Je le prends très bien.

30:24
Présentateur

Je ne le vexe pas facilement. Non, non, il ne le vexe pas.

30:27
Invité politique

On sait qu'on allait me faire passer pour le littéraire en montrant tout ce que je publiais.

30:30
Présentateur

On ne vous fait passer pour rien. On dit ce que vous êtes ce qu'on découvre avec beaucoup de plaisir en vous lisant tous les deux. C'est gentil. Moi, j'ai été très envieuse parce que le dialogue est parfois difficile avec ses enfants. Il est difficile. Il est difficile, voire même impossible. Et que vous réussissiez à faire ça, c'est absolument éblouissant, vraiment.

30:47
Locuteur non identifié

C'est gentil, intéressant. C'est intéressant.

30:49
Présentateur

Et il est question aussi de votre rapport à l'euthanasie. J'ai été surprise aussi de vous voir soutenir le fait qu'il faudra assouplir les règles parce que vous pensez également à tout ça. Il y a mille et une choses qui sont débattues de façon brillante entre mère et fils. Je vous encourage à lire Une envie de désaccord. C'est aux éditions Plon. C'est signé Cécilia Athias et Louis Sarkozy. Vous restez avec nous ? On reste avec vous. Merci beaucoup.

31:11
Invité politique

Merci. Merci.

31:13
Locuteur

Merci. Merci.