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DébatC à vous (sur YouTube)· 10 octobre 2025 15 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Crise politique : Emmanuel Macron dans le déni ?

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    S.Mabrouk, journaliste et présentatrice sur CNews, et A.Bouilhaguet, sont nos invitées ce soir aux côtés de D.Pujadas. Bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation. C'est une semaine politique folle. On voulait réunir 3 stars des chaînes d'info. C'est une semaine incroyable comme la Ve n'en a jamais connu.

  • 1:00OuverteRéponse directe

    A.Bouilhaguet, vous êtes éditorialiste sur franceinfo TV. C'était la réunion de la dernière chance, aujourd'hui, pour E.Macron?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    D.Pujadas, vous êtes sur LCI, qui traite souvent l'actualité internationale. On va revenir sur le détail de ce qui se passe, de cette situation inextricable pour E.Macron. Est-ce qu'on ne serait pas en train de devenir la risée de l'Europe avec cette situation politique?

  • 3:00FerméeRéponse directe

    Il s'est fixé lui-même cet ultimatum. Il est 19h31. Vous y croyez, à ce soir?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Je voudrais avoir votre point de vue sur ces images, hier et aujourd'hui. M.Le Pen était hier dans un salon de l'élevage du côté de Clermont-Ferrand. Aujourd'hui, elle était aux côtés des pompiers. Il y a une tactique politique à travers ces images?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Vous lui dites "chiche", à E.Macron, mais est-ce que vous ne craignez pas qu'on se retrouve exactement dans la même situation, avec une majorité relative?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00A.BouilhaguetFait
    « On l'a souvent dit, mais là, c'est peut-être la vraie de vraie. »
  • 2:00D.PujadasFait
    « On redécouvre, plus de 50 ans après, les joies et les affres de la République parlementaire. »
  • 3:00Y.GooszFait
    « On apprend que le président estime qu'il y a toujours un chemin possible pour éviter la dissolution et la censure. »
  • 4:00D.PujadasChiffre
    « M.Le Pen a beau jeu de se poser en alternative. Elle est à 36 % dans les sondages. »
  • 5:00A.BouilhaguetChiffre
    « Ils sont 63 ou 70 % qui souhaitent cette dissolution. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

- M.Bouhafsi: S.Mabrouk, journaliste et présentatrice sur CNews, et A.Bouilhaguet, sont nos invitées ce soir aux côtés de D.Pujadas.

Bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation. C'est une semaine politique folle.

On voulait réunir 3 stars des chaînes d'info. C'est une semaine incroyable comme la Ve n'en a jamais connu. - S.Mabrouk: Tous les qualificatifs ont été utilisés ces derniers jours: "inédit", "du jamais-vu"...

A.Duhamel parle de choses qu'il n'a jamais vécues. S'il dit ça, du haut de notre expérience qui, pour moi, reste modeste en nombre d'années, c'est inédit.

Malheureusement, c'est aussi assez inquiétant pour les Français. - M.Bouhafsi: A.Bouilhaguet, vous êtes éditorialiste sur franceinfo TV.

C'était la réunion de la dernière chance, aujourd'hui, pour E.Macron? - A.Bouilhaguet: On l'a souvent dit, mais là, c'est peut-être la vraie de vraie.

Ca semble assez bizarrement parti, d'après ce qu'on entend des retours, notamment de la gauche. On sent que les LR sont en train de partir. La gauche essaie d'y croire encore, mais difficilement.

Ce qui m'interroge beaucoup en ce moment, c'est E.Macron. J'ai l'impression qu'il est dans une forme de déni.

La semaine dernière, il a donné un entretien à un quotidien allemand, passé un peu inaperçu car il était sur la politique étrangère. Mais il a dit quelques mots sur la politique intérieure. Sur le budget: "pas si grave".

F.Bayrou s'est un peu emballé, la France est solide, elle a une économie solide...

Sur la tripartition: "pas si grave". En Europe, ça se passe partout comme ça et ils arrivent à s'arranger. Pas de panique.

Sur la faculté, car S.Lecornu était encore en poste à ce moment-là, sur la faculté de S.Lecornu à sortir de ce bourbier: "il va y arriver". - M.Bouhafsi: D.Pujadas, vous êtes sur LCI, qui traite souvent l'actualité internationale.

On va revenir sur le détail de ce qui se passe, de cette situation inextricable pour E.Macron. Est-ce qu'on ne serait pas en train de devenir la risée de l'Europe avec cette situation politique? - D.Pujadas: C'est sûr.

On redécouvre, plus de 50 ans après, les joies et les affres de la République parlementaire. C'est le Parlement qui a les choses en main. Celui-ci est émietté comme jamais.

On a la culture de la majorité. C'est ce que fabriquent le scrutin majoritaire et les institutions de la Ve. Brusquement, parce que les populistes ont émergé à un niveau inégalé, et c'est le cas dans beaucoup de pays d'Europe, le paysage est émietté.

Il n'y a plus la droite et la gauche comme avant. On découvre ça. On le découvre, en plus, avec un jeu de postures.

Quand on voit ce qui se passe avec L.Wauquiez, LR, dont les priorités sont de tailler des croupières à Retailleau...

Quand on voit Lecornu ou E.Macron qui dissimulent un peu le nom de B.Le Maire, LR qui essaient de passer dans le trou de souris...

Les postures plus la proximité des municipales, plus le paysage émietté, on est dans cette situation qui semble inextricable. - Y.Goosz: Preuve de la méthode Coué d'E.Macron, on apprend que le président estime qu'il y a toujours un chemin possible pour éviter la dissolution et la censure.

Il y a du grain à moudre, voilà ce que ses conseillers disent. On en est au même point que dans la mission de 48 heures accordée à S.Lecornu. - S.Mabrouk: On peut se mettre d'accord sur un constat: il va tout faire pour rester en place.

Certains peuvent défendre cela, affirmant que pour défendre nos institutions, pour sanctuariser cette Ve République à laquelle nous sommes attachés...

Tous ceux qui ont demandé sa démission...

C'est frappant. J'ai l'impression d'une forme de gladiature romaine. Vous avez E.Macron sans armure, sans armes, ensanglanté, toujours jeune mais vieilli.

Il a été le Brutus de F.Hollande. On dirait une arène où tout le monde baisse le pouce, où ceux qui ont combattu avec vous sont en train de vous planter toutes les dagues dans le dos.

Malgré tout, je pense que demander sa démission, y compris parfois dans la presse...

C'est une prérogative qui lui appartient, d'abord, et pour un président de la République qui espère encore trouver un chemin, il y a 2 solutions: soit il n'y a plus aucune piste et il est dos au mur, soit il croit encore qu'il y a une possibilité dans le pays. Je ne trouve pas ça comique ni tragique, comme certains le disent. - A.Bouilhaguet: Je vois bien qu'il y a un chemin, mais on ne le voit pas.

Et surtout, rien n'a changé depuis des mois. On a les mêmes acteurs qui demandent les mêmes choses, qui passent leur temps à se réunir pour se dire les mêmes choses, se séparer sur le même constat. J'ai l'impression...

Je vais être plus sévère pour E.Macron. Il a perdu la vista.

Il a fait un quinquennat où il s'est passé des choses, il y a eu des réformes... - S.Mabrouk: Qui a la vista, aujourd'hui? - A.Bouilhaguet: Depuis ces législatives où il ne fait pas campagne, où il y a un non-dit, ces européennes loupées, cette dissolution où il se dilue, on a l'impression qu'il est dans le déni et qu'il ne comprend pas la situation.

Il dit "y a qu'à, faut qu'on". - A.Bégot: Il s'est fixé lui-même cet ultimatum.

Il est 19h31. Vous y croyez, à ce soir? - D.Pujadas: On a appris, au cours de ses 2 quinquennats, que les délais sont faits pour être repoussés.

Il y a l'incompréhensible dissolution de juin 2024. - M.Bouhafsi: Combien de temps il va encore la payer? - D.Pujadas: Là, il fait un "bouger", comme on dit dans l'affreux langage journalistique.

Il fait un bouger sur les retraites. C'est le totem car c'est la seule réforme d'ampleur qu'il a faite dans son 2e quinquennat. Il espère arracher, avec l'idée qu'il pourrait y avoir une pause dans l'application de la réforme, la non-censure de la gauche. - P.Larrouturou: Il se crée une porte ce soir sur les retraites. - D.Pujadas: Le PS, c'est eux qui vont évaluer si ça leur suffit.

Si ça ne suffit pas, s'ils essaient que ce bougé soit un peu plus profond, sur les trimestres de cotisation...

C'est là-dessus qu'il espère trouver cette ligne de crête, qui n'est pas l'hypothèse la plus probable. - S.Mabrouk: Il y a le "bougé", mais aussi le "tombé".

C'est une véritable crise de régime. On n'est passés d'une crise de régime à une crise politique. Je suis interpellée...

Depuis des semaines, les partis parlent entre eux. Les politiques parlent entre eux. Les Français sont tenus à l'écart, ébahis, interloqués, incrédules. - M.Bouhafsi: Repartir au vote et se représenter devant les Français? - S.Mabrouk: D'abord, la dissolution est une évidence.

Je ne comprends pas pourquoi le président ne parie pas sur une forme d'intelligence des Français. - A.Bouilhaguet: Il regarde les sondages, comme nous tous.

Il voit que le socle commun va rétrécir comme peau de chagrin. Ils vont se retrouver avec 3 députés et demi, ce qui n'est pas l'objectif, avec un RN qui va prendre ses aises à l'Assemblée nationale. On entend la petite musique de tendre la main...

Sur les 48 députés LR, certains pourraient être séduits par le RN. Pourquoi pas la dissolution? - S.Mabrouk: Il ne faut pas avoir peur.

Pourquoi avoir peur de retourner aux urnes? - A.Bouilhaguet: Il a été élu sur une promesse.

Lui ou le chaos, lui ou le RN. Qu'est-ce qui se passe? - S.Mabrouk: Mais le chaos, c'est lui. - A.Bouilhaguet: J'ai la prétention de me placer de son point de vue...

Il se dit: "Quel intérêt pour moi de dissoudre si je donne les clés à J.Bardella?" - A.Bégot: Je voudrais avoir votre point de vue sur ces images, hier et aujourd'hui.

M.Le Pen était hier dans un salon de l'élevage du côté de Clermont-Ferrand. Aujourd'hui, elle était aux côtés des pompiers.

Il y a une tactique politique à travers ces images? - D.Pujadas: Pour elle?

D'une certaine manière, E.Macron, en ne recevant que les dirigeants des partis qui se sont mis d'accord pour un éventuel compromis, forcément, ça rend service aux 2 extrêmes qui ne sont pas conviés. C'est une loi de la politique.

Est-ce qu'il avait le choix? Je ne sais pas. Ca ne rimait pas à grand-chose d'inviter le RN et LFI.

Mais ce faisant, de fait, M.Le Pen a beau jeu de se poser en alternative. Elle est à 36 % dans les sondages.

Elle n'est pas invitée. "Tous ceux-là dans le même marigot et moi, je suis à côté." - M.Bouhafsi: Le RN appelle tous les jours à la démission du président de la République.

Vous avez expliqué qu'il ne fallait pas...

Il y a quelques mois, elle avait expliqué qu'il fallait une démission. - S.Mabrouk: Je crois que le RN préfère une dissolution. - M.Bouhafsi: Elle a repris les termes d'E.Philippe.

A l'époque, quand elle avait appelé à la démission, ça ne passait pas, alors qu'aujourd'hui, "ça passe crème". Il a bien fait de ne pas inviter le RN et LFI? - S.Mabrouk: Si on transpose ça à la télévision, ça permet la contre-représentation de M.Le Pen.

C'est habile. Ca n'en fait pas une stratégie pour autant. Il y a une certaine logique à ne pas les inviter.

Ils vont censurer immédiatement. Il n'y a pas d'accord à avoir avec eux de non-censure. Que ce soit M.Le Pen ou La France insoumise, peut-être qu'une partie des Français retiendront qu'ils n'ont pas été dans ce jeu politicien.

Je ne sais pas. Ce qui m'interpelle...

Je suis frappée qu'on ne retourne pas aux urnes. L'histoire contemporaine a montré que toutes les cohabitations ont donné du souffle, de l'oxygène au président. F.Mitterrand a eu l'intelligence, quand il y a eu cohabitation, de dire: "On va vous y voir." Je n'ai pas la folie de prétendre à ça, mais que ce soit J.Bardella ou un Premier ministre de gauche, "on va vous y voir". - M.Bouhafsi: Vous lui dites "chiche", à E.Macron, mais est-ce que vous ne craignez pas qu'on se retrouve exactement dans la même situation, avec une majorité relative? - S.Mabrouk: Je ne crains rien.

Honnêtement, il n'y a rien de mieux dans une démocratie un peu fatiguée comme la France que de revenir aux urnes. Je crois que la tripartition de l'Assemblée est presque un fait accompli, mais... - D.Pujadas: C'est comme un entonnoir.

Petit à petit, ça se referme. S'il y a une crête, il y aura cette crête. Sinon, il y aura la dissolution. - Y.Goosz: Est-ce que cette dissolution ne serait pas parfaitement comprise? - A.Bouilhaguet: Elle est comprise par les Français.

Ils sont 63 ou 70 % qui souhaitent cette dissolution. Mais on passera d'une crise politique à une crise de régime. Soit on se retrouve avec des députés RN, une majorité relative, qui n'iront pas à Matignon s'ils n'ont pas le gage d'avoir les mains libres...

Ca va être compliqué. Ce qui m'étonne, je vais encore m'en prendre à E.Macron, mais il fait les choses à contretemps.

Pourquoi, après la dissolution surprenante, il ne nomme pas L.Castets à Matignon? - S.Mabrouk: On aurait été sauvés, c'est sûr! - A.Bouilhaguet: Elle aurait duré quelques mois et on aurait soldé l'hypothèse de la gauche. - S.Mabrouk: Quelle est la légitimité de L.Castets?

O.Faure, je peux comprendre... - M.Bouhafsi: L'hypothèse...

On ne va pas faire de politique-fiction. Le nom qui revient beaucoup depuis ce matin, c'est un 2e mandat de S.Lecornu à Matignon.

Ce serait pris comme une insulte par les Français? - D.Pujadas: Non, pas comme une insulte par les Français mais comme un problème par une partie de ce qu'on appelle "le bloc central", qui dit qu'il faut autre chose, par LR qui dit qu'il faut autre chose, et par la gauche qui dit qu'il faut autre chose, car S.Lecornu est un proche d'E.Macron.

Mais les Français ont été presque 7 millions à regarder S.Lecornu au JT l'autre jour. Ils lui donnent 10 points d'opinion favorable en plus.

Lecornu est en train d'émerger comme figure plutôt appréciée des Français. - M.Bouhafsi: Vous rejetteriez un gouvernement technique aux côtés de S.Lecornu, S.Mabrouk? - S.Mabrouk: Un gouvernement technique, je n'y crois absolument pas dans un pays et avec un peuple aussi métapolitique que le nôtre.

Un gouvernement technique, c'est la meilleure manière de donner les clés à l'administration. Je pense qu'il vaut mieux avoir des gens avec des surfaces politiques pour négocier des accords de non-censure. Je vois mal des techniciens qui connaissent peu ou pas grand-chose à la politique faire mieux que les politiques.

Quoique, tout est possible pour faire mieux, en ce moment. - M.Bouhafsi: En un mot, vous y croyez, à cette piste S.Lecornu, A.Bouilhaguet?

Normalement, on attend une information d'ici une vingtaine de minutes. - A.Bouilhaguet: Elle tiendra aussi peu qu'elle a déjà tenu.

Ce n'est pas la solution. On parle toujours de Draghi ou de Monti. C'étaient quand même des politiques.

Mais quelqu'un qui n'a pas d'ambition présidentielle,