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InterviewFrance Culture — Le Temps du débat (sur Site radio)· 28 septembre 2022 38 minComplaisantFond programmatiqueCulture, médias & sportÉconomie & entreprisesNumérique

Où sont passés les cinéphiles ?

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 79 %Attaque 8 %Défensif 12 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteRéponse directe

    Entrons dans un débat consacré à la fréquentation des salles de cinéma en France.

  • 0:25OuverteRéponse directe

    Où sont passés les cinéphiles ?

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Le congrès des exploitants de cinéma s'est tenu à Deauville, la fréquentation reste en dessous de 2019.

  • 3:37OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est un enjeu civilisationnel que de retourner dans les salles ?

  • 4:06OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on est habitué à porter le cinéma aussi haut en disant que c'est un enjeu civilisationnel ?

  • 4:51OuverteRéponse directe

    Pour vous, Anne Faucon, est-ce que la question de la salle dit autre chose que la survie du cinéma ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:43PrésentateurChiffre
    « Une baisse de 30% environ qui interroge sur le profil de celles et ceux que certains ont surnommé les déserteurs. »
  • 2:49InvitéChiffre
    « C'est au total 220 millions qui ont été débloqués pour les exploitants. »
  • 6:56InvitéChiffre
    « La tendance du marché, c'est à peu près moins 30% de fréquentation depuis... »
  • 7:22InvitéChiffre
    « Il y a eu 138 jours de fermeture en 2021. »
  • 9:12PrésentateurChiffre
    « La SRF, la Société des Réalisateurs de Films, c'est 500 réalisateurs. »
  • 14:32InvitéChiffre
    « Nous, on a 70% de films français, européens. »
  • 16:04InvitéChiffre
    « On a un programme d'abonnement qui compte plus de 200 000 abonnés. »
  • 19:59InvitéChiffre
    « L'étude de marché, c'était 100 000 personnes annuellement. »
  • 23:16InvitéChiffre
    « Le prix moyen d'un billet d'entrée en France, c'est autour de 7 euros. »
  • 23:45PrésentateurChiffre
    « La fête du cinéma, c'est bien 4 euros. »
  • 31:29InvitéFait
    « la salle de cinéma était plutôt passif dans la promotion des films »
  • 32:06InvitéFait
    « on faisait une permanence parce qu'il y avait des gens c'est leur seule manière de sociabiliser »
  • 32:51InvitéFait
    « une des raisons principales c'était j'ai peur d'attraper le Covid, j'ai peur pour ma santé »
  • 35:38InvitéFait
    « je pense qu'à partir de la fin d'année on voit qu'on commence à avoir une structure d'offres qui est un peu plus homogène »
  • 35:50InvitéFait
    « le deuxième volet d'Avatar qui arrive en fin d'année et qui va être un grand événement »
  • 36:13InvitéChiffre
    « le cinéma français c'est quand même la troisième cinématographie mondiale après les Etats-Unis et l'Inde »
  • 37:16InvitéFait
    « on a besoin de quelque chose qui est porteur de sens et de rêve un peu »

Temps de parole

  • Présentateur32 %
  • Invité23 %
  • Invité 223 %
  • Invité 317 %
  • Invité 42 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:13
Présentateur

Bonsoir, entrons ensemble dans un temps du débat consacré ce soir à la fréquentation des salles de cinéma en France. A l'ordre du jour ce soir, où sont passés les cinéphiles ? Le 77e congrès des exploitants de cinéma s'est tenu la semaine dernière à Deauville, alors que la fréquentation des salles, surveillée quotidiennement ou presque par tous les professionnels, reste largement en dessous de l'année record d'avant le Covid, c'est-à-dire 2019. Une baisse de 30% environ qui interroge sur le profil de celles et ceux que certains ont surnommé les déserteurs, qui sont ceux qui reviennent moins souvent qu'auparavant, vivre ce qu'on appelle dans le milieu du cinéma l'expérience de la salle.

Des jeunes rétifs au prix des entrées, des retraités échaudés par la Covid, des cinéphiles qui peuvent trouver sur le net des milliers de films pour assouvir leur passion. Nous allons poser la question à nos trois invités, à Anne Faucon. Bonsoir.

1:10
Invité

Bonsoir.

1:10
Présentateur

Vous êtes porteuse d'un projet de cinéma éco-responsable à Pont-Sainte-Marie, dans l'Aube, près de Troyes, vous nous en parlerez. Vous êtes membre du réseau des salles indépendantes Utopia et rédactrice dans les programmes Utopia, La Gazette. Avec nous également Aurélien Bosque. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes président des cinémas Pâté-Gaumont, France, Europe et internationale. Enfin, troisième invité, Rosa Libra. Bonsoir.

1:32
Invité

Bonsoir.

1:33
Présentateur

Vous êtes déléguée générale de l'ASRF, la Société des Réalisateurs de Films.

1:37
Invité

Dehors, les 180 spectateurs sont déjà tous là. Certains sont des habitués, d'autres non. Mathieu, la trentaine est particulièrement impatiente. C'est génial d'être parmi les premiers à minuit une, le renouveau, la reprise des cinémas en France. On attendait ça depuis un moment. Minuit cinq, avec un petit peu de retard, il est temps d'ouvrir les portes. Trois, deux, un. On avait envie de vous revoir. Passez le mot à vos collègues si vous voulez que les salles soient encore là demain et après, après, demain. Comment ne pas perdre cette magie, cette communion à l'heure de la plateformisation de nos vies et notamment y attirer de nouvelles générations ?

Ce n'est pas qu'un enjeu économique pour l'ensemble du secteur. C'est, je pense, vraiment un enjeu civilisationnel pour nos sociétés, pour nos démocraties. Depuis 2020, vous avez été percuté par cette crise du Covid, mais vous avez tenu bon exploitants, distributeurs, tous les maillons de la chaîne. Vous avez tenu bon parce que nous aussi, l'État, nous étions à vos côtés. Les collectivités également, je ne veux pas les oublier parce qu'elles ont joué un rôle important. C'est au total 220 millions qui ont été débloqués pour les exploitants.

2:57
Présentateur

Dans un premier temps, vous avez entendu un reportage d'il y a deux ans, un peu plus de deux ans, le 22 juin 2020, après trois mois d'inactivité due à la Covid-19. Les salles de cinéma rouvraient leurs portes et c'était un reportage qui a été tourné à Rennes, au cinéma à l'Arvore, qui proposait en toute première séance du film, le film The Big Levowski. C'était dès minuit avec un reportage de Benjamin Fontaine de France-Bernon-Ric et puis ensuite, la semaine dernière, à Deauville, la ministre de la Culture, Iman Abdelmalak, qui évoquait la communion face à la plateformisation de nos vies, un enjeu civilisationnel. C'est quand même très très important.

En tout cas, c'est un vocabulaire très large qui a été employé et peut-être même un peu outrancier. Est-ce que c'est un enjeu civilisationnel que de retourner dans les salles Aurélien Bosque ?

3:42
Invité

On pense effectivement que c'est un enjeu important pour la vie collective. Le cinéma en France reste un loisir très populaire qui crée des liens dans beaucoup de territoires. C'est un loisir aussi accessible et qui ouvre sur le monde. Donc, on pense effectivement dans une société où les gens ont parfois tendance à se replier un peu sur eux-mêmes, que ces moments collectifs sont essentiels et donc très importants.

4:06
Présentateur

Rosalie Ibrun, vous qui êtes déléguée générale de la SRF, la Société des réalisateurs de films, est-ce qu'on est habitué justement à porter le cinéma aussi haut en disant que c'est un enjeu civilisationnel et c'est aussi la question de la communion de la salle qui compte ?

4:21
Invité

Bien sûr, c'est complètement différent de voir un film dans une salle de cinéma ou de le regarder chez soi. Et c'est vrai que là, on peut parler de plateformisation. L'Humanité, ce matin, titrait en une « Le cinéma otage des plateformes », c'est un vrai sujet. Il faut rappeler aux spectateurs ce que c'est de voir un film en salle, d'être captif dans la salle de cinéma, de vivre une expérience collective. C'est quelque chose dont il faut se souvenir, il faut le porter ensemble. Et la culture a été un peu oubliée pendant cette crise.

4:54
Présentateur

Oui, et pour vous, Anne Faucon, qui dirigeait ou participait à ce grand réseau de salles indépendantes qui s'appelle Utopia, et surtout qui allait lancer très bientôt un autre cinéma garanti sans 3D, puisque c'est votre sous-slogan à Utopia. Donc, du côté de Troyes, est-ce que vous pensez aussi, comme ce qui vient d'être dit, que la question de la salle, c'est quelque chose qui dit autre chose que la survie du cinéma en salle, etc.

5:20
Invité

Bien sûr, parce que je pense que, comme le chante une chanson de Richard Desjardins, on a l'instinct des mammifères. On a besoin de se retrouver, de se réchauffer, et ce qu'on n'a pas devant une plateforme ou devant sa télé, qui est très inquiétant, même si on est sur des jeux vidéo ou des matchs de foot, un match de foot, on peut le regarder quelque part tout seul. On a quand même plaisir, des fois, d'aller le voir avec plein de copains et de se retrouver à un moment.

Alors, communion, ça ne me fait pas trop penser à mes années d'éducation catholique, mais c'est vrai qu'il y a besoin de cet échange, de cette convivialité, et je pense que ce n'est pas pour rien qu'on a toujours choisi, nous, à Utopia, d'avoir des halls petites, des salles petites, de manière à être proche de nos spectateurs et d'être, principalement, notre métier, c'est l'accueil, en fait. Et l'accueil, et on est des prescripteurs, ce que n'est pas une plateforme, en fait. Parce que quand on a beaucoup, beaucoup de films, on a vu plein de gens qui regardaient Netflix revenir vers nous en disant qu'on ne savait pas quoi voir et qu'ils se sont désabonnés aussi à près de Netflix.

Voilà, et qu'ils viennent vous dire, on a même des gens à la caisse qui viennent nous voir, je ne sais pas ce que je vais voir, choisissez pour moi. Ça arrive.

6:36
Présentateur

Aurélien Bosque, pour faire le point, on en est où, justement, de cette fréquentation, de cette désertion ? Puisque ce terme est utilisé parfois par les professionnels du cinéma, ceux qui étaient là et qui ne sont plus là, et celles et ceux qui ne viennent plus, on en est où ? Chez Paté-Gaumont, par exemple.

6:53
Invité

Je pense qu'on est globalement sur la tendance du marché. La tendance du marché, c'est à peu près moins 30% de fréquentation depuis... Ça peut être plus aussi. Ça peut être plus sur certaines périodes, mais en moyenne, on est autour de moins 30%. Je pense que ce qui est important, c'est quand même de se rappeler, et votre reportage nous rappelait cette période de réouverture qui a tant marqué les exploitants, se rappeler que le Covid n'est pas si loin derrière nous, en réalité. On regarde des chiffres aujourd'hui, mais il y a encore quelques mois de ça, on avait des restrictions sanitaires dans un certain nombre de cinémas. Il y a eu 138 jours de fermeture en 2021, par exemple. Absolument.

Et donc, le fait déjà de se dire que la fréquentation d'aujourd'hui, elle est en convalescence avec un Covid qui n'est pas si éloigné, c'est quelque chose d'important. Ça permet aussi de relativiser ces moins 30%, puisque, en réalité, on se rappelle aussi que la salle de cinéma, c'est un métier d'offre, l'offre de films. Et cette offre de films, quand on regarde ce qui est sur les écrans depuis maintenant quelques mois, on voit qu'on n'a pas la densité qu'on avait l'habitude d'avoir avant le Covid.

7:55
Présentateur

Il faut se rappeler aussi qu'avant le Covid, on disait qu'il y avait trop de films. Donc, c'était aussi une des questions. Donc, on est entre les deux. C'est-à-dire, trop de sorties en même temps, avec beaucoup trop de concurrence entre les films. Et maintenant, on en a un peu moins. On s'en plaindrait presque maintenant.

8:09
Invité

C'est vrai. Alors, on en a un peu moins. Et on a surtout certains segments qui ne sont pas encore totalement repositionnés. Vous regardez les films internationaux, les blockbusters. On n'a pas encore la densité d'offres telle qu'on la connaissait auparavant, ce qui est assez logique. D'autant que certains producteurs de blockbusters comme Disney

8:25
Présentateur

retirent des films de la salle pour pouvoir les mettre sur leur plateforme. Donc, d'une certaine manière, effectivement, c'était des films qui apportaient généralement 5, 10 ou 15 millions de spectateurs.

8:37
Invité

Alors, c'est vrai que ça peut arriver de manière ponctuelle. Mais malgré tout, quand vous regardez le stock de films et le stock de blockbusters importants, on voit qu'ils ont plutôt été retardés dans leur sortie, mais ils sont toujours destinés aux salles. Donc, il n'y a pas eu un mouvement massif de déplacement de ces films de la salle vers des plateformes. C'est des initiatives assez marginales par rapport à la quantité de films qui doivent sortir. Donc, il y a un sujet de densité d'offres. Et ce sujet de densité d'offres, il se traduit forcément par un impact de fréquentation dont on pense qu'il va progressivement se réduire.

9:11
Présentateur

Rosa Librin, la SRF, la Société des réalisateurs de films, c'est 500 réalisateurs, je crois, environ, de court, de moyen et de long. Donc, c'est une société qui regroupe beaucoup, beaucoup de réalisateurs. Ces réalisateurs, on comprend qu'ils ont connu, pour certains, les plus anciens, d'autres périodes de vaches maigres. Et qu'ils se disent, c'est peut-être le retour des vaches maigres, mais entre-temps, on a eu de très belles embellies. Est-ce que c'est cela que vous dites aussi, Rosa Librin ? C'est-à-dire, ne pas s'inquiéter, ne pas craindre la chute définitive du cinéma face aux plateformes, face à toute la concurrence qu'il peut y avoir.

9:50
Invité

Il faut s'inquiéter, mais il ne faut pas être défaitiste. C'est vrai que quand on regarde la baisse de fréquentation aujourd'hui, des baisses de fréquentation importantes de cette ampleur, on en a eu d'autres. Dans les années 80, si on regarde les chiffres, on a eu une baisse très importante qu'on peut corréler avec l'apparition de Canal+, et de la place grandissante du cinéma à la télé. Et à ce moment-là, on a eu une réponse politique. On a eu la loi de 1986, la loi sur la liberté de communication, une loi très importante qui a créé le CSA et qui a mis en place des obligations d'investissement dans le cinéma pour les chaînes de télévision.

Et c'est cette création d'un écosystème, la mise en place de la chronologie des médias qui a permis à la fréquentation...

10:29
Présentateur

Ah, il faut expliquer à nos auditeurs la chronologie des médias. Ah, il faut expliquer la chronologie des médias. Non, mais très brièvement, parce qu'on ne va pas rentrer dans le détail parce que c'est extrêmement compliqué. On est obligé de la reprendre trois fois quand on veut comprendre ce qu'il en est parce qu'elle a été très régulièrement changée. Mais c'était en gros la possibilité de, après une fois que les films sont allés en salle, ils sont restés un certain temps, de les exploiter autrement. Autrefois, c'était en DVD. Maintenant, ça peut être effectivement sur d'autres...

10:52
Invité

C'est la préséance du cinéma sur les autres... Voilà, c'est de mettre le cinéma comme point de départ d'une œuvre de cinéma et ensuite de permettre à chaque diffuseur qui, en fonction de l'investissement qu'il aura mis sur le film, de passer le film le plus tôt possible. Voilà, donc Canal+, qui investit aujourd'hui 12,5% de son chiffre d'affaires dans le cinéma, a le droit de passer un film dans lequel il investit en premier, puis ensuite, Ciné+, les chaînes gratuites, etc. C'est effectivement le principe de la chronologie. J'ai perdu mon fil, du coup. Oui. Donc, il y a eu une baisse très importante dans les années 80 et une solution qui a été trouvée.

Donc, aujourd'hui, il y a aussi des solutions à trouver ensemble.

11:29
Présentateur

Oui, alors, Anne Faucon, on peut se dire aussi que toute la question, c'est de regarder entre blockbusters, comme c'était dit auparavant par Aurélien Bosque, ceux qui tirent la fréquentation, et puis les cinémas d'arrêt d'essai, où il y a aussi des petits blockbusters, mais qui sont aussi importants, des films qui tirent, eux aussi la fréquentation, qui est ici au nom d'Utopia, qui est ce réseau de salles indépendantes et justement qui n'a pas de lunettes 3D, qui n'a pas de dobi-sur-rande. Peut-être que vous en avez, de dobi-sur-rande.

12:00
Invité

Non, on a des toilettes sèches.

12:02
Présentateur

Est-ce que c'est ce que vous êtes en train de créer du côté de Troyes avec votre nouveau cinéma ? Mais en l'occurrence, est-ce que cette question des salles d'arrêt d'essai est aussi touchée, par exemple, que peuvent l'être les grandes salles ? Est-ce que c'est univoque ?

12:15
Invité

Nous, on a un peu moins de... Enfin, on a une baisse, comme tout le monde, forcément, parce qu'il y a une difficulté de reprise. En même temps, on sent que ça frémit et que les gens ont envie de repartir. On a entre 22 et 25 % de baisse. Donc, c'est plutôt... Il y a quand même des salles qui sont à moins 40. Pas vous. Pas nous. Donc, on est quand même assez... Bien sûr, si c'était moins 25 %, tout le temps, il faudrait qu'on se pose plus de questions. Mais en fait, je crois que surtout, il faut retourner, tirer les gens par la manche, continuer de distribuer, d'aller les chercher là où ils sont, de montrer que le cinéma, c'est justement pas élitiste, c'est un art populaire.

La chronologie, les blockbusters, comme je l'avais dit, tout le monde pleurnichait dans la profession, en disant, on n'a pas de blockbusters, ça ne va pas redémarrer. Nous, ça n'a jamais été un problème parce qu'on ne fonctionne pas avec. Donc, on s'est habitués à travailler différemment. Et donc, non, en fait, de toute façon, la peur ne sert à rien. Et puis, ce n'est pas maintenant que je suis en train de faire quatre salles qu'il faut que je me laisse s'envahir par la peur.

13:21
Présentateur

Alors, Aurélien Meusque, j'imagine que du côté de Pathé Gaumont, puisque vous êtes président des cinémas Pathé Gaumont pour la France, l'Europe et l'international, vous vous intéressez, vous regardez les chiffres, vous faites des comparaisons entre la France, d'autres pays où vous êtes présent, le sud de l'Europe, l'est ou le centre de l'Europe. Tout cela, ça vous permet d'avoir peut-être des sortes de diagnostics. Est-ce que vous comprenez ce qui se passe ? C'est-à-dire, hormis la peur de la Covid, hormis la peur de se retrouver malade après être allé au cinéma, ce qui n'était pas si fréquent que cela, d'ailleurs, est-ce que vous comprenez ce qui s'est passé ?

13:55
Invité

Je vous répondrai en disant avant tout qu'on a une forte corrélation de la tendance de fréquentation à l'exposition des différents marchés aux films américains. Vous l'avez mentionné, les films américains restent quand même les locomotives importants de la fréquentation. 46% ? 46%, ça dépend des années, ça peut être plus en 2019. 46% pour la France. Pour la France, c'est en moyenne 46%. 36% pour les films français. Absolument. Mais vous voyez, en 2019, on avait près de plus de 50% des entrées qui étaient concentrées sur les blockbusters américains. Juste un petit mot, vous pouvez nous dire, Anne Faucon,

14:30
Présentateur

à Utopia, dans le réseau, c'est exactement l'inverse.

14:32
Invité

Nous, on a 70% de films français, européens, on a 25% de cinématographie mondiale. Ici, les Américains, ça doit être 5% à peu près. Et c'est les films

14:43
Présentateur

plutôt genre Sundance, films indépendants.

14:46
Invité

Après, ça nous arrive de reprendre par exemple des choses comme Intouchables à l'époque, mais on va le reprendre en cinquième semaine parce que dans nos conditions, pas le passant cinq fois par semaine, sinon ça ne laisse pas la place aux petits films. Cinq fois par jour, je veux dire. En tout cas, en fonction de l'exposition des différents marchés, on a des fréquentations qui peuvent être même un peu plus décalées que ce qu'on voit en France avec l'offre de films français qui est malgré tout relativement forte comme vous le disiez. On voit surtout des évolutions dans la typologie de spectateurs et notamment dans les classes d'âge.

Et ce qu'on repère nous sur nos cinémas, mais encore une fois, ça dépend de l'offre de films qu'on exploite, mais sur nos spectateurs, on voit clairement une érosion de la clientèle plutôt senior, c'est-à-dire qu'on a des gens qui sont toujours parvenus dans nos salles et c'est plutôt les seniors. Alors que vous, vous avez un public qui est assez vieillissant. Enfin, vous pouvez avoir... Je crois qu'en fait, ça dépend des films. Il y a des moments où ce qu'on disait, quand on passe un Xavier Dolan, on a plein de jeunes qui sont là et ça dépend réellement.

Et pour aller dans ce sens des jeunes, et c'est un message positif que je veux vous passer, c'est que nous, on voit beaucoup de jeunes dans nos salles et on voit beaucoup de jeunes dans nos salles aussi bien sur des occasionnels qui vont aller voir des films qui leur parlent, mais on voit aussi beaucoup de jeunes dans nos salles dans les programmes d'abonnement. On a un programme d'abonnement qui compte plus de 200 000 abonnés et la plupart des recrutements d'abonnés qu'on a eu depuis le Covid, ce sont plutôt des jeunes. On a eu un rajeunissement très fort de notre base d'abonnés donc on voit que la salle, elle se réinvite de manière très forte dans les jeunes spectateurs.

16:21
Présentateur

Sur ce point, Rosalie Brin, est-ce que quand vous discutez à la SRF justement de ces changements, ces transformations, ces bouleversements, les adhérents de la SRF, réalisateurs, réalisatrices, se posent ce type de question de savoir si le public est vieillissant, s'il s'adresse à des cinéphiles à l'ancienne, s'il s'adresse à des nouveaux cinéphiles dont on n'imagine pas qu'ils deviendraient peut-être, etc.

16:44
Invité

On ne peut pas vraiment se poser cette question au moment d'écrire un film. Les réalisateurs, si les réalisateurs commencent à se demander à regarder la population et l'évolution de la population dans les salles de cinéma, ça va complètement changer la façon de créer.

16:58
Présentateur

Ce qui est assez différent de la façon dont on crée les séries ou les films pour Netflix, par exemple, ou pour Amazon. C'est-à-dire qu'effectivement, le producteur a une cible particulière et tente de faire mettre en adéquation cette cible avec la réalisation.

17:13
Invité

Là, effectivement, sur un film de plateforme ou une série télé, on va avoir une réflexion très ciblée qui répond à des algorithmes, à des demandes du public. Au cinéma, on va être dans l'offre, on va offrir quelque chose au public que le public n'attend pas forcément. Il faut faire confiance au public pour aller vers des films nouveaux, avoir cette ouverture d'esprit. Les réalisateurs ne réfléchissent pas à cette question à la base. Après, effectivement, on observe le marché à la SRF. Les réalisateurs qui s'investissent à la SRF ont envie de penser à ces questions et de trouver des solutions ensemble.

17:44
Présentateur

Sur ce point, Anne Faucon, est-ce qu'on peut dire qu'un événement cinématographique tel qu'il est pensé par Paté Gaumont ? J'imagine les grandes sorties, 400 écrans, on peut imaginer cela. Il y aura Astérix et Obélix en février, c'est cela ? C'est un événement pour Paté Gaumont. Un événement à Utopia, c'est quoi un événement cinématographique ?

18:06
Invité

C'est d'avoir boulé la nurse qui vient présenter un film.

18:11
Présentateur

C'est ça.

18:12
Invité

Non, c'est un événement.

18:14
Présentateur

C'est une rencontre en tous les cas.

18:15
Invité

Oui, je pense que c'est une rencontre. Moi, je suis assez... Je pense que les histoires d'âge, d'abord, on oublie, mais on est de toute façon sur une population vieillissante. Donc, c'est un petit peu normal de voir un petit peu moins de jeunes déjà, je me dis ça. Après, je pense que les jeunes, par exemple, avec le cinéma que je suis en train de faire, j'étais étonnée.

18:37
Présentateur

Alors, c'est donc à côté de Troyes. Vous nous en dites un mot. C'est un cinéma éco-responsable. C'est le cinéma des trois petits cochons.

18:46
Invité

En bois. C'est pas du Disney. Mais non, il y a de la paille, il y a du bois, il y a du ciment pour les fondations, il y a une mer de panneaux photovoltaïques sur le toit. On se chauffe au bois et on a des toilettes sèches et des toilettes sèches avec des urinoirs masculins et féminins. Oui. Très bien. Comme dans les festivals. Parce qu'en fait, on ne se rend pas tout à fait compte, mais c'est 350 000 piscines olympiques qui sont jetées, qui sont bousillées, qu'on envoie dans nos toilettes chaque année, au lieu de... C'est mieux pour... Cette eau potable serait mieux pour les moutons et c'est 30% de ce qu'on consomme dans nos foyers. Et donc ça,

19:26
Présentateur

c'est le septième cinéma utopia, je crois, c'est ça ?

19:28
Invité

Oui, septième maillon du Cetumar.

19:29
Présentateur

Avec quatre salles, c'est ça ?

19:32
Invité

Avec quatre salles.

19:33
Présentateur

Et vous escomptez ouvrir dans combien de temps ?

19:36
Invité

Eh bien, j'aimerais bien que mon bureau d'études de Troya me le dise, mais normalement, ça devrait être quand même incessamment sous peu parce qu'on a des velours magnifiques dans les salles, on a les fauteuils qui arrivent la semaine prochaine, on a les... Voilà, donc on est en train, en tout cas, ça ne devrait pas tarder, je pense, d'ici novembre.

19:54
Présentateur

Et donc, fréquentation attendue, par exemple, j'imagine que vous faites un plan de charge.

19:58
Invité

L'étude de marché, c'était 100 000 personnes annuellement, voilà.

20:02
Présentateur

Vous écoutez le temps du débat, nous nous posons la question de savoir où sont passés les cinéphiles, en compagnie d'Anne Faucon, vous venez de l'entendre, porteuse d'un projet de cinéma éco-responsable à Pont-Sainte-Marie, près de Troyes dans l'Aube, avec Aurélien Bosque, président des cinémas, Pâté-Gaumont, France, Europe et internationale, et Rosalie Brun, déléguée générale de la société de réalisateurs de films, la SRF.

20:24
Invité

Aujourd'hui, j'ai envie de te dire, entre le cinéma et le téléphone, c'est juste une question de taille d'écran. Mais en fait, on peut regarder le même contenu. On s'en fout, on veut le voir, on le voit. Il est disponible, on le prend. Il n'est pas disponible, on le pirate. C'est trop facile. Moi, je me place du côté du public, là, que je suis. J'ai envie de voir quelque chose, il faut que je puisse l'avoir, vite, maintenant, en bonne qualité, sans me faire chier et sans avoir peur d'avoir les flics qui débarquent chez moi. littéralement. C'est combien de personnes vont venir le voir et donc combien de litres de coca, combien de pop-corn et combien de haribo.

Donc, ce qui se passe, c'est qu'on est formaté. Et ça, c'est la mort. France Culture. Le temps du débat. Emmanuel Laurentin.

21:06
Présentateur

Vous avez peut-être reconnu le comédien Vincent Cassel qui s'exprimait en janvier 2020 au sujet de la concurrence entre les plateformes et les cinémas. Et c'était des propos provocateurs, bien entendu. Tenu sur le site internet Combini, qu'est-ce qu'il faut dire de cela ? Parce que, ça c'est une vedette blockbuster. Vincent Cassel il fait venir les gens dans les salles.

21:23
Invité

Il y a un bosque. Je pense qu'il faut se dire que les plateformes et les salles ne sont pas exclusives en réalité. L'expérience de la salle quand vous êtes dans une salle moderne avec un écran qui peut faire 500 mètres carrés avec un équipement immersif qui vous... Ça c'est l'événement tel que vous le pensez. C'est l'événement tel que je le pense. C'est l'événement tel qu'on essaie de le porter dans notre circuit avec beaucoup d'investissement dans les salles pour monter en gamme. Et avec des prix qui montent en gamme aussi ? On est forcément obligé de trouver une équation économique à ce grand spectacle et à une offre différenciante. 14-15 euros

21:59
Présentateur

en moyenne au départ pour les cinémas que vous représentez ici mais ensuite il y a les suppléments 3D les suppléments Dolby etc. qui peuvent faire monter l'expérience de la salle comme vous dites à 20 euros.

22:11
Invité

Oui mais en réalité la plupart des gens ont des tarifs réduits des tarifs adaptés et donc la proposition tarifaire telle qu'on la mentionne c'est un plein tarif dans les faits peu de gens payent le plein tarif et entre les places qui sont sponsorisées par les comités d'entreprise les tarifs réduits les cartes d'abonnement quand vous mettez tout bout à bout le prix moyen est très éloignées de ces niveaux de prix.

22:34
Présentateur

Et quand Cadméran dit il faut faire des salles des entrées à 3 euros qu'est-ce qu'il faut en penser selon vous Rosalie Brun ? C'est une bonne proposition ou au contraire c'est une proposition qui va faire chuter les grands groupes faire chuter les gros complexes de salles ?

22:49
Invité

C'est une proposition qui n'est pas complète un peu hâtive de laquelle on peut discuter mais on en discutait avec Aurélien et Anne avant le début de l'émission et on avait des points de vue un peu divergents sur le sujet les cinéastes de la SRF pensent qu'effectivement la question du tarif est une question c'est un sujet d'ailleurs la ministre l'a dit à Deauville la semaine dernière quand on pose la question aux spectateurs ils nous répondent souvent c'est trop cher alors le prix moyen d'un billet d'entrée en France c'est autour de 7 euros ce qui n'est pas finalement très cher mais comme vous l'avez dit dans certains endroits c'est plutôt 15 on a des tarifs étudiants qui sont parfois à 11 11 euros pour un tarif étudiant c'est pas sérieux c'est pas un tarif étudiant donc il y a une question dont on peut réfléchir qui est plus large en tout cas là pour accompagner le public à revenir en salle de cinéma il nous semble qu'il pourrait être intéressant de faire une observation un peu coup de poing avec un tarif très très avantageux ça peut être effectivement 3 euros pendant un temps limité et qui devrait être pris en charge financièrement

23:44
Présentateur

mais la fête du cinéma c'est bien 4 euros

23:45
Invité

exactement comme la fête du cinéma qui dure 3 jours donc la question c'est est-ce qu'on allonge cette proposition sur un mois par exemple pour accompagner le retour du public en salle

23:53
Présentateur

c'est une question pour vous Anne Faucon

23:55
Invité

moi je pense que d'abord il y a une chose à Utopia c'est que nous nous sommes réellement des salles indépendantes moi je tiens à rester dans un lieu qui ne perçoit pas de subvention de fonctionnement qui ne perçoit donc s'il y avait

24:11
Présentateur

un programme ministériel pour vous aider vous le refuseriez bien sûr

24:15
Invité

je pense qu'on suivrait effectivement il y aurait une discussion déjà je déciderai pas toute seule mais quelque part ça serait inéquitable de toute manière parce que ça veut dire que Gaumont-Pathé vont être à 3 euros nous on serait à 3 euros Gaumont-Pathé peut se rattraper sur les pop-corn les gens vont manger plus de pop-corn et ça sera les victimes c'est leur on est complémentaire c'est pas du tout gênant et c'est leur modèle qui est comme ça le nôtre nous on vend pas de pop-corn on ne peut pas se rattraper sur de la publicité qu'on ne vend pas ou des choses comme ça donc ça serait une injustice pour les petites salles qui fonctionnent différemment déjà et voilà et puis je pense qu'il y a d'autres urgences que de subventionner encore les places de cinéma je pense que la transition écologique il faut réellement la faire Aurélien Bosque peut-être juste dire que si on regarde aussi la structure de la fréquentation on voit qu'on a quand même un intérêt qui est de plus en plus fort porté sur les formats dits par la profession premium c'est-à-dire les formats immersifs les salles de cinéma qui sont clairement différenciantes en termes d'expérience et qui permettent de voir des films à grand spectacle dans des conditions exceptionnelles vous voyez typiquement je regardais les derniers chiffres de la ressortie d'Avatar 1 qui est sortie pour un jour la semaine dernière en attendant le suivant qui va sortir bientôt et qui fera 500-600 000 entrées en deux semaines ce qui est un score dans la situation de marché particulièrement satisfaisant on a près de 75% de ces entrées qui sont faites dans des salles de ce type-là donc la question elle est plus une question de perception du prix par rapport à la qualité du film à l'expérience à la fois le film et à la fois l'expérience mais c'est un ensemble et si vous faites des enquêtes clients à la sortie des salles sur des films qui sont très forts les gens vous diront que la perception prix n'est pas un problème donc sortie du contexte sortie d'une offre de film ça peut l'être mais si vous alignez la qualité du film la qualité de la salle normalement la perception du prix n'est plus un sujet

26:17
Présentateur

alors quand on pose la question où sont passées les cinéphiles c'est parce qu'on sait par les études qui ont été menées depuis très longtemps par le ministère de la culture que la catégorie cinéphilique est une catégorie à part qu'elle nourrit aussi le cinéma lui-même parce que beaucoup des anciens cinéphiles sont devenus des cinéastes par exemple que ça s'est né ça s'est développé en particulier dans les années 50 et 60 avec la présence massive d'énormément de salles de cinéma un peu partout dans toute la France et des très grandes fréquentations qui étaient bien au-delà de celles qu'on connaît aujourd'hui puisque c'était 400 ou 500 millions de spectateurs dans les années 50 tout cela ça a donné la nouvelle vague d'un côté ensuite les modes du vidéoclub m'ont donné aussi d'autres cinéphiles plutôt de la génération Tarantino est-ce que les cinéphiles selon vous et donc les cinéastes qui fréquentent la SRF sont encore nourris par l'expérience de la salle ou ils sont déjà nourris par l'expérience de la salle et toute autre chose la possibilité d'aller sur n'importe quel site internet y compris parfois pirate pour aller voir des films que l'on a envie de voir parce que ça nourrit notre expérience de l'amour du cinéma

27:19
Invité

qui sont de toute façon nourris par tout ce qui peut apporter le cinéma la plupart des cinéastes ont découvert le cinéma et ont créé leur cinéphilie dans les salles de cinéma mais aussi à la télévision donc n'importe où où les images peuvent être diffusées ça permet de construire ça une pensée pour Claude Jean-Philippe par exemple

27:37
Présentateur

qui a nourri ma cinéphilie à moi quand j'étais à la campagne

27:40
Invité

voilà on construit sa cinéphilie de multiples manières mais la salle de cinéma la nourrit énormément et toujours autant aujourd'hui on a une grosse mission d'éducation par rapport à ça

27:51
Présentateur

vous avez beaucoup travaillé avec Enfonce et cinéma et les choses comme ça quand vous étiez plus

27:55
Invité

oui moi personnellement effectivement et puis encore aujourd'hui les cinéastes de la SRF travaillent avec l'association passeurs d'images qui organise les dispositifs scolaires dans toute la France école et cinéma collège et cinéma lycéens au cinéma on travaille beaucoup avec eux sur ces sujets d'éducation pour créer effectivement les cinéphilies de demain

28:12
Présentateur

oui Anne Faucon comment vous êtes venue à votre propre cinéphilie

28:16
Invité

moi je suis tombée dans quand j'étais petite je suis Obélix quoi à Utopia donc j'ai toujours vu les films en bébé il va falloir présenter l'Astérix Obélix

28:25
Présentateur

pour le février prochain non

28:27
Invité

c'est vrai que notre profession après même les professions dites arrêt et essais ont beaucoup misé sur l'innovation mais je pense que nous on a beaucoup misé quelque part sur l'humanité des films en fait c'est vrai quand on passe For Sama qui est un petit film qui se passe sous les bombes où t'as un accouchement t'as pas tellement envie de manger du popcorn en même temps en définitive t'as besoin d'être dans une salle cosy et c'est le genre de films quelque part qui sont bouleversants dont tu te souviens longtemps et c'est vrai que nous la chronologie des médias ça nous a paru toujours un truc étrange parce que ça nous est même arrivé de passer des films en même temps qu'Arte ou qu'une chaîne télé le même soir qu'eux et on se retrouvait avec la salle pleine quand même donc je pense que ce qu'on vient chercher dans une salle comme ça c'est plutôt de pouvoir parler avant pouvoir parler après voilà c'est ça c'est quand même intéressant

29:24
Présentateur

ces deux expériences de cinéma face à face en l'occurrence celle d'Orania Bosque qui nous dit il faut que ça soit du grand spectacle parce qu'on s'en souviendra et c'est une autre façon de s'en souvenir peut-être que vous racontez

29:35
Invité

peut-être que la difficulté nous qu'on a eu la plus grosse difficulté quelque part ça a été le passage au numérique on en parlait parce qu'avant on avait des copies 35 mm donc il y avait une répartition les distributeurs étaient obligés de répartir de choisir ils avaient 50 copies France ils ne pouvaient pas faire n'importe quoi maintenant on se retrouve avec une multiplication de copies où les gros circuits finissent par prendre de l'arrêt c'est mais de manière ça les handicap quelque part je ne vais pas citer certains circuits mais quand on voit qu'ils passent certains films arrêts c'est qu'à 10h du matin ou qu'à 11h du matin qu'à la fin de la semaine ils font 30 entrées alors que dans une petite ville on en a fait 300 voilà on voit bien que ça les handicap et en même temps du coup les salles indépendantes sont mises à prendre des films beaucoup trop au gros public reliés à un bosque je trouve qu'en tout cas c'est intéressant parce que c'est vrai qu'avec Anne Foucault on discutait on confrontait nos expériences qui sont effectivement très éloignées mais je trouve ça justement assez passionnant de voir qu'on a un marché de cinéma qui est toujours très riche et se dire qu'on a que 70% de fréquentation dans les salles on a 70% c'est une très bonne nouvelle aussi parce que malgré tout après 2 ans chamboulés tels qu'on les a vécus moi je trouve ça très positif de repartir avec une base de clientèle qui est celle-là quand vous entendez les gens ils vous parlent aussi du fait qu'ils n'ont pas encore retrouvé l'offre de films qui les séduit et donc se dire qu'avec des approches et des stratégies très différentes entre ce que fait Anne localement ce que nous on fait d'une autre manière pour essayer de promouvoir les films avec des techniques de promotion de marketing

31:14
Présentateur

d'autant que vous pouvez comparer avec d'autres pays où vous êtes présent absolument on teste

31:18
Invité

on a un laboratoire ça nous permet d'avoir des tests internationaux de voir comment les différents publics réagissent et je pense qu'il y a aussi un enjeu qui est important qui est l'enjeu de la promotion des films historiquement la salle de cinéma était plutôt passif dans la promotion des films enfin traditionnellement et je pense qu'aujourd'hui pas trop chez Utopia je parle plutôt là des grands circuits mais qui a laissé aux distributeurs le soin de la promotion et je suis convaincu qu'aujourd'hui avec notre connaissance de nos clients et la connaissance des spectateurs qui viennent chez nous chaque jour en salle on a un vrai rôle à jouer pour remonter dans la chaîne de promotion des films et contribuer activement à pousser les films jusqu'au spectateur final nous ce qui est très drôle d'une certaine manière c'est qu'on a continué à avoir des spectateurs qui venaient même pendant la fermeture parce qu'on faisait une permanence parce qu'il y avait des gens c'est leur seule manière de sociabiliser de ne pas être seule en fait

32:14
Présentateur

sur ce point Rosa Libra ou sur d'autres

32:17
Invité

on a vraiment un rôle d'accompagnement c'est ce que tu disais Aurélien on a vraiment besoin d'accompagner les films et de les soutenir et c'est le rôle de la salle de cinéma à l'exploitant a un rôle extrêmement important

32:26
Présentateur

mais c'est paradoxal dans une période où justement on ne s'est pas rencontré c'est à dire que la crainte d'être malade par exemple faisait qu'on hésitait et on pourrait encore hésiter parce qu'on ne sait pas s'il n'y aura pas une huitième une neuvième ou une dixième bien sûr et puis c'était

32:40
Invité

une des raisons effectivement au début de l'année cette étude sur la raison pour laquelle les gens ne revenaient pas en salle est sortie au printemps on ne savait pas encore une des raisons principales c'était j'ai peur d'attraper le Covid j'ai peur pour ma santé c'est plus le cas maintenant il n'y a plus de masse il y a encore une partie du public qui a cette peur mais les gens ce n'est pas la première raison pour laquelle les gens ne retournent pas en salle et on a besoin d'accompagner le public pour lui présenter les films pour les entourer pour les expliquer pour les soutenir et cette question de promotion est extrêmement importante parce qu'effectivement autant dans les salles indépendantes dans les salles RSA ce travail a toujours été fait on a toujours invité les cinéastes ou les techniciens à venir présenter les films on a toujours fait beaucoup d'animation dans la ville autour de l'activité du cinéma là où les multiplex effectivement peut-être avaient quelque chose de plus passif dans leur façon de proposer et ce n'est plus possible aujourd'hui je pense qu'il y a un vrai changement et il faut vraiment qu'on soit beaucoup plus investi et qu'on soit co-acteur de la promotion des films tout compte fait Anne Faucon disait

33:43
Présentateur

il faut aller chercher les gens il y a plusieurs manières d'aller les chercher d'une certaine manière mais quand on évoque justement ces enquêtes pour savoir pourquoi les gens ne sont pas retournés il y a cette question de la peur vous avez eu d'autres pistes qui ont été lancées justement par ces enquêtes est-ce que vous savez pourquoi les gens n'y sont pas revenus est-ce que c'est parce qu'ils avaient peur est-ce que c'est parce que l'offre c'est ce que vous suggérez tout à l'heure il y a un poste ne leur convenait pas il n'y avait pas assez d'offres etc quelles sont les deux ou trois raisons Rosalie Brun

34:12
Invité

il y a une question c'est l'évolution des usages les plateformes étaient déjà très présentes la crise sanitaire a fait que les gens se sont repliés on était beaucoup chez eux les salles étaient fermées donc on peut envisager évidemment que les plateformes ont pris plus de place dans les habitudes des gens et que certaines personnes ont transformé leurs habitudes et n'ont plus l'idée d'aller vers la sortie cinéma l'événement à l'extérieur et puis voilà ont des abonnements Anne Faucon il y a eu un manque aussi de proximité avec ceux qu'on aimait aussi il y a beaucoup de gens qui sont en train d'être beaucoup plus entre eux qui sont en train justement d'avoir besoin de moins de fioritures en fait de moins avoir d'entertainment quelque part on est dans une société où ce qui est

34:55
Présentateur

vous n'avez pas les mêmes publics parce qu'effectivement ils ont besoin de plus d'entertainment et vous dites qu'ils ont besoin

35:01
Invité

je pense qu'on a les mêmes publics parce que moi quand je vais à Gaumont à Toulouse je rencontre de notre public et nous on y va donc on les voit aussi je pense que c'est comme un restaurant il y a un jour vous allez manger gastronomique un jour vous avez envie de manger un petit truc sur le pouce et vous avez besoin de diversifier votre alimentation et vos plaisirs à un moment donc je pense qu'il y a une reprise d'habitude qui doit s'enclencher en fait comme on a cette densité d'offres qui n'est pas encore totalement repositionnée on voit qu'on a encore des moments

35:33
Présentateur

il faudrait combien de nouveaux films pour que justement cette offre soit

35:37
Invité

je pense qu'à partir de la fin d'année on voit qu'on commence à avoir une structure d'offres qui est un peu plus homogène notamment sur les segments familiaux sur les segments de films internationaux et donc on est convaincu qu'avec le deuxième volet d'Avatar qui arrive en fin d'année et qui va être un grand événement aussi pour toute la profession et qui va mettre beaucoup de français en salle en tout cas pour une partie de la profession que je représente on va dire aujourd'hui en tout cas ce mouvement là doit réenclencher quelque chose pour l'année prochaine Rosalie Brun on a aussi une offre française qui est très riche le cinéma français c'est quand même la troisième cinématographie mondiale après les Etats-Unis et l'Inde donc on produit beaucoup de films très diversifiés comme disait Anne et c'est toute cette richesse et toute cette offre très diversifiée qui permet de toucher à la fois tous les publics en fait moi je crois qu'on a le même public que l'humain et l'humain mais qu'on n'a juste pas les mêmes appâts et que quand on va chercher des choses très différentes et c'est ça qui est merveilleux c'est cette diversité là en fait voilà

36:42
Présentateur

faites nous les résumés de vos appâts justement du côté de Troyes à partir du mois de novembre

36:46
Invité

la convivialité le sens c'est rigolo parce qu'il y a il y a un truc là sur internet c'est Hugo Descript à parler de ce truc là j'ai vu arriver une bande de jeunes en disant qu'est-ce qu'on peut faire on peut vous aider à nettoyer le cinéma on peut voilà et les jeunes on retrouve quelque chose on a besoin de cohérence en fait on est dans un monde où c'est la peur de l'autre la peur de l'immigration la peur des maladies et là on se retrouve avec quelque chose qui est porteur on a besoin de quelque chose qui est porteur de sens et de rêve un peu voilà

37:16
Présentateur

c'est ce que vous appelez un modèle de cinéma durable donc dans un éco-ciné dans un éco-quartier c'est donc à Pont-Sainte-Marie dans l'Aube à côté de Troyes merci à tous les trois merci beaucoup d'avoir dialogué autour de cette question de la cinéphilie et de la fréquentation des salles merci à Rosalie Brun déléguée générale de la Société des réalisateurs de films la SRF à Aurélien Bosque président des cinémas Pâté-Gaumont France-Europe et internationale et à Anne Faucon donc porteuse de ce projet de cinéma à côté de Troyes mais également membre du réseau des salles indépendantes Utopia rédactrice dans les programmes Utopia de la Gazette donc ce fameux petit journal que l'on connaît quand on fréquente les cinémas Utopia le temps du débat a été préparé ce soir par Mathias Mégy Stéphanie Villeneuve Fanny Richer Balthazar Sibieud Cécile Bidoux réalisé par Daphné Leblond avec à la technique Audrey Guélil demain le temps du débat revient sur les manifestations en Iran et se demande si une révolution est en train de naître là-bas rendez-vous à 18h20 sur France Culture Sous-titrage Société Radio

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