Européennes 2024 : "Pour moi, c'est un vrai challenge" selon le Général Christophe Gomart
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:17FerméeRéponse directe
Est-ce que vous, qui avez dirigé le renseignement militaire, les forces spéciales, vous êtes d'accord avec Éric Ciotti ? Le président joue avec les peurs ?
- 0:54FerméeRéponse directe
Donc des troupes françaises sur le sol ukrainien, pour vous, c'est inenvisageable ? Ce n'est pas une option ?
- 1:27RelanceRéponse partielle
Sauf que depuis le début de cette guerre, depuis deux ans, on voit bien que les choses évoluent. Au départ, on avait dit une aide humanitaire, matérielle, mais pas d'armes.
- 2:21OuverteRéponse directe
Gouverner, c'est prévoir, a rappelé Emmanuel Macron, quand il a expliqué justement ses intentions. Il faut se préparer à toutes les éventualités, non ?
- 3:45FerméeRéponse directe
Donc ça ne suit pas, en fait, si je vous comprends.
- 4:12FerméeRéponse directe
Le fait de le faire savoir, ça fait partie de la guerre aussi, ça. On est d'accord ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:24Invité politiqueFait
« Le président joue avec les peurs, oui. »
- 0:30Invité politiqueFait
« Oui, c'est vrai que la guerre est aux portes de l'Europe. »
- 0:40Invité politiqueFait
« Ce que demande le président Zelensky, lui, demande des munitions. »
- 0:48Invité politiqueFait
« Et je crois que ça a été très bien résumé par le Premier ministre polonais, Donald Tusk, qui dit moins de mots, plus de munitions. »
- 0:59Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, d'ailleurs, Zelensky ne demande pas de troupes occidentales sur son sol. »
- 1:57Invité politiqueChiffre
« Ce n'est pas le pays qui donne le plus, c'est vrai. »
- 3:21Invité politiqueChiffre
« Mais c'est vrai qu'avec une dette de 3200 milliards d'euros, c'est bien difficile. »
- 3:34Invité politiqueFait
« On ne fabrique pas nous-mêmes nos propres obus. »
- 4:21Invité politiqueFait
« C'est la seule armée européenne qui a été réellement engagée de manière opérationnelle à travers l'Afrique, à travers le Sahel, en Afghanistan, également en Irak, qui est encore engagée sous casque bleu au Liban. »
- 6:30PrésentateurChiffre
« la liste LR, justement, pour ces européennes, est encore à la peine. 7% d'intention de vote, au coup d'à-coute avec les écologistes »
- 6:37PrésentateurChiffre
« et loin derrière le RN, qui est à 30%, extrêmement haut, et Renaissance à 18%. »
Temps de parole
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Christophe Gomart, le patron des Républicains. Éric Ciotti a vivement critiqué ces dernières semaines Emmanuel Macron et son changement de ton à l'égard de la Russie. Il accuse le président, je le cite, de jouer avec les peurs d'instrumentaliser cette guerre en Ukraine à des fins électorales en évoquant un possible envoi de troupes françaises en Ukraine. Est-ce que vous, qui avez dirigé le renseignement militaire, les forces spéciales, vous êtes d'accord avec Éric Ciotti ? Le président joue avec les peurs ?
Le président joue avec les peurs, oui. Oui, c'est vrai que la guerre est aux portes de l'Europe. On ne peut le nier avec des Ukrainiens qui malheureusement, actuellement, reculent un peu face à la poussée russe, face à l'artillerie russe. Donc oui, on a un petit sujet, effectivement, face à cette guerre. Ce que demande le président Zelensky, lui, demande des munitions. Et je crois que ça a été très bien résumé par le Premier ministre polonais, Donald Tusk, qui dit moins de mots, plus de munitions. Et je crois que c'est ça, le vrai point.
Donc des troupes françaises sur le sol ukrainien, pour vous, c'est inenvisageable ? Ce n'est pas une option ? Ça n'arrivera pas ?
Aujourd'hui, d'ailleurs, Zelensky ne demande pas de troupes occidentales sur son sol. Lui, il réclame à chaque fois à nouveau des munitions. Il ne réclame rien d'autre, en réalité. Et d'ailleurs, même l'OTAN dit, nous, on va vous aider à forcer des munitions, sans doute en nombre insuffisant, malheureusement, pour les Ukrainiens. Mais c'est ce dont ont besoin aujourd'hui les Ukrainiens, de mon point de vue. Le point, c'est que les Ukrainiens n'ont pas mobilisé tous leurs hommes. Donc c'est bien la preuve que, s'ils n'ont pas mobilisé tous leurs hommes, c'est qu'ils n'ont pas forcément besoin des nôtres. Ils ont besoin de munitions.
Sauf que depuis le début de cette guerre, depuis deux ans, on voit bien que les choses évoluent. Au départ, on avait dit une aide humanitaire, matérielle, mais pas d'armes. Et puis des munitions, des armes. On avait dit, mais pas de chars, par exemple. Et puis des chars. On évoque aujourd'hui la question d'avions de chasse.
Oui, il est vrai que...
On recule chaque fois les limites.
Les Occidentaux ont mis du temps à répondre aux demandes exactes des Ukrainiens. Mais il a fallu du temps pour s'organiser. Je crois que les Occidentaux se sont organisés. La France fait partie des pays qui donnent. Ce n'est pas le pays qui donne le plus, c'est vrai. Mais la France donne. Et je crois que c'est vrai qu'on n'a pas donné suffisamment de chars. Mais la vraie difficulté, c'est qu'en Europe, vous avez 10 modèles de chars différents. Vous avez 10 modèles d'avions différents. Et en termes de maintenance et de soutien logistique, ça devient très compliqué pour les Ukrainiens en réalité.
Donc ce qu'on a cherché à donner, je crois, c'est plus du matériel à peu près du même type pour que le soutien logistique soit plus facile.
Gouverner, c'est prévoir, a rappelé Emmanuel Macron, quand il a expliqué justement ses intentions. Il faut se préparer à toutes les individualités, non ? Si demain, il fallait envoyer des troupes françaises, on ne sait pas ce qui peut se passer dans les prochains mois. On lui reprocherait de ne pas l'avoir préparé, ça ?
En tant qu'ancien militaire, je sais que l'armée française planifie. Et on n'arrête pas de planifier. On fait la planification, c'est-à-dire qu'on se prépare à toute éventualité à un conflit majeur. Mais c'est vrai que quand vous regardez le Livre Blanc de 1994, on prévoyait un scénario 6, je crois, d'un engagement majeur face à un engagement conventionnel, j'allais dire, pour une guerre de haute intensité. Et le Livre Blanc suivant ne parle plus de ça. Donc on a une armée française aujourd'hui qui est une armée qui a été utilisée, qui a payé le prix du sang, mais qui ne dispose sans doute pas de suffisamment de masse en termes de canons, en termes de munitions, en termes de chars.
Et en termes d'avions et de frégates.
Donc, oui, on planifie.
On planifie une intervention possible. Mais je pense qu'au-delà des mots, derrière, il faut mettre des actes. Des actes, c'est quoi ? C'est renforcer notre défense. C'est mettre plus d'argent. Mais c'est vrai qu'avec une dette de 3200 milliards d'euros, c'est bien difficile. Mais c'est bien d'avoir des mots de fermeté. Encore derrière, faut-il avoir une armée française ?
Donc ça ne suit pas, en fait, si je vous comprends.
Ça ne suit pas, exactement. On ne fabrique pas nous-mêmes nos propres obus. On achète la poudre en Australie, la cellulose, on l'achète ailleurs. Donc on voit bien derrière qu'il y a un besoin de se réarmer, mais pas uniquement dans les paroles. Il y a un besoin de se réarmer réellement et concrètement.
Emmanuel Macron n'est pas le seul à évoquer cette hypothèse. Le chef d'état-major de l'armée de terre le dit aussi, dans une tribune qui a été publiée ces derniers jours dans le journal Le Monde. Le Monde, il est assez clair. Les nouvelles formes de conflictualité, dit-il, s'ajoutent aux anciennes sans les remplacer. Il cite par exemple la guerre électronique, qui n'est pas exclusive de corps à corps, et il ajoute, la dissuasion nucléaire n'est pas une garantie. L'armée française se prépare aux engagements les plus durs, le fait savoir et le démontre. Le fait de le faire savoir, ça fait partie de la guerre aussi, ça. On est d'accord ?
Bien sûr, il y a une dimension psychologique. C'est-à-dire qu'on montre notre capacité à le faire si on nous le demande. D'ailleurs, l'armée française est prête. L'armée française est prête à engager. C'est la seule armée européenne qui a été réellement engagée de manière opérationnelle à travers l'Afrique, à travers le Sahel, en Afghanistan, également en Irak, qui est encore engagée sous casque bleu au Liban. Donc l'armée française est prête de manière opérationnelle. Ce qui lui manque sans doute, c'est un peu la masse. Et là, vous avez raison, c'est qu'il faut sans doute plus développer notre guerre électronique face à la guerre électronique russe, qui est très très puissante.
Il faudrait redévelopper sans doute, avoir plus de drones, avoir une artillerie solaire sans doute un peu plus puissante et plus légère que celle que nous avons, et pas uniquement des missiles qui vont détruire des drones. Donc oui, on a besoin sans doute, non pas de se réinventer, mais de se réarmer concrètement.
Et le fait d'agiter cette menace, ça peut changer quelque chose à l'égard de Poutine ? Est-ce que ça peut, je vais vous le dire très très vialement, l'agacer par exemple ?
Poutine est agacé, mais j'allais dire, on s'en fiche qu'il soit agacé, Poutine. Depuis le début, c'est lui qui nous agace. Donc oui, c'est pas très grave.
Mais on peut être crédible face à Poutine sans jamais, si on dit, on n'en verra jamais personne ?
D'abord, la France ne s'engagera pas seule. La France, elle s'engagera en coalition, en coalition au sein de l'OTAN. Et dès lors, vous allez me dire, mais si les Américains ne veulent pas. Justement, je pense qu'il s'agit de développer un pilier européen, une architecture de sécurité européenne, c'est-à-dire un pilier européen au sein de l'OTAN. C'est-à-dire que les Européens soient capables, entre eux, de pouvoir effectivement mener un combat de haute intensité face à un adversaire qui nous attaquerait.
Christophe Gomart, je le disais, vous serez donc numéro 3 sur cette liste. Vous êtes numéro 3 sur cette liste les Républicains pour les élections européennes. Est-ce que ces élections peuvent vraiment avoir un impact, des conséquences sur cette guerre en Ukraine ?
Je ne sais pas s'ils ont un impact, mais en tous les cas, nous sommes à plus de deux mois de élections européennes qui ont lieu le 9 juin. Il me semble important, en tous les cas, de porter à la connaissance des Français et des électeurs ce qu'il en est exactement de l'état de la situation, de l'état de nos forces. Est-ce que ça changera quelque chose dans cette guerre ? En tous les cas, je pense que les Français doivent continuer à apporter leur soutien aux Ukrainiens, de soutenir ce pays qui a été attaqué le 24 février 2022. Je pense que c'est nécessaire. J'espère que ça arrivera à certains esprits.
Je le rappelais, les Républicains ont vivement critiqué l'attitude d'Emmanuel Macron. Dans notre baromètre, Tolona Harris Interactive pour RTL et M6, publié aujourd'hui, la liste LR, justement, pour ces européennes, est encore à la peine. 7% d'intention de vote, au coup d'à-coute avec les écologistes, et loin derrière le RN, qui est à 30%, extrêmement haut, et Renaissance à 18%. Est-ce qu'en vous en prenant à la politique d'Emmanuel Macron, finalement, vous ne vous trompez pas de combat ou d'adversaire ? Ce n'est pas sur le RN que vous devriez taper ?
Alors, écoutez, je rentre en politique. C'est un saut un peu dans le vide, mais comme je suis un ancien scruteur national... Parachutiste ? Parachutiste. Pour moi, c'est un vrai challenge. C'est-à-dire qu'effectivement, il y a les sondages, c'est très bien, mais au-delà des sondages, pour moi, effectivement, c'est l'occasion pour la droite classique, c'est-à-dire de reprendre et de se repositionner en tant que partie de la liberté, partie de responsabilité.
Et qu'est-ce qui différencie, justement, les LR et le RN sur ces questions-là de défense ?
Pour moi, le RN n'est pas un parti de responsabilité. D'ailleurs, à tel point, c'est que lors du vote à l'Assemblée ou au Sénat, le RN, c'est absolu. Donc, il y a un non-choix derrière, alors que les Républicains se sont engagés à soutenir l'Ukraine. Donc, oui, pour moi, il y a une véritable différence.
Merci beaucoup, Christophe Gomart, donc candidat pour ces élections européennes. Numéro 3 sur la liste des Républicains.
La France a besoin de se réarmer, vient de nous dire le général Christophe Gomart. Vous restez avec nous, vous êtes dans l'œil de Philippe Cavrivière, dans un instant, mon général. Oui, alors, lui, il a fait son service militaire, il l'a fait au Club Med. Ça vous dit tout du personnage. Non, mais je l'ai déjà eu, je l'ai déjà eu. Ben oui, on a déjà eu plein de fois. Une catastrophe. Il faut se renouveler. RTL Matin.
Christophe Gomart