Présidentielle 2027 : Qui peut battre le RN ?
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Questions et réponses
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- 3:56OuverteRéponse directe
Est-ce que vous comprenez ce choix d'Air France ?
- 4:33OuverteRéponse directe
Est-ce qu'Orly va devenir un aéroport low-cost ? Quelles conséquences économiques ?
- 5:31OuverteRéponse directe
Air France abandonne-t-il la province ?
- 7:20OuverteRéponse directe
Comment avez-vous réagi en apprenant le saccage de la mairie de Fresnes ?
- 9:19OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça dit du climat du pays ? Y a-t-il un climat pré-révolutionnaire ?
- 11:11OuverteRéponse directe
Comment analysez-vous ces violences post-municipales ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:08InvitéChiffre
« le déficit de notre régime des retraites va atteindre 5 milliards d'euros en 2026 et plus de 6 milliards d'euros en 2030. »
- 2:22InvitéPromesse
« le ministère de l'Économie et des Finances travaille sur une proposition de réforme, toute simple, le report de l'âge légal de départ à 65 ans. »
- 4:41InvitéChiffre
« Transavia devient de fait la principale compagnie d'Orly avec près de 50% du marché. »
- 5:13InvitéFait
« les compagnies low-cost sont celles qui desservent les marchés intérieurs. »
- 6:41InvitéChiffre
« On est maintenant à 130 faits judiciarisés, des insultes, des menaces, des violences contre des candidats ou des maires sortants. »
- 8:09AuditeurFait
« on a tiré à coups de mortier, on a détruit tout le rez-de-chaussée »
- 8:46AuditeurFait
« on va pouvoir leur redonner la sécurité et nettoyer cette ville, qui évidemment est très touchée par le NACO au trafic »
- 9:41InvitéChiffre
« il faut quand même dire aux Français qu'il y a 35 000 ou un peu plus de 35 000 communes en France »
- 23:21InvitéFait
« c'est lui qui résiste le mieux en tous les cas qui serait le plus en situation de se qualifier »
- 24:40Locuteur non identifiéFait
« on n'a plus un rond dans les caisses, il n'y a plus un sou, ils ont tellement fait n'importe quoi qu'aujourd'hui ils laissent les français à l'abandon »
- 24:51Locuteur non identifiéFait
« nous on demande que la TVA baisse sur les énergies, il faut considérer les énergies comme des biens de première nécessité »
- 28:23PrésentateurChiffre
« avec une dette à plus de 3000 milliards d'euros ? »
Temps de parole
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- Présentateur24 %
- Invité 220 %
- Invité 310 %
- Invité 47 %
- Auditeur5 %
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. On va faire le tour de la presse régionale avec vous et on va continuer à parler de ces municipales parce que la presse régionale, elle titre sur l'élection des maires par les conseils municipaux.
Oui, c'est notamment le cas du journal Le Berry Républicain qui fait sa une sur Yannick Leroux, élu ce week-end maire de Vierzon par son conseil municipal, premier maire d'extrême droite dans l'histoire du département du Cher. Et de son côté, le journal La Marseillaise, titre sur la réélection samedi de Benoît Payan par le conseil municipal de Marseille. On le voit entouré de ses 33 adjoints pour l'acte II du printemps marseillais, sa majorité du nom de la gauche. Or, elle est fille et l'un des adjoints de Benoît Payan attire les regards plus que d'autres.
Il s'agit d'Amin Kessassi, militant contre le narcotrafic dans les quartiers marseillais et dont le frère Mehdi a été assassiné en novembre dernier en représailles de l'action militante de son frère. Dans une interview exclusive au journal La Provence, Amin Kessassi se confie sur cette victoire au goût étrange. Il dit sa fierté d'être un élu de la République, mais sans jamais oublier son petit frère Mehdi. Je le cite, cette écharpe tricolore, c'est avant tout celle de mon petit frère. Et durant son mandat, Amin Kessassi souhaite créer une charte du relogement pour les familles victimes du narcotrafic.
La presse régionale qui revient sur la hausse des prix du carburant et les Français qui se pressent à la frontière espagnole.
C'est à la une de l'indépendant catalan. Alors qu'en France, les prix de l'essence s'envolent au-dessus des 2 euros le litre, les habitants des Pyrénées-Orientales n'hésitent pas à franchir la frontière avec l'Espagne pour aller se servir en carburant en Catalogne où le litre d'essence est 40 centimes moins cher. Une différence qui s'explique par une mesure prise par le gouvernement espagnol face à la hausse des prix. La baisse de la TVA de 21% à 10%. Il y a même des touristes du nord de la France venus en vacances dans les Pyrénées-Orientales qui passent par la frontière espagnole pour aller faire le plein et ensuite remonter en France.
La réforme des retraites refait son apparition ?
Elle n'est jamais bien loin à cette réforme, même si elle a été suspendue à l'automne dernier par le gouvernement de Sébastien Lecornu pour éviter la censure, on s'en rappelle. Et selon les prévisions du gouvernement, le déficit de notre régime des retraites va atteindre 5 milliards d'euros en 2026 et plus de 6 milliards d'euros en 2030. Alors le ministère de l'Économie et des Finances travaille sur une proposition de réforme, toute simple, le report de l'âge légal de départ à 65 ans. Ce serait la meilleure solution pour Bercy afin d'équilibrer le régime des retraites durablement.
Mais rassurez-vous, compte tenu de la situation politique actuelle, il faudra attendre la présidentielle 2027 avant qu'une nouvelle réforme des retraites voit le jour.
Allez, on finit par une idée de sortie, Alex, mais pour les animaux de compagnie.
Eh oui, personnellement, je connaissais le parc de loisirs pour enfants en intérieur, très pratique pendant les vacances scolaires quand il pleut. Ça, vous connaissez bien ça. Voilà, ça, je connaissais bien. Mais j'ai découvert aujourd'hui en lisant Nord-Éclair qu'il existait des parcs de loisirs pour chiens. Eh oui, la commune de Saint-André-les-Lilles, dans le Nord, a créé en 2024 le premier parc de loisirs canin d'intérieur en France. Cela s'appelle Wouffland. 500 mètres carrés de jeux uniquement pour les chiens, comme par exemple des piscines à balles. Alors, c'est simple, on réserve un créneau de deux heures pour son chien et c'est parti. Toutes les races de chiens sont acceptées.
S'ils sont vaccinés, cela va du chihuahua au berger allemand. Wouffland, c'est un véritable paradis pour les chiens, mais aussi pour les maîtres, puisque pendant que les chiens jouent, le maître peut aller siroter un verre au bar de ce parc de loisirs. Voilà, c'est très bien fait.
Ça demande peut-être moins d'attention que les enfants.
Un petit peu moins, mais c'est aussi du beau lois, un chien.
Merci beaucoup. Merci, Alex, pour cette revue de presse. On continue l'info dans nos régions. Et c'est aussi une page de 80 ans qui se tourne du côté de l'aéroport d'Orly. Le dernier vol Air France s'est posé ce week-end. La compagnie française va désormais opérer depuis Roissy-Charles-de-Gaulle. Bonjour, Vincent Capocanelas. Merci d'être avec nous, sénateur union centriste de la Seine-Saint-Denis. Vous êtes l'un des spécialistes au Sénat du domaine de l'aérien. Est-ce que vous comprenez ce choix d'Air France ?
Alors, c'est bien sûr un changement d'époque. Vous l'avez rappelé, ça fait près de 80 ans qu'Air France était basée à Orly. Mais c'est aussi une évolution logique, en tout cas une évolution qui avait été annoncée. Air France a annoncé il y a deux ans et demi qu'il allait rationaliser ses lignes et qu'il allait concentrer sa production, si je puis dire, sur l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Donc, on s'y attendait. Et auparavant déjà, Air France avait enlevé des lignes, supprimé des lignes et commencé à transférer des desserts à sa compagnie low-cost Transavia. Donc, c'est ce qui vient s'achever par ce processus.
Est-ce qu'Orly va devenir du coup un aéroport un peu low-cost ? Est-ce qu'il y aura des conséquences économiques que vous redoutez ?
Alors, Transavia devient de fait la principale compagnie d'Orly avec près de 50% du marché. Et il est clair que les compagnies régulières, les compagnies traditionnelles, ont moins intérêt à se baser à Orly. Et donc, voilà, il y aura une desserte qui va être principalement faite par les low-cost. Et ce qu'on observe en Europe, c'est que les compagnies low-cost sont celles qui desservent les marchés intérieurs. En fait, les compagnies traditionnelles ont une structure de coût qui est supérieure. C'est ce qui est arrivé pour Air France, qui perdait plusieurs dizaines, voire centaines de millions d'euros sur les lignes intérieures. Air France fait son bénéfice sur les longs courriers.
Et donc, ce phénomène-là, on le vit en Europe comme en France.
Mais est-ce qu'Air France, vous avez le sentiment qu'Air France, la compagnie nationale, abandonne la province ?
Alors, Air France avait déjà abandonné les desserts de Montpellier, de Biarritz, de Perpignan, de Toulon, par exemple. Et donc, ce phénomène-là continue. Mais il y aura sur Charles de Gaulle un renforcement des liaisons, donc de la province, péton Marseille, vers Charles de Gaulle. Et donc, la complémentarité des deux aéroports va jouer. Et finalement, il y aura une baisse du nombre de passagers. Mais finalement, cette baisse ne sera pas considérable. On sera à moins de 10% de suppression, en réalité, du nombre de sièges offerts.
Merci, Vincent Capocanelas. Merci beaucoup d'avoir été notre invité, sénateur centriste de la Seine-Saint-Denis. On va reparler des municipales et notamment des violences, des insultes qui ont eu lieu dans certaines mairies. Le saccage de la mairie de Fresnes, c'était vendredi soir. On va y revenir dans quelques instants. Mais d'abord, on écoute le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez. C'était ce matin.
On est maintenant à 130 faits judiciarisés, des insultes, des menaces, des violences contre des candidats ou des maires sortants. Il y a des administrés qui sont parfois mécontents, qui s'en prennent à l'édile de proximité qu'est le maire. Et donc, c'est évidemment parfois très compliqué. Mais heureusement, ça reste minoritaire. Mais c'est un phénomène inquiétant.
Et parmi les effets de violence, on le disait, Fresnes, où ces dernières heures ont été très tendues. Les Républicains ont battu la majorité sortante de gauche dans les urnes. Et vendredi soir, à la veille de l'installation du nouveau conseil municipal, la mairie a été saccagée par une vingtaine d'individus. Bonjour, Christian Cambon. Vous êtes sénateur LR du Val-de-Marne, le département où se trouve la ville de Fresnes. Comment vous avez réagi en apprenant ce saccage ?
Bonjour. Moi, j'ai réagi évidemment par un sentiment de colère à voir effectivement les scènes que la France entière a découvertes à un moment démocratique très important, puisqu'il s'agissait effectivement de la soirée qui précédait l'élection municipale. C'était évidemment tout à fait scandaleux et très inquiétant pour nos institutions démocratiques.
– Avec le maire de Fresnes, Christian Cambon, qu'est-ce qu'il vous a dit ?
– Le nouveau maire de Fresnes a évidemment été très choqué. Lorsque vous êtes sur le point de prendre une fonction de cette importance et que vous entrez dans une mairie où la porte a été forcée, où on a tiré à coups de mortier, on a détruit tout le rez-de-chaussée, et c'est évidemment très inquiétant, mais Christophe Carlier, sur lequel nous portons évidemment notre confiance et notre soutien, va évidemment remettre les choses en ligne.
Alors bien évidemment, on comprend que les petits dealers qui pourrissaient la vie de Fresnes depuis tant d'années n'étaient pas très contents, ne sont pas très contents du changement d'équipe municipale, mais je pense qu'avec l'aide de l'État, on va pouvoir remettre les choses en ligne et redonner à cette population qui a manifesté sa volonté de changement, on va pouvoir leur redonner la sécurité et nettoyer cette ville, qui évidemment est très touchée par le NACO au trafic, parce qu'on sait que Fresnes, c'est le deuxième plus grand centre pénitentiaire, donc tout autour de la prison de Fresnes, il y a des vendeurs de drogue qui circulent.
Alors on les a dérangés sûrement, mais on va les déranger définitivement.
– Merci beaucoup, merci Christian Cambon, sénateur à l'air du Val-de-Marne, département où se trouve donc la ville de Fresnes, dont la mairie a été saccagée vendredi soir. On va en parler avec vous, Rachel Garaval-Carsel, bonjour, merci beaucoup d'être là, journaliste politique. Yves Fréard, comme tous les lundis, bonjour Yves, directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Yves, vous avez entendu Christian Cambon à l'instant, alors on a vu, on nous parle depuis plusieurs jours de ces maires insultées, huées au moment où ils ont quitté leur mairie battue dans les urnes, on a vu vendredi soir ce saccage de la mairie de Fresnes, qu'est-ce que ça dit du climat du pays ?
Est-ce que, comme Gérald Darmanin, vous dites, il y a un climat pré-révolutionnaire ?
– Oui, alors je n'irai peut-être pas jusque-là quand même, parce qu'il faut quand même dire aux Français qu'il y a 35 000 ou un peu plus de 35 000 communes en France, et que dans la plupart des communes, ça s'est plutôt bien passé. Mais c'est vrai qu'il faut attirer l'attention, parce que c'est la première fois, me semble-t-il, qu'à l'occasion d'un passage de témoins, il y a autant de faits qui sont répréhensibles. Et tout ça est organisé, en plus. Tout ça est organisé, il y a une espèce de brutalité qui s'est installée dans certaines municipalités.
Alors, je ne sais pas s'il faut mettre sur le même plan ce qui s'est passé à Fresnes, par exemple, où là, ce sont des individus qui, apparemment, ont été dérangés dans leur, effectivement, une espèce de commerce de la drogue qui étaient présents depuis très longtemps. Et puis, ce qui s'est passé dans d'autres communes, où l'arrivée d'un maire de la France insoumise, eh bien, s'est accompagnée de renvois du maire sortant de façon tout à fait détestable.
Il y a un ensauvagement, pour reprendre une expression bien connue, qui s'est emparé, je dirais, de la vie politique et de la vie publique dans certaines communes, qui est très inquiétant, effectivement, et qui témoigne aussi d'un malaise, d'un esprit assez malsain, revanchard, même, je dirais, dans ce pays, auquel il faut, évidemment, prêter la plus grande attention.
– Rachel Garaval-Cartel, comment vous analysez, vous, ce qui s'est passé ces derniers jours ?
– Oui, je pense que esprit revanchard, c'est le bon mot. Je ne suis pas sûr que ce soit si nouveau que ça. Je pense que c'est la première fois que c'est autant documenté, ce qui, du coup, attire notre attention. Mais les municipales, c'est assez, souvent, je ne sais pas si c'est le bon mot, mais c'est régulièrement violent, parce que c'est de la politique à un niveau très local, où se mêle aussi l'interpersonnel.
– À ce point, là, on a vu des forces de l'ordre évacuer.
– Mais regardez, par exemple, en 2014, quand le Blanc-Ménil, dont on a parlé cette année, avait basculé de gauche à droite, ça avait été très violent à l'époque. Regardez Saint-Denis, quand ça avait basculé du PC au PS, il y a six ans, en 2020, le maire communiste sortant était sorti sous les huées de la mairie de Saint-Denis. C'était des socialistes en face. Donc, peut-être que ça s'aggrave, mais il faut rappeler que dans le précédent mandat qui s'est clos des municipalités, on a beaucoup parlé de ces maires qui ont beaucoup plus démissionné que d'habitude.
Je rappelle que d'après le SEVIPOF, la première raison des démissions, ce sont les tensions politiques locales jusqu'au sein du conseil municipal. Alors, ça n'arrive pas jusqu'à des menaces, des violences à chaque fois, bien entendu, mais on est dans un pays où la situation politique, elle est tendue au niveau national et régulièrement, pas tout le temps, mais régulièrement au niveau local aussi. Ce qui n'excuse en rien ce qui s'est passé ici ou là, bien entendu.
– On va parler des endroits où ça s'est bien passé, mieux passé. Élections des maires ce week-end, c'était notamment le cas à Marseille, où Benoît Payan a été élu maire, avec comme adjoint Mehdi Kessassi, oui, Mehdi Kessassi, et puis Amine Kessassi, le frère de Mehdi Kessassi, je vais y arriver, et Emmanuel Grégoire à Paris, qui a lui aussi été élu maire. Qu'est-ce qu'il faut retenir, maintenant que ces élections municipales sont terminées, Yves, qu'est-ce que vous retenez de ces municipales, notamment dans ces deux grandes villes ?
– C'est des villes où on pensait qu'il y aurait un enjeu et un match très serré, et finalement, et dans l'une et dans l'autre, le vainqueur a gagné tout à fait aisément. Ça, c'est la première des remarques. La deuxième des remarques, c'est que ce sont deux villes où la gauche a gagné sans qu'il y ait un pacte qui soit passé avec la France insoumise, puisque M. Payan et M. Grégoire ont refusé de pactiser avec la France insoumise. Alors, sauf qu'à Marseille, la France insoumise s'est retirée, ce qui a sans doute profité d'ailleurs au maire. Mais je dirais aussi que c'est le reflet d'une certaine…
Alors, troisième enseignement, c'est que le Rassemblement national, à Paris, n'arrive absolument pas à se faire une place, parce que là, le score, ce n'est même pas un faible score, c'est un score ridicule, ridicule. – Moins de 2%. – Il a vraiment été très très faible depuis 30 ans que le Rassemblement national essaye de se faire une place, et bien là, il n'y est pas du tout arrivé.
Et que, bien à Marseille, en revanche, le Rassemblement national a pris la place, d'une certaine façon, même s'il est loin derrière le gagnant, a pris la place de la droite traditionnelle, la droite républicaine, qui, elle, était très faible, et qui, eh bien, a été remplacée par un candidat, sans doute déçu par son score, parce que je pense qu'il pensait faire beaucoup plus, et qui, d'ailleurs, c'est intéressant, parce que si on regarde bien ce qui s'est passé à Marseille, je crois qu'à Marseille, il y avait la volonté de garder un maire et une municipalité plutôt de gauche, et c'est assez manifeste.
C'est une ville très pauvre, Marseille, c'est la ville où il y a le plus de personnes éligibles au RSA, aux minima sociaux, et, alors vous me direz, cette société-là aussi, qui souvent vote Rassemblement national, ben non, elle est restée à gauche.
– Rachel Garaval-Carsel, est-ce qu'on va parler de la présidentielle dans quelques instants, est-ce que de ces municipales, et notamment dans les grandes villes, il faut tirer des enseignements pour la présidentielle ?
– Je distinguer deux cas. Je trouve que, quand même, Paris, Lyon et Marseille sont des cas assez différents du reste même des grandes villes, puisque dans ces trois grandes villes, le total gauche au premier tour, il est en très sensible progression par rapport à 2020. Aujourd'hui, ce sont trois villes qui sont structurellement à gauche, ce qui ne veut pas dire que la droite est dans la totale incapacité de gagner. Regardez à Lyon, finalement, ça s'est joué à 3 000 voix, mais c'est plus difficile qu'avant, c'est une évidence.
Par contre, dès la strate de ville en dessous, on s'aperçoit, et je pense que c'est un enseignement pour la présidentielle, les municipales ne nous disent pas qui va gagner la présidentielle, mais ça donne au minimum sur la ligne de départ qui est en avance et qui est un peu en retard. Je trouve que ce qui a bien marché à ces municipales, c'est quand même l'union entre la droite et le centre.
Les électorats, Aurore Berger vous l'a dit il y a quelques minutes, les électorats, ils ont quand même très bien coagulé et dans les villes où le RN n'avait aucune chance de gagner, l'électorat RN, il a largement voté utile pour des candidats de droite et du centre, soit pour faire barrage à la gauche, soit pour tenter de faire basculer des villes. Je pense que la ville de Nantes, c'est un cas très symptomatique et ne parlons même pas des villes comme Brest ou Clermont-Ferrand où le score du RN entre les deux tours, il est parfois divisé par trois.
Donc pour vous, au niveau des électorats, il y a déjà eu une forme d'union des droites ?
Je n'irai pas jusqu'à l'union des droites parce que l'électorat RN, à un endroit où il n'a pas de chance de gagner, il peut voter pour un candidat de droite ou du centre qui sait lui parler parce que Foulchon-Bardelot à Nantes, par exemple, ce n'était vraiment pas un candidat de droite modéré. Mais au niveau national, je ne suis pas certaine que l'électorat RN voterait pour un candidat centriste, par exemple. Je pense que ça ne marche pas dans les deux sens. Mais par contre, la droite et le centre, je trouve que ça coagule quand même vraiment très bien.
Yves ?
Oui, c'est vrai. Parce qu'évidemment, l'actualité des municipales a été complètement, je dirais, polarisée sur ce qui s'est passé dans les villes, certaines villes de banlieue et puis la poussée, qu'on a appelée comme ça, de la France insoumise. Mais il faut quand même rappeler que le centre et la droite effectivement ont gardé leurs villes, ont gardé beaucoup de villes, en ont gagné certaines et ça a plutôt pas mal fonctionné. Certes, le RN fait mieux que d'habitude, dans des villes d'ailleurs, des villes moyennes ou des villes petites, moyennes, il a échoué dans les grandes villes et le Parti socialiste se maintient aussi d'une certaine façon.
L'actualité de Paris et de Marseille fait qu'on retient cela. Mais, je veux dire, les partis traditionnels qui étaient quand même très en difficulté sur le plan national dans le débat qui avait quand même fondu comme neige au soleil, restent quand même sur le plan local des forces politiques importantes.
Alors qu'à l'enseignement on tirait pour la présidentielle, pour la droite et le centre, plusieurs figures appellent à l'Union. On va écouter ce matin Aurore Berger qui était notre invité il y a quelques minutes.
Si on n'est pas capable de s'entendre, si on n'est pas capable de parler d'une même voix en 2027, alors on sera responsable, non pas uniquement de notre élimination et l'élimination de nos idées, on sera responsable d'offrir aux Français uniquement un choix entre l'ERN et la France insoumise. Je pense que notre pays mérite mieux que ça, vaut mieux que ça. Moi, je n'ai pas envie qu'on attende que ce soit trop tard.
C'est quand pas trop tard ? Il faut une primaire quand du coup ?
À l'automne. Une primaire à l'automne ? À l'automne. Parce que si c'est trop tard, il se passera quoi ? Il se passera qu'on sera responsable, encore une fois, à l'élection du Rassemblement national dans notre pays et notre pays mérite vraiment mieux que ça. Je vous présente
en ces voix, Yves, qui appellent à l'union de la droite et du centre, mais est-ce que vous y croyez ? Est-ce qu'elle est possible quand dans le même temps que vous avez un Bruno Retailleau qui, dans le Figaro, dit un candidat macroniste à la présidentielle, il ne sera pas élu ?
Oui, mais il y aura un principe de réalité à un moment, je pense. Effectivement, personne ne va vous dire maintenant, on est à un peu plus d'un an d'ailleurs de l'élection présidentielle, qu'il se retirera, parce qu'à ce moment-là, ça ne sert à rien de faire campagne.
Ce qui se passe, c'est qu'il va y avoir une compétition qui va s'ouvrir les prochains jours, les prochaines semaines, entre différents candidats du centre et de droite, peut-être aussi d'une certaine gauche, enfin, je ne sais pas, et chacun va faire valoir ses arguments, et je pense que ce qui va départager les uns les autres, je ne sais pas si c'est une primaire, je ne vous crois pas, je pense que ça sera un principe de réalité, ça sera ce qui se passe dans les sondages, les études d'opinion qui sont quand même en France, contrairement à ce qui se passe dans d'autres pays, très fiables, et qui va dire, si vous en avez un qui a 10 points, même 7 points d'avance sur l'autre, si effectivement, l'autre, celui qui perd, ne veut pas être tenu pour responsable d'un face-à-face que beaucoup de Français ne veulent pas, il se retirera, je pense que c'est comme ça que ça va se passer, je crois que c'est M.
Roger Carucci, le sénateur bien connu des Hauts-de-Seine, qui disait que la fusée est à deux étages, le premier étage, c'est chacun présente son programme, sa candidature, et puis le deuxième étage, c'est justement l'écrémage.
Vous y croyez, au final, à cette union de la droite et du centre ?
Si les partis ne la font pas, les électorats, je pense, la feront, parce qu'il y aura un vote utile. Il y aura un vote utile, l'idée d'être sûr d'éliminer la gauche et même potentiellement Jean-Luc Mélenchon du second tour, elle sera plus forte, je pense. Moi, ce qui me marque, c'est effectivement la fusée à deux étages, l'image est la bonne. La première étage peut durer longtemps malgré tout, parce qu'il y a beaucoup de sondages qui montrent, qui font croire en tout cas, que le ticket d'entrée au second tour pourrait être très faible, parfois même en dessous de 15%.
Là, ça veut dire qu'il y a plein de candidats qui sont aujourd'hui en dessous de ça, qui disent mais pourquoi je me désisterais moi alors que finalement j'ai toutes mes chances d'aller au second tour, je n'en suis pas si loin. Je ne suis pas sûr qu'Infiné ce sera aussi bas parce qu'en fait quand il y a tant de concurrence, le premier camp qui fait son union, que ce soit encore une fois au niveau des partis ou au niveau de l'électorat qui fait son choix, il élimine l'autre camp et là-dessus, je pense que la droite et le centre ont un temps d'avance parce que je crois que leur capital est plus grand que le capital de la gauche.
Sur la droite et le centre, un sondage qui est paru hier qui teste différentes hypothèses au premier et au second tour et notamment face au Rassemblement National Marine Le Pen, Gendarme Nardella, Édouard Philippe est le seul pour le moment à battre le Rassemblement National. Est-ce que ça fait de lui à l'heure où on se parle le candidat naturel de son camp ou pas ?
– Je ne sais pas mais moi j'avais deux remarques à faire là-dessus. C'est que, bon alors évidemment, les élections, enfin l'élection municipale du Havre a redonné, je dirais, une couverture médiatique à Édouard Philippe mais moi ce qui attire mon attention pour Édouard Philippe c'est que, ça fait quoi maintenant ? ça fait 5 ans qu'il a quitté 6 ans qu'il a quitté Matignon et je trouve que en 6 ans il n'a pas perdu beaucoup de plumes quand même.
C'est quand même impressionnant parce que en plus il ne s'exprime pas beaucoup il a une parole qui n'est jamais très spectaculaire enfin sauf quand il nous promet et je serais curieux de voir d'ailleurs s'il va continuer à promettre la retraite à 67 ans dans un pays qui est foncièrement hostile à l'augmentation du départ de l'âge du départ à la retraite mais ça c'est quand même moi je suis assez curieux de ça parce que c'est pas simple de rester à flot bon pour le moment apparemment oui c'est celui en fait l'étude d'hier montre que c'est lui qui résiste le mieux en tous les cas qui serait le plus en situation de se qualifier on verra la route est longue tout le monde est pas sur la grille de départ il peut toujours se passer quelque chose oui sur Edouard Philippe depuis il faut quand même se rappeler qu'il avait quitté Matignon très très très haut dans les sondages et depuis 2020 c'était quand même une lente baisse mais continue pour Edouard Philippe le sondage de ce week-end effectivement de Elam pour BFM c'est la première fois qu'il montre une remontée d'Edouard Philippe et c'est le premier sondage depuis plusieurs mois plusieurs semaines qui montre que le ticket d'entrée du second tour il serait quand même peut-être plus haut que ce qu'on dit beaucoup ces derniers temps si ce type de sondage se multiplie pour Edouard Philippe je ne sais pas s'il viendra le candidat naturel mais il finira quand même peut-être par s'imposer si ça ne continue pas s'il est un peu à la bagarre avec les autres entre 14 et 16% ce sera peut-être plus compliqué
on suivra évidemment tout ça les autres sujets d'actualité de réoccupation des français c'est la flambée des prix du carburant qui continue d'inquiéter le gouvernement a annoncé 70 millions d'aides ciblées pour les secteurs les plus touchés mais ce n'est pas forcément suffisant pour les oppositions on écoute ce matin le vice-président du rassemblement national Sébastien Chenu
on n'a plus un rond dans les caisses il n'y a plus un sou ils ont tellement fait n'importe quoi qu'aujourd'hui ils laissent les français à l'abandon et ça saute aux yeux il faut des mesures pérennes des mesures dans le temps c'est la raison pour laquelle nous on demande que la TVA baisse sur les énergies il faut considérer les énergies comme des biens de première nécessité on ne peut pas vivre sans énergie sans électricité parce que là ce sera un manque à gagner durable pour l'instant il n'y a pas de manque à gagner parce que pour l'instant le gouvernement s'en met plein les poches
voilà habillé pour les verts le gouvernement avec Sébastien Chenu est-ce que le gouvernement il est coincé entre la nécessité d'aider les français qui ont du mal à faire leur plein et en même temps des caisses qui ne sont pas très remplis
oui d'ailleurs il participe au paradoxe Sébastien Chenu parce qu'il dit d'un côté on n'a plus un rond en caisse d'un autre côté bon ce qui est évident c'est que ce qui s'est passé pendant la crise sanitaire ne peut pas être reproduit c'est-à-dire que quoi qu'il en coûte ne peut pas être reproduit et les seules aides qui peuvent être des aides valables c'est évidemment des aides ciblées me semble-t-il alors c'est vrai que l'état se fait gagne davantage d'argent puisque les prix augmentent et les taxes par définition lui sont profitables mais
mais avec des français qui font moins le plein donc le volume est moindre
alors moi je pense que tout à l'heure il ne faudra absolument pas qu'il y ait une aide globale il faut qu'il y ait des aides alors évidemment chaque corps de métier va vous dire c'est jamais assez donc tu as une espèce de surenchère qui n'est pas terminée à mon avis on n'en est qu'au début qui va se mettre en place il faudra faire très attention parce que là il peut y avoir des mouvements de colère corporatistes qui peuvent être violents et pour le gouvernement c'est pas c'est pas une partie de plaisir
Il se retrouve sous pression Sébastien Lecornu avec cette hausse des prix à la pompe
il va se retrouver sous pression très probablement il y a un petit même un gros traumatisme dans l'exécutif c'est que lors de la dernière flambée des prix postérieurs à la guerre en Ukraine souvenez-vous il y avait une aide très très large sur l'énergie et sur le carburant en particulier et c'est un peu l'origine du dérapage des comptes publics des dernières années donc le gouvernement évidemment il veut éviter à tout prix ça après j'ai du mal à croire qu'il arrive à en rester aux 70 millions d'aides qu'il a annoncées vendredi des aides ciblées sans doute mais là on est vraiment sur l'extrêmement ciblé et si les agriculteurs ressortent de leurs fermes et de leurs exploitations ça risque là de mettre le gouvernement sous pression sachant que il y a des tas de corporations qui font beaucoup de kilomètres je peux penser par exemple aux infirmières infirmières libérales qui évidemment qui n'ont pas d'aide
pour le moment
qui ne sont pas dans l'aide donc il va falloir
aller plus loin
j'ai l'impression que vendredi le gouvernement il a mis un petit doigt de pied dans le pédiluve pour prendre la température mais que ça me paraît difficile qu'il en reste là
il va falloir aller plus loin notamment les agriculteurs il y a le congrès de la FNSEA cette semaine ça ça peut jouer pour mettre le gouvernement
en plus la FNSEA c'est quand même un syndicat extrêmement puissant c'est quand même la plupart des agriculteurs sont à la FNSEA et c'est une force de frappe énorme donc on verra oui oui moi je pense que la partie elle n'est pas terminée
mais combien il va faire Sébastien Lecornu ?
et puis en plus attendez parce que tout dépend aussi du conflit au prochain Moyen-Orient parce que si effectivement ça s'arrête je ne vois pas très bien comment ça pourrait s'arrêter d'ailleurs et si ça s'arrête ça ne va pas améliorer il va y avoir un effet retard évidemment la situation ne va pas s'améliorer du jour au lendemain donc je crois que le gouvernement il va au devant de vent mauvais
mais comment il fait avec une dette à plus de 3000 milliards d'euros ?
il fait qu'il n'a pas les moyens il fait qu'il n'a pas les moyens et qu'il va falloir qu'il trouve des trésors d'inventivité d'imagination pour essayer de passer entre les gouttes
allez on va terminer par l'histoire du jour on est à quelques jours de Pâques et qui dit Pâques dit
chocolat
chocolat c'est l'une des plus grosses période de l'année pour les chocolatiers qui doivent jongler avec les prix du cacao c'est à la une du républicain Laurent ce matin on va le voir depuis deux ans le prix du cacao fait le yo-yo les prix ont augmenté pour les consommateurs et malgré la baisse du cours du cacao et bien vous ne devrez pas redescendre avant cet été résultat la chasse aux oeufs va vous coûter plus cher c'est le cas notamment au château de Prèche à Basse-Rengen c'est en Moselle où 3000 oeufs vont être cachés dans le parc coûte 2400 euros on a dû adapter les tarifs avec une augmentation dit la direction et puis il y a une autre histoire de chocolat je ne sais pas si vous avez vu pour la chasse aux oeufs c'est une bonne idée ça rachète autre histoire de chocolat je ne sais pas si vous avez vu ça ce week-end si vous aimez les KitKat vous allez peut-être avoir du mal à en trouver 12 tonnes ont été volées il y a quelques jours c'est un camion qui quittait le centre de l'Italie qui se dirigeait vers la Pologne qui a été volé la marque avertie ce vol pourrait entraîner une pénurie de KitKat en rayon ça va être compliqué entre le prix et les pénuries du coup la chasse aux oeufs va être compliquée cette année j'ai une petite question pour terminer est-ce que vous savez combien un français consomme de chocolat en moyenne chaque année ?
10 kilos
presque
ah bien joué moi c'est incapable
un petit peu moins un petit peu moins non moins moins allez un peu 6 et demi 6 kilos et demi de chocolat c'est pas mal c'est quand même pas rien 6 kilos et demi de chocolat on va souhaiter une bonne chasse aux oeufs et le week-end prochain même si vous l'avez vu ça risque d'être un peu plus compliqué que d'habitude merci beaucoup il serait rare merci beaucoup la chaîne d'avoir été avec nous merci à tous de nous avoir suivis on se retrouve demain très bonne journée retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme public Sénat merci à tous
merci à tous d'avoir regardé cette vidéo