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InterviewRMC — Apolline Matin (sur Podcast)· 5 février 2026 11 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Le choix d'Apolline : Philippe Baptiste - 05/02

Au micro : Apolline MatinSource d'origine 4 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse directe

    Bonjour Philippe Baptiste. Vous êtes le ministre chargé des universités.

  • 0:25OuverteRéponse partielle

    Écoutez les mots du président de l'université de Rouen-Normandie.

  • 1:02OuverteRéponse directe

    Globalement, le nombre de places disponibles sur Parcoursup est stable.

  • 1:43RelanceRéponse directe

    Une trentaine de jeunes sur toute la France ?

  • 2:31RelanceRéponse partielle

    Ça ne vous choque pas, ça ?

  • 3:26OuverteRéponse directe

    Doit la sélection à l'université être revue ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:24PrésentateurChiffre
    « Il y a 25 000 formations qui sont disponibles. »
  • 1:40PrésentateurChiffre
    « L'an dernier, à la fin de la campagne Parcoursup, il y avait une trentaine de jeunes pour lesquels on avait une difficulté. »
  • 3:10PrésentateurChiffre
    « Mon ministère, aujourd'hui, c'est 32 milliards d'euros. C'est la quatrième dépense de l'État. »
  • 3:20PrésentateurChiffre
    « On a trouvé 350 millions d'euros de plus par rapport au budget de l'année passée. »
  • 9:46PrésentateurChiffre
    « C'est à peu près 80 millions d'euros par an qu'on va mettre en plus pour contribuer. »
  • 10:22PrésentateurPromesse
    « On va le faire dès le mois de mai. »

Temps de parole

  • Présentateur55 %
  • Intervenant24 %
  • Auditeur18 %
  • Invité3 %

4,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Auditeur

Vous écoutez RMC.

0:03
Intervenant

Nombre d'étudiants qui explosent et budget insuffisant. Les universités disent être au bord de la faillite. Bonjour Philippe Baptiste. Bonjour. Vous êtes le ministre, le ministre chargé des universités puisque vous êtes chargé de l'enseignement supérieur. Voilà le tableau qu'ils nous font des amphis surchargés, des travaux dirigés avec parfois près de 50 étudiants, des salles sans chauffage. Je voudrais que vous écoutiez les mots du président de l'université de Rouen-Normandie. Franck Lederf. Il est interrogé par la chef du service Société d'RMC, Bérangère Bouquillon. Écoutez ce qu'il dit de sa faculté.

0:37
Invité

Au mois de septembre, oui, j'ai réduit à peu près de 700 places. Le nombre de places en première année, on va réduire considérablement le nombre de travaux dirigés. On n'ouvre pas aussi des formations à faible effectif. Je réduis aussi mes recrutements. Ma campagne d'emploi va être diminue par 3 cette année. Et malgré ça, j'ai un déficit de 11 millions d'euros.

0:57
Intervenant

Les universités qui commencent l'année avec un budget déjà en déficit.

1:02
Présentateur

Alors, je ne vais pas commenter spécifiquement la situation de l'université de Rouen. Ce que je peux vous dire, c'est que globalement, le nombre de places aujourd'hui qui sont disponibles sur Parcoursup, parce que les jeunes, les bacheliers qui préparent leur baccalauréat, le nombre de places est stable globalement en France. Il peut y avoir des endroits où ça baisse, des endroits où ça monte, mais globalement, il y a une stabilité complète. Il y a 25 000 formations qui sont disponibles.

Et je rappelle que l'an dernier, juste peut-être un tout petit peu pour rassurer, pour qu'il n'y ait pas un message qui soit excessivement anxiogène vers les bacheliers, enfin les futurs bacheliers, pardon, l'an dernier, à la fin de la campagne Parcoursup, il y avait une trentaine de jeunes pour lesquels on avait une difficulté, on n'arrivait pas à trouver une place.

1:43
Intervenant

Une trentaine de jeunes sur toute la France ?

1:44
Présentateur

Une trentaine de jeunes sur un million au début qui étaient sur la plateforme. Donc, je voudrais rassurer tout le monde, tous ceux qui veulent suivre des études supérieures demain vont trouver des places. Maintenant, après, sur la situation budgétaire globale des universités, je voudrais dire d'abord que c'est une terre de contraste. Il y a des établissements qui vont très bien, il y a beaucoup de formations qui ont des très bonnes dynamiques. On a des formations qui sont quand même d'excellence, des universités, des grandes écoles, des BTS, des IUT qui fonctionnent très très bien. Les jeunes qui sortent, ils sont embauchés, ils trouvent de l'emploi.

Certains nombres de filières sont hyper attractives dans le monde entier. Je voudrais un tout petit peu relativiser le discours. Maintenant, qu'à un tel endroit ou à tel autre, on ait des difficultés. Oui, c'est vrai, absolument. Que des formations ferment, mais c'est bien normal.

2:31
Intervenant

Ça ne vous choque pas, ça ? Ça vous paraît la vie de la recherche ?

2:36
Présentateur

Il y en a qui ferment, il y en a qui ouvrent. Après, la question, c'est est-ce que, par exemple, au niveau master, on a besoin d'autant de différents types de master partout dans le monde, ou de parcours de master, où on en a des centaines, il y en a qui contiennent 5, 6, 10 étudiants. Est-ce qu'on a besoin de tous les garder ? Est-ce qu'il y en a certains qu'il ne faut pas regrouper ? Non, pas les fermer. Mais parce que certains deviennent aussi obsolètes, peut-être, par rapport à la vie professionnelle ? Je pense que c'est des questions, mais c'est comme dans tous les secteurs. Je veux dire, c'est normal qu'on se pose ces questions-là. C'est normal qu'il y ait une dynamique.

C'est la liberté académique des universités qui doit vivre cette liberté avec les contraintes, qui sont les contraintes du budget. Mon ministère, aujourd'hui, c'est 32 milliards d'euros. C'est la quatrième dépense de l'État. L'État investit pour les jeunes, investit pour la recherche. Et dans les dernières discussions budgétaires, vous le savez, on a trouvé 350 millions d'euros de plus par rapport au budget de l'année passée.

3:24
Intervenant

Alors, on va y revenir, mais il y a aussi cette question. Vous dites, bon, est-ce qu'il y a certaines filières qui doivent aussi être fermées, d'autres ouvertes ? Il y a aussi cette question quand même de l'accueil du modèle même de l'université. Vous le dites, tous ceux qui veulent aller à l'université pourront aller à l'université, mais il y a un très fort taux d'échec en licence. Est-ce que la sélection, alors c'est un très gros mot pour les universités, mais doit être revue ?

3:49
Présentateur

Alors, il y a un sujet qui est évidemment compliqué en soi. Le modèle aujourd'hui en France, c'est de dire que vous avez le baccalauréat, quelque part vous avez le droit à une place, et c'est bien ça qu'on met en œuvre. La difficulté, c'est quoi ? C'est que la massification, elle s'est faite essentiellement, dans les universités, à la fois par une explosion démographique, c'est-à-dire beaucoup plus de jeunes qui arrivent en tranche d'âge, et puis en même temps aussi des taux de succès au baccalauréat qui ont pris 10 points en 15 ans. Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, bac général 97...

4:19
Intervenant

Oui, tout le monde là, désormais.

4:20
Présentateur

Et donc, on a une vraie difficulté aujourd'hui, parce que nos universités, à la fois ont développé des parcours d'excellence où il y a des très très bons élèves, et puis d'autres qui sont en très grande fragilité, et donc c'est compliqué, c'est tendu. La question derrière, moi, mon problème, ce n'est pas tellement la question théorique, c'est juste qu'aujourd'hui, on promet à des jeunes, aujourd'hui, un accès à l'université qu'on donne, mais qui ne mène parfois à rien, parce qu'ils n'ont pas le bagage initial.

4:43
Intervenant

Et parce qu'ils vont se retrouver parfois en difficulté pour passer dans les années supérieures. Yacine est avec nous au 3216, qui nous appelle de Vigne-sur-Seine, dans l'Essonne. Bonjour, Yacine. Bonjour, bonjour à toutes et à tous. Vous êtes vous-même étudiant, c'est ça ? Racontez-nous.

4:57
Auditeur

Tout à fait. Écoutez, je suis étudiant en Master 2 en droit des affaires, donc à l'UPEC de Créteil. OK. Donc, quand j'entends, excusez-moi, avec tout le respect que j'ai pour vous, monsieur, quand je vous entends dire que, entre guillemets, excusez-moi de grossir le trait, tout va bien, entre guillemets, ça me fait doucement rire. Vous savez, j'ai commencé, il y a 4 ans et demi maintenant, les études en licence en première année. On était, je pense, peut-être, allez, je vais vous grossir la chose, peut-être 700 dans un amphithéâtre. J'étais dehors, je ne pouvais même pas rentrer à l'intérieur. Là, désormais, on est un peu moins, donc c'est beaucoup plus facile.

Et quand vous voyez les conditions dans lesquelles travaillent les professeurs, on voit qu'ils n'ont même plus envie de nous faire apprendre, c'est de plus en plus compliqué. Quand je vois les jeunes qui, voilà, postulent, il y a Parcours Sub, qui, malheureusement, ne se font rejeter parce que je l'ai été, malheureusement, c'est de plus en plus compliqué. Et je pense que ce n'est même plus une question, la question n'est plus seulement de savoir combien de places est-ce qu'on peut avoir, justement, dans les facs, etc. Mais c'est même au niveau de la qualité de l'enseignement qui n'est plus du tout ce qu'elle était.

Moi, je revois ce que j'ai pu voir au début, en licence ou même pour mes premières années, etc. Ça n'a rien à voir avec ce que j'apprends maintenant. Vous voyez, l'UPEC de Créteil, si un jour vous avez l'occasion de vous y rendre, je vous y inviterai vraiment volontiers. C'est vraiment dans un état de délabrement, j'emploie le terme, vraiment incroyable.

6:23
Intervenant

Mais aujourd'hui, est-ce qu'aujourd'hui, vous avez quand même le sentiment, au-delà de la question, effectivement, des amphis surchargées, que la qualité de l'enseignement, parce que vous êtes déjà très avancé en Master 2, est-ce que la qualité de l'enseignement quand même vous satisfait ?

6:37
Auditeur

Pas du tout, je vous le dis très concrètement. Et en plus, j'ai cette chance-là d'être socialement parlant assez proche des formateurs avec qui je peux être amené à échanger régulièrement. Vous vous impliquez, quoi ? Oui, je m'y implique parce que j'ai envie de réussir et j'ai envie d'apprendre. Et vous voyez ce que eux vous disent, justement, de leurs conditions de travail et puis même des relations qu'ils ont avec leurs collègues. Il y en a quelques-uns, je vous dis honnêtement, si ce n'était pas pour nous, ils ne seraient plus là depuis bien longtemps. Ils en souffrent vraiment.

7:05
Intervenant

Ils en souffrent eux aussi. Yacine, je voudrais que le ministre puisse vous répondre.

7:08
Présentateur

D'abord, merci de l'invitation, mais il se trouve que je vais régulièrement dans les universités. J'étais à l'UPEC il y a quelques mois, justement, donc j'ai eu le plaisir déjà de venir. Moi, ce que je voudrais dire, c'est que j'ai vu des enseignants qui étaient hyper motivés, qui étaient dédiés et qui consacraient leur professionnel. Mais c'est ce que dit Yacine. Mais il dit qu'en même temps, ils ont des conditions terribles. Et la qualité de l'enseignement, elle est forte.

Après, c'est une université qui fait un gros effort, qui a un bassin de recrutement sur un endroit où il y a une très grande diversité sociale, qui justement fait l'effort d'amener tout le monde et d'emmener tout le monde vers la réussite. Et moi, je voudrais saluer leur travail. Après, encore une fois, qu'il y ait des difficultés à tel endroit, que votre auditeur ne soit pas content peut-être...

7:49
Intervenant

Il y a un problème de gestion des universités ?

7:50
Présentateur

Non, je crois que...

7:51
Intervenant

L'idée d'avoir donné une sorte d'autonomie de gestion des universités, est-ce que, puisque vous parlez de cette diversité aussi au sein des universités où certaines vont bien, d'autres mal, est-ce qu'il y a un problème aussi de responsabilité des universités elles-mêmes dans leur gestion du budget ?

8:07
Présentateur

Alors, je pense qu'évidemment, on a 70 universités et aussi 200 écoles d'ingénieurs, des écoles de commerce, etc. Et ces établissements, ils ont une forme d'autonomie. Donc, effectivement, la manière dont ils sont gérés à la fin individuellement, ça a un impact sur le moyen, sur le long terme, puisqu'ils bénéficient d'une très, très grande autonomie. Juste pour que vos auditeurs aient bien conscience, ça n'a rien à voir avec un lycée où les choses sont... Vous leur donnez l'enveloppe

8:27
Intervenant

et eux, ils s'en débrouillent.

8:28
Présentateur

Exactement. C'est eux qui décident, c'est eux qui décident de leur carte de formation, qui investissent, qui décident du nombre de formations, des recrutements. Donc, c'est une forme d'autonomie. Après, il y a le budget que nous, on donne, évidemment, le budget qu'ils vont aller chercher aussi à l'extérieur, à travers des appels d'offres, etc. On va discuter de tous ces sujets-là. Tous ces sujets-là, on va les ouvrir. Il va y avoir des assises, il y a des assises qui, en ce moment, qui ont commencé, des assises de financement d'enseignement supérieur et de financement des universités. Il faut qu'on travaille sur ces questions-là.

8:54
Intervenant

Est-ce que la question de l'autonomie pourrait même être mise en cause ?

8:56
Présentateur

L'autonomie, non, parce que l'autonomie, moi, je crois fondamentalement au fait que... Derrière le mot d'autonomie, il y a les libertés académiques. Il y a le fait que, quelque part, ce n'est pas un gouvernement qui décide directement de ce que fait telle ou telle université. Et ça, c'est fondamental en termes de liberté publique. Par contre, après, la question, effectivement, de la manière de la gestion des universités, la gouvernance... La gestion, j'allais dire, presque comptable et gouvernance.

9:17
Intervenant

Une autre question, juste avant de vous laisser partir, M. le ministre, sur le repas à 1 euro. Quand on voit que la situation est, en tout cas dans certaines universités, déjà très tendue, cette promesse du repas à 1 euro pour tous les étudiants, ceux qui en ont vraiment besoin et ceux qui en ont moins besoin, est-ce que ce n'est pas une folie ?

9:33
Présentateur

Alors, d'abord, ça ne va pas impacter directement l'université en tant que telle. C'est vraiment un sujet pour les restaurants universitaires, les CRUS, qui sont... Voilà, donc, bien sûr, on va les accompagner. Il y a une mesure... C'est un coût budgétaire, évidemment, derrière, qui est un coût significatif. C'est à peu près 80 millions d'euros par an qu'on va mettre en plus pour contribuer, pour rendre cette mesure possible. Ça va être une grosse charge de travail aussi en plus pour les restaurants universitaires, pour les personnels des CRUS. On les accompagnera. Maintenant, après, c'est aussi un budget de compromis, ce qu'on a fait.

Comme vous le savez, ce n'était pas une mesure que moi, je poussais beaucoup, mais c'était une mesure qui était très importante pour le Parti Socialiste. Donc, c'est une discussion qu'on a eue, et effectivement, c'est une mesure qui va bénéficier globalement aux étudiants. Moi, la petite difficulté que j'avais, c'est que je me disais qu'en fait, elle ne va peut-être pas se focaliser exclusivement sur les étudiants qui en ont le plus besoin. Donc, ça, c'était une petite difficulté. Mais on va le faire. On va le faire dès le mois de mai. On va le faire efficacement. Le repas sera un euro pour tout le monde et on accompagnera les Crous pour que ça fonctionne.

10:28
Intervenant

Merci beaucoup, Monsieur le ministre, d'avoir répondu à nos questions. Philippe Baptiste, ministre chargé de l'Enseignement supérieur. Et un merci tout particulier à Yacine pour son témoignage. Yacine, étudiant, qui est venu vous interpeller.