Sébastien Lecornu : «Nous savons tous que la situation est très difficile pour nos concitoyens»
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- 0:10Sébastien LecornuFait
« nous savons tous et c'est relayé sur l'ensemble des bans ici que la situation, elle est très difficile évidemment pour nos concitoyennes et nos concitoyens »
- 4:30Sébastien LecornuFait
« il y a des cadres de référence. Gouvernement Fillon l'avait fait en 2008, le gouvernement de Jean-Marc l'avait fait gauche droite »
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les sénatrices euh sénateurs, monsieur le ministre, monsieur le président Caner, je vais répondre et prendre peut-être un tout petit peu de temps pour être complet sur l'ensemble des aspects de votre question. Bon, je reste persuadé que la situation enfin nous savons tous et c'est relayé sur l'ensemble des bans ici que la situation, elle est très difficile évidemment pour nos concitoyennes et nos concitoyens. sommes tous connectés à nos territoires et évidemment plus la guerre parce qu'on parle quand même d'une guerre dure plus les effets de cette guerre sont difficile évidemment pour le portefeuille des Françaises et des Français et d'ailleurs pour l'ensemble de notre économie sans détacher d'hommage que le président du Sénat fait au début de cette séance pour nos soldats morts au Liban.
Et donc quand même, c'est pas pour se dissocier de votre propos, mais je pense qu'il ne faut pas qu'on cache aux effets des Français et des Français des effets des deux guerres que nous connaissons. L'Ukraine d'une part qui continue dont on parle trop peu et du Moyen-Orient d'autre part. La deuxième des choses, c'est que c'est une crise des prix.
C'est une crise d'une inflation importée. C'est pas une crise pour l'instant des capacités de production au Moyen-Orient. C'est donc une crise de la circulation maritime.
Qu'est-ce qu'on est en train de payer en ce moment ? de toutes les évidences fait que les négociations entre les belligérants s'enlisent patinent et ça se sent tout de suite évidemment sur le cours des marchés. Je voulais juste quand même commencer par là parce que je pense que les Françaises et les Français sont plein de bon sens.
C'est un peuple politique, c'est un peuple qui regarde aussi la géopolitique et qui voit bien que les dérèglements du monde s'imposent à nous et que malheureusement nous payons nos dépendances en matière d'hydrocarbure. Et à la rigueur, si vous me considerez comme étant responsable de quelque chose depuis 9 ans, avec regret, je le dis, c'est que nous ne soyons pas allés beaucoup plus vite pour sortir d'un certain nombre de cette dépendance et donc il ne faudra pas reproduire les mêmes erreurs. Deuxème aspect de votre question et au fond ça mon débat public et merci d'avoir pris la tonalité rigoureuse qu'on vous connaît pour me poser cette question.
C'est à qui profite la crise ? Et la question elle est posée qui profite de tout ce qui se passe ? La première des choses déjà c'est l'État.
Et vous le voyez bien, l'extrême droite introduit de plus en plus l'idée au fond que le grand gagnant de cette crise serait l'État. Alors, présenter l'État comme si c'était une entreprise comme les autres, c'est pas une entreprise. Présenter l'État comme s'il ne nous appartenait pas à tous, c'est quand même d'un point de vue républicain un tout petit peu curieux.
Mais enfin le débat est là et la suspicion au fond s'installe en se disant mais à chaque fois qu'on va à la pompe bah lentement mais sûrement on remplirait les les caisses de l'État. Bon on sait il y a deux types de taxes. Une taxe évidemment sur les volumes l'accise et une taxe sur le prix en tant que tel la TVA.
Et donc je profite de votre question pour déjà donner cette clarification devant la représentation nationale parce que des chiffres surréalistes circulent ici ou là. le fameux surplus que d'cun qualifierait de cagnotte, je mets des guillemets sur cette affaire, du début de cette guerre, fin février, début mars au 20 avril, il y a quelques jours, le surplus est de 170 millions d'euros de fiscalité. Et donc ce que je vous propose, non pas pour protéger le gouvernement, nous sommes de passage, mais l'État parce que pour le coup, vous l'avez incarné comme ministre, d'autres après nous l'incarneront ayant aussi quand même cette humilité.
Ce que je vais faire, c'est que chaque euro de fiscalité, de surplus de fiscalité prélevé pour les Français à la pompe vont être affectés au mécanisme d'aide direct que nous mettons en place. Comme ça, on met derrière nous l'idée délétaire pour la République que l'État serait en train de profiter de la crise. C'est une très mauvaise chose pour le pacte social.
Le deuxième public, ce sont évidemment les raffineurs. Nous en avons un en France complet dans lequel vous ne l'avez pas fait mais je le dis, j'aime pas beaucoup non plus dans le débat public ou sur les réseaux sociaux le total bashing parce que c'est une entreprise française qui emploie des Français. Elle marque aussi une part des intérêts stratégiques du pays et donc ne nous tirons pas une balle dans le pied.
Pour autant, il y a un débat qu'il faut objectiver. S'il y a des résultats exceptionnels, ça pose la question d'une redistribution qui pourrait être à du proportion ou pas exceptionnel. Ça c'est un débat politique qui est, me semble-t-il assez noble.
Bon, il y a deux manières de le prendre. Réflexe français un peu pavlovien, fiscalité. Il y a des cadres de référence.
Gouvernement Fillon l'avait fait en 2008, le gouvernement de Jean-Marc l'avait fait gauche droite. Donc, il y a des cadres de référence dans le passé qui permettent de le faire. Après, si on est pragmatique, quand on voit ce que Total Energie a fait sur le plafonnement des prix à la pompe pendant quelques jours, on le voit bien que ça pour le coup c'est immédiat pour les Françaises et les Français.
Donc il faut bien que Total Ennergie se positionne d'une manière ou d'une autre sur une manière de redistribuer et potentiellement de la manière la plus efficace qu'il soit, de la manière la plus rapide, en tout cas dans sa politique commerciale. Je mets ça là, mais la porte-parole du gouvernement, ministre délégué à l'énergie l'a dit tout à l'heure, nous ne fermons aucune porte, je refuse le total bashing. B sur la redistribution est un débat de toute façon que je préfère avoir de manière franche avec vous plutôt que de le subir plus tard à l'automne dans un mouvement fiscal qui ne serait pas complètement maîtrisé.
Ensuite, il y a la question de la grande distribution. Bon, pas en parler pendant des heures, hein, marge brute, marge nette, tout le monde a pris la parole sur le sujet. Je quitte pas ma ligne, c'est quand ça augmente sur les cours, ça augmente vite à la pompe.
Quand ça diminue dans une crise de volatilité des prix sur les cours, ça doit vite diminuer à la pompe. Je sais pas quelle langue faut que je le dise, mais je pense que c'est comme ça qu'il faut le faire. Et moi, j'ai toute confiance dans les agents de la DGCRF pour le faire.
Et je vais vous dire, j'ai toute confiance aussi dans la grande distribution parce que tous sauf une enseigne a communiqué ses données. Elle a déjà cé ses rêves sous le contrôle du ministre l'escur et du ministre papin ces derniers jours. Donc moi la seule chose que je demande c'est de la transparence pour justement ne pas venir anéantir la confiance.
Ensuite on a les aides. Parlons d'être long mais je pense qu'il faut être précis sur ce sujet parce que c'est une crise qui est grave. Elle est grave et elle va durer.
Donc il faut la prendre à mon avis avec beaucoup de sang froid. En tout cas c'est ce que j'essaie de faire. et beaucoup de sérieux sachant qu'on aura personne.
Déjà, je pense qu'il faut pas balayer d'un verre de main les aides sectorielles. Je vois bien aussi le commentaire. Bon, déjà faut pas les berin parce qu'elles ont été demandées par les filières concernées et négociées avec elles.
Donc ce qui a été fait pour le bâtiment a été fait avec la CAPEB et la Fédération française du bâtiment. Ce qui a été fait pour les pêcheurs a été vu avec les organisations professionnelles de la pêche. Ce qui a été fait pour les agriculteurs a été fait avec les trois organisations professionnelles agricoles.
Ne balayons pas sain d'ar ver demain. On essaie de faire de notre mieux pour avoir des réponses qui soient les plus ciblées et dont le soutien à l'activité et la continuité de l'activité et la mère des batailles. Les pêcheurs sont les meilleurs exemples.
Soit ils ont un intérêt à sortir en mer, soit ils n'ont plus intérêt à sortir en mer à cause du coup du GNR. Ils ne sortent plus. il y a plus de poisson et c'est toute une activité qui se casse les figures.
Donc moi, je suis très très ouvert à toute forme de dispositif dès lors qu'il trouve justement une efficacité. On a fait pareil pour les transporteurs. Le ministre Tabarot est en train de de discuter avec les taxis, une autre profession qui commence à connaître des difficultés.
Ensuite, on a une indemnité et ça répond au cœur de votre question sur les travailleurs grands rouleurs urbains, rurbain, ruraux. De toute façon, il y a autant de situations différentes que de concitoyennes et de constitoyens que nous pouvons connaître. Cette première aide, elle est sur la table.
Désormais, le ministre de l'action et des comptes publics, David Damiel avec laAD DG FIP est en train d'accélérer l'activation du portail qui va permettre aux Françaises et aux Français de déposer leur demande. On a de la chance, on a un canal bien connu impo.gouf.fr.
Il faut juste le sécuriser sur le terrain cyber. Je reviendrai parce que nous avons beaucoup d'attaques cyber. C'est aussi des effets la géopolitique du moment sur l'ensemble de nos structures.
Mais il est clair qu'il faut aller vite parce que la trésorerie des Françaises et des Français ne résistera pas à une aide qui arrivera dans trop longtemps. On en a complètement conscience. Ensuite, monsieur le ministre, est-ce que nous allons continuer à développer, à créer et à adapter les mécanismes de soutien pour les Françaises et les Français qui en ont besoin ?
La réponse est oui. Et c'est bien pour cela que j'ai refusé les demandes démagogiques notamment venant du RN de baisse de fiscalité à l'aveugle, baisse de TVA, sujet qu' on a fait dans le passé hein parce queon peut pas avoir des questions gouvernement sur le déficit public et pas s'interroger ce pourquoi le déficit public est important hein. Les dispositifs qui ont été pris dans le passé, j'étais membre du gouvernement, je suis solidaire enfin ils expliquent le déficit d'aujourd'hui.
On n'est pas obligé. Oui, ils étaient parfois demandés d'ailleurs aussi par ce côté de l'hémicycle. Faut qu'on ait [grognement] l'humilité de le reconnaître.
Bon, c'est comme ça mais il faut tirer les conclusions et quand on voit que des pays voisins font la même chose que nous il y a quelques années, bah on peut aussi leur apporter notre contribution en regardant ce qu'est le déficit. Donc j'essaie de faire du mieux que nous pouvons. On n'abandonnera personne.
Faut pas faire la leçon aux françaises et aux français font beaucoup d'efforts en ce moment et c'est bien pour ça qu'on va rester mobilisé pour ell pour eux. Mais on peut pas cacher aux Françaises et aux Français les effets de cette guerre. Et la première des raisons, ça reste quand même la dépendance aux hydrocarbures, au gaz et au pétrole.
Il va bien falloir qu'on s'attaque à ce sujet de manière beaucoup plus solide et structurelle qu'on l'a fait dans le passé.
Sébastien Lecornu