Discours de politique générale - Anne le Hénanff
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Anne le HénanffChiffre
« Au 9 octobre, plus de 80% des Bretonnes et des Bretons étaient vaccinés à deux reprises et disposaient de leur passe sanitaire, ce qui place la Bretagne en tête des régions françaises. »
- 4:00Anne le HénanffChiffre
« Avec un taux de chômage historiquement bas, à 6,5, la Bretagne confirme sa capacité à s'adapter et à rebondir. »
- 11:00Anne le HénanffPromesse
« Nous sommes par exemple favorables à la généralisation des contrats de filière. »
- 17:00Anne le HénanffFait
« La difficulté à se loger sur de très nombreux territoires touche désormais les étudiants, les apprentis, les jeunes salariés, les primo-accédants aux revenus moyens. »
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Bien, Madame Le Hénanf, je vous en prie, vous avez la parole pour 7 minutes. Bonjour à toutes et à tous, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, chers collègues. Grâce à la mobilisation des services de l'État, des ARS et sur le terrain de très nombreux acteurs de santé, médecins, infirmiers, pharmaciens, personnels des hôpitaux et des cliniques, mais aussi des bénévoles, la campagne de vaccination lancée en Bretagne en tout début d'année, qui se poursuit, est une réussite.
Au 9 octobre, plus de 80% des Bretonnes et des Bretons étaient vaccinés à deux reprises et disposaient de leur passe sanitaire, ce qui place la Bretagne en tête des régions françaises. Notre groupe est reconnaissant pour tout le travail réalisé sous l'impulsion des plus hautes autorités de l'État par tous les acteurs de la chaîne de santé afin de relever ce défi de la vaccination massive de la population. Une fois que nous aurons l'assurance que cette crise sanitaire est derrière nous, il sera cependant nécessaire, voire indispensable, de faire un bilan de la gestion de cette pandémie au niveau régional et d'échanger avec l'ARS et ses partenaires pour tirer tous les enseignements et optimiser le rôle de chacun pour l'avenir.
La conséquence directe de cette gestion de crise globalement réussie est que nous sentons tout particulièrement en Bretagne comme un vent d'optimisme et de liberté et un réel effet de reprise. Des chiffres et des statistiques confirment cette embellie. Avec un taux de chômage historiquement bas, à 6,5, la Bretagne confirme sa capacité à s'adapter et à rebondir.
Les acteurs publics, l'État, à travers son plan de relance, en lien étroit depuis des mois avec tous les dispositifs mis en œuvre par les collectivités territoriales, collectivités locales, ont joué et continuent à jouer leur rôle de soutien à l'activité économique et épauler de façon efficace les acteurs les plus en difficulté. Pour autant, nous savons bien que ces tendances encourageantes sont en grande partie dues à l'engagement des acteurs économiques de notre territoire, entreprises, artisans, commerçants, agriculteurs, ainsi qu'à leur organisation professionnelle. Ils ont tous fait preuve de résilience et ont continué à innover durant cette crise inédite.
Après ces 18 derniers mois, l'attractivité de la Bretagne s'en est trouvée renforcée. C'est une chance, mais c'est aussi un défi, tout particulièrement pour notre collectivité régionale, qui devra faire face à plusieurs sujets stratégiques et se montrer au rendez-vous d'importants dossiers. Pour n'en citer que quelques-uns, l'accompagnement des acteurs économiques, l'engagement politique fort vers des transitions énergétiques, la mobilité dans un contexte où le coût de transport pèse de plus en plus dans le budget des ménages, l'accueil de nouvelles populations, tout en protégeant les équilibres territoriaux et la mixité de la population.
De nos différents territoires remonte le même constat. Les acteurs économiques, notamment dans la restauration, l'hôtellerie, le bâtiment, la santé ou l'agroalimentaire, s'alarment de leurs difficultés à recruter. La pénurie de main-d'oeuvre et l'inadéquation entre leurs besoins et les offres de formation sont une réalité qui bride aujourd'hui leur développement.
Alors que notre région compte près de 270 000 demandeurs d'emploi, il y a de très nombreuses offres d'emploi non pourvues. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de cette situation alors que la région est compétente à la fois dans les domaines de la formation et de l'économie. La région doit faire preuve d'une plus grande souplesse, d'une plus grande réactivité dans le réajustement des formations par rapport aux besoins en femmes-hommes et en compétences.
Nous devons changer d'échelle et amplifier ce qui fonctionne bien. Nous sommes par exemple favorables à la généralisation des contrats de filière. Il se trouve de plus que la rareté des matériaux et l'explosion du coût de revient de certaines matières premières fragilisent un bon nombre d'entreprises.
Plusieurs corps de métiers ont déjà eu l'occasion, M. le Président, de l'exprimer lors de rencontres sur les territoires et de congrès professionnels depuis début septembre. C'est une réelle inquiétude que nous devons intégrer dans nos actions et politiques publiques.
Dans le même temps, plusieurs secteurs d'activité et acteurs économiques doivent faire l'objet de la plus grande attention. Nous pensons notamment à la Britanniférise, à la Fonderie de Bretagne ou Hop à Morlaix. Un autre sujet s'impose également depuis plusieurs mois.
C'est la très forte tension sur le logement. La difficulté à se loger sur de très nombreux territoires touche désormais les étudiants, les apprentis, les jeunes salariés, les primo-accédants aux revenus moyens. Il n'est pas rare désormais de constater que les salariés aient à s'installer en deuxième ou troisième couronne de leur zone d'emploi.
L'arrivée de nouveaux habitants, résidents principaux ou secondaires, avec un fort pouvoir d'achat, déséquilibrent le marché du foncier et de l'immobilier, fragilisant les équilibres territoriaux. Il est à noter qu'à l'éloignement des bassins d'emploi et d'études s'ajoute le coût de transport dans le budget mensuel pour les salariés et les enfants scolarisés. La région a notamment créé deux outils pour intervenir dans ce domaine.
Le Stradet, ma collègue Alexandra Guilloret aura l'occasion de s'exprimer plus largement dans la question orale tout à l'heure. Et le PFR, que nous soutenons dans sa politique volontariste d'accompagnement des acteurs de terrain. La discussion à venir sur la préparation du CPER 2022-2027 doit également nous aider à travailler dans ce sens avec les acteurs des territoires et les collectivités locales.
Nous devons, M. le Président, être capables, je dirais, d'animer et d'entraîner fortement, dans un délai raisonnable et réaliste, la finalisation de notre CPR. Nous sommes également très attachés aux engagements du pacte électrique breton, décidé il y a dix ans déjà, et au mix énergétique qui l'accompagnait.
C'est dans ce cadre que nous devons poser la question majeure de l'avenir du parc éolien de la Baie-de-Saint-Brieuc. La récente décision également du gouvernement de promouvoir l'entrée du port de Brest-Roscoff au réseau transeuropéen de transport est une très bonne nouvelle. Et nous nous félicitons d'avoir participé à un premier tour de table avec des partenaires locaux, département du Finistère, métropole de Brest, CCI Bretagne Ouest.
A présent, il faut cranter au niveau européen cette opportunité et construire avec l'État et l'Union européenne un plan de financement en intégrant, dès que cela sera possible, dans le futur volet mobilité du CPER. Nous nous réjouissons également de la mise en place d'un tarif unique de restauration et hébergement avec application du coefficient familial dans les lycées publics. Cette décision va contribuer à une plus grande équité entre toutes les lycéennes et lycéens bretons.
Cela va évidemment dans le bon sens. Sur un autre sujet tout aussi important de longue date, nous misons sur la concorde pour envisager la Bretagne de demain, celle dont le territoire s'étendra à condition que les habitants de Loire-Atlantique le veuillent, de Clisson à Ouestan, si nous nous en donnons les moyens, notamment avec cette convention État-région très attendue, cette Bretagne réunifiée pourra également être une Bretagne bilingue, assumant pleinement sa diversité linguistique et culturelle. Permettez-nous enfin de nous réjouir de la récente réélection à l'unanimité de notre ami Thierry Burleau, président du comité de bassin Loire-Bretagne.
Nous savons qu'il va tout mettre en œuvre, sa compétence et son expérience au service de notre région, qui reste confronté à des défis majeurs dans ce domaine de la reconquête de la qualité de nos eaux et de la lutte contre les algues vertes. Chers collègues, de nombreux chantiers nous attendent, passionnants. Nous avons la responsabilité de les saisir à bras-le-corps et de porter ensemble les transitions régionales, afin que chaque Bretonne, chaque Breton puisse trouver sa place dans notre territoire, et ce, quelle que soit sa situation individuelle.
Je vous remercie de votre attention. Merci.