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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 18 avril 2018 5 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéEurope & internationalInstitutions & élections

Projet de loi Asile et Immigration : Sébastien Chenu dénonce un texte laxiste et dangereux

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:24PrésentateurFait
    « Du vent, du vide, une série de mesurettes sans vision d'ensemble »
  • 1:38PrésentateurFait
    « certains députés de la majorité proposent d'aggraver la préférence étrangère »
  • 1:48PrésentateurFait
    « L'immigration de masse et le dévoiement actuel du droit d'asile n'ont rien d'humaniste ni de généreux »
  • 2:14PrésentateurChiffre
    « C'est le pays d'Europe qui a accueilli le plus d'immigrés depuis la fin du siècle précédent »
  • 3:44PrésentateurChiffre
    « plus de 500 000 étrangers en situation irrégulière vivent actuellement sur notre territoire »
  • 4:54PrésentateurFait
    « vous savez l'Afrique en route vers le vieux continent »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

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Présentateur

Monsieur le député, la parole est à monsieur Sébastien Chenu pour cinq minutes. Madame la Présidente, Monsieur le Ministre d'Etat, Mesdames les Présidentes, chers collègues. Aujourd'hui, peut-être plus que jamais, je me tiens devant vous pour porter la voix de millions de Français, de ceux que les élites politico-médiatiques ignorent ou méprisent, de ceux qui, en raison d'un système électoral injuste, ne sont pas représentés dans cet hémicycle comme ils devraient l'être, de ceux qu'un désespoir pudique ou la peur de l'opprobre rendait muet jusqu'à ce que leur voix éclate enfin au grand jour, au printemps dernier, lorsqu'ils portèrent Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle.

Je m'exprime aujourd'hui au nom de ce peuple français qui revendique le droit de rester lui-même, de ce peuple qui a vu ces villes changer au cours de ces dernières décennies, au point de ne plus les reconnaître parfois, de ce peuple qui refuse d'accepter le changement de civilisation forcé, imposé par une oligarchie nomade, qui, prétendant nos racines mortes, hypothèque notre avenir à tous en le privant de sa sève. Face au plus imminent péril que sans doute la France n'ait jamais eu à affronter, que propose donc le gouvernement contre la submersion migratoire, puisque ainsi Gérard Collomb l'a défini désormais comme nous ?

Du vent, du vide, une série de mesurettes sans vision d'ensemble dont l'objet n'a pas d'autre ambition que de statuer sur la réglementation du temps passé en rétention administrative ou des visioconférences pour les jugements des déboutés. Plus inquiétant encore, certains députés de la majorité proposent d'aggraver la préférence étrangère, à en croire les conclusions du rapport Taché, qui entend faciliter l'accès au travail pour les demandeurs d'asile. Un rappelant dit long sur l'hypocrisie morale de La République en marche, qui appelle l'humanisme le droit d'exploiter en toute sérénité une main-d'œuvre docile et peu coûteuse.

L'immigration de masse et le dévoiement actuel du droit d'asile n'ont rien d'humaniste ni de généreux. Elles n'enrichissent personne, si ce n'est les trafiquants d'êtres humains et les actionnaires des grandes entreprises tellorisées. La France doit accueillir sa part de misère, nous dites-vous. Elle l'a déjà fait, et plus que de raison. C'est le pays d'Europe qui a accueilli le plus d'immigrés depuis la fin du siècle précédent, et ce n'est guère un hasard si aujourd'hui elle est la cible privilégiée des attaques terroristes. Le fondamentalisme islamiste a poussé sur le terreau fertile du communautarisme, il s'est installé partout.

Ce n'est plus le vivre ensemble, mais le vivre avec qui s'impose. La France peut assimiler des individus. Toute sa longue histoire, toute sa brillante histoire, a prouvé qu'elle a su accueillir comme ses propres fils, des orphelins venus des quatre coins du monde. Ernest Renan disait « Ce qui constitue une nation, ce n'est pas d'appartenir à un groupe ethnographique commun, c'est d'avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l'avenir. » La France peut assimiler des individus. Elle ne peut pas assimiler des peuples.

Or, c'est bien des peuples entiers que la gauche a laissé entrer sur son territoire, tandis que cette même gauche, Terra Nova, gavée de subventions publiques, chantait les louanges de la société multiculturelle et sans frontières. Ce sont les mêmes qui, aujourd'hui, dans votre majorité, demandent que l'on accueille les potentiels réfugiés climatiques qui représentent potentiellement 143 millions de personnes. Pour quels résultats ?

Insécurité, terrorisme, fermondisation du pays, recul des libertés de la femme, fracture de l'unité nationale, ce que Jean Raspail nommait l'idéologie « Big Other », la nouvelle religion des temps modernes, la religion de l'autre, du lointain, de la différence a conduit la France à un désarmement moral et physique complet.

Désarmement face au fardeau de l'immigration légale, désarmement face au fléau de l'immigration clandestine, plus de 500 000 étrangers en situation irrégulière vivent actuellement sur notre territoire, et le nombre ne fait qu'empirer du fait de la disparition de nos frontières nationales, dont partait notre collègue Camardine, de la défaillance de celle de l'Europe et de nos choix diplomatiques insensés. Vous voulez aider ces personnes ? Alors arrêtez de bombarder leur pays.

Sans enquête préalable, sans mandat de l'ONU, sans autorisation du Parlement, suivant aveuglement les États-Unis, le gouvernement a engagé la France dans une voie aux conséquences imprévisibles et potentiellement dramatiques en décidant d'attaquer la Syrie. Daesh peut d'ailleurs vous dire merci. Comme partout au Moyen-Orient, là où les Occidentaux ont sciemment déstabilisé des gouvernements légaux et laïcs, les islamistes prennent le relais et les populations par centaines de milliers sont jetées sur les routes. Nos compatriotes ont soif de France. Ce projet de loi n'est pas à la hauteur de leurs attentes.

Il ne propose pas de vision à long terme, mais uniquement une gestion du flux, des flux toujours plus nombreux. Précurseur en la matière, depuis des décennies, le Front National a déposé un contre-projet qu'il fera porter dans le débat public en attendant d'être lui-même aux responsabilités afin de le mettre en œuvre, contrairement à tous ceux qui ont eu l'occasion dans le passé. Vous dites votre position équilibrée. Nous affirmons avec Marine Le Pen que comme Stephen Smith, cité par le Président de la République, vous savez l'Afrique en route vers le vieux continent. Vous le savez et vous refusez de prendre les mesures adéquates pour protéger les Français.

Notre objectif, et nous l'assumons, est bien évidemment de stopper la submersion migratoire, d'agir et non pas de faire semblant en présentant aux Français un contre-projet qui démontre qu'effectivement une autre politique en la matière est possible. Ce soir, nous ne chercherons pas à vous convaincre, mais nous profitons de ce débat pour en jeter les premiers jalons. Je vous remercie. Merci Monsieur le député.