Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewC à vous (sur YouTube)· 10 février 2026 13 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Thierry Breton : son appel pour un « patriotisme européen »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30RelanceRéponse directe

    L'idée n'est pas complètement nouvelle. Que répondez-vous à ceux qui se demandent si la France est la mieux placée pour lancer un tel mouvement?

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Il ne faut pas faire de complexes?

  • 2:30OuverteRéponse partielle

    Pourquoi U.von der Leyen a changé d'avis sur la préférence européenne?

  • 3:30RelanceRéponse directe

    Si on va à fond dans la préférence européenne, est-ce qu'il ne faut pas craindre des mesures de rétorsion?

  • 4:30OuverteRéponse directe

    Trump a changé ce rapport de force?

  • 5:30OuverteRéponse partielle

    Le taux de chômage en France a augmenté. La faute seulement au climat politique?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30T.BretonFait
    « Pour que la France retrouve sa capacité de parler et pour être entendue à la hauteur qui doit être la sienne, nous sommes un grand pays... L'Europe a besoin de la France. »
  • 2:30T.BretonFait
    « On est le numéro 1 mondial de fabrication de tous les instruments, les robots pour faire les semi-conducteurs... »
  • 3:30T.BretonFait
    « Ces idées, ce n'est pas génial. On le dit depuis des années. Pourquoi ça ne se fait pas? Parce que les libéraux... »
  • 4:30T.BretonFait
    « Finalement, il s'est passé que tout le monde a découvert que nous étions désormais seuls. »
  • 5:30P.LescureChiffre
    « Le taux de chômage en France a augmenté de 0,2 point au 4e trimestre 2025 pour atteindre son plus haut niveau depuis le 3e trimestre 2021. »
  • 6:30T.BretonChiffre
    « On part de 9,1 % lorsqu'E.Macron prend les rênes en 2017. Il n'est pas impossible... On risque de tangenter les 8 %. »
  • 7:30T.BretonFait
    « Ce n'est pas moi personnellement mais c'est une responsabilité collective. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les Chinois le font aussi. Il faut nous donner ces éléments de réciprocité et avoir des structures qui puissent nous permettre d'être non seulement compétitifs mais aussi de nous battre à armes égales avec ceux qui nous entourent. - P.Cohen: L'idée n'est pas complètement nouvelle.

Ca avait été fait pour la relance européenne après la crise du covid. Vous étiez au coeur de cette stratégie. Pour le réarmement, pour l'aide à l'Ukraine...

Que répondez-vous à ceux qui se demandent si la France est la mieux placée, compte tenu de son niveau d'endettement, pour lancer un tel mouvement? "Tous ensemble, on va lever des fonds et emprunter"? - T.Breton: Je ne cesse de le dire: pour que la France retrouve sa capacité de parler et pour être entendue à la hauteur qui doit être la sienne, nous sommes un grand pays...

L'Europe a besoin de la France. - A.-E.Lemoine: Il ne faut pas faire de complexes? - T.Breton: Il ne faut pas non plus être le dernier élève de la classe.

On ne peut pas être assis à côté du radiateur et être le délégué de classe. Il faut que la France réapprenne à tenir sa parole. Pardon, mais un budget à 5 % de déficit pour la 3e ou 4e année...

On va voir. C'est évidemment un signe absolument délétère de la capacité de la France à tenir sa parole vis-à-vis de tous ceux, nos partenaires, qui ont décidé de la monnaie unique. La nécessité d'avoir une trajectoire qui soit crédible de retour à un équilibre, de maintien des finances publiques dans l'acceptable va de pair avec la force de la parole de la France.

On a besoin de la France. Ce n'est pas l'Allemagne qui pourra impulser en Europe. Elle n'a pas été faite pour impulser.

L'Allemagne d'après-guerre a été faite par nous. Ceux qui ont fait les institutions allemandes, ce sont les Américains, les Anglais, nous. L'Allemagne n'est pas faite pour être un leader.

La France, oui, mais elle est empêchée à cause de son incurie financière. On veut une France forte. Tout le monde a compris qu'il fallait une France forte.

Il faut une Europe forte aussi. Pour avoir une France forte, il faut une Europe forte. Pour avoir une Europe forte, il faut une France forte.

Voilà un beau projet pour les présidentielles, me semble-t-il. - A.-E.Lemoine: Je vous rappelle que vous devez nous expliquer pourquoi U.von der Leyen a changé d'avis sur la préférence européenne.

Si on va à fond dans la préférence européenne, est-ce qu'il ne faut pas craindre des mesures de rétorsion de la part des Etats-Unis ou de la Chine? - T.Breton: On est le numéro 1 mondial de fabrication de tous les instruments, les robots pour faire les semi-conducteurs... - P.Cohen: Les semi-conducteurs ne sont pas chez nous. - T.Breton: Si on arrête d'exporter, il n'y a plus de semi-conducteurs.

C'est un rapport de force. Pourquoi certains ont changé d'avis? Je l'ai vécu.

Ces idées, ce n'est pas génial. On le dit depuis des années. Pourquoi ça ne se fait pas?

Parce que les libéraux...

Ces pays, c'était ceux qui, à la fin des fins, dépendent des Etats-Unis pour leur sécurité de façon magistrale. Un petit coup de fil sur le thème: "Vous vous calmez, vous n'allez pas suivre les Français?" Comme par hasard, tous les libéraux disaient "on est contre".

Je n'ai pas peur de le dire. L'impact des relations avec certains, dont les Etats-Unis, ont beaucoup pesé sur le fait que l'Europe n'a pas été une Europe puissante. C'était des discussions...

C'était fait de façon peut-être plus subtile. - A.-E.Lemoine: Trump a changé ce rapport de force? - T.Breton: J'essaie d'être schématique.

Qu'est-ce qui s'est passé depuis? Finalement, il s'est passé que tout le monde a découvert que nous étions désormais seuls. Ca a changé le logiciel de beaucoup.

Oui, nous avons une opportunité. Oui, on a raison aujourd'hui d'avancer des pions. Est-ce que ça va se terminer aussi loin que P.Cohen l'a décrit?

On verra. Il y aura des discussions. L'une des raisons majeures, c'est cette prise de conscience que désormais, il n'y a pas d'autre issue qu'une Europe puissante.

A bon entendeur, salut! Je pense en particulier à tous les partis politiques qui sont les alliés des Etats-Unis, en particulier Maga, en tout cas, ceux qui ont été désignés comme tels pour être les chevaux de Troie de la stratégie de vassalisation qui est encore revendiquée par ce fameux document de sécurité nationale qui explique de façon très claire que la volonté des Etats-Unis, en tout cas de l'administration américaine, c'est de mettre à bas les institutions européennes pour avoir une Europe plus faible. - P.Lescure: Pour revenir au carnet de notes de la France, le taux de chômage en France a augmenté de 0,2 point au 4e trimestre 2025 pour atteindre son plus haut niveau depuis le 3e trimestre 2021.

Le nombre de chômeurs a atteint 2,5 millions de personnes. Plus 56 000 par rapport au trimestre précédent. La moyenne de l'Union européenne est de 2 points de moins qu'en France.

C'est la faute seulement au climat politique compliqué et aux difficultés budgétaires? - T.Breton: On part de 9,1 % lorsqu'E.Macron prend les rênes en 2017.

Il n'est pas impossible...

On risque de tangenter les 8 %. C'est un sujet majeur. L'industrialisation, l'instabilité...

Les chefs d'entreprise, au bout de 4 gouvernements...

C'est ce qu'on a vécu depuis la dissolution. Que font-ils? Ils attendent.

Jusqu'au moment où ils se sont détournés de ce que faisaient les politiques. "On va faire avec ce qu'on comprend". Dans ce cas, ce n'est pas propice à la prise de risque, à la lisibilité pour avoir des investissements productifs.

Il y a aussi un impact de l'IA, de l'automatisation, qui commence à se faire sentir. En Allemagne, 250 000 emplois industriels ont été détruits au cours des 2 dernières années. J'ajoute un point sur le chômage des jeunes, un sujet essentiel.

C'est un indicateur préoccupant pour moi. Il ne va pas dans le bon sens. C'est un sujet majeur qu'il faut porter.

C'est peut-être la mère de toutes les batailles par rapport à l'état dans lequel se trouve notre pays aujourd'hui. - E.Tran Nguyen: Je reprends votre cheminement.

Pour une France forte, il faut des politiques forts. Un chiffre ne cesse de baisser depuis quelques années: la confiance des Français envers les politiques. Cette année, les Français ne sont plus que 22 % à leur faire confiance.

La faute à qui? Nous sommes allés demander aux principaux concernés, qui ne se sentent d'ailleurs pas toujours concernés. - Ce n'est pas moi personnellement mais c'est une responsabilité collective. - On a tous une part de responsabilité.

En l'occurrence, le déni de la volonté du peuple, je ne m'en sens pas responsable. - C'est ceux qui nous gouvernent qui ont choisi coûte que coûte de rester au pouvoir. - Ca ne me surprend pas.

Les Français ont sous leurs yeux le spectacle que l'on offre à l'Assemblée nationale. - E.Tran Nguyen: Le spectacle donné à l'Assemblée nationale a pu jouer dans la difficile adoption du budget et dans la confiance des Français.

Au départ, le Premier ministre y croyait, même sans 49-3. Mais il n'a plus eu le choix. Après avoir tenté de trouver un compromis, il fait des concessions pour éviter une nouvelle censure. - S.Lecornu: Dans un Parlement qui fonctionne, qui a été renouvelé, qui ressemble aux Français avec ses divisions, on ne peut pas passer en force et contraindre l'opposition. - E.Tran Nguyen: On connaît la suite: s.Lecornu utilise le 49-3 pour adopter le budget, à regret.

Il appelait pourtant au compromis dans une Assemblée qui n'a jamais, selon lui, autant ressemblé aux Français. Pourtant, 20 % des Français ne font pas confiance à l'Assemblée. La défiance n'a pas atteint un tel niveau depuis 2009 et la créations de l'étude.

La confiance dans le député chute à 34 % cette année. Le seul bon chiffre qui résiste, c'est la confiance dans les maires. Du côté de nos téléspectateurs, c'est un peu le même son de cloche. ...

Quand on regarde ailleurs en Europe, les citoyens ont davantage confiance en leurs politiques. Ils sont 45 % en Allemagne, 40 % en Italie. Pourquoi ça va mieux ailleurs?

Est-ce que le problème, c'est nos politiques Et pas la politique? - T.Breton: Vous avez interrogé 4 personnalités.

Elles sont plutôt connues pour des propos radicaux, y compris le jeune rapporteur que j'ai reconnu, je crois, sur la mission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel. Il est clairement radical. Ce sont des gens radicaux. - P.Cohen: Ce n'était pas lui. - T.Breton: En tout cas, c'était des gens qui sont un peu radicaux.

L'image que nous donnons, que notre Assemblée donne, est une image...

Vous dites que 34 % seulement des députés ont la faveur de nos compatriotes. On peut les comprendre. Pardon!

Ce n'est pas faire injure aux représentants qui siègent à l'Assemblée nationale que de dire que l'image qu'on a donnée depuis notamment le mois de juillet 2024 est absolument dramatique. Cette espèce d'insécurité, ces propos que l'on tient à l'emporte-pièce, le non-respect des individus...

A l'Assemblée, j'ai défendu beaucoup de textes en tant que ministre. Pardon de le dire mais il y avait un peu plus de tenue. Là, cette Assemblée n'est pas représentative de ce qu'on attend d'un Etat de droit respectueux.

Diverse, c'est clair. Multiple, c'est une évidence. Mais ça n'inspire pas confiance.

Je dois le dire, la violence des débats...

Les débats parlementaires sont violents. On le voit en Angleterre, en Espagne et au Portugal. Mais il n'y a pas cette intensité...

Je veux dire un mot que je ne pensais jamais dire. Pour certains d'entre eux, on a l'impression qu'il y a de la haine. Ca donne cette image.

Dans ce cas, les Français réagissent comme ça. Est-ce que c'est profond ou passager? Je pense que c'est passager.

Il faut avoir de nouveau un cap. Aujourd'hui, on n'a pas de cap. On a abandonné la réforme des retraites.

Je suis le 1er à le regretter. On dit aux Français qu'il faut faire des efforts, on donne un cap et à la fin, on abandonne. - A.-E.Lemoine: Ca a permis l'adoption du budget. - T.Breton: On n'en sait rien.

La pseudo-stabilité se paye.