L'interview : Louis Aliot - 12/04
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 55 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:27OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a vraiment match ?
- 1:07OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a deux forces en présence avec vraiment un grand suspense sur la fin ?
- 1:15RelanceRéponse partielle
Quand on voit que les choses sont exactement pareilles qu'en 2017, est-ce que ce n'est pas un peu plus courageux d'aller à la rencontre de ceux qui n'ont pas voté pour vous ?
- 2:20OuverteRéponse directe
Ils ne suivront pas Jean-Luc Mélenchon qui dit pas une voix pour Marine Le Pen ?
- 2:35RelanceRéponse directe
La droite a toujours fait barrage au Rassemblement National, est-ce que ça pèse encore ?
- 3:51OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron a évolué sur la retraite à 65 ans, Marine Le Pen diffuse sa profession de foi avec une attaque sur ce point, comment l'interprétez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34Invité politiqueFait
« C'est différent parce qu'il est président de la République et qu'il a un bilan. »
- 0:56Invité politiqueFait
« On va pouvoir reparler des gilets jaunes. On va pouvoir parler de l'hôpital, du système de santé, du manque au départ de la crise du Covid, du cafouillage qu'il y a eu dans le gouvernement. »
- 1:38Invité politiqueFait
« À Perpignan aussi, ils disaient tous, pas une voix pour Louis Alliou. Et au deuxième tour, les gens n'ont pas écouté les états-majors et sont allés voter pour moi pour battre le maire en place. »
- 1:52Invité politiqueFait
« C'est le président de la casse sociale, c'est lui qui a déréglementé tout un tas de marchés, c'est lui qui est en train de pulvériser le système social français et les acquis de la libération. »
- 3:02Invité politiqueChiffre
« Marine Le Pen est en tête dans 22 000 communes sur 35 000. »
- 4:28Invité politiqueFait
« C'est une ligne rouge. »
- 4:38Invité politiqueFait
« Je pense qu'il ment. C'était du bluff. C'était du bluff. »
- 6:36Invité politiqueFait
« Il n'a pas de réserve de voix, en fait, à part les miettes de la droite déconfite et de la gauche qui est en train de disparaître. »
- 8:11Invité politiqueFait
« On n'a toujours pas de ligne à grande vitesse entre Montpellier et la frontière espagnole, alors que c'est un grand axe européen. »
- 8:53Invité politiqueFait
« Pour vous, la France conduit à la faillite. »
- 8:59Invité politiqueFait
« À la faillite et à des problèmes sociaux gravissimes, car si on a M. Macron cinq ans de plus, je peux vous dire que dans la rue sortira tout le monde. »
- 12:13Invité politiqueChiffre
« Il a annoncé, personne n'en parle, 10 milliards de rabots sur les collectivités territoriales. »
- 15:10Invité politiqueChiffre
« 80% ou pas loin des Français sont pour l'interdiction du voile. »
- 17:10Invité politiqueFait
« Marine, elle n'a pas mis un quart de seconde pour me dire oui vas-y parce que les images parce que cette agression russe elle ne peut pas être tolérée et elle doit être combattue. »
- 17:52Invité politiqueFait
« Monsieur Fillon travaillait chez Gazprom, vous avez Maurice Leroy ancien ministre de Chirac qui est encore le patron du Grand Moscou. »
Temps de parole
- Louis Aliot69 %
- Présentateur31 %
≈ 2,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Bonjour Louis Agneau. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le maire de Perpignan, vous êtes vice-président du Rassemblement National. On va parler de cet affrontement qui clairement est lancé depuis hier entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Deux déplacements hier, le match du second tour est lancé. Mais est-ce qu'il y a match ? Ah oui. Est-ce qu'il y a vraiment match ? Finalement, est-ce que c'est vraiment différent de 2017 ?
C'est différent parce qu'il est président de la République et qu'il a un bilan. Et qu'il a passé tout le premier tour à se camoufler derrière la politique internationale, derrière la politique européenne. Il n'a pas voulu participer à l'ensemble des émissions ou des débats. Et donc oui, il y a maintenant le vrai débat. Et il va falloir qu'il nous parle de son bilan. On va pouvoir reparler des gilets jaunes. On va pouvoir parler de l'hôpital, du système de santé, du manque au départ de la crise du Covid, du cafouillage qu'il y a eu dans le gouvernement. Enfin bref, il ne manquera pas de sujets.
Mais Louis Alliou, quand je dis, est-ce qu'il y a un match ? C'est aussi, est-ce qu'il y a deux forces en présence avec vraiment un grand suspense sur la fin ? Quand on voit que finalement, les choses sont exactement pareilles qu'en 2017. C'est-à-dire que certes, votre score est plus élevé, mais celui d'Emmanuel Macron aussi est clairement plus élevé. Et puis, il y a les mêmes barrières qui se sont dressées devant vous. Exactement les mêmes barrières. Ils ont tous dit, pas une voix pour Marine Le Pen.
Oui, d'accord, mais ça, ce sont les états-majors qui disent. À Perpignan aussi, ils disaient tous, pas une voix pour Louis Alliou. Et au deuxième tour, les gens n'ont pas écouté les états-majors et sont allés voter pour moi pour battre le maire en place. C'est exactement dans le cas de figure que nous connaissons aujourd'hui. Vous avez des gens qui ont passé leur temps, pendant six mois, à dire que Macron est le pire des présidents. C'est le président de la casse sociale, c'est lui qui a déréglementé tout un tas de marchés, c'est lui qui est en train de pulvériser le système social français et les acquis de la libération.
Et aujourd'hui, les mêmes, dans la minute qui a suivi le résultat, disent, pas une voix pour Marine Le Pen, il faut voter Macron. Mais les gens n'y croient plus à ça. Parce que les gens, sur le terrain, ils vivent. Ils vivent la casse sociale, ils vivent le chômage, ils vivent l'insécurité, etc. Et ils savent qui est responsable de ça. C'est ceux qui sont au pouvoir, et notamment M. Macron.
Ils ne suivront pas, ils ne suivront pas, Jean-Luc Mélenchon qui dit pas une voix pour Marine Le Pen, qui dit et qui répète pas une voix pour Marine Le Pen. Ils ne suivront pas, Christian Jacob qui dit aux électeurs Les Républicains, pas une voix pour Marine Le Pen. La droite a toujours, dans son histoire, fait barrage au Rassemblement National.
Oui, mais autre élément, la droite, elle pèse combien quand Christian Jacob dit ça ? Enfin, Jean-Luc Mélenchon, ça pèse nettement plus. Oui, d'accord, mais Jean-Luc Mélenchon, il ne dit pas qu'il va voter pour M. Macron, comme Mme Pécresse. Et l'électorat de M. Mélenchon, pendant huit mois, il aura quand même été un électorat mobilisé contre M. Macron. Alors, à moins que ces gens-là soient suicidaires, je ne vois pas pourquoi ils iraient se reporter en masse sur M. Macron. J'ajoute, et ça c'est une donnée territoriale, Marine Le Pen est en tête dans 22 000 communes sur 35 000. Vous vous rendez compte ? 22 000 communes ont porté Marine Le Pen en tête. Mais c'est les plus petites.
Oui, d'accord, mais ça c'est la France profonde qui se lève et qui se soulève. C'est elle qui fera l'élection dans 15 jours, parce qu'au fin fond de notre territoire, il y a des gens qui n'en peuvent plus, du coût de la vie, du mauvais fonctionnement des réseaux de transport, du mauvais réseau des services publics, il n'y a plus de médecins, il n'y a plus d'infirmiers, etc. Je peux vous dire qu'il y a une vraie colère rurale qui est en train aujourd'hui de se manifester dans les urnes.
On va y revenir parce que je voulais vous en parler de cette France très divisée et de cette question, en fait, plus on est loin du centre-ville, plus on est loin d'une gare et plus on a voté, en effet, pour Marine Le Pen. Mais d'abord, revenons quand même sur ce qui s'est passé sur le terrain. Hier, on a eu un Emmanuel Macron qui, toute la journée, a été au contact et qui a fait évoluer son idée sur la retraite à 65 ans. Vous, ce matin, vous diffusez la nouvelle profession de foi de Marine Le Pen. Et en première page, il y a marqué « Il imposera la retraite à 65 ans et continuera le saccage de notre protection sociale ». Sauf que non, finalement, il n'imposera pas la retraite à 65 ans.
Parce que vous croyez, vous, le président, quand il vous parle ? Vous ne le croyez pas. Pas du tout. Il est là, en face de gens qui lui disent qu'il est un mauvais président, parce que c'était ça toute la journée hier. Et lui, il voit bien qu'il y a un problème avec les retraites et qu'il est allé sur ses 65 ans. C'est une ligne rouge. Et il tente de nous faire croire maintenant qu'il va faire machine arrière pour tenter de récupérer une partie de l'électorat de M. Mélenchon. Mais c'est une plaisanterie. C'est une plaisanterie. Je pense qu'il ment. C'était du bluff. C'était du bluff. Mais comme toutes les promesses qu'il a faites.
Quand il parle hier aussi de forces qui ne sont pas représentées au Parlement, par exemple, mais pourquoi n'a-t-il pas instauré la proportionnelle ? Pourquoi n'a-t-il pas fait confiance aux Français par des référendums ? En fait, je veux dire, il a passé son temps pendant 5 ans à être méprisant avec le peuple et avec l'ensemble des Français. Et aujourd'hui, il va nous faire croire au deuxième tour qu'il est à l'écoute et qu'il a même dit, j'ai vu à des non-vaccinés, il leur a dit, mais je disais ça sous l'axe...
Là, il parlait de l'expression « il faut les emmerder ». Il dit, c'était dit avec tendresse.
Voilà, avec tendresse, il faut le faire battre au deuxième tour et le renvoyer à ses chers études. Vous avez une drôle de conception de la tendresse. Oui, d'accord, mais voilà, je pense que les Français en ont marre, la vérité c'est ça, et que le front des anti-Macron aujourd'hui est bien supérieur à ceux qui ne voudraient pas voir éventuellement Marine Le Pen au pouvoir. Ça, c'est la réalité et ça s'est joué dans toutes les élections. Il y a une vraie alternance possible à ce système et c'est Marine Le Pen qui l'apporte.
Cela dit, hier, vous disiez, il n'a eu que des gens qui étaient contre sa politique. Mais enfin, il a quand même eu le courage d'aller les voir parce qu'hier, je remarque qu'il y a eu deux déplacements en effet. Emmanuel Macron a choisi d'aller dans le Nord, à Denain et à Carvin, où il était arrivé troisième, loin derrière Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Il a donc été voir en effet des électeurs qui n'étaient pas favorables à sa campagne et à sa candidature. Alors que Marine Le Pen, elle, elle a été à souci dans Lyon où elle était arrivée largement en tête.
Est-ce que ce n'est pas un peu plus courageux d'aller à la rencontre de ceux qui n'ont pas voté pour vous plutôt que, comme Marine Le Pen l'a fait, à la rencontre de ceux qui, de toute façon, vous ont choisis ?
Marine Le Pen, depuis huit mois, elle y est sur le terrain partout en France, y compris dans les endroits qui ne lui sont pas favorables. Nous, on a fait campagne, elle a fait campagne de proximité. Elle a avancé des mesures. Lui, pendant huit mois, il s'est mis sous son parapluie présidentiel. Quelquefois, il a fait des déplacements d'ailleurs aux frais de l'État. Mais qu'est-ce qu'il a fait ? Il n'est pas allé au contact. Il a pris les gens de haut. Il a cru qu'il avait gagné avant l'heure. Et il s'aperçoit un peu, après ce premier tour, qu'il peut perdre.
Parce qu'il n'a pas de réserve de voix, en fait, à part les miettes de la droite déconfite et de la gauche qui est en train de disparaître. Donc, de ce point de vue-là, il est inquiet et il a raison de l'être. Parce que moi, je vois une grande colère en France qui est en train de se lever contre sa politique.
Mais est-ce que Marine Le Pen, elle pourrait faire pareil ? C'est-à-dire aller voir ceux qui n'ont pas voté pour elle. Je pense, par exemple, aux grandes villes ou aux banlieues. Pourquoi est-ce qu'elle n'y va pas ? Si elle reste dans le monde rural, qui, en effet, vous l'avez dit, a choisi très majoritairement Marine Le Pen. Enfin, à un moment, si elle veut être la présidente de tous les Français,
pourquoi elle n'y va pas ? Parce qu'il faut se préoccuper du quotidien des Français. Et vous ne savez pas si elle ne va pas... Bon, c'est aussi des Français qui vivent dans les banlieues et qui ont des problèmes du quotidien. Et vous ne savez pas si elle ne va pas y aller.
Vous nous dites ce matin qu'elle ira.
Je ne vous dis pas qu'elle va y aller, je n'en sais rien. Mais je vous dis, peut-être, ce n'est pas la question, mais il faut se battre sur le programme, sur les idées, et pas aller chercher du vote catégoriel ou sociologique parce qu'on est en carence dans tel électorat, dans telle catégorie de la population ou dans tel territoire.
On a un peu l'impression qu'il y a un vote, en effet, par catégorie qui s'est installé en France. C'est une France très divisée, avec clairement les banlieues et les grands centres-villes qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon, avec plutôt la France de l'Ouest qui a voté pour Emmanuel Macron, et en effet la France rurale pour Marine Le Pen. Comment faire pour réconcilier ces trois Frances-là ?
Il faut rassembler, il faut réconcilier. Non, mais ça ne suffit pas de le dire. Mais si, oui, mais un autre avenir est possible. On n'est pas obligé d'avoir, M. Macron, cinq ans de plus. On peut aussi s'occuper mieux des services publics. On peut s'occuper enfin des transports et de désenclaver la France du Sud. Je le rappelle systématiquement, mais c'est important. On n'a toujours pas de ligne à grande vitesse entre Montpellier et la frontière espagnole, alors que c'est un grand axe européen. Qu'a fait M. Macron ? Qu'ont fait M. Castex et Macron pour cela ? Je veux dire, il y a plein de sujets.
Les hôpitaux, la situation des hôpitaux, des urgences, les médecins, même en ville où il en manque, où les maires sont obligés de pallier à la carence de l'État. L'État des forces de police. J'ai vu que M. Darmanin se promène en faisant le malin, et je l'ai invité, moi, plusieurs fois, qui viennent voir l'État du commissariat de Perpignan, les conditions de travail du personnel pénitentiaire ou de la police. Mais c'est dramatique. Et ces gens-là se pavanent, donnent des leçons de gestion, alors qu'ils conduisent la France tout droit à la faillite. Pour vous, la France conduit à la faillite. Ah mais si on continue avec cela, c'est certain.
À la faillite et à des problèmes sociaux gravissimes, car si on a M. Macron cinq ans de plus, je peux vous dire que dans la rue sortira tout le monde. Les fonctionnaires, mais aussi le monde rural et les gens des villes qui n'en peuvent plus de ce système-là. En fait, vous nous dites, soit c'est Marine Le Pen, soit c'est le chaos. Je pense que soit c'est Marine Le Pen, et on trouve les solutions de rassembler, d'apaiser et de nourrir une autre politique, soit on continue avec M. Macron et on va vers des affrontements dans les deux années qui arrivent.
Des affrontements dans les deux années qui arrivent, ça veut dire quoi ? Ça veut dire le retour des colères comme celle des Gilets jaunes ? Vous le redoutez ou vous l'appelez ?
Je le redoute. Je le redoute. Parce que moi j'ai vu le début des Gilets jaunes où c'était une colère spontanée, j'allais dire. Le pouvoir d'achat pesait déjà lourdement dans le porte-monnaie des Français. Là, aujourd'hui, tout le monde est là. Voilà, tout le monde. Les classes moyennes, basses...
Pour ceux qui nous écoutent sur RMC, vous avez mis votre main juste sous le menton, l'air de dire qu'il n'y a plus que la tête qui sort.
Exactement. On n'est pas loin de la noyade et les gens n'en peuvent plus. Et ça concerne tout le monde. Ça concerne le monde de l'éducation, le monde de la santé, ça concerne les petits commerçants, les petites entreprises. Et que M. Macron continue comme ça avec cette arrogance et cette suffisance de dire « Mais enfin, il n'y a que moi qui sais gouverner, les autres sont des ploucs » et il va avoir le résultat dans 15 jours.
Vous allez négocier avec Marion Maréchal-Le Pen et Éric Zemmour ?
D'abord, moi j'ai bien écouté Éric Zemmour. Il a dit qu'il ne nous demandait rien et qu'il ne proposait rien. Et il a raison. C'est une élection présidentielle. C'est-à-dire l'histoire entre un candidat ou une candidate et le peuple français. Si on donne l'impression de commencer à négocier comme des marchands de tapis des postes, des places et des situations, les Français, je pense, nous en feraient grief et ne seraient pas contents du tout parce qu'ils n'en veulent plus du tout de ça.
Mais est-ce qu'ils auront une place ?
Je n'en sais rien. Pour l'instant, la question ne se pose pas. Est-ce que vous pourriez vous réconcilier ?
Est-ce que vous pourriez faire ? Mais veulent-ils une place ?
Non, je pense que les meetings ce seraient inutiles. On est là pour assembler. On ne verra pas.
Marine Le Pen, Éric Zemmour et Marion Maréchal sur une même scène.
Non, 51% des Français il faut rassembler. Et dans ces 51% des Français, il faut des gens de droite, évidemment, mais il faut aussi des gens de gauche et des gens qui ne croient ni à la droite ni à la gauche. Et le potentiel électoral, il est là. Il n'est pas seulement dans les votants. Mais vous n'êtes ni de droite
ni de gauche ? Oui, Ayo ? Vous pouvez vraiment dire ça ?
Vous voulez que je vous dise ? Ça dépend, oui. Je pense qu'économiquement, on est plutôt pour une économie de marché, donc plutôt une économie libérale, mais qu'on se préoccupe aussi de la fraternité, de la solidarité nationale parce qu'on a beaucoup de gens qui souffrent. Et je peux vous dire que je suis bien placé, je suis un poste d'observation privilégié en tant que maire de Perpignan. Il y a de plus en plus de gens qui basculent dans la précarité et les mairies précisément sont...
Alors, je n'ai pas compris. Du coup, économiquement,
vous êtes de droite, de gauche ou des deux ? Et socialement, ça pourrait s'apparenter, on dirait avant, qu'ils sont de gauche alors que c'est juste de la solidarité et de la fraternité au soutien des plus précaires. Mais là aussi, il est en train de casser les collectivités territoriales. Il a annoncé, personne n'en parle, 10 milliards de rabots sur les collectivités territoriales. Or déjà, nous, nous avons du mal à faire du service public, à faire des écoles, à faire des maisons de santé, et il est en train de dire qu'on va vous raboter 10 milliards de plus. Louis Alliot, je vous repose quand même la question.
Marion Maréchal et Éric Zemmour, ils ont fait 7% des voix. Ils ont tout de suite dit qu'on appelle à voter pour Louis Alliot. Je remarque d'ailleurs que pour eux, vous ne dites pas exactement la même chose que pour Marine Le Pen. Vous ne dites pas pour eux que leur électorat ne leur appartient pas. Là, vous êtes contents quand même qu'ils disent ça.
Écoutez, on ne va pas s'émouvoir ou ne pas être contents de gens qui appellent à voter pour vous. T'as mieux ! Et c'est cohérent avec la campagne. Pour autant,
vous ne vous réconcilierez pas ni avec l'un ni avec l'autre. En tout cas, il n'y aura pas de geste. C'est la France
qu'il faut réconcilier. Ce n'est pas un clan, ce n'est pas un camp, ce n'est pas une famille politique, ce n'est pas une alliance de partis. Ça, les Français n'en veulent plus. Ils veulent voir un chef d'État qui parle au français et qui s'occupe des Français quelles que soient les opinions. Et on a eu pendant 5 ans un président qui était à la tête d'un clan, d'une caste, d'une élite et on voit le résultat.
Robert Ménard qui était exactement à ce même micro hier matin disait « Je soutiens Marine Le Pen. Si. » Et première chose qu'il disait c'est « Si elle ne se réconcilie pas avec Éric Zemmour. Vous dites donc ce matin à Robert Ménard « Ne t'inquiète pas. »
Mais Robert Ménard, c'est sa sensibilité. Ce n'est pas une histoire de réconciliation. Il n'a jamais été question que l'on passe une alliance au deuxième tour avec qui que ce soit. Jamais. Depuis le premier tour. Et il le sait. Voilà. On n'est pas dans cette logique-là. Il doute parce qu'il a été un ami très proche d'Éric Zemmour et qu'il a été extrêmement déçu de la manière dont Éric Zemmour a mené sa campagne. Et il est un peu fâché. Et il fait passer sa fâcherie avant ce qui est la réalité de la politique.
Au-delà des personnes sur l'état d'esprit Ménard, la tendance Ménard ou la tendance Zemmour, vous ne voulez pas choisir. Vous ne choisissez pas la manière.
Moi, je choisis la tendance marine. C'est celle qu'on a choisie depuis le départ. La proximité, la préoccupation des gens et on avance pour gagner cette élection présidentielle. Et j'allais dire, les autres candidats potentiels, les autres acteurs de la vie publique, se positionnent en fonction d'elles et pas nous, en fonction d'eux parce que c'est elles qui au deuxième tour et c'est elles qui portent ce projet alternatif contre la politique de M. Macron.
Il y a un certain nombre de points sur lesquels il est revenu. Robert Ménard, on va parler de Vladimir Poutine mais aussi de l'interdiction du voile. Marine Le Pen dit toujours que l'une de ses premières mesures ce sera de faire interdire le voile dans l'espace public. Robert Ménard, il dit, j'y étais favorable à l'idée d'interdire le voile partout mais depuis, je me suis rendu compte que c'était impossible. C'est une promesse qu'elle ne pourra pas tenir. Est-ce qu'il ne faut pas le dire clairement ?
80% ou pas loin des Français sont pour l'interdiction du voile. Alors moi, je veux bien qu'on tienne compte d'une espèce d'aspect communautaire des choses mais il faut maintenant clairement poser le problème. Tout le monde, j'allais dire, en France, peut vivre tranquillement mais il faut respecter les règles et ces règles-là, elles sont la loi, la constitution, etc. Mais est-ce qu'il y aura une règle supplémentaire ? Est-ce qu'il y aura l'interdiction du voile dans l'espace public ? Je pense qu'il ne faut pas y aller évidemment d'une manière brutale et immédiate et je pense qu'il faut petit à petit fixer des règles de plus en plus explicites sur la laïcité, le respect de la laïcité.
Il est anormal qu'il y ait aujourd'hui des femmes, moi j'écoutais Jeannette Bougrape par exemple, des femmes qui se battent pour enlever le voile dans des pays qui leur obligent à le porter et que nous en France on soit obligés aujourd'hui devant vous de me défendre, de dire ah ben oui, on ne sait pas si on va l'interdire ou on ne va pas l'interdire. Le voile est un outil de l'asservissement des femmes, il est un outil politique dans bien des cas et je pense qu'il faut évidemment lutter contre le port du voile sur l'ensemble du territoire. Vous nous affirmez
que vous interdirez
le voile sur l'ensemble du territoire. Il faut le faire avec méthode, avec pédagogie mais je pense que la France doit évidemment légiférer sur le sujet.
Il a aussi dit Robert Ménard je la soutiens si si elle prend vraiment ses distances avec Vladimir Poutine. Vous, vous avez dit Louis Alliot que Marine Le Pen pourrait faire son premier déplacement de présidente à Kiev. Est-ce que c'est quelque chose de sérieux ça ? Est-ce que vous en avez parlé avec elle ? Non.
Est-ce que c'est juste une idée que vous avez eue ? Ce n'est pas ça. Je vous répondais à une question.
Mais depuis vous en avez parlé avec elle ?
Non. Mais est-ce qu'elle pourrait aller à Kiev ? Écoutez-moi quand j'ai reçu les réfugiés ukrainiens tout de suite à Perpignan qu'on est allé faire deux bus pour aller les chercher. Vous êtes parti là-bas à la frontière de l'Ukraine pour aller chercher des réfugiés. Marine, elle n'a pas mis un quart de seconde pour me dire oui vas-y parce que les images parce que cette agression russe elle ne peut pas être tolérée et elle doit être combattue. Et on peut avoir des relations où on a pu avoir des relations avec la Russie. Il n'empêche qu'aujourd'hui c'est la Russie qui agresse et c'est l'Ukraine vis-à-vis de laquelle on doit être solidaires.
Donc oui je vous dis si Marine le peint je ne sais rien il faudrait lui demander mais pourquoi pas un voyage ?
Vous lui demandez vous ne lui en avez pas parlé depuis hier ?
Honnêtement non mais je pense qu'il faudra lui poser la question.
On peut ou on a pu avoir des relations avec l'Agnan Poutine ? Ça veut dire quoi ? On peut ou on a pu ? Ça veut dire que vous voulez en parler au passé ? C'est-à-dire que c'est fini ou est-ce qu'on en parle encore au présent ?
Écoutez on ne sait pas parce que tout le monde nous fait ce procès alors que monsieur je rappelle monsieur Fillon travaillait chez Gazprom vous avez Maurice Leroy ancien ministre de Chirac qui est encore le patron du Grand Moscou personne n'en parle vous avez des on a vendu deux bateaux de guerre à monsieur Poutine monsieur Macron le recevait Mais ça ne vous échaînera pas que monsieur Fillon
n'ait plus candidat à l'élection président sinon on lui poserait la question directement.
Pour vous dire que la classe politique française avait des relations avec la Russie et c'était bien normal j'ai vu qu'hier le président autrichien c'est en Europe s'est déplacé à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine donc voilà c'est un acteur on l'aime on l'aime pas
Il a été de manière individuelle d'ailleurs c'est ce qui a été précisé
par l'Union Européenne Oui d'accord on fait l'étaler c'est un dictateur la vérité c'est quoi ?
C'est que l'Allemagne ne vit que grâce au gaz russe et que de ce point de vue-là tout le monde est bloqué notamment l'économie européenne par rapport à cela mais j'allais dire si on considère qu'on ne doit plus avoir de relation avec la Russie qui est une dictature abominable dixit tous les commentateurs à ce moment-là il faut être juste et équilibré et il faut rompre les relations avec toutes les monarchies pétrolières islamiques du Golfe qui sont aussi des dictatures religieuses et rompre avec la Chine et d'autres pays comme ça or personne ne le fera on voit bien parce que pourquoi la géopolitique et la diplomatie c'est discuter avec tout le monde y compris avec les pires c'est comme ça que se nouent les relations d'État à État et notamment les relations internationales
Elle est très seule Marine Le Pen
Ah bon ?
Non, elle n'est pas très seule Non, je ne trouve pas moi Tout le monde est parti Enfin, vous êtes resté mais je veux dire quand on regarde quand même autour d'elle c'est vrai qu'il y en a beaucoup qui sont partis et qui ensuite se sont fâchés C'était déjà le cas après les dernières élections avec un Florian Philippot Est-ce que vous croyez que... C'est aujourd'hui le cas avec un certain nombre de ses porte-paroles Est-ce qu'il n'y a pas quand même une solitude aujourd'hui de Marine Le Pen ?
Regardez, on a un bureau de campagne on a des députés on a des cadres on est représentés sur l'ensemble du territoire Mais il y a des fâcheries Il y a beaucoup de fâcheries Il y a des fâcheries comme partout dans votre rédaction je suppose qu'il y a des fâcheries aussi Tout ça c'est humain
On n'a pas besoin de gouverner ensemble Mais tout ça on n'est pas obligé de s'embrasser sur la bouche
pour faire de la politique
Non mais je ne vous demande pas que tout le monde s'embrasse sur la bouche mais enfin Marine Le Pen et sa nièce qui ont eu cette rupture c'est des ruptures c'est des sacrés ruptures Mais c'est des relations Les gens partent C'est pas elle qui les a quittés Mais c'est les gens qui partent
Oui mais ils partent pour aller où ? C'est des gens qui partent en disant vous êtes nuls nous on est les champions du monde et au final on voit qui sont les champions du monde et qui se sont trompés Il y a un minimum sur l'humilité l'honnêteté intellectuelle et juste la reconnaissance de ce que la formation politique à laquelle vous appartenez vous a donné pendant X années
Louis Alliot merci d'avoir répondu à mes questions ce matin maire de Perpignan vice-président du Rassemblement National j'ajoute d'ailleurs que Marine Le Pen répondra à mes questions vendredi matin elle aura une heure pour convaincre tous ceux qui nous écoutent ce sera sur AMC et BFM TV bien sûr
Louis Aliot