Le parquet veut empêcher Marine Le Pen d'être candidate en 2027 ! - Julien Odoul (TPMP)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 57 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:42OuverteRéponse directe
On a envie d'avoir votre réaction, parce que vous êtes aussi concerné, Julien.
- 1:52OuverteRéponse directe
Julien Audoul, quelle est votre réaction ? Et c'est vrai que c'est quand même un...
- 1:56FerméeRéponse directe
Vous avez pris un coup sur la tête ou pas, quand même, de ces réquisitions ?
- 13:25OuverteRéponse partielle
Mais qu'est-ce que vous en pensez, vous, Thomas Guénolé ?
- 13:58RelanceÉludée
est-ce que vous me confirmez que si Marine Le Pen est déclarée coupable de ce dont elle est accusée, vous trouverez normal que la peine d'inéligibilité s'applique ?
- 14:17FerméeÉludée
est-ce que Jordan Bardella sera le candidat du Rassemblement national à l'élection présidentielle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:08PrésentateurChiffre
« Hier, le parquet a requis 5 ans de prison, dont 2 ans ferme, 300 000 euros d'amende, et surtout 5 ans d'inigibilité pour Marine Le Pen, mais surtout, ça ne sera pas suspensif. »
- 0:22PrésentateurFait
« Marine Le Pen, elle serait accusée d'avoir détourné les fonds du Parlement européen en profit de son parti. »
- 2:37Invité politiqueFait
« traduisent un acharnement et une volonté manifeste d'empêcher Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle de 2027 et d'affaiblir le premier parti de France, qui est le Rassemblement National. »
- 3:15Invité politiqueChiffre
« C'est 13 millions de Français qui ont voté pour elle en 2022. »
- 4:30Invité politiqueFait
« Parce qu'il faut reprendre les faits. Il n'y a pas d'enrichissement personnel. »
- 5:44InvitéChiffre
« À hauteur de 4,5 millions. »
- 8:07Invité politiqueChiffre
« Le Rassemblement national a rassemblé 11 millions d'électeurs législatifs, elle a rassemblé 13 millions à la présidentielle. »
- 11:59Invité politiqueFait
« Ce n'est pas la justice. C'est le parquet. »
- 16:15Invité politiqueFait
« Nous sommes innocents. »
- 18:11Invité politiqueFait
« Marine Le Pen est déterminée également parce qu'elle, encore une fois, elle porte les espoirs et les attentes de millions de Français. »
- 23:31Invité politiqueFait
« On est un parti qui, depuis 40 ans, est dans l'opposition et cherche à devenir majoritaire. »
Temps de parole
- Julien Odoul50 %
- Présentateur25 %
- Invité6 %
- Invité 24 %
- Invité 34 %
- Invité 43 %
- Invité 53 %
- Invité 63 %
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On va parler maintenant de l'inigibilité possible de Marine Le Pen, qui pourrait ne pas pouvoir se présenter à la présidentielle en 2027. Hier, le parquet a requis 5 ans de prison, dont 2 ans ferme, 300 000 euros d'amende, et surtout 5 ans d'inigibilité pour Marine Le Pen, mais surtout, ça ne sera pas suspensif. Exactement, exécution proviseure, c'est-à-dire que c'est dès maintenant. Exactement. Alors, Marine Le Pen, elle serait accusée d'avoir détourné les fonds du Parlement européen en profit de son parti. Regardez d'abord la réaction de Marine Le Pen, elle a dénoncé la violence et l'outrance des réquisitions après le procès du Rassemblement national.
Alors, c'était du Front national, d'ailleurs, parce que ça concernait le Front national, ça concernait, et non pas le Rassemblement national. 2004-2016. Exactement. Julien Audoul est avec nous, merci Julien Audoul d'être là, vous allez réagir. Merci de votre invitation. On a envie d'avoir votre réaction, parce que vous êtes aussi concerné, Julien. On va en parler dans un instant, Julien Audoul. C'est parti.
Le parquet est extrêmement outrancier dans ses réclamations. J'ai été assez choqué d'entendre le représentant de la société, car le procureur est le représentant de la société, reprocher à des justiciables que nous sommes d'user de leurs droits, comme si user de nos droits était un abus de droit. Une volonté du parquet qui est celle, en réalité, de me priver, et même de priver les Français, disons, de la capacité de voter pour qui ils souhaitent. La seule chose qui intéressait le parquet, c'était Marine Le Pen. Pour pouvoir demander, encore une fois, son exclusion de la vie politique, pour pouvoir ruiner le parti. Ce que j'espère, c'est que le tribunal ne suivra pas.
Alors, Jordan Bardella, également le président du Rassemblement national, a réagi. Il a mis une photo de lui et de Marine Le Pen dans les bras. « Oui, le parquet n'est pas dans la justice, il est dans l'acharnement et la vengeance à l'égard de Marine Le Pen. Ces réquisitions scandaleuses visent à priver des millions de Français de leur vote en 2027. C'est une atteinte à la démocratie. Tout le monde soutient à Marine. » Julien Audoul, quelle est votre réaction ? Et c'est vrai que c'est quand même un... Vous avez pris un coup sur la tête ou pas, quand même, de ces réquisitions ?
Non, mais déjà, c'est extrêmement grave, mais comme c'est grave, il faut être précis et factuel. Ce qui s'est passé hier, ce sont des réquisitions, donc ce n'est pas le jugement. Exactement, il faut le dire, il faut le rappeler. La procédure continue. Il n'y a pas de condamnation, c'est important de le dire. Les procureurs ne sont pas les juges. C'est les juges qui décideront, à la fin de cette procédure, quelles décisions ils prendront. Et les procureurs, c'est le parquet. Le parquet, c'est le pouvoir politique.
Et la sévérité des réquisitions qu'on a pu entendre avec beaucoup de brutalité hier, traduisent un acharnement et une volonté manifeste d'empêcher Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle de 2027 et d'affaiblir le premier parti de France, qui est le Rassemblement National. Et je fais le parallèle avec votre mobilisation sur cette chaîne. Certains veulent interdire la première chaîne de la TNT, et d'autres veulent interdire le premier parti de France, ou en tout cas la candidate du premier parti de France, de concourir à l'élection présidentielle.
Et c'est extrêmement grave parce que derrière une personnalité politique comme Marine Le Pen, derrière une candidate, c'est des millions de Français. C'est 13 millions de Français qui ont voté pour elle en 2022. C'est des millions d'autres qui espèrent l'avoir candidate en 2027 et qui portent en elle tous leurs espoirs, toutes leurs attentes, toutes leurs aspirations. Et ces Français seraient empêchés, si cette décision évidemment était suivie, seraient empêchés de voter pour leurs idées et leurs opinions. C'est extrêmement grave. Et excusez-moi, on a vu dans les réquisitions hier, il y a un moment qui était hallucinant.
À un moment donné, la procureure a pris la parole sur le dossier d'un accusé qui était visiblement… Elle n'avait rien à redire de particulier. Et elle nous dit « Mais je ne peux pas demander la relaxe. » Très clairement, je ne peux pas demander la relaxe. Je vais reprendre la phrase, excusez-moi, parce qu'elle dit… – Ça me ferait trop mal, exactement. Ça me ferait trop mal. Ce qui montre quoi ? Qu'il y a derrière ce réquisitoire un acharnement, une hargne des procureurs qui ont montré par cette décision, par cette réquisition, une disproportion par rapport aux faits. Parce qu'il faut reprendre les faits. Il n'y a pas d'enrichissement personnel. C'est très important de le redire.
C'est-à-dire que les accusations qui sont faites montrent qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel. Il n'y a pas d'emploi fictif. Ce qu'on nous reproche, c'est une interprétation du rôle des collaborateurs politiques avec le Parlement européen. En gros, et pour être très rapide, le Parlement européen souhaiterait que les collaborateurs des députés, notamment des partis d'opposition, soient des fonctionnaires du Parlement européen, qui ne fassent pas de politique, qui n'aient pas de lien avec les électeurs, qui n'aient pas de lien avec le territoire, qui n'aient même pas de lien avec le parti politique qui a fait élire les députés.
Nous nous considérons que les collaborateurs politiques font de la politique. Ils font de la politique pour leurs députés, mais pour leur parti politique, bien évidemment. Et je pense que n'importe quel Français ne peut pas trouver immoral que des collaborateurs de députés qui ont été élus sur une étiquette politique fassent de la politique, bien évidemment.
– Alors, Gilles Verdez, immoral, M. O'Doul, mais pas forcément légal, parce que ces assistants parlementaires européens, quand ils sont embauchés, ils ont une fiche de travail, et la fiche de travail, c'est de bosser pour le Parlement européen, pas pour vous, dans votre circonscription en France ou ailleurs. – À hauteur de 4,5 millions. – Mais oui. – Gilles Verdez, si vous voulez, on peut refaire l'audience. – Non, mais je pense que je vous pose la question clairement.
Ce qui, aujourd'hui, choque beaucoup de Français, et vous voyez la mobilisation depuis hier, notamment le hashtag « Je soutiens Marine » sur les réseaux sociaux, les mois que ça a provoqués, ce qui choque, c'est la disproportion, c'est la dureté, c'est la brutalité du réquisitoire et des peines qui sont demandées par le parquet. – Ce qui choque, c'est cette exécution provisoire, qui est totalement hallucinante.
– Alors justement, je vous dis ce qui se dit, et les retours qu'on a, sur ce qui a été requis au niveau de l'amende, ce qui a été requis au niveau de la peine aménageable, etc. – C'est plutôt court, on ne va pas se raconter l'histoire. Ce qui est particulier là, c'est cette affaire d'inligibilité, mais avec…
– L'exécution provisoire.
– L'exécution provisoire, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de recours possible. Ça, c'est quelque chose quand même qu'on voit rarement et qui est… Voilà, c'est le… on dit la vérité, voilà. Autant le reste, il y en a plein qui disent oui, on comprend. Même vous, Gilles Verdez, ça c'est quelque chose qui n'est pas courant.
– C'est très inhabituel, l'inéligibilité maintenant depuis 2016, c'est automatique. – C'est-à-dire qu'on a l'assumé avec l'exécution provisoire, c'est-à-dire que c'est vraiment pour…
Voilà, on comprend que ça empêchera Marine Le Pen de se présenter en 2027. S'il n'y avait pas eu cette exécution provisoire, elle aurait pu se présenter en 2027.
– Absolument, parce qu'elle peut faire appel, ça peut être suspensif. – Là, aucun record n'est suspensif. Et là, là, à mon avis, je rejoins peut-être M. O'Doul, là on est dans la politique pure. Sur l'exécution provisoire, on est dans la politique. C'est-à-dire qu'on veut priver Marine Le Pen de l'élection présidentielle. – C'est bien le problème.
– On veut clairement l'expulser de la vie politique. Marine Le Pen et tout un système, le sang, et notamment nos adversaires politiques, montent dans l'opinion française. Elles rassemblent de plus en plus de Français qui sont séduits à la fois par sa personne et par ses idées. Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, c'est un fait. C'est un fait politique. Le Rassemblement national a rassemblé 11 millions d'électeurs législatifs, elle a rassemblé 13 millions à la présidentielle. Nous sommes le premier parti d'opposition, le premier groupe à l'Assemblée nationale. C'est démocratique, c'est factuel.
Cette exécution provisoire conduirait déjà à ce qu'elle perde tous ses mandats et que des cadres du Rassemblement national perdent tous leurs mandats et qu'elles ne puissent pas… – Y compris vous d'ailleurs. – Et qu'elles ne puissent pas…
– J'ai pas envie de parler de ma petite personne. – Oui, je sais, mais bon, quand même, on peut le dire. Parce que vous, le parquet a requis 10 mois de prison avec sursis, 20 000 euros d'amende et inéligibilité pendant un an pour vous.
– Mais le plus grave, c'est d'empêcher une candidate à l'élection présidentielle, la chef de l'opposition nationale, de pouvoir concourir. Et donc, aux Français de choisir. Parce qu'en démocratie, excusez-moi, mais en démocratie, c'est le peuple qui défait ou qui fait les élections. C'est le peuple qui a le droit de choisir ou de démettre ses responsables politiques. Et si on transforme ce système-là, et si on permet à ce que des juges fassent les élections et donc déterminent la politique qui est menée au détriment du peuple souverain, qui ne serait plus vraiment souverain, mais on passe dans un autre système qui n'est beaucoup moins démocratique.
Donc moi, je dis encore une fois que la situation, elle est grave. Quoi qu'on pense de Marine Le Pen ? Quoi qu'on pense du Rassemblement national ? Et encore une fois, je ne sais pas de se dire que les politiques sont au-dessus des lois. Ce n'est pas du tout la question.
Alors justement, il y a beaucoup de politiques qui ont réagi. Gérald Darmanin, par exemple, il a dénoncé cette décision, il a expliqué que Marine Le Pen devait être battue dans les urnes. C'est ce qu'il a dit. Jean-Luc Mélenchon, également le chef des fils des Insoumis, a soutenu. Lui, il a dit que Mme Le Pen et le Rassemblement national seraient condamnés pour les délits que la justice leur reproche, mais qu'elles soient décrétées inéligibles restent à l'appréciation du juge. C'est bien. Contrairement au RN, nous sommes contre les peines automatiques. Enfin, il y a en France et dans le monde un doute sur l'action de la justice dans le champ politique.
Ces décisions devraient donc s'appuyer sur des principes constants. Une peine d'inéligibilité ne doit pas être appliquée avant expiration de tous les recours prévus par la loi. Sinon, la crise politique sera gravée sans aucun avantage pour la société. Donc, il parle lui aussi de cette... Absolument. On voit que c'est transpartisan quand même. M. Darmanin, M. Mélenchon...
Il n'est pas celui aussi à l'épée de Damoclase. Exactement. Oui. Mais bon. Guillaume. Non, mais ça sent le règlement de compte politique à plein nez. Quand on sait que le syndicat de la magistrature est politisé et déteste le Rassemblement national, la question qu'on peut se poser, c'est est-ce que la justice est réellement indépendante ? Et je repense à François Fillon. Quand il y avait eu une affaire, les gens ont pu mettre un bulletin Fillon dans l'urne. Donald Trump, qui a été multiplement condamné, les gens l'ont même élu président. Donc, si les Français...
Moi, je pense que les Français, ce genre d'affaire, que ce soit illégale ou pas, je pense que les Français, les électeurs s'en foutent complètement. Moi aussi. Et s'ils ont envie de la sanctionner, qu'ils la sanctionnent avec les voix, moi, je pense que les Français en ont rien à foutre, qu'ils sont en vérité. En vérité, on ne comprend rien.
Et voilà, c'est ça. Moi, je n'ai rien compris. Et sur le fond, on me l'a expliqué 45 fois, je n'ai rien compris. Moi, je regardais un peu comme la raison. Et on me l'a expliqué 250 fois, je ne comprendrais jamais rien.
Moi, je l'ai regardé sur le fond, c'est franchement... Alors, peut-être que c'est illégal, il n'y a pas de détournement de fond, il n'y a pas d'enrichissement personnel, comme il l'a dit. Je ne peux pas passer ton temps à dire ici, sur ce point, la justice, mon Dieu, la justice... Et quand la justice fait son rôle... Moi, il y a deux choses dans cette affaire. Effectivement, il y a sur le fond, la fraude que le parquet estime massive et systémique. Et là, il propose un réquisitoire avec des peines. Et après, il y a dans un second temps, cette histoire d'exécution provisoire, où là, on peut effectivement réfléchir et se dire, est-ce que c'est rare et exceptionnel ?
Et auquel cas, est-ce qu'il s'agit là de quelque chose de politique ? Mais dans un premier temps, sur le fond, le parquet est dans son rôle. Moi, ce que je vois, c'est que la justice est laxiste. Quand c'est quelqu'un qui tue un gamin, qui agresse un gamin, qui ne va pas en prison, et que là, quand c'est une affaire de soi-disant d'emplois fictifs, là, elle l'est beaucoup moins.
Guillaume Janton, ce n'est pas la justice. C'est le parquet. Mais c'est ça. Ce n'est pas la justice.
Ce n'est pas une décision de justice, c'est le parquet. Le parquet, le parquet, le parquet. Ce sont les procureurs, les juges... Attention, le parquet est souvent flottant. C'était pour vous détendre un peu. Julien O'Doul, ça me fait plaisir. Non, mais non, mais c'est la raison, ce n'est pas la décision. Non, non, non.
Les juges vont se prononcer à la fin, dans quelques mois, début d'année 2025. Ils vont le faire en toute liberté, en toute indépendance. Ils ne sont pas tenus de suivre les réquisitions du parquet. Là, on a un avis, effectivement, qui dépend du pouvoir politique, puisque les procureurs dépendent du pouvoir politique. Là encore, c'est factuel. Et il y a, encore une fois, on l'a vu hier, on l'a assisté, et ça a frappé à la fois les journalistes et puis nous autres qui y étions. C'était d'une brutalité. C'est comme si, finalement, le procès n'avait pas eu lieu. Comme si les procureurs avaient été totalement sourds aux arguments qui avaient été présentés.
On sent que c'était de l'acharnement, qu'ils avaient envie de se payer Marine Le Pen, qu'ils avaient envie d'affaiblir et de couper les jambes du Rassemblement national. Mais, encore une fois, nos avocats vont plaider et vont montrer dans quelques jours notre innocence. Et à la fin, à la toute fin, c'est les juges qui décideront.
Alors, Thomas Guénolé, je vous rappelle, Julien Audoune, il est pour... Si il voulait nous interdire. Voilà, exactement. Oui, c'est important. Mais ce n'est pas le débat de ce soir. D'accord. Mais qu'est-ce que vous en pensez, vous, Thomas Guénolé ?
Moi, en fait, j'ai déjà dit hier ce que j'avais pensé. C'est-à-dire que le Rassemblement national, il n'est ni au-dessus ni en-dessous des lois. Donc, il faut simplement appliquer la loi telle qu'elle est. Et donc, s'il y a culpabilité, il doit y avoir condamnation. Ça me paraît tout à fait normal. Après, moi, il y a un élément que je ne comprends pas dans votre raisonnement. C'est que, sauf erreur de ma part, et Fabrice Divizio le rappelait hier sur ce plateau... Ah, il commence à bien aimer Fabrice Divizio. Le Rassemblement national... Non, mais on a constaté à l'usage, si vous voulez, qu'on aime bien débattre ensemble.
Le Rassemblement national, à ma connaissance, il est pour les peines automatiques. Et l'inéligibilité dans ce cas de figure, elle est prévue par la loi. Donc, est-ce que vous me confirmez que si Marine Le Pen est déclarée coupable de ce dont elle est accusée, vous trouverez normal que la peine d'inéligibilité s'applique, ce qui serait le cas si c'était des peines automatiques ? Et ma deuxième question, c'est si Marine Le Pen est déclarée inéligible, est-ce que Jordan Bardella sera le candidat du Rassemblement national à l'élection présidentielle ?
Les questions téléphonées, en fait, j'aurais pu les écrire avant d'arriver sur le plateau. Si vous voulez, c'est pas grave, mais j'aimerais te ramener une réponse. Déjà, moi, ce qui me gêne dans vos questions, c'est que quand elles viennent de quelqu'un qui, déjà, a priori, voulait être beaucoup plus dur que les procureurs, c'est-à-dire interdire simplement et brutalement un parti qui rassemble 13 millions de Français, moi, ça me gêne.
Si vous voulez, mais c'est toujours pas une réponse.
– Ça me gêne, non, mais je vous le dis. Ensuite, vous n'avez pas parlé, en fait, de l'exécution provisoire. – Non, c'est ça. – Vous n'avez pas parlé sur l'exécution provisoire.
– Vous avez le droit de changer de sujet, mais c'est pas… – Non, non, non, non, non, juste Thomas, l'inégibilité, l'inégibilité, c'est automatique, et ils le savent. Ce qui est… – Non, c'est automatique.
– Non, mais c'est une appréciation. – Oui, voilà, mais c'est… – Oui, mais c'est pas…
– Voilà, tout le monde l'a eu, ça on comprend, voilà, qu'Ausac l'a eu, ses réponses, mais ce qui est… – Il faut se question que c'est l'exécution provisoire. – Exactement, l'exécution provisoire, c'est, je l'ai dit, c'est rare, c'est rare d'avoir ça.
– En l'occurrence, il n'y a pas de menace pour l'ordre public, vous en conviendrez. – Oui, oui, d'accord. – Il n'y a pas de menace à ce que, dans quelques semaines, qui obligerait, qui contraindrait, donc à ce que Marine Le Pen perde automatiquement tous ses mandats et ne puisse pas se présenter à l'élection présidentielle.
– Vous êtes sur l'exécution provisoire ou sur l'inéligibilité en général ?
– Encore une fois, cette décision, elle est brutale et elle est choquante. Et elle choque, à juste titre, des millions de Français. Des millions de Français qui ne pensent pas forcément comme le Rassemblement National. Voilà, on voit bien que le spectre politique s'est indigné…
– Non, mais ma question, c'est juste, puisque vous êtes pour les peines automatiques, est-ce qu'en cas de condamnation de Marine Le Pen, vous seriez pour qu'elle soit condamnée, effectivement, à l'inéligibilité, puisque, je le répète, vous êtes pour les peines automatiques ? Je ne comprends pas la cohérence.
– Je le répète, peut-être que vous ne l'avez pas intégrée, mais nous sommes innocents. – D'accord. – Nous sommes innocents. Donc ça n'a rien à voir, j'ai entendu, effectivement, parler de Fillon, de Sarkozy, etc. Ça n'a rien à voir, je le répète, pas d'enrichissement personnel, pas d'emploi fictif. On ne reproche pas à nos collaborateurs, à nos assistants de ne pas avoir travaillé, ils ont travaillé. On ne leur reproche pas de s'être enrichis, ils ne le sont pas enrichis, très clairement.
– Pardon monsieur, mais il leur a reproché de ne pas avoir travaillé sur quoi ils étaient payés, vous comprenez la différence ? – D'avoir travaillé pour le Front National et pas pour le Parlement. – Non mais c'est vrai qu'on parlait, il y a un instant, de Fillon, de Cahuzac, en plus, ce qu'il a fait avec l'eau minérale, quand même, c'était chaud. – Et Cyril, si je peux me permettre, sur Cahuzac. – Qui s'appelle Oriocaï.
– Jérôme Cahuzac s'est représenté aux élections, aux dernières législatives. – Oui, je sais, oui, c'est vrai. – Et les Français l'ont sanctionné. – Oui, c'est vrai. – Parce que ce sont les Français qui, encore une fois, ont été juges de savoir est-ce qu'ils pouvaient être élus ou pas, les Français ont leur choix.
– Mais il a perdu au premier tour. – Ah ouais, non, c'était là, ça n'a pas fait long feu. En plus, il est sympa, je l'ai déjà rencontré. – Ah oui ? – À la télé. – Non mais je le connais pas. – Non mais c'est vrai, non, je l'ai proposé des trucs et tout. Non, mes équipes le connaissent. Ils aiment bien, ils adorent, ils boivent toujours son eau. Voilà. Julien Audoul, est-ce que vous êtes inquiet ?
– Non, je suis déterminé et nous sommes déterminés à ce que la justice et la vérité triomphent et à ce que, surtout, des millions de Français puissent être représentés à l'élection présidentielle de 2027. Donc on va se battre. On compte sur, évidemment, la mobilisation de tous nos soutiens, la mobilisation, évidemment, de nos avocats qui vont plaider dans quelques jours. Et encore une fois, vous savez, le combat politique, il est rude, surtout quand on défend notre pays. Et Marine Le Pen est déterminée également parce qu'elle, encore une fois, elle porte les espoirs et les attentes de millions de Français.
– Alors il y a Olivier D'Artigolle qui est chroniqueur avec moi à la radio, qui réagit, si l'exécution provisoire est maintenue avec le jugement, on aura une trumpisation en accéléré du pays, cela profitera au rassemblement national. Voilà, c'est ce qu'il dit.
– Il le dit comme ça ?
– Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ? Il le dit comme ça. – Oui, c'est vrai.
– Non mais voilà, c'est ce qu'il dit. – Ce qui est certain, c'est que les Français doutent énormément de notre institution judiciaire. On le voit étude d'opinion après étude d'opinion. Et ce n'est pas une bonne chose. Et doutent beaucoup aussi, on le voit aussi lors des élections. On entend beaucoup, tiens, c'est truqué, ça ne sert à rien d'aller aux urnes, tout est décidé en avance. Si aujourd'hui, vous avez une candidate, celle du Premier Parti de France, qui était empêchée de se présenter aux élections, effectivement, ça mettrait un grand coup dans nos institutions démocratiques et sur la confiance d'une partie du peuple français.
– Est-ce que ce n'est pas un cadeau au final pour le parti et peut-être pour Marine Le Pen si ce n'est pas confirmé ? Parce que ça renvoie l'image du parti qu'on veut censurer, qu'on ne veut pas que les gens votent pour eux, ça rappelle le livre de Jordan Bardella. Est-ce qu'au final, ça ne bénéficiera pas quoi qu'il arrive au parti ? – Et à Jordan Bardella ?
– Jordan Bardella qui sera notre invité d'ailleurs jeudi prochain. – Excellent invité. – Il viendra pour ce que je cherche, son livre. Un livre sur les cache-caches.
– Est-ce que ce n'est pas une embellie pour vous ? – Non, ce n'est pas une embellie et au-delà du RN, ce n'est pas une embellie pour la démocratie française. – Je vous sens triste quand même, Julien Audout, je vous sens… – Non, je ne suis pas triste. Encore une fois, je ne suis pas triste. Il faut rester déjà confiant d'une et ensuite mobiliser parce qu'au-delà de notre petite personne, derrière, il y a des attentes, il y a des idées, il y a des opinions, il y a des Français qui s'expriment, qui pour tel ou tel parti, pour tel ou tel candidat ou candidate, et il faut que ces Français puissent pouvoir s'exprimer. – Gilles Verdez, ex de Fatou.
– Non, mais vous avez l'air sonné, vous avez l'air d'avoir pris un coup. Pourtant, Marine Le Pen avait dit, l'audience, le procès s'est mal passé, elle s'y attendait. Vous le saviez que vous alliez prendre chair dans les réquisitions. Non, mais comme je vous le dis, nous sommes innocents.
Donc quand on se… Non, mais Gilles Verdez, c'est important. Quand on se sent innocent, quand on n'a rien à se reprocher, quand nous sommes de notre bon droit, il n'y a pas à être sonné. Enfin, moi, je n'ai pas l'impression d'être sonné. Mais encore une fois, la situation, elle est grave. Comme elle est grave, je refais le parallèle, quand on interdit une chaîne qui est regardée par des millions de Français. Purement et simplement, pour des motifs hallucinants. Il y a le même parallèle, voilà, entre cette volonté de censurer une candidate et une chaîne de télévision.
Sur cette réalisation de procès politique, le parquet, il se défend. Le parquet, il rappelle que les ambitions politiques ne doivent pas être prises en compte dans les réquisitoires.
Vous n'y croyez pas.
Vous avez un petit sourire, donc vous n'y croyez pas non plus.
Visiblement.
C'est-à-dire qu'on est tout le temps entre deux élections. Donc avec ce type de raisonnement, on est tout le temps dans un procès politique. Excusez-moi. Est-ce qu'il y a des élections tout le temps ? Qui vous a donné la parole ? Pardon, excusez-moi. C'est un mec du public qui t'a dit, va-t'y parler.
Merci en tout cas. Moi, ce n'est pas une question, c'est juste l'avis d'un Français. Qui vous a donné la parole ? Vous, à l'instant. J'avoue, c'est vrai. Vas-y. Et ce n'est pas une question, c'est juste l'avis d'un Français moyen. Je peux parler encore plus librement parce que je ne vote pas depuis 20 ans. Mais je préférais 100 fois avoir la tête de mon pays, quelqu'un qui va nous sauver, même s'il a quelques casseroles administratives ou plus, que quelqu'un qui a un casier verge et qui est nul au pouvoir. Mais ça ne le regarde que moi, je ne vote pas. Mais voilà.
La loi, c'est la loi aussi.
Oui, la loi, c'est la loi.
Vous partez directement à la chasse à la perdrie après. Oui, exactement. Non, mais voilà. En tout cas, il a donné son nom, Jean-Michel. Et vous avez vu, il y a des gens qui ont applaudi d'ailleurs. Oui.
Quelques personnes derrière.
Oui, oui. Et d'habitude, il n'y a que Raymond qu'on appelle. Oui, c'est vrai.
Donc, monsieur Oud, évidemment, la présomption d'innocence. Après, vous savez, l'acharnement des hommes. Excusez-moi.
Moi, je n'arrive plus à vous regarder. Je n'arrive plus. Pourquoi ? Depuis les révélations de tout à l'heure, Géraldine, excusez-moi. Je n'arrive plus à vous regarder.
Les hommes politiques, ils crient toujours à l'acharnement. Même si les affaires sont toujours différentes. Monsieur Sarkozy a crié à l'acharnement. Monsieur Fillon à l'acharnement. Monsieur Cahuzac à l'acharnement. Monsieur Balkany à l'acharnement.
Moi, j'ai crié à l'acharnement.
Tout le monde crie à l'acharnement. Moi, je voudrais savoir parce que je suis moins brillante que mes camarades et je n'ai pas tout compris.
Vous êtes un peu trop occupé, surtout.
En gros.
Pour travailler. Je n'ai pas suivi les révélations. Julien Audoul, je vous enverrai l'extrait.
On a l'impression que vous n'avez rien fait. Concrètement, il y a quand même des gens qui ne devaient pas travailler pour vous à titre national, qui travaillent normalement pour l'Europe, qui ont travaillé donc au titre national. Donc, c'est quand même un emploi fictif.
Non, ce n'est pas un emploi fictif.
Alors, c'est quoi ? Vous avez fait ça en sachant que vous aviez le droit de le faire ? En pensant que vous aviez le droit de le faire ?
Oui.
C'est ça que je n'arrive pas à comprendre. Est-ce que vous êtes de bonne foi quand vous dites ça ? C'est ça qu'on aimerait savoir. C'est une bonne question. Je suis en train de tricher.
C'est une bonne question. Moi, je suis très bien, Mathieu, soyez clair. Tu vois, ça fait travailler. Le reste du temps, c'est-à-dire que le sang. Non, mais Julien Audoul, c'est vrai que la question, elle n'est pas con.
Est-ce que vous pouvez faire une réponse aussi brillante que ma question ?
Je vais essayer, même si le niveau était tellement haut. Non, mais je vais essayer de tutoyer cette excellente question. On est un parti qui, depuis 40 ans, est dans l'opposition et cherche à devenir majoritaire. Vous le savez, on a eu des embûches extrêmement fortes. On a été diabolisés. On a été persécutés judiciairement, financièrement et autres. Le système n'est pas tendre avec nous. Ça, c'est un fait.
Ça, ce n'est pas la réponse. On est d'accord. C'est mon introduction. C'est mon introduction.
Je vous l'ai fait en trois parties et dix sous-parties. Non, mais très clairement, on a toujours travaillé. On a toujours fait de la politique pour les Français, quels que soient les mandats que nous occupions, qu'ils soient nationaux, européens ou locaux. Et très clairement, je le redis, le rôle du collaborateur politique, est-ce que c'est de travailler comme fonctionnaire pour l'institution ? Non, mais moi, ça, je ne le sais pas. C'est vous qui avez la réponse. Un collaborateur européen, il est censé faire croire. La réponse, c'est qu'un collaborateur politique, il fait de la politique pour le député qui l'emploie.
Mais ça, qui le décide ? Qui l'a écrit ?
Mais justement, c'est une interprétation. C'est-à-dire que le Parlement européen et à l'époque les socialistes ont interprété, et pour faire barrage au RN, et pour éviter qu'ils deviennent majoritaires et qu'ils progressent, ils ont dit, ben non, les collaborateurs, il faut qu'ils soient détachés du parti, il faut qu'ils soient fonctionnaires du Parlement européen. En gros, il faut qu'ils fassent la politique du Parlement européen. Nous, on estime qu'on fait la politique pour le peuple français.
Si on peut avoir le sondage, le sondage, le sondage. Êtes-vous choqué ? Oui, à 75%. Non, à 25%. Merci, Julien Audoul, d'avoir été avec nous. Merci à vous.
Julien Odoul