MÉDIAPART : LA DÉRIVE AUTORITAIRE DE MACRON | LA MACRONIE ENTRE CARACAS ET VICHY
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Matthieu OrphelinFait
« On peut changer la donne, ce qui n'est pas le cas pour l'instant. C'est bien ça qui fait les raisons de mon départ, c'est que sur aucun des grands chantiers, aujourd'hui, on est au rythme suffisant. »
- 5:00Ugo BernalicisFait
« Face à la panique qui gagne votre gouvernement, et le monarque, votre réflexe sécuritaire se transforme en dérive autoritaire. »
- 7:00Nicole BelloubetFait
« Je suis également attachée, M. le député, à ce que notre justice puisse travailler dans la sérénité et ne fasse pas de manière systématique l'objet de dénigrements comme vous le faites de manière permanente. »
- 9:00Charles de CoursonFait
« J'avais dit qu'il fallait se réveiller, puisqu'on dérivait complètement comme le régime de Vichy qui a supprimé les libertés publiques. »
- 11:00Charles de CoursonPromesse
« On est plus de 60, on ira jusqu'au bout, on ira au Conseil constitutionnel et je vous prends les paris que nous avons une bonne chance de gagner devant le Conseil constitutionnel. »
- 13:00Charles de CoursonFait
« Ce qui lui valut d'être déporté. »
- 15:00Gilbert CollardFait
« Nous allons voter contre cette loi, parce que c'est une loi, en son article 2, principalement, qui est liberticide. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Ça craque au cœur de la Macronie. Hier, 22 députés de la République en marche ont proposé de rétablir l’ISF pour les contribuables fortunés qui se refusent à investir dans les PME. Une initiative emmenée notamment par Jean-François Cesarini, député du Vaucluse et Sonia Krimi, députée de la Manche.
Ces 22 députés font justement partie des 50 parlementaires qui se sont abstenus lors du vote de la loi anticasseurs, mardi. Il s’en est d’ailleurs fallu de deux voix pour que la république en marche ne puisse faire passer ce texte sans l’appoint de la droite. 241 députés marcheurs alors que la majorité requise était de 240 voix.
Et la liste des revers ne s’arrête pas là. Un des frondeurs, Matthieu Orphelin, député du Maine-et-Loire, a annoncé, hier soir qu’il quittait la République en marche. On écoute Matthieu Orphelin, ce matin, au micro de Jean-Jacques Bourdin.
Il reste trois ans et demi, c’est pour ça que je tire cette sonnette d’alarme. On peut changer la donne, ce qui n’est pas le cas pour l’instant. C’est bien ça qui fait les raisons de mon départ, c’est que sur aucun des grands chantiers, aujourd’hui, on est au rythme suffisant.
Sur la rénovation énergétique, sur la mobilité, sur l’agriculture et l’alimentation, sur l’économie circulaire... sur tous ces sujets-là, il faut accélérer à fond.
Un désaveu cinglant pour François de Rugy et Emmanuel Macron. Au Palais du Luxembourg, les sénateurs ont retoqué les dispositions de la loi Pacte qui autorisaient le gouvernement à céder au privé Aéroports de Paris et la Française des jeux. Et puis, il y a le feuilleton Benalla.
Il y a quelques heures, on a appris que Matignon est à l’origine de la tentative de perquisition à la rédaction de Médiapart. La cheffe du Groupe de sécurité du Premier ministre, la commissaire divisionnaire Marie-Elodie Poitout et son compagnon, Chokri Wakrim, Un militaire, sont en effet très liés à Alexandre Benalla. Matignon voulait savoir si les enregistrements, rendus publics par Mediapart, des conversations entre ce dernier et son acolyte de la place de la Contrescarpe, le gendarme Vincent Crase, avaient été réalisés au domicile de la patronne de la sécurité du 1er ministre.
Vous suivez toujours ? Ah oui, Chokri Wacrim est impliqué dans un contrat de sécurité avec un oligarque russe pour lequel Vincent Crase a travaillé. Même à Hollywood, on ne ferait pas mieux.
Quoi qu’il en soit sur le fond, ce comportement de l’exécutif reste sidérant. Au vu de ce tableau, s’étonnera-t-on que ce pouvoir chancelant se crispe dans un réflexe autoritaire ? Qu’il instrumentalise la justice et la police à son profit ?
C’est la question qu’a posée mardi, Ugo Bernalicis, à la garde des Sceaux, mardi. Face à la panique qui gagne votre gouvernement, et le monarque, votre réflexe sécuritaire se transforme en dérive autoritaire. Désormais, il n’est pas bon en France d’être opposant politique, organe de presse indépendant ou manifestant gilet jaune.
À croire que l’ultralibéralisme s’accomplit dans cette forme de démocrature. La justice jupitérienne vient de porter la plus grave atteinte à la liberté de la presse et à la protection des sources depuis des décennies. La monarchie républicaine doit cesser.
Rendez l’indépendance à la justice. Allez-vous cesser d’intimider les journalistes et les politiques, de juger plus sévèrement les gilets jaunes que tout autre citoyen, en un mot, allez vous cesser d’utiliser la justice et la police à des fins personnelles et politiciennes ? Et je vous laisse apprécier la conclusion de Nicole Belloubet en réponse à l’interpellation du député de la France insoumise.
Je suis également attachée, M. le député, à ce que notre justice puisse travailler dans la sérénité et ne fasse pas de manière systématique l’objet de dénigrements comme vous le faites de manière permanente. M. le député, ne vous en déplaise, Paris, n’est pas Caracas.
Il règne un climat mauvais dans les allées du pouvoir. Écoutez le centriste Charles de Courson. Son grand-père maternel fut l’un des 80 députés à avoir refusé les pleins pouvoirs à Pétain.
Ce qui lui valut d’être déporté. J’avais dit qu’il fallait se réveiller, puisqu’on dérivait complètement comme le régime de Vichy qui a supprimé les libertés publiques. C’est une liberté publique de manifester.
Le risque, c’est qu’un jour un régime autoritaire, un gouvernement autoritaire, dérive parce qu’il est en difficulté Et qu’il l’utilise à tour de bras pour interdire à des milliers de gens de manifester. De toute façon, on est plus de 60, on ira jusqu’au bout, on ira au Conseil constitutionnel et je vous prends les paris que nous avons une bonne chance de gagner devant le Conseil constitutionnel Est-ce que vous pensez que les perquisitions à Médiapart participent de cette dérive autoritaire que vous dénonciez à l’instant ? Un peu aussi.
Ça donne le sentiment qu’on n’accepte pas la critique, qu’on n’accepte pas que des journalistes d’investigation relèvent des faits qui, hélas, sont exacts. Cet enregistrement est exact, On ne peut pas le nier. Il n’a pas été fabriqué.
C’est une dérive, quoi ! Tous les gouvernements en difficulté ont essayé de faire cette fuite en se disant, on va rétablir la loi et l’ordre, on va se présenter comme des défenseurs de la loi et de l’ordre et donc l’opinion publique va basculer en notre faveur. C’est ça la manœuvre.
Eh bien, vous allez voir, elle va faire pschitt ! Une analyse partagée par l’opposition de gauche. Vous savez, compte tenu de son histoire personnelle, j’allais dire il est le plus indiqué pour dire ce qu’il ressent et comment il conçoit cette loi.
Il l’a dit avec ses mots, ils ont trouvé écho auprès de beaucoup d’entre nous. Voilà ! Écoutez, Charles de Courson, c’est quelqu’un de très modéré que j’ai appris à apprécier à la commission des finances ; je pense que les gens qui, quand ils s’expriment de cette manière-là, les gens de la majorité devraient s’interroger, quand même.
Pour que quelqu’un comme ça en arrive à dire ça, c’est parce que ça le choque considérablement qu’on joue avec l’état de droit et moi je comprends. Tant mieux qu’il ait utilisé un mot bélier. Si moi je l’avais fait, on m’aurait traité d’excessif.
Mais à droite, la sortie de Charles de Courson fait grincer des dents. Ceux qui crient à la dictature, ou au retour du régime de Vichy, ont des propos qui sont naturellement excessifs, voire ridicules. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est protéger notre pays de la violence.
La peinture de ce délitement ne serait pas complète sans un arrêt au stand du Rassemblement National. Mardi, avant le vote de la loi anticasseurs Gilbert Collard, député du Rassemblement National, présentait la position de sa formation en ces termes. Écoutez, nous allons voter contre cette loi, parce que c’est une loi, en son article 2, principalement, qui est liberticide.
Pourtant, Marine Le Pen m’avait affirmé le contraire, voici deux semaines. Probablement, on le votera, encore une fois en s’assurant qu’il n’est pas utilisé pour être une entrave au droit de manifester pacifiquement dans notre pays. J’ai donc interpellé Gilbert Collard sur ce point.
Envisager, c’est envisager. Ça veut dire qu’on fait un processus de réflexion. Et il n’y a que les imbéciles en politique qui ne réfléchissent pas.
C’est donc au terme d’une réflexion, d’une discussion que nous avons décidé, en conscience, de ne pas voter ce texte, parce qu’il est, comme je vous l’ai dit, liberticide. Fasciste, si vous voyez ce que je veux dire. Si même lui affirme que la loi anticasseur est un texte fasciste, alors… Il y a quelques semaines, le gouvernement n’avait de cesse de dénoncer les prétendus factieux qui, dans la rue, menaçaient la République.
Il semble que la principale menace soit plutôt installée au sommet de l’État.