Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
ChroniqueINA Histoire· 27 juillet 2025 7 minDivertissementJusticeInstitutions & élections

Procès du maréchal Pétain : les images interdites | INA Histoire

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:09PrésentateurFait
    « Cet homme conduit dans la salle d'audience du palais de justice, c'est Philippe Pétain. »
  • 0:16PrésentateurFait
    « La politique qui l'a menée pendant 4 ans a fait des milliers de victimes dans les rangs de la résistance et parmi les juifs déportés dans les camps de concentration. »
  • 0:32PrésentateurChiffre
    « Plus d'une heure de film est ainsi tournée par les actualités françaises. »
  • 0:40PrésentateurChiffre
    « Pourtant, à peine 7 minutes de ces images apparaissent finalement dans les sujets que la firme d'actualité consacre au jugement de Pétain. »
  • 2:23Locuteur non identifiéFait
    « Il rappelle que pendant la guerre, la plupart de ses magistrats ont prêté serment de fidélité au maréchal et qu'ils ont servi le régime collaborateur de Vichy. »
  • 2:40Locuteur non identifiéFait
    « Il aurait annoncé à la presse que, quoi qu'il arrive, il demanderait la peine de mort contre l'accusé. »
  • 5:17Locuteur non identifiéFait
    « « Je ne dois rien au maréchal Pétain, mais je suis écoeuré par le spectacle des hommes qui, dans cette salle, essayent de refiler à un vieillard presque centenaire l'ardoise de toutes leurs erreurs. » »
  • 5:35PrésentateurChiffre
    « Loustonolaco fait allusion aux 569 parlementaires qui ont aboli la République et accordé les pleins pouvoirs au maréchal Pétain après la défaite en 1940. »
  • 5:52PrésentateurFait
    « Philippe Pétain est reconnu coupable de crimes contre la sûreté de l'État et d'intelligence avec l'ennemi. »
  • 5:57PrésentateurFait
    « Condamné à mort, il voit sa sentence commuée en prison à vie en raison de son grand âge. Il a 89 ans. »

Temps de parole

  • Présentateur97 %
  • Locuteur non identifié3 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Paris, été 1945. Cet homme conduit dans la salle d'audience du palais de justice, c'est Philippe Pétain. Le chef du régime de Vichy est accusé de haute trahison pour avoir collaboré avec l'Allemagne nazie pendant l'occupation. La politique qui l'a menée pendant 4 ans a fait des milliers de victimes dans les rangs de la résistance et parmi les juifs déportés dans les camps de concentration. Les images muettes du procès sont enregistrées par les reporters de la presse filmée qui sont autorisés à suivre les audiences. Malgré la pénurie de pellicules qui frappe l'industrie du cinéma, plus d'une heure de film est ainsi tournée par les actualités françaises.

Pourtant, à peine 7 minutes de ces images apparaissent finalement dans les sujets que la firme d'actualité consacre au jugement de Pétain. Alors, que recèlent les autres séquences du procès ? Celles qui n'ont pas été montrées au public de l'époque ? Et pourquoi ont-elles été censurées ? Je vais vous raconter aujourd'hui les secrets de ces archives conservées à Lina. Le 23 juillet 1945, le procès du maréchal Philippe Pétain s'ouvre dans une salle d'audience pleine à craquer et dans une chaleur étouffante. Des moyens exceptionnels sont engagés pour médiatiser l'événement qui passionne tous les Français. Pour les tenir informés, la presse écrite mobilise ses meilleures plumes.

Regardez bien ces images. Voici le romancier Joseph Kessel. Il écrit pour François. Cette femme, c'est la journaliste Madeleine Jacob. Elle travaille pour Franc-Tireur. Et là, assis au milieu des journalistes, voici l'écrivain Albert Camus. Ils travaillent pour le journal Combat. La presse filmée n'est pas en reste. Ignorant la colère de Pétain qui ne souhaite pas être filmée, quatre caméramans des actualités françaises se relaient pour réaliser des comptes rendus hebdomadaires des débats. Mais la censure pratiquée sur leurs images intervient dès les premiers tournages. Voici les avocats de Pétain. Ils cherchent à discréditer les juges de la haute cour de justice pour arrêter le procès.

Il rappelle que pendant la guerre, la plupart de ses magistrats ont prêté serment de fidélité au maréchal et qu'ils ont servi le régime collaborateur de Vichy. Mais les avocats de la défense ne s'arrêtent pas là. Ils dénoncent aussi la partialité du procureur André Mornay. Il aurait annoncé à la presse que, quoi qu'il arrive, il demanderait la peine de mort contre l'accusé. Sur ces images, Mornay leur répond. Il dénonce un mensonge, perd son calme et l'audience doit être interrompue. Les accusations portées contre les juges sont finalement rejetées et le procès reprend. Regardez bien maintenant cette séquence. Nous sommes à la fin d'une audience.

Cette femme n'hésite pas à venir témoigner son soutien au maréchal Pétain devant les caméras. Un peu plus tard, voici un témoin qui prend le temps de serrer la main de l'accusé devant toute la salle. Ces séquences sont absentes des sujets d'actualité qui choisissent de présenter Pétain comme un personnage détesté de tous. Alors pourquoi ces signes de sympathie, ces marques de respect envers un homme accusé d'avoir trahi son pays et d'avoir été le complice des nazis ? Au moment où ces images sont filmées, Pétain reste, pour de nombreux Français, un héros de la Première Guerre mondiale.

Tout au long de l'occupation, les services de propagande du régime de Vichy ont fait du vieux maréchal le protecteur de la nation. Une figure paternelle et bienveillante, supposée garante d'ordre et de sécurité. Cette image de Pétain circule toujours dans une partie de l'opinion après la libération. La sympathie et le respect qu'il inspire au moment de son procès se manifestent notamment chez les militaires. Voici le général Lafargue. C'est un officier supérieur de l'armée de libération commandé par le général de Gaulle. C'est aussi un vétéran de la Première Guerre mondiale.

Voyez-la, quand il est entré dans la salle du tribunal, il s'est arrêté et s'est incliné ostensiblement face à Pétain avant de se présenter devant les juges. Il sera relevé de ses fonctions dès le lendemain de son passage au tribunal. Et ses images seront retirées des sujets sur le procès. L'indulgence et le respect envers Pétain s'expriment aussi dans les milieux catholiques, comme en témoigne la présence de cette ecclésiastique devant les juges. Ici, l'abbé Jean Rodin prête serment avant de témoigner. Les images de sa déposition favorable au maréchal seront aussi absentes des reportages consacrés au procès. Le 30 juillet 1945, un nouveau témoin entre en scène.

Militaire de carrière et résistant rescapé du camp de concentration de Mauthausen, Georges Loustonolaco est un personnage sulfureux, un proche des milieux d'extrême droite. Il est appelé à s'exprimer sur le complot contre la sûreté de l'État attribué à Pétain. Mais le témoignage de Loustonolaco se transforme vite en réquisitoire. Il déclare devant les juges

5:17
Locuteur non identifié

« Je ne dois rien au maréchal Pétain, mais je suis écoeuré par le spectacle des hommes qui, dans cette salle, essayent de refiler à un vieillard presque centenaire l'ardoise de toutes leurs erreurs. »

5:29
Présentateur

Loustonolaco fait allusion aux 569 parlementaires qui ont aboli la République et accordé les pleins pouvoirs au maréchal Pétain après la défaite en 1940. Provocateur et gênant, son témoignage est exclu de la chronique hebdomadaire des actualités sur le procès. Le 15 août 1945, à l'issue de trois semaines d'audience, Philippe Pétain est reconnu coupable de crimes contre la sûreté de l'État et d'intelligence avec l'ennemi. Condamné à mort, il voit sa sentence commuée en prison à vie en raison de son grand âge. Il a 89 ans. La culpabilité du maréchal Pétain ne fait aucun doute. Il a collaboré avec Hitler.

On sait aussi qu'il a mis en œuvre avec beaucoup de zèle les lois discriminatoires à l'encontre des Juifs. Mais les images censurées de son procès exposent les sujets embarrassants que le nouveau gouvernement exclut de son récit officiel. Exit donc le rôle ambigu des juges de Pétain pendant l'occupation. Exit aussi la responsabilité collective des parlementaires qui l'ont porté au pouvoir. Exit enfin le capital de sympathie dont Pétain bénéficie toujours auprès de nombreux Français après la libération. Les séquences associées de près ou de loin à ces questions ont été écartées des journaux filmés proposés au public. Les spectateurs français de l'après-guerre ne les verront jamais.