Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 2 juin 2022 30 minAutoproduitFond programmatiqueÉducation & rechercheSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Déclaration du Président Emmanuel Macron depuis l'école Menpenti à Marseille

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Emmanuel MacronFait
    « Le but de l'exercice, quel est-il ? C'est qu'on ait une école qui tienne ses promesses, les nôtres, celles de la République. »
  • 2:00Emmanuel MacronChiffre
    « Il y aura un financement de l'État, ce qui est une exception pour le coup marseillaise. »
  • 4:00Emmanuel MacronChiffre
    « L'investissement de la nation, dans mon programme il y a 6 milliards sur l'Éducation nationale qui sont projetés. »
  • 8:00Emmanuel MacronPromesse
    « Dès la rentrée prochaine, nous allons aussi mettre les trente minutes de sport pour tous les élèves en classes primaires. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Vous avez esquissé, aujourd'hui, votre nouvelle méthode faisant intervenir les parents d'élèves et les professeurs. Est-ce que, finalement, cette méthode n'est pas une nouvelle méthode pour "by-passer" les syndicats ? C'est une nouvelle méthode, surtout, pour faire que nos enfants soient mieux formés.

Le but de l'exercice, quel est-il ? C'est qu'on ait une école qui tienne ses promesses, les nôtres, celles de la République. C'est-à-dire que nous ayons des enfants auxquels on apprenne les savoirs fondamentaux et dont on fasse des républicains et des citoyens.

Que ce soit une école qui tienne la promesse de l'égalité des chances et qui fasse que, quelle que soit la famille d'où l'on vient, on rattrape les inégalités de destin. C'est une école qui vous prépare à la vie, aussi, et qui vous apprend des savoirs, des compétences, des réflexes aussi, comme on l'a vu tout à l'heure, la possibilité de se tromper et de corriger ses erreurs, qui vont permettre ensuite d'accéder à des métiers et de répondre aux besoins de la nation. C'est ça, l'objectif qui est le nôtre, et c'est de cela dont on doit repartir.

Donc avoir des enfants qui soient plus heureux à l'école et qui apprennent mieux. Avoir des enseignants qui soient mieux reconnus, qui soient plus libres, qui soient mieux rémunérés et dont on reconnaisse aussi des missions nouvelles. Avoir des chefs d'établissements qui soient plus libres de proposer et d'innover, cela a été très bien dit ici, et avoir une Éducation nationale qui tienne pleinement sa promesse.

C'est notre force et notre histoire, et c'est ça qu'on veut réinventer. On a entendu parler liberté, ce matin, et autonomie, est-ce que l'urgence n'est pas que le recrutement des professeurs ? Mais tout se tient.

Vous avez entendu ces mots de la bouche des enseignants et des directrices et directeurs d'école. Ils ont parlé formation, ils ont parlé temps et moyens pour pouvoir les trouver. Ils ont parlé plus de liberté et de simplicité.

Je crois que nos enseignants veulent quoi ? Pouvoir bien exercer leur métier. Vous pouvez d'autant plus facilement recruter des enseignants si la promesse qui est faite et que vous tenez est de bien les former, de mieux les rémunérer et de leur permettre d'avoir un métier de chaque jour où ils puissent retrouver tout le sens de ce pour quoi ils se sont engagés.

Est-ce que vous souhaitez que, dès la rentrée de septembre, les directeurs d'établissements puissent pouvoir choisir, dans une certaine mesure, leurs professeurs ? Le cas échéant, je voudrais savoir aussi ce qu'en pense le ministre de l'Éducation nationale. Vous avez très bien compris que, quand j'ai lancé Marseille en grand, on va y revenir parce que c'est une expérimentation qui est importante et qui montre aussi la suite dans les idées, on n'a jamais dit qu'on allait se mettre à ce que tous les directeurs d'écoles fassent en quelque sorte, puisqu'on est dans une cité de football, leur propre mercato, ça ne marcherait pas.

Il faut qu'il y ait des règles nationales. Par contre, se dire qu'on veut rebâtir le projet pédagogique au niveau d'un établissement scolaire et donner la possibilité de s'assurer que l'enseignant qui est recruté partage ce projet est très important. Vous avez ici une directrice qui vous l'a très bien dit.

C'est ça, ce qu'on a facilité et ouvert, qui existait pour certains postes. Je pense que c'est ce dont on a besoin parce que, sinon, qu'est-ce-que ça fait ? Cela fait des communautés pédagogiques, donc des directeurs d'établissements et des collègues qui ont un collègue qui ne partage pas tout à fait le projet et à qui on a simplement dit tu dois aller là, des gens qui subissent leur affectation.

Cette liberté, c'est donner la possibilité d'avoir plus de flexibilité dans le système et se dire qu'il faut qu'on ait un système national parce que sinon on n'arrive pas à organiser les choses, mais où il y ait la possibilité, pour les directrices et directeurs d'établissements, de s'assurer qu'on partage un projet qu'ils portent, et où il y ait aussi plus de liberté qu'on va essayer de donner aux enseignants parce que si on veut, comme vous l'avez très bien dit, à la fois attirer des jeunes en sortie d'école et les garder, il faut qu'on redonne cette liberté parce que, vues les rigidités de notre système, on en parlait tout à l'heure à Marseille, on vous dit : bonne nouvelle, tu es recruté, tu vas aller enseigner à Bar-le-Duc. Il faut aussi qu'on redonne de la liberté aux gens pour qu'ils puissent aller enseigner dans les endroits où ils vivent et où ils ont leur famille, s'il y a des besoins qui sont identifiés et qui correspondent. Pardon, Monsieur le Ministre, complétez-moi.

Je voulais simplement dire que j'aurai l'occasion de répondre plus complètement sur ces questions dans quelques temps. Le président a très bien dit ce qu'il fallait à l'instant, et je veux souligner l'importance de cette expérience marseillaise pour le ministère de l'Éducation nationale et donc le fait que nous suivons très attentivement ce qui se passe ici, avec la possibilité, évidemment, de généraliser au-delà de la ville de Marseille. On va faire un peu de ce côté, s'il vous plaît.

Vous avez dit, lors de votre seul meeting de l'entre deux tours, que Marseille était un laboratoire de la République. Pourquoi est-ce que l'expérimentation se passe à Marseille et pas ailleurs ? Elle s'est passée à Marseille parce que, comme vous le savez, Marseille, deuxième ville de France, a accumulé à travers le temps des difficultés, on le sait sur le logement insalubre qui continue à être un engagement très fort de la République, on le sait sur l'école, on le sait sur les déplacements et les transports, ce qui a justifié qu'en septembre dernier je vienne passer plusieurs jours ici et lancer ce plan ; avec aussi une très bonne coopération avec l'ensemble des parties prenantes : sur les transports, la métropole et le département ; sur le développement économique, la région et, sur l'école, la ville de Marseille.

Ici, sur l'école, nous avons vraiment un laboratoire parce qu'on travaille sur deux sujets qui sont distincts. L'un, c'est normalement une compétence de la ville qui est celle du bâti, parce qu'on sait, à Marseille, on avait cette situation absolument terrible de plusieurs centaines d'écoles dans une situation de grand délabrement qui ne permettait pas de bien enseigner ou, parfois même, qui mettait en péril et qui avait des vrais risques de sécurité. Monsieur le maire est venu me voir, lorsqu'il a pris ses responsabilités, et on a décidé de mettre en place ensemble, et c'est un geste de confiance inédit de l'État avec la ville, un projet commun.

Il y aura un financement de l'État, ce qui est une exception pour le coup marseillaise, où on va accompagner ce projet compte tenu du retard pris. La deuxième chose, c'est ce qu'on fait ici sur la pédagogie où, dans une cinquantaine d'écoles, on a lancé ce projet de Marseille en grand qui, en effet, préfigure ce qu'on veut faire dans le pays tout entier, qui est, au fond, d'inverser la pyramide et qui est de se dire, et on l'a fait parce qu'on sait qu'ici il y avait une grande difficulté qui s'était concentrée, on va fixer des objectifs, ce que je rappellais tout à l'heure, qui sont les objectifs de l'école. On va mettre plus de moyens et on va donner une feuille blanche aux enseignants en leur disant vous allez la bâtir de manière un peu différente, c'est-à-dire avec les directrices et directeurs d'établissements, avec les enseignants et avec le périscolaire, donc toutes les associations qui dépendent de la ville, avec évidemment les élus et la ville et avec les parents d'élèves.

Vous allez bâtir des projets nouveaux pour répondre aux problèmes qui sont les vôtres. On l'a vu sur un problème particulier, les élèves venant de situations plus difficiles n'avaient pas les mêmes résultats en maths. Comment le faire ?

L'approche pédagogique, ce sont les enseignants qui la bâtissent. On leur laisse la possibilité d'innover et on met des moyens pour recruter, là en périscolaire, et maintenant on va recruter en scolaire. On a mis des moyens pour dégager du temps d'enseignants, de directrices et de directeurs d'établissements, en finançant ce qu'on appelle des décharges.

On met des moyens pédagogiques pour innover, et c'est ce qu'on va développer avec un fonds national qu'on veut mettre en place. On innove avec, de manière régulière, des concertations, analyses de résultats et évaluations, pour voir dans les innovations qu'on fait ce qui marche, ce qui ne marche pas et comment les améliorer. L'idée de cette approche est, au fond, de repartir de l'élève et d'essayer de dire que, pour que la République tienne ses promesses, on doit mieux former, donc on doit pouvoir le vérifier et l'évaluer, répondre à l'égalité des chances et former aux besoins de la nation [ INAUDIBLE ].

Vous avez été surpris, vous avez dit que vous aviez été ému par cette prise en charge par les enseignants. Justement, quand j'ai lancé cette expérimentation, il y a eu au début beaucoup de réactions et beaucoup de mots négatifs qui venaient plutôt des forces syndicales nationales parce qu'on changeait les lignes habituelles. Mais je leur ai expliqué, et le ministre Blanquer à l'époque leur a expliqué, que c'était un geste de confiance mais en construisant sur le terrain.

Parce que, pour notre Éducation nationale, on doit avoir des objectifs nationaux mais on doit savoir se donner les moyens localement de les différencier et de les ajuster parce que la réalité est très différente. Les défis ici sont différents d'une école des quartiers nord où on aura des élèves en situation familiale très différente, d'une école très rurale ou autre. Beaucoup m'ont dit que ça n'allait pas marcher parce que les gens n'allaient pas s'en saisir.

Ce qui est formidable, neuf mois après, c'est de constater qu'on a 59 écoles avec des équipes, vous l'avez vu comme moi, qui sont extraordinairement enthousiastes, qui se sont saisi de cette liberté, qui en ont fait des choses, y compris très inattendues, qui disent combien elles sont heureuses de pouvoir le faire et qui nous disent maintenant : vous n'allez pas assez vite, il faut aller plus loin. C'est exactement ça dont on a besoin. Je pense que notre pays, sur beaucoup de politiques publiques comme on le dit, a besoin de cela.

Parfois, avec la meilleure volonté du monde, quand on essaie de passer des mois et des mois à se concerter au niveau national, qu'on articule des milliards, qu'on dit voilà comment les choses vont se passer et qu'ensuite on met des mois à ce que ça descende pour que ce soit partout pareil sur le terrain, il y a une frustration des gens parce que, ce qui est des milliards devient des chiffres qui ne correspondent pas à leur réalité sur le terrain. On répond parfois, sur certains territoires, à des problèmes qui ne correspondaient pas à ce que vivaient les gens et, à l'inverse, parfois débloquer une petite contrainte change leur vie. Quand je dis qu'on inverse la pyramide, c'est-à-dire qu'on met tout le reste de l'administration au service de celles et ceux qui font pour nos enfants.

C'est ça, la révolution culturelle. Le mot a été prononcé au début de notre table ronde. C'est une révolution culturelle et donc, pour répondre à votre question, c'est exactement ça, maintenant, qu'on veut pouvoir passer à l'échelle.

Ce que nous allons faire avec Monsieur le Ministre c'est que, dans les prochaines semaines, on va avoir autour de la Première ministre, je m'y engagerai au début, un grand travail de réorganisation nationale. J'y reviendrai dans les prochains jours. Ensuite, sur l'Éducation nationale, nous aurons un travail pendant plusieurs semaines mais il faudra bâtir en quelque sorte les fondements et la grammaire de base de ce qu'est cette nouvelle approche.

L'investissement de la nation, dans mon programme il y a 6 milliards sur l'Éducation nationale qui sont projetés. Ce qu'on est prêts à mettre en place en termes de formation des enseignants, en termes de rémunération, il y aura une partie d'amélioration de la rémunération des enseignants inconditionnelle, et de nouveaux pactes avec les enseignants, on va dire sur des missions que vous avez déjà et qu'on veut reconnaître, ou des missions nouvelles qu'on veut aussi aller reconnaître et vous donner une rémunération améliorée. On va définir, en quelque sorte, les grandes lignes de ce qu'on veut pouvoir laisser faire localement.

C'est un peu le cahier des charges qu'on a fait sur Marseille en grand et, ensuite, c'est ce que je dis, c'est la deuxième partie. Il y aura une amélioration de la rémunération pour tous les enseignants et, après, il y aura un pacte nouveau qui sera proposé aux enseignants, qui sera une partie où on leur propose des tâches nouvelles, d'inventer. C'est exactement ce qui a été fait là.

C'est un pacte qui a été passé avec les enseignants, les directrices et directeurs d'établissements à Marseille, pour celles et ceux qui se sont engagés, ils ont eu des décharges horaires, ils ont des rémunérations en plus. C'est exactement dans cet esprit-là mais, à côté de ça, on leur donne la liberté de construire le projet qui leur permet de retrouver du sens. Cela, ensuite on va le décliner localement à partir de l'automne-hiver, et on va constamment ajuster notre méthode et l'améliorer, en assumant qu'à certains endroits peut-être que ça va formidablement marcher, comme on l'a vu ici ; à d'autres, on verra que ça marchera moins bien donc peut-être qu'on pourra partager les pratiques ; puis, dans certains endroits, on va voir que c'est beaucoup plus compliqué et qu'il nous faut réajuster.

On va faire comme les élèves qu'on voyait tout à l'heure. On va apprendre de nos erreurs et avancer parce que la réponse n'est pas monolithique. Voilà l'approche qu'on va adopter.

Il y a un investissement résolu, il y a une part d'inconditionnel, il y a une part de pacte nouveau et il y aura d'abord un temps national et ensuite un temps local. Monsieur le Président, deux questions pour le prix d'une, si je peux me permettre. D'abord, c'est votre dixième visite à Marseille depuis 2016 et votre déclaration de première candidature, si je puis dire.

Quelle échéance vous vous donnez pour mesurer les résultats obtenus dans la ville dont vous vouliez faire la capitale de la Méditerranée, donc quel calendrier est-ce que vous vous fixez pour mesurer les résultats ? Et une question, je reviens sur l'éducation, vous avez cité le ministre Blanquer qui est le détenteur du record de longévité au poste, de votre fait, je vous souhaite peut-être d'ailleurs de le battre, mais pourquoi est-ce qu'il fallait un nouveau ministre de l'Éducation pour porter ce chantier prioritaire, l'éducation, et l'élargissement de cette méthode nouvelle à l'ensemble du pays ? Il faut avoir beaucoup d'humilité sur les sujets dont on parle.

D'abord, il faut constamment faire la transparence et mesurer pour pouvoir corriger. Il ne faut pas avoir peur de regarder, dans ce qu'on fait, ce qui marche et ce qui ne marche pas. Il y a des choses, je reviendrai dans quelques semaines faire le point sur Marseille en grand dans son intégralité, on verra ce qui marche et ce qui ne marche pas et, à ce moment-là, il faudra ajuster.

Il y a d'abord, pour nous tous, quel que soit le sujet dont on parle, une forme d'évaluation permanente en temps réel et de transparence qu'il faut faire. Sur beaucoup de sujets, il faut aussi accepter le temps long. Quand on parle d'investir dans l'éducation de nos enfants, il y a des choses qu'on saura mesurer.

Ce qu'on a fait sur les CP-CE1, qu'on a commencé il y a cinq ans, on va en voir normalement les premiers résultats. On a fait des évaluations qui montrent que ça marche. On va normalement voir, dans certaines enquêtes internationales, les premiers résultats dans les années qui viennent, vous voyez, le temps de décantation.

Une bonne partie de ce qu'on va faire pour l'école, dans les prochains mois et les prochaines années, se verra dans dix ou quinze ans. De la même manière que, parfois, les erreurs qui ont pu être faites ont été faites il y a 15 ou 20 ans et nous les subissons. C'est une réalité.

Investir dans l'humain, c'est accepter ce temps de décantation lente. C'est pareil pour la santé. Il y a aussi des grands projets de Marseille qui arriveront au-delà de 2027, 2030-2032, les grands projets d'infrastructures.

Moi, je suis attaché à cet "en même temps" du temps court et du temps long parce que, si vous voulez retrouver la confiance des gens, il faut que leur vie change et qu'ils voient que ça change. Là, les parents d'élèves voient que ça change. C'est une petite expérimentation, on l'a fait dans une cinquantaine d'écoles.

Je veux qu'on puisse, dès la rentrée prochaine, vraiment l'élargir de manière très pratique, au-delà de ce qu'on va faire partout en France, pour qu'on change encore plus la vie. Sur la mobilité, je veux qu'on aille beaucoup plus vite sur certains sujets. Sur l'emploi, on a les sujets qu'on a lancés dans Marseille en grand pour qu'on arrive à améliorer la vie de notre jeunesse des quartiers nord beaucoup plus rapidement.

À côté de ça, c'est ce qui vous permet d'être crédibles pour dire à nos compatriotes, là, sur ce projet qui est très structurant, sur le port ou sur l'aménagement de tel ou tel quartier, il faut dix ans. Sur l'Éducation nationale, d'abord je pense que c'est normal, pour l'ensemble de nos politiques publiques, qu'il y ait des respirations, et que les femmes et les hommes puissent changer et apporter leur expérience. Je vais ici d'abord rendre hommage au travail qui a été fait pendant cinq ans par Jean-Michel Blanquer qui, avec beaucoup de courage et de ténacité, a mis en place des fondamentaux, et en particulier sur l'école primaire et le lycée, et il a fait des réformes très, très importantes, dont je disais nous voyions les fruits : le dédoublement des classes, le retour des savoirs fondamentaux, la réforme du baccalauréat, entre autres, le chef d'œuvre aussi dans les lycées professionnels, etc.

Il s'engage maintenant dans une bataille - et je veux saluer son engagement politique aux législatives - et il sera de toute façon amené à continuer à jouer un rôle politique de premier plan dans la vie de la nation, avec ses convictions, sa force et son expérience maintenant inédite dans notre histoire, vous l'avez rappelé. Quand j'ai choisi de nommer Monsieur Pap Ndiaye, j'ai choisi de nommer un homme qui, d'abord par sa vie, son parcours, dit ce à quoi je crois de l'école de la République. Et je pense qu'il incarne aussi ce que nous avons fait ces cinq dernières années et ce que nous voulons faire, c'est-à-dire ô combien ! l'école de la République permet de bâtir l'égalité des chances et permet, quelle que soit la trajectoire familiale, et il a une formidable vie familiale, que lui-même, sa sœur, si je peux me permettre de faire cette évocation plus intime, avec chacun leurs parcours, leurs spécificités, disent très bien, mais qui est la vie de de millions d'enfants de notre République.

Et je pense que s'il incarne, ce faisant, ce à quoi je crois de cette école, c'est-à-dire par le soin de parents qui ont cru dans l'école de la République, le soin d'enseignants qui ont cru dans un enfant, et ensuite son talent pour accéder aux meilleures études et lui-même devenir enseignant et chercheur, eh bien montrer que c'est un destin d'excellence. La deuxième chose, c'est qu'il a montré par ses études, son parcours académique, son souci de l'égalité des chances et cet attachement à quelque chose que je crois profondément : notre République et le fait que la République devait toujours se regarder elle-même, être capable de bâtir son unité dans le respect des diversités. C'est le discours universaliste auquel je crois.

Et je pense qu'un des défis auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui, c'est aussi de savoir, parfois, dépasser les fractures dans lesquelles il faudrait toujours...

On est sommés d'habiter forcément un camp. Eh non ! La République, c'est une histoire, un parcours.

Et je pense que le moment que notre pays vit, que notre nation vit, a beaucoup de similitudes avec celui des débuts de la troisième République, où justement, les diversités multiples, régionales, les tensions étaient là, les doutes étaient là, et par l'école de la République, nous avons rebâti une unité, mais par le truchement, aussi, de solutions diverses et d'une conjugaison de principes d'égalité et des libertés laissées aux uns et aux autres. Et je pense que c'est ça le défi qui est le nôtre. Et donc, il y aura à la fois des éléments de continuité, évidemment, parce que le socle qu'on a bâti durant ces cinq années, on va le consolider, celui des savoirs fondamentaux, d'une économie forte, d'un début de réinvestissement dans nos enseignants, le dédoublement des classes, etc.

Dès la rentrée prochaine, nous allons mettre en place des éléments pour corriger ou compléter. Je vais aussi le dire très clairement : dès la rentrée prochaine, comme je m'y étais engagé en campagne, nous réintroduirons en classe de Première donc, la possibilité de choisir les mathématiques en option. Ce sera une option !

Alors je vais être très précis, sous le contrôle de Monsieur le Ministre. Ce ne sera...

Il y aura toujours la spécialité math, mais il y aura la possibilité offerte à tous les élèves de choisir, hors de la spécialité, l'heure et demi de mathématiques qui avait été sortie du tronc commun. Ce ne sera pas obligatoire ! Donc ce ne sera pas obligatoire dès cette première année, parce que pour le faire vite...

Sinon, on ne pourrait pas, mais tous les élèves et toutes les familles qui le souhaitent pourront remettre dans le tronc commun l'heure et demi de mathématiques qui sera ainsi offerte. [INAUDIBLE] Déjà on va le faire dès cette année parce que l'idée, c'est d'aller d'aller vite et de permettre de régler ça. Qu'est-ce que ça vous permet de faire ?

Ça vous permet, pour tous les élèves qui le souhaitent, et donc je pense qu'il faut aussi sortir de ce dilemme. Là, ce n'était pas possible...

Avant que ce soit obligatoire, là aussi, laissons de la liberté aux enfants et aux familles. Pour beaucoup de jeunes, en fait, ils devaient choisir l'option de math pour pouvoir faire des maths, et du coup, ils n'avaient plus la possibilité de choisir une autre spécialité, et ça avait fermé la porte à certaines spécialités. Là, on va leur offrir cette liberté, qui correspond à mon engagement, qui est de dire : dans le tronc commun, on vous donne la liberté dès la rentrée prochaine, de choisir les maths.

Une heure et demi, donc, de mathématiques, et ça n'est plus une spécialité, ce qui permettra ensuite de continuer d'avoir ce qui existe toujours, les mathématiques en Terminale, les deux heures et demi - je ne dis pas de bêtise Monsieur le Ministre ? - qui existent en Terminale sur ce sujet. L'idée ensuite, si on avance bien et ça, ce sera le fruit du travail du ministre avec l'ensemble des équipes pédagogiques et des recteurs, c'est peut-être l'année d'après, à ce moment-là, de pouvoir le généraliser et de le rendre obligatoire, mais ce sera le fruit, là aussi, d'un dialogue et d'une concertation.

Ça, on le fera donc dès la rentrée prochaine. Dès la rentrée prochaine, nous allons aussi mettre les trente minutes de sport pour tous les élèves en classes primaires. On avait commencé depuis deux ans, ce qui était là aussi une expérimentation, et ça, on va le généraliser.

Et ça, c'est une vraie révolution pour à la fois mieux apprendre, en s'inspirant des exemples internationaux, qui montrent que des élèves, quand on arrive, soit dès le matin, quand ils arrivent, soit dans l'après-midi, quand l'attention baisse, à faire ces trente minutes de sport, c'est un moyen de beaucoup mieux apprendre. Et puis c'est ce qui va nous permettre aussi d'avoir une vraie politique de prévention en santé, parce que c'est un formidable moyen de lutter contre l'obésité, la sédentarité de beaucoup de nos enfants et de nos adolescents. Donc ça, ce sera, je dirais, pour tous.

Et puis, on va aussi enclencher des politiques salariales sur la part qui est inconditionnelle, une revalorisation pour les enseignants et la politique de formation. Et ça, c'est aussi pour moi très important, vous l'avez entendu, mais formation initiale comme formation continue, là aussi on va continuer d'améliorer les choses pour permettre de mieux accompagner nos enseignants. Vous évoquiez la santé, Monsieur le Président, la similitude avec l'école, entre l'hôpital et l'école, c'est que l'urgence est aux revalorisations salariales, à l'attractivité, au recrutement.

Je vous posais la question il y a deux jours sur l'hôpital à Cherbourg : est-ce que vous pouvez garantir qu'il y aura suffisamment de professeurs dans les classes à la rentrée de septembre ? On se bat pour, le ministère est très mobilisé sur ce point, comme vous le savez, et je salue vraiment le travail qui est fait par le ministre et l'ensemble des rectorats pour ce faire. On sait qu'on aura de toute façon une rentrée en tension sur ce sujet mais ce qu'on veut bâtir, dans les meilleurs délais surtout, c'est une plus grande attractivité - ce terme n'est pas forcément très joli, mais c'est ça - c'est-à-dire de redonner de l'attirance, du désir pour cette profession, de plusieurs manières.

D'abord, rappeler combien elle est importante pour notre République. Je le disais tout à l'heure, pour la fille d'une enseignante ici, qui hésite : c'est un métier qui permet de changer des vies. Il n'y a plus de métiers dans la République, qui font ça.

Enseigner, c'est changer la vie des gens, parce que ce que vous allez faire pour un enfant ou un adolescent peut changer sa vie. Et je crois que les jeunes générations cherchent du sens. Je suis frappé par ça.

Et donc c'est un métier qui a du sens. La deuxième, c'est justement, nous, de nous attacher par les transformations que nous allons conduire et cette nouvelle méthode, dont l'expérimentation ici est faite, de redonner du sens au métier d'enseignant. Et je pense que c'est très frappant, on l'entend partout.

Et donc redonner du sens, c'est deux choses : c'est redonner de la considération et du respect pour le métier d'enseignant, ce qui passe aussi par des revalorisations. La partie qui est inconditionnelle est la partie qui est dans ce nouveau pacte. C'est très important et c'est ce que nous allons mettre en place dès les prochains mois, mais c'est aussi la part immatérielle, c'est-à-dire celle qui consiste chaque jour à se dire "je sais pourquoi je me lève". "Et donc la République me donne les moyens de faire mon métier dans de bonnes conditions." Et ça, je suis frappé.

C'est la même chose chez les soignants, comme chez les enseignants. Et c'est aussi pour ça, on a appris du Ségur. Le Ségur, on a mis beaucoup de moyens, que sur la rémunération, mais ça ne marche pas complètement si derrière on ne redonne pas du sens et si on n'arrive pas à faire que chacune et chacun soit l'acteur des réformes.

Ce qui est formidable ici, c'est qu'on a des enseignants, des directrices et directeurs d'établissement qui nous ont formidablement expliqué ce qu'ils sont en train de faire, et qu'est-ce qu'on veut faire ? Mais eux, ils nous l'expliquent avec leurs mots : ils portent les solutions. Et ça, c'est à la fois très émouvant mais c'est ce qui marche le mieux, parce qu'ils nous parlent juste de leur vie, de leur quotidien.

Et nous, en fait, on est là pour les aider. Et donc ils retrouvent le sens de leur engagement, de leur vie. C'est comme ça qu'on arrivera, dans la durée, à réembaucher, justement, des enseignants.

Pour rebondir sur le secteur de la santé, cette nouvelle méthode avec une inversion de la pyramide, est-ce que c'est aussi ça que vous voulez mettre en place dans le secteur de la santé ? Exactement. L'école et la santé à partir de l'automne, c'est exactement ce que nous allons faire, c'est-à-dire qu'on va décliner dans, au fond, alors il y aura peut être plus de granularité encore, mais 1.200 bassins de vie...

Au fond, quand on regarde notre pays, on oublie toujours une maille, qui est celle de nos intercommunalités, qui correspond aussi à nos bassins de vie, la manière dont, au fond, notre vie est souvent organisée, la manière de nous déplacer, les emplois, etc. Alors peut-être, il faudra même aller plus finement. Mais c'est : comment dans ces ces lieux où nous vivons, on réorganise cet investissement dans l'humain qui est éduquer et soigner ?

Et donc, c'est de redonner la possibilité de décider à celles et ceux qui font, avec les différentes parties prenantes, de leur donner plusieurs mois pour bâtir des solutions. Nous sortirons, en quelque sorte, des feuilles de route avec lesquelles nous allons contractualiser. Et quel est l'intérêt pour nous ?

Je le dis fort aussi. C'est la même chose. Moi, j'ai appris de ce que j'ai bien fait et de mes erreurs.

Et les erreurs ont été liées au fait que, même avec les meilleures intentions du monde, et en mettant, je le disais tout à l'heure, beaucoup de moyens, quand vous ne laissez pas les gens faire, ils se sentent dépossédés, ils ne comprennent pas le sens et surtout parfois ils sont bloqués par d'autres choses. Et donc nous, on va un peu remettre tout notre système au service des acteurs du terrain, pour leur permettre de respirer, de faire et d'accompagner. Le journal L'Opinion révèle ce matin qu'il y a une épidémie de tenues islamiques à l'école.

Est-ce que vous avez ces remontées ou pas ? Et si oui, que comptez-vous faire ? D'abord, vous savez, comme en toute matière, quand il y a des épidémies, il faut qu'il y ait des symptômes et on mesure.

Donc nous sommes en situation, constamment, de le mesurer. Donc on fait remonter - ça, c'est la responsabilité de Monsieur le Ministre - ces informations. Et là-dessus, je vais être très clair.

La politique que je veux conduire est toujours la même, celle de la vérité. Il ne doit y avoir aucun tabou, aucun interdit et non plus aucun fantasme. Moi je veux la vérité, la clarté sur tous les chiffres.

Et ensuite je veux que la loi de la République s'applique, et la loi est très claire pour tous les élèves. Dans nos écoles, il n'y a pas de signes religieux, quels qu'ils soient. Pourquoi ?

Parce que nous formons des citoyens en devenir. Et donc ces citoyens en devenir arrivent dans des situations où on produit des conditions d'égalité pour accéder aux savoirs. Et donc c'est aussi pour ça que je veux qu'on continue d'investir dans la formation de nos enseignants, pour qu'ils puissent répondre parfois à des situations qui sont très difficiles ou qui peuvent être tendues.

Donc, je vais être très clair sur ce sujet. Nous allons, avec Monsieur le Ministre, regarder, mesurer et répondre avec la plus grande clarté à toutes les situations qui ne respectent pas les lois de la République. Voilà !

Est-ce que vous allez leur demander de travailler plus en échange de ces contreparties, de ces moyens supplémentaires ? Comme je l'ai dit, d'abord, on va investir et les rémunérer mieux. On a commencé à le faire mais là, je veux qu'on ait vraiment cette approche, avec Monsieur le Ministre.

I y a une partie qui ne sera pas conditionnelle, et puis il y aura une partie qui sera conditionnelle, entre guillemets, c'est-à-dire qu'elle fera partie de ce pacte. Mais quand on regarde la réalité de ce qu'est la vie de nos enseignants - c'est aussi pour ça qu'on va, là aussi, lever beaucoup de malentendus ou de mensonges que j'entends - nos enseignants ne travaillent pas que durant le temps où ils sont devant les élèves. Ici, ce que beaucoup de nos enseignants nous ont expliqué, ils le font, parfois bien souvent depuis de nombreuses années, et ils n'ont pas de décharge ni ne sont rémunérés pour ces tâches, et ils le faisaient de manière difficultueuse, parce que c'était un peu parfois en défiance de l'administration des autres partenaires.

On va leur donner les moyens de le faire dans un cadre reconnu et donc en effet, de mieux les rémunérer, soit par des heures de décharge, soit par des améliorations de rémunération, comme on l'a fait ici. Donc il y a une part qui ne sera pas conditionnelle et il y a une part qui sera dans ce pacte, et une partie de ce pacte correspond à la réalité déjà cachée du monde de nos enseignants. Et une partie de ce qui est très clair dans le découragement qu'on a chez beaucoup de nos enseignants, c'est qu'on en a beaucoup qui s'engagent, qui donnent beaucoup de temps et ils ont le sentiment, d'abord que ça n'est pas reconnu dans leur rémunération - et c'est vrai - et ça n'est pas reconnu dans le regard qui est porté sur eux, parce qu'ils sont las d'entendre un discours constant qui est de dire : vous ne travaillez que X heures, en oubliant tout ce qui est à côté du temps devant les élèves ou du temps de correction des copies.

Ça va permettre de le reconnaître beaucoup mieux, ce pacte. Voilà. Est-ce que vous allez donner 40.000 € à chaque école, comme c'est le cas pour les 59 ici ?

On va justement le faire. Il y a une série de projets. Là, vous voyez, ce montant agrège des aspects pédagogiques et des aspects de rémunération.

Et donc, il y a dans l'investissement qu'on fait des aspects de rémunérations qui seront faites, la part de rémunération qui va avec le nouveau pacte, et puis aussi un fonds pédagogique qu'on va mettre en place, qui va permettre d'accompagner cela. Et on va aussi contractualiser avec nos partenaires que sont les collectivités locales, parce que le périscolaire est porté par les collectivités locales mais si on leur apporte cet engagement, ce sera leur intérêt. [INAUDIBLE] ce qui s'est passé au Stade de France ?

Je ne suis pas là pour faire des commentaires d'actualité. Elle va continuer de se faire en fonction, justement, des rapports qui seront rendus et de ce qui sera établi par toutes les parties prenantes qui ont eu à connaître ce qui s'est passé. Et donc on ira au bout de ce processus pour, aussi, prendre les bonnes décisions.

Merci beaucoup.