Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 13 octobre 2023 14 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsCulture, médias & sportSécurité

Entre intellectuels israéliens et palestiniens : la possibilité d’un dialogue

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:46OuverteRéponse directe

    Comment les choses se déroulent à Tel Aviv ?

  • 1:55OuverteRéponse directe

    Comment passez-vous vos journées ?

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Connaissez-vous des gens victimes de cette guerre ?

  • 4:15OuverteRéponse directe

    Aujourd'hui, la colombe que vous êtes, dans quel état est-elle ?

  • 6:36OuverteRéponse directe

    Avez-vous parlé à des Arabes israéliens ou Palestiniens depuis le 7 octobre ?

  • 7:44OuverteRéponse directe

    Qu'imaginer face aux groupes radicaux et au désir de vengeance ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:57InvitéFait
    « C'est un temps de guerre. »
  • 4:58InvitéFait
    « Il n'y a pas de différence entre le Hamas et Daesh. »
  • 5:02InvitéFait
    « Le Hamas ne veut pas d'État palestinien pour les Palestiniens. »
  • 5:09InvitéFait
    « Le Hamas, ça ne l'intéresse pas les Palestiniens. »
  • 5:19InvitéFait
    « Leur but, le Hamas, c'est d'abattre Israël dans cette attaque cruelle, horrible. »
  • 6:04InvitéFait
    « Je ne crois pas que le Hamas représente les Palestiniens ou le peuple palestinien. »
  • 7:34InvitéFait
    « Les Palestiniens n'acceptent pas cette action du Hamas. Mais ils sont otages du Hamas. »
  • 9:51InvitéFait
    « Ce gouvernement appelait tous les gens qui étaient contre lui, les libéraux, les gens de gauche, il les appelait anarchistes, traîtres. »
  • 10:22InvitéFait
    « Ce gouvernement est responsable de façon très claire de la situation actuelle. »
  • 13:16InvitéFait
    « Mes parents sont morts. Et en fait, quelque part, je suis heureux de savoir qu'ils sont morts parce qu'ils n'ont pas vu ces horreurs. »

Temps de parole

  • Invité60 %
  • Présentateur27 %
  • Invité 213 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:03
Présentateur

Nous avons décidé, suite à ces quelques jours, nous avons informé, nous vous avons informé sur ce conflit en cours au Proche-Orient de donner la parole à des artistes, des artistes israéliens et palestiniens. Je dois dire tout d'abord que peu ont accepté de s'exprimer, mais vous, Edgar Keret, vous avez accepté. Bonjour et merci d'être en duplex avec nous depuis Tel Aviv. Vous êtes écrivain, scénariste de bandes dessinées, cinéaste et enseignant. Vous avez notamment publié aux éditions de l'Olivier Incident au fond de la galaxie en 2020, ainsi que Cette année de bonheur en 2013. J'aimerais tout d'abord savoir comment les choses se déroulent à Tel Aviv, à Tel Aviv où vous êtes.

0:57
Invité

C'est un temps de guerre. Et en temps de guerre, le temps passe de façon totalement différente. La plupart du temps, qu'est-ce qu'on peut faire ? On n'a rien à faire. On reçoit des ordres et on reçoit des informations. On reçoit les peines, les douleurs des autres. Et c'est quelques jours qui sont passés. C'est comme une année. Le temps passe ou ne passe pas, comme d'habitude. Et il y a des moments où on fait quelque chose qui peut aider. On peut se dire, par exemple, qu'on fait quelque chose d'utile, comme par exemple lire des histoires à des enfants qui ont été évacués des kiboutzes, ou de répondre à des interviews, ou d'aller aider des personnes âgées dans les hôpitaux.

Et à ce moment-là, le temps vole à une vitesse incroyable. Et je sens, je ne sais pas, je regarde la semaine passée, et par instant, ça semble être une année. Et par d'autres aspects, ça semble être une seconde.

1:55
Présentateur

Justement, comment vous passez vos journées ? Aujourd'hui, ça sera le Shabbat, le repos hebdomadaire qui va débuter à la fin de cette journée de vendredi. Qu'est-ce que vous allez faire, Edgar Keret ?

2:10
Invité

Vous savez, mon sentiment des jours qui passent est complètement différent, parce qu'on est réveillé la nuit, on dort la journée. Et si vous voulez, le temps semble être quelque chose d'assez nébuleux, sans jour, sans nuit. Et puis, en fait, bon, je vais aller dans des studios de télé et essayer de faire des choses qui calmeront les gens chez eux. Et ce soir, j'ai encore une interview. Et demain, je ne sais pas, je ne sais pas où je vais être. Peut-être que je serai comme un con face à ma télé, ou je serai parti en train de lire des histoires à des enfants.

2:53
Présentateur

Bon, j'imagine que vous connaissez nécessairement des gens qui ont été victimes. C'est un petit pays. Israël, Edgar Keret, comment faire justement avec ces gens dont on sait qu'aujourd'hui ils sont morts, blessés, retenus en otage ?

3:12
Invité

L'expérience est une expérience de post-traumatisme collectif de tout un pays. Parce que ce sentiment, c'est que tout individu était sur place. Peu importe si tu as parlé avec quelqu'un qui, à ce moment-là, était en lien avec son frère par WhatsApp au moment où on brûlait sa maison, où on tirait sur sa maison, ou qu'on allait avec quelqu'un qui cherchait dans les services d'urgence pour savoir si un proche était hospitalisé ou s'il était mort. Peu importe, il y a des gens que vous connaissiez parce que c'était ceux qui faisaient le jardin devant votre appartement, ou des gens avec qui vous étiez à l'école, mais on est proche de tout le monde en ce moment.

4:08
Présentateur

Vous avez toujours été un grand partisan de la paix. Edgar Keret n'est pas du tout un faucon. Aujourd'hui, la colombe que vous êtes, dans quel état est-elle ? Qu'est-ce que vous vous dites ?

4:23
Invité

Mes positions n'ont pas changé. Mes idées n'ont pas changé. Je pense que Netanyahou et d'autres leaders au cours des 20 dernières années ont créé une sorte de paradigme qui dit qu'en fait, il faut laisser le Hamas tel quel, lui donner de l'argent, le renforcer. Et dans le cas de Netanyahou, ce sont des raisons qui l'ont mené à affaiblir les possibilités de paix. Je crois que cette semaine vient de prouver que ce paradigme s'est effondré. Il n'y a pas de différence entre le Hamas et Daesh. Le Hamas ne veut pas d'État palestinien pour les Palestiniens. Le Hamas, ça ne l'intéresse pas les Palestiniens. Et en fait, comme Daesh, ce sont des façades pour l'Iran.

Leur but, ce n'est pas comme les Russes qui attaquent l'Ukraine. Leur but, le Hamas, c'est d'abattre Israël dans cette attaque cruelle, horrible. Le Hamas a tué des musulmans, a tué des arabes, a tué des philippins, des philippines qui sont venus aider des vieillards israéliens. Ces gens ont été massacrés, ont été égorgés parce qu'ils ne cadraient pas avec le fondamentalisme islamique. Et cette pensée, ce paradigme auquel Netanyahou a amené, qu'on peut faire des accords avec Satan, qu'on peut le libérer un petit peu, et bien tout ça, ça s'est effondré. Moi, je ne crois pas que le Hamas représente les Palestiniens ou le peuple palestinien.

Je pense que de ce point de vue-là, la tragédie, c'est une tragédie commune, parce qu'au lieu qu'il y ait quelqu'un qui lutte pour sa liberté, il y a à la tête d'une population un corps qui l'a saisi, qui s'est saisi de lui. C'est un groupe fondamentaliste meurtrier, et pas moins meurtrier, et pas moins fondamentalisme que Daesh.

6:36
Présentateur

Avez-vous parlé depuis le 7 octobre à des Arabes israéliens, à des Palestiniens de Cisjordanie ou de Gaza, Edgar Keret ?

6:47
Invité

Je dois dire que moi, non. Je ne l'ai pas fait. Mais ma femme, qui se trouve dans un groupe qui aide des agriculteurs palestiniens, a dit que le Shabbat, le téléphone n'a pas cessé de sonner. Véritablement, ces Palestiniens ont présenté leurs condoléances. Je crois que toute personne qui a un peu d'humanité en soi ne peut pas rester inactive face à ce qui s'est passé. Je crois que ce qui s'est passé, on ne peut pas l'attribuer à un peuple, on ne peut pas l'attribuer à un collectif. Non, c'est un groupe extrémiste, radical, criminel qui a agi. Et son centre, son point névralgique est en Iran. Les Palestiniens n'acceptent pas cette action du Hamas. Mais ils sont otages du Hamas.

7:44
Présentateur

Mais alors, qu'est-ce que l'on peut imaginer maintenant, sachant qu'il y a d'un côté comme de l'autre des groupes radicaux ? Il y a d'un côté comme de l'autre le désir de vengeance et à la fois un certain nombre d'actes barbares qui ont été commis, Edgar Keret ?

8:08
Invité

Je crois que la réaction, le désir de vengeance, c'est vraiment une réaction de peur. Quand on essaye de vous abattre, vous essayez de faire la même chose de l'autre côté. Mais il ne faut pas que ces sentiments prennent le dessus. Il faut essayer de travailler de façon rationnelle dans une réalité totalement anormale. Moi, je ne suis pas un stratège militaire. Je ne suis pas un commentateur politique non plus. Mais il faut tenter de faire la différence entre le Hamas et Gaza. Ça serait quelque chose de positif. Et ça sera positif pour Gaza, tout comme ça sera positif pour Israël.

9:03
Présentateur

Moi, je ne veux pas vos idées en matière stratégique. Je veux juste comprendre comment l'artiste que vous êtes, et il y a d'autres artistes en Israël avec des idées aussi généreuses, comment ces artistes peuvent cohabiter avec un gouvernement Netanyahou qui n'a pas fait grand chose pour la peste, un euphémisme. Est-ce que vous êtes complètement en décalage de ce pays, de ce qu'Israël est devenu ? Est-ce que les personnes que vous représentez n'arrivent pas à s'organiser ?

9:33
Invité

Jusqu'à il y a une semaine, ce gouvernement appelait tous les gens qui étaient contre lui, les libéraux, les gens de gauche, il les appelait anarchistes, traîtres, tous ces gens que le gouvernement a nommés ces gens-là de cette façon-là. Mais ce sont ceux qui, aujourd'hui, s'occupent des blessés, s'occupent des gens qui ont été touchés par ces choses horribles. Ce gouvernement qui vraiment excite les radicaux, les extrémistes, c'est quelque chose de terrible. Ce gouvernement est responsable de façon très claire de la situation actuelle. et après que cette guerre se terminera, ces gens devront donner des réponses. Et je ne pense pas qu'ils puissent les donner.

10:37
Présentateur

Mais est-ce qu'il y a même une incarnation, une personne, par exemple, qui pourrait représenter les espoirs de paix ? On a l'impression que depuis la mort de Rabin, il n'y a pas eu une personne susceptible de représenter les idées de gauche progressiste, Edgar Keret. Qu'est-ce que vous en pensez ?

11:00
Invité

Il y a des gens comme ça. Il y en a. Nous sommes dans une situation qui, je crois, est mondiale, que d'une manière ou d'une autre, le fossé entre les leaders et ceux qui arrivent au pouvoir, entre les leaders idéologiques et ceux qui sont au pouvoir, eh bien cet écart est énorme. Et il y a des gens qui, avec une grande volonté, avec un grand courage, sont montés sur le champ du combat, il y a des gens comme Yair Golan, qui est vraiment quelqu'un qui était chef d'état-major adjoint, qui était véritablement dans le camp des gens opposés à Netanyahou. Eh bien, il a été qualifié de traître.

Eh bien, lui, par exemple, il est sur les routes et quand il voit ce vide qui a été laissé par l'armée, c'est quelque chose de terrible. Il a sauvé, il est allé de lui-même sauver des gens à la frontière de la bande de Gaza. Et mais tous ces gens de gauche, peu importe que ce soit des gens qui soient dans la high-tech ou dans la médecine, ces gens-là ont été les premiers capables de se mesurer à ce qui vient de se passer. Ce sont des sortes de héros, mais peut-être qu'il y aura très prochainement un leadership qui est proche du peuple et qui ne sera pas soumise aux manipulations du type trumpiste auquel cette population a été soumise récemment.

12:44
Présentateur

Juste quelques mots pour conclure. Est-ce que vous pouvez encore espérer, Edgar Keret, est-ce que c'est possible encore aujourd'hui d'avoir de l'espoir ?

13:00
Invité

Mais l'espoir est toujours possible. Vous savez, un individu qui est incapable d'espérer ou de croire véritablement un avenir meilleur, il a perdu de son humanité. Vous savez, mes parents sont morts. Et en fait, quelque part, je suis heureux de savoir qu'ils sont morts parce qu'ils n'ont pas vu ces horreurs. Mes parents m'ont dit que même au moment où ils étaient pendant l'Holocauste, pendant la Shoah, ils ont toujours espéré à des moments meilleurs. Je pense que l'espérance, c'est comme une boussole. C'est une boussole qui nous guide vers l'endroit, le bon endroit. Et de ne pas perdre notre humanité.

13:46
Présentateur

Merci beaucoup, Edgar Keret, d'avoir été avec nous. Vous étiez évidemment traduit par Maître Zlotowski. Dans quelques instants, une intellectuelle palestinienne, artiste, Yara El Gabdan et le réalisateur israélien Nadav Lapid.

Entre intellectuels israéliens et palestiniens : la possibilité d’un dialogue · Pourquijevote