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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 31 janvier 2025 10 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprises

Prix de l'électricité : malgré la baisse de 15% du tarif réglementé, "cela reste la tarification la plus chère", selon le président d'EkWateur

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Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15InvitéFait
    « Demain, les prix de l'électricité vont baisser de 15% mais peut-être pas pour tout le monde. »
  • 0:20InvitéFait
    « Pour les abonnés aux tarifs réglementés ou indexés sur ces tarifs, c'est sûr. »
  • 0:57PrésentateurPromesse
    « C'est-à-dire qu'en réalité, les marchés ont baissé de 29% et l'État, lui, augmente le prix de tout le monde en augmentant les taxes et le coût du transport. »
  • 4:00InvitéFait
    « En 2022, ils ont été moins chers surtout au début puisque le bouclier tarifaire mis en place par le gouvernement ne s'appliquait qu'aux tarifs réglementés de vente et pas aux offres des alternatifs. »
  • 9:40PrésentateurChiffre
    « Si ça avait été terminé aujourd'hui, ça serait 15% de plus. C'est-à-dire que la baisse qu'on a vue là disparaîtrait si le système de l'arène avait été fini dès le 1er janvier. »

Temps de parole

  • Présentateur73 %
  • Invité27 %

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0:01
Invité

Julien Tchernia, bonjour. Vous êtes cofondateur et président d'Équateur. Avec un K et un W, pour qu'on entende bien Watt, parce que vous êtes un fournisseur d'énergie. Demain, les prix de l'électricité vont baisser de 15%, mais peut-être pas pour tout le monde. Pour les abonnés aux tarifs réglementés ou indexés sur ces tarifs, c'est sûr.

0:24
Présentateur

Chez vous, est-ce que ça va baisser ? Est-ce que peut-être ça va augmenter ? Ce qui est intéressant, c'est que chez nous, comme chez tous les fournisseurs alternatifs, et bonsoir, merci de m'avoir invité. Chez nous et chez tous les fournisseurs alternatifs, ça a baissé depuis le 1er janvier 2024. C'est-à-dire que nos clients ont eu des prix qui étaient en moyenne 20% moins chers que les tarifs réglementés de vente sur toute l'année 2024.

Et donc, ce que je propose à tous ceux qui sont aux tarifs réglementés de vente cette année et qui vont avoir, effectivement, s'ils ne font rien, une baisse de 15%, c'est d'aller sur le médiateur de l'énergie et vous trouverez des offres encore moins chères que le tarif réglementé de vente après cette réduction. C'est-à-dire qu'en réalité, les marchés ont baissé de 29% et l'État, lui, augmente le prix de tout le monde en augmentant les taxes et le coût du transport. Donc, effectivement, l'État décide, et ça c'est bien sûr son choix souverain, d'augmenter la fiscalité sur l'électricité.

Par contre, les prix de marché sont reflétés dans toutes les offres et donc on retrouve un peu la concurrence. La seule différence cette année qui est spécifique par rapport à l'année d'avant, c'est que les tarifs réglementés de vente étaient excessivement hauts en 2024. C'est ça le sujet.

1:31
Invité

Je voudrais tout de même revenir sur ces tarifs qui vont s'appliquer à partir de demain, 1er février, parce que la Creux, qui est l'autorité de régulation de l'énergie, estime qu'il y a une augmentation possible pour ces contrats qui ne sont pas indexés sur les tarifs encadrés, on va dire, de 8 à 9% supplémentaires. Est-ce que, oui, effectivement, c'est vrai ?

1:53
Présentateur

Alors, oui, effectivement, c'est vrai. Et ce qui est intéressant, c'est que malgré cette hausse, les prix restent inférieurs au prix des tarifs réglementés de vente après la baisse. Et c'est ça qu'on entend assez peu dire de la part des politiques, c'est que finalement, aujourd'hui, un tarif réglementé, c'est une formule, comme chaque fournisseur a sa formule de prix. Et aujourd'hui, ça reste, par rapport à la plupart des offres, la tarification la plus chère. Donc, c'est important quand même de permettre aux gens de choisir.

2:18
Invité

Certes, mais est-ce que pour maintenir l'écart, on va le dire franchement, avec les tarifs bleus d'EDF, c'est ça les grands tarifs encadrés, est-ce que vous allez rogner, vous ou vos collègues ? Est-ce que vous allez rogner sur vos marges ?

2:31
Présentateur

Alors, chacun a sa politique tarifaire. Nous, pour rester moins cher, pour l'instant, on ne rogne pas sur nos marges. Par contre, évidemment, ça veut dire que le différentiel est beaucoup plus faible qu'auparavant, puisque simplement, les tarifs réglementés de vente, maintenant reflètent une baisse des prix, qui est une très bonne nouvelle. Et j'aimerais parler de ça.

Les prix ont été très, très élevés, parce qu'on a subi le troisième choc pétrolier, avec un problème d'approvisionnement en gaz, que l'Europe a réglé en récupérant du gaz américain, avec un gros problème de production nucléaire en France, qui est presque réglé par EDF, avec, à l'époque, sous-nous aussi une sécheresse, et donc très peu de stock dans les barrages, ce qui inquiétait beaucoup tous les marchés. On avait des prix de marché qui étaient autour de 1 000 euros le mégawatt-heure, alors que moi, d'habitude, j'achète à 50 euros du mégawatt-heure. Donc, on était sur des situations incroyables, et surtout pour nos clients.

Aujourd'hui, on est revenu, finalement, sur les marchés, à 70 euros du mégawatt-heure. Ce n'est pas encore ce qu'on avait avant, mais c'est quand même beaucoup plus acceptable, et d'où le fait que les prix peuvent être moins chers. Alors, ça reste une hausse de 30% entre avant-crise et maintenant.

3:36
Invité

Alors, je vous faisais parler, au nom de vos éventuels collègues, parce que vous êtes président de la Nod, c'est une association de fournisseurs alternatifs, et je voulais évoquer avec vous un autre changement qui va intervenir demain. Ce sont les très petites entreprises, les artisans, qui vont pouvoir bénéficier de ces fameux tarifs réglementés, et même les gros consommateurs, que sont, par exemple, les boulangers.

3:58
Présentateur

Est-ce que ces clients-là risquent de vous quitter ? Ces clients-là vont pouvoir, comme ils le font déjà d'ailleurs pour un certain nombre d'entre eux, comparer les prix. Eh bien, si jamais on est plus cher, ils iront là où c'est moins cher. Si ce qui les intéresse le plus, c'est le prix, et après, ils feront comme tout le monde. Moi, ce que j'ai l'habitude de dire, c'est que le meilleur gagne.

Aujourd'hui, objectivement, si on regarde les prix, le tarif réglementé de vente étant plus cher que la plupart des autres tarifs, en tous les cas, chez Equateur, on n'est pas très inquiet du départ, parce que si les gens comparent, ils vont se dire, à part s'ils sont très mécontents de notre service, ce qui n'est pas le cas, on a beaucoup d'étoiles sur les réseaux, eh bien, ils vont se dire, je vais rester là. Donc, c'est un tarif de plus qui est disponible pour ces petits commerçants.

4:40
Invité

Eh bien, je vais vous emboîter le pas, vous parler du service, précisément au moment de ces variations de tarifs. La Creux, je le redis, l'autorité de régulation de l'énergie, a décidé de renforcer ses contrôles sur les offres des alternatives que vous représentez aujourd'hui. Est-ce qu'il y a des soupçons sur les pratiques de vos collègues en général ? Est-ce que, en clair, les offres de ces fournisseurs ne sont pas, parfois,

5:03
Présentateur

pleines de pièges ? Alors, c'est intéressant. D'abord, nous, on travaille, notre association, la Nod travaille de concert avec la Commission de régulation de l'énergie pour ses règles prudentielles et pour ses lignes directrices. Et là, je ne sais pas si vous avez vu, mais il y a une semaine, il y a une étude de la DGCCRF, donc la répression des fraudes, qui a fait une grande enquête au niveau national. Et ce qu'il en ressort, c'est que ce sont principalement les zones où il n'y a pas de concurrence, les ELD, où il y a des gros problèmes de compatibilité, de conditions générales de vente.

Ils ont cité, c'est en tous les cas, ce qu'il y a écrit dans le communiqué de presse, que sur l'ensemble des fournisseurs qu'ils ont vus, il y en avait quatre qui ont eu des injonctions et que la plupart étaient des... Donc, on appelle ça entreprises locales de distribution en situation de monopole, avec parfois, pour certaines, des CGV qui n'avaient pas bougé depuis 2015, pardon, des conditions générales de vente qui n'avaient pas bougé depuis 2015.

Donc, nous, à l'ANOD, on regarde ça avec étonnement parce qu'on fait très attention à nos clients, c'est un jeu concurrentiel et donc, parmi tous les membres de l'ANOD, en tous les cas, aucun n'est concerné par ces injonctions de la répression des fraudes et on voudrait souligner le fait que la concurrence amène toujours plus de bonnes pratiques même s'il y a quand même un fournisseur national mais on ne sait pas lequel c'est, il ne fait pas partie de l'association qui est pointée du doigt aussi. Et précisément,

6:24
Invité

à propos de concurrence, vous dénoncez les tarifs réglementés, je vous ai lu, vous évoquez une illusion de protection, c'est ce que vous dites, vous dites même qu'il faudrait les supprimer, par exemple, à partir de l'an prochain,

6:35
Présentateur

réellement ? Oui, moi je suis à partir de l'an prochain, même cette année. En fait, je n'ai rien contre les tarifs réglementés et leur existence, j'ai beaucoup contre leur instrumentalisation politique. Vous prenez l'exemple de la campagne électorale du mois de juillet, de juin, pardon, pour le Parlement, vous avez entendu des partis qui disaient quand je serai au Premier ministre, vous verrez, moi je ferai baisser le prix, j'enlèverai la TVA et puis d'autres qui disaient vous verrez, moi dès septembre, dès février, pardon, ce sera 10% de moins.

À ce moment-là, il leur suffisait de dire pour améliorer le pouvoir d'achat des Français, regardez les offres de marché, même EDF est 20% moins cher que les tarifs réglementés de vente.

7:14
Invité

Mais pourtant, 70% des foyers restent attachés

7:17
Présentateur

à ces tarifs indexés,

7:19
Invité

encadrés.

7:20
Présentateur

Et c'est bien ce que je reproche à leur existence, c'est-à-dire que parce qu'ils sont mis en avant par les politiques, vous comprenez aussi que là, on a une taxation qui n'a eu comme calcul, puisque une partie de la chute du gouvernement précédent dépend de ça, ils avaient dit moins 9, finalement ils disent moins 14, finalement ils font moins 15. Le calcul dépendait du prix de marché. Et donc, on a finalement une espèce de tambouille qui dit je vais regarder combien ça coûte et je vais rajouter la taxe que je veux. Et ça, c'est de l'instrumentalisation politique d'une formule comme une autre.

Et c'est au détriment des Français qui font confiance à la parole des politiques, encore un peu en tout cas, pour ça. Ou font confiance

7:56
Invité

à leur facture parce que ces tarifs, ils ont été moins chers en moyenne que les offres alternatives en 2022, c'est-à-dire au moment de la crise de l'énergie où l'énergie a vraiment atteint des prix importants.

8:09
Présentateur

Alors en 2022, ils ont été moins chers surtout au début puisque le bouclier tarifaire mis en place par le gouvernement ne s'appliquait qu'aux tarifs réglementés de vente et pas aux offres des alternatifs. Et ça, ça a été bien démontré par l'autorité de la concurrence et par la commission de régulation de l'énergie, ce qui a protégé les Français pendant la crise. Ce ne sont pas les tarifs réglementés de vente, mais bien les boucliers tarifaires et heureusement pour nos clients que l'État les a mis en place. Je voudrais quand même

8:32
Invité

qu'on aborde un point l'an prochain, une révolution pour les tarifs de l'électricité avec la fin d'un mécanisme de protection qui est baptisé AREN, l'accès régulé à l'énergie nucléaire historique. Ça va faire augmenter mécaniquement les tarifs de l'énergie d'origine nucléaire. On va vers l'inconnu, vous-même, vous avez une inquiétude ?

8:54
Présentateur

On a une inquiétude pour nos clients. Nous, finalement, comme métier, on est des sortes de stations-services de l'électricité et du gaz. Si le pétrole coûte plus cher, le prix à la pompe coûte plus cher, ce n'est pas la faute de la station-service. Donc, en soi, ce ne serait pas un sujet pour nous. Par contre, c'est un sujet pour nos clients. Aujourd'hui, en France, depuis 2010, vous avez ce système AREN qui redistribue une partie de la rente nucléaire d'EDF à tous les Français qui disent que ce n'est pas EDF de gagner ça, un peu comme un péage d'autoroute.

Je vais réglementer le prix de vente du péage d'autoroute pour ne pas que la société privée qui possède l'autoroute puisse faire toutes les marges qu'ils veulent. Ce système arrive normalement à la fin au 31 décembre et rien, très peu, est prévu pour le remplacer. Le calcul, c'est si ça avait été terminé aujourd'hui, ça serait 15% de plus. C'est-à-dire que la baisse qu'on a vue là disparaîtrait si le système de l'arène avait été fini dès le 1er janvier.

9:52
Invité

On se reverra l'année prochaine. Avec plaisir. Julien Tchernia, cofondateur et président d'Equateur et président de l'ANOD, association de fournisseurs alternatifs, invité de France Info. Merci beaucoup.

10:02
Présentateur

Merci.