Hongrie, Bulgarie, Pologne, Italie : l'état de droit en danger en Europe ? | Ici l'Europe
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bienvenue, on se retrouve au Parlement de Strasbourg qui a poussé un ouf de soulagement après les élections hongroises mais s'interroge sérieusement depuis les Bulgares. L'état de droit des 27 membres de l'Union européenne est-il en progression ? Le 12 avril dernier, les Hongrois ont renvoyé dans ces foyers Victor Orban après 16 années de démocratie illibérale synonyme de main mise sur la justice, les médias, l'économie et la société civile.
Son successeur, Peter Mogiard a promis de restaurer une démocratie fonctionnelle et de dégeler 18 milliards d'euros suspendus par Bruxelles pour sanctionner la dérive autocratique. Et puis toujours à l'est, le 18 avril, la Bulgarie a fait le choix de Rumen Radef, le président pendant 10 ans devenu premier ministre sur un discours anticorruption certes, mais aussi en partie prorusse. Qu'est-ce que cela implique sur l'avenir démocratique du pays ?
Même interrogation dans l'Italie à droit toute de Georgia Méloni qui a perdu son référendum sur une réforme controversée de la justice mais est accusé de contrôler de plus en plus les médias. incertitude aussi en Pologne ou Donald Tus que Pen a réformé un état de droit verrouillé par le parti ultraconservateur droit et justice qui a précédé. Alors pour en parler aujourd'hui, nous sommes en compagnie de Chloé Ridel bonjour députée européenne française pour les socialistes et face à vous Radan Canefour.
Eurodéputé Bulgare pour le Parti populaire européen qui correspond au centre droit en Bulgarie. Euh on commence par une alternance possible en Hongrie, madame Ridel, alors que l'on croyait finalement ce système urban beaucoup trop verrouillé, beaucoup trop avancé sur le chemin de l'autoritarisme. Oui, la défaite d'Orbane d'abord, elle est symbolique et elle est forte parce qu'Orbane c'était pas juste le premier ministre d'un pays qui représente que 2 % de la population européenne, c'était le parrain de l'extrême droite en Europe et même au niveau mondial.
Il était très proche de Donald Trump notamment. Et c'est vrai que sa défaite dans un pays où il y avait quasiment plus de presse libre, plus de liberté de la recherche non plus, où euh toutes les paroles de l'opposition était verrouillé, c'est extraordinaire que les Hongrois euh aient réussi à mettre un terme à son régime corrompu euh et pas que illibéral. Et ça c'est lié à un énorme sursaut populaire.
Il y a près de 80 % de participation aux élections en Hongrie, c'est 20 points de plus que aux dernières élections. Donc c'est à ça que on doit la défaite d'Orbane. Et maintenant Peter Mager a pris la suite.
Il a fait la campagne en promettant de rétablir l'état de droit en Hongrie, de lutter contre la corruption qui a atteint des niveaux endémiques sous-urbane et de se retourner vers l'Union européenne, d'arrêter de mettre son véto par exemple sur l'aide à l'Ukraine qui a pu enfin être débloqué ces jours-ci. Donc c'est quelque chose de tout à fait majeur qui s'est passé en Hongrie. Radan Kanef, les Européens depuis 2020 se sont dotés d'instruments de rétorsion en cas de non respect de de cet état droit par l'un de ces Étatsmembres.
C'est le gel des fonds européens. 18 milliards avaient été gelés en Hongrie. Ça a pu jouer un rôle pour pousser le pays vers les valeurs européenne ?
Je pense que oui. J'ai toujours défendu le le mécanisme de conditionnalité de conditionnalité pour l'état du droit. Je pense que l'Hongrie était un bon exemple que que ça peut avoir un effet positif.
Je pense que euh les électeurs hongrois euh ont été disons soutenu par ce mécanisme dans leur sentiment anticorruption et anti capture d'état, on peut dire bien sûr pour l'Hongrie. Alors, c'est quelque chose qui qui doit progresser, qui doit tenir compte de la dynamique dans les dans les divers pays européens. Vous vouliez ajouter peut-être que ça a aidé à à chuter du point de vue économique ?
Parce que moi, je préside ici au Parlement européen l'intergroupe contre la corruption et avec mes collègues, on a tenu bon sur le refus de céder sur les 18 milliards de fonds européens qui étaient gelés parce que l'état de droit n'était pas respecté en Hongrie. Et c'est ça qui a fait notamment tomber urbane parce que tout son système de corruption se nourrissait des fonds européens et les oppositions que j'avais rencontré en Hongrie disaient surtout ne lâchez pas là-dessus même si ça n'est pas dans notre intérêt puisque c'est autant de milliards d'euros qui ne vont pas dans les services publics congrois dans la santé dans les transports mais du coup ça a fragilisé son système de corruption et nous avons bien fait de tenir bon là-dessus. Alors, la Hongrie qui vient d'être sanctionnée aussi euh du point de vue de la justice, hein, par la Cour de justice de l'Union européenne épinglée pour non respect de l'État de droit, en particulier euh des droits des personnes LGBT après une loi jugée discriminante, une première en Europe dont se félicite la Commission.
On l'écoute. Nous saluons l'arrêt historique rendue aujourd'hui par la Cour de justice de l'Union européenne. La Cour a estimé qu'en adoptant la loi dite sur la protection de l'enfance, la Hongrie a enfreint plusieurs droits fondamentaux.
La Cour a confirmé que la Hongrie a agi en violation des valeurs fondatrices de l'Union européenne. [grognement] Chlo Idel Victor Orban s'est toujours plein d'être attaqué par Bruxelles sur son positionnement ultraconservateur sur ses valeurs. Justement, il disait être dans son bon droit et notamment avec une loi sur les LGBT.
Mais le jugement reconnaît une discrimination du de genre qui ne peut avoir sa place en Europe. Ça change quelque chose bien sûr parce que Victor Orban s'est toujours revendiqué de l'identité européenne pour s'attaquer aux personnes homosexuelles notamment. Or l'identité européenne c'est bien le respect de la dignité humaine et de la liberté de réunion et de manifestation.
Et qu'est-ce qu'avait fait Victor Orban ? il avait fait passer une loi pour interdire aux personnes homosexuelles transgenre d'aller manifester ou de se réunir. Donc c'est une atteinte fondamentale à ce qui fonde les valeurs de l'Europe depuis le siècle des lumières.
Voyez ? Et donc nous étions allés moi-même au côté de nombreux collègues ici au Parlement européen manifester à Budapest pour la marche des fierté et aujourd'hui la Cour de justice vient confirmer ce que ce que nous pensions. Rardan Kanef maintenant que va-t-il se passer en Hongrie ?
Le nouveau premier ministre euh Peter Magar va-t-il avec une majorité très nette pouvoir réformer le pays et revenir à l'état de droit ? On a vu que en Pologne par exemple, c'était pas aussi simple. le premier ministre proe européen Donald Tou a échoué jusqu'à présent globalement à imposer une réforme du système qui reste aux mains du parti droit et justice.
Voyez bien sur la la grande question comme en Hongrie aussi en Bulgarie, peut-être même plus fort en Bulgarie, c'est est-ce que un nouveau gouvernement et un nouveau majorité dans les assemblées nationaux respectives va vraiment réformer un modèle très corrompu mais aussi un modèle qu'on peut bien dire c'est c'est ce qu'on déf fin comme l'état profonde des des réseaux des connexions à pas très légitime entre les services de sécurité puis judiciaire puis parti politique puis médias. Ah, il y a une une tentation, je disais bien sûr, de d'établir un nouveau contrôle sur ces réseaux, mais pas de détruire, pas de pas de les euh pas de les réformer. Pour le cas en Bulgarie, il y a bien sûr une crainte parmi les meilleurs réformistes que je représente au Parlement européen par exemple qu'on va qu'on va voir en un processus de disons inérité c'est ces raisons mais pas de les réformer. rester dans le contrôle finalement garder la main la main mise totale sur les éléments de la démocratieant les person en changeant les visages mais mais sans sans un changement profonde des des systèmes de contrôle ça sera la question la plus importante dans tous les tous les pays qui on ont ont vécu dans ce système de démocratie illibérale ou de corruption très sérieuse.
Alors, on va regarder aussi parce que dans le même mois, suite aux élections donc hongroises, se sont tenu en Bulgarie des élections qui ont fait un un choix très différent, celui d'un candidat eurocritique avec des accents prusses. En effet, la Russie s'en est d'ailleurs félicité. On écoute.
Le dialogue avec la Russie doit être repris. L'Europe doit notamment réfléchir sérieusement à la manière dont elle va sécuriser ses ressources énergétiques. J'attends donc de l'Europe qu'elle soit beaucoup plus pragmatique dans sa mission et dans ses actions.
Bien évidemment, nous voyons d'un bon œil les propos de monsieur Radev qui a remporté les élections exprimant la volonté de résoudre les problèmes par le dialogue pragmatique avec la Russie. Cela fait écho à notre position et nous nous en félicitons. Quand on entend ça, est-ce qu'on ne se dit pas que Vladimir Poutine qui a perdu un allié avec Victor Orban en a peut-être retrouvé un en Bulgarie ?
Si vous savez cette euh cette guerre de Vladimir Poutine contre l'Europe, elle est pas terminée et il continuera inlassablement d'essayer d'influencer les élections en Europe et euh euh de se créer des relais favorables. Euh mais si vous voulez, quand j'écoute ce qui est dit dans dans votre vidéo, ce qui est pragmatique euh aujourd'hui de faire face à la Russie, c'est de soutenir la résistance ukrainienne. C'est de se défaire de notre dépendance aux énergies fossiles russes, au gaz et au pétrole.
C'est ça qui est pragmatique. Je ne vois pas d'autres solutions qui s'offrent à nous dans un contexte où vous avez à la tête de la Russie un dirigeant encore une fois impérialiste et qui mène une guerre contre non seulement l'Ukraine mais l'ensemble de l'Union européenne. Alors qu'est-ce quel signal envoie cette élection de Rouen Radef qu'on connaît pas très bien ?
Il était quand même président pendant 10 ans mais force sur la scène européenne en tout cas, il rejette la corruption. C'est pour ça d'ailleurs qu'il l'a emporté. Mais est-ce que vous jugez qu'il peut être un nouvel orb aussi au sens de l'état de droit dans le fond et faire jouer son véto auprès de l'Union européenne pour se renforcer ?
Ah, je dirais que c'est possible euh mais je je espère que qu'il y aurait un un développement assez différent euh parce que monsieur Radf, il est le disons le prisonnier euh d'une majorité des électeurs euh très hétérogènes. Il y a une minorité qui est bien prorusse, eurosceptique, même antie-européen disons parmi ces électeurs, mais la majorité de ces élections est centriste, anticorruption et proeuropéenne. le message même de monsieur Radev quand il était le président de la République et maintenant candidat pour le premier ministre sont plutôt pro russes.
Euh alors on doit suivre avec une grande attention parce que ceux qui sont prorusses assez vite ils adoptent ce qu'on appelle les lois russes, c'est-à-dire de main mis sur les médias, la magistrature, l'interdiction des ONG et cetera. Pruss loû bien sûr des des réformes anticorruption et et les réformes de l'état du droit sont dans un conflit naturel avec un sentiment prorusse. Euh parce qu'en Russie de Poutine mais aussi en Russie de Eltine ou bien de du régime communiste, il il n'avait pas de de l'état de droit.
C'est c'est une contradiction interne, disons. Et Romen Rade a annoncé une réforme de la magistrature. Est-ce qu'il faut s'en réjouir ou s'en inquiéter ?
Ah bien, pour cette réforme, il aura besoin d'une majorité qualifiée dans l'assemblée de 2 tiers qu'il ne possède pas de 160 membres du parlement. Et ici, on doit on doit regarder premièrement euh quel euh quelle coalition il il va essayer d'établir pour la nomination d'un nouveau conseil judiciaire et puis un inspectorat judiciaire. Et puis même plus important les processus et je dirais que le grand test sera cette connexion intime et illégitime en même temps entre les services de sécurité euh et le judiciaire, ce qui est le plus profond problème euh de de l'état du droit bulgare.
Alors le le les problèmes de l'état de droit, c'est pas que l'Europe de l'Est. On va on va sortir un petit peu. On va on va aller plus au sud.
Quit de l'Italie des droits radicales alliés dans le gouvernement Mélonie. Est-ce que vous jugez qu'il y a atteinte à ce stade à l'état de droit main mise par exemple sur les télévisions publiques et puisque les privés sont déjà à Berlusconi ? Est-ce que l'Europe est capable de sanctionner un gouvernement méléonique ?
Elle juge plutôt aligné d'ailleurs sur des questions géopolitiques importantes comme l'Ukraine et cetera ? Alors, pour l'instant, non, il y a pas de moyen juridique de sanctionner euh euh ni l'Italie ni d'ailleurs la France, hein, euh pour des questions relatives à l'intéance de la presse et à la liberté de la presse. On voit des phénomènes de concentration euh en fait de la propriété des médias dans les mains de quelques milliardaires.
C'est vrai en France, c'est aussi vrai en Italie avec aujourd'hui aussi c'est ce contrôle sur la télévision publique. Mais aujourd'hui, vous ne pouvez bloquer par exemple les fonds européens à destination d'un pays que en vertu de la corruption pour éviter que l'argent des Européens, nos impôts ne finissent dans la poche de corrompu. Mais on n pas tous les outils pour s'assurer que l'état de droit soit respecté en Europe.
Et l'état de droit, c'est l'indépendance de la justice, c'est le respect des droits fondamentaux de chacun, c'est aussi la liberté de la presse et on voit que elle est fragiliser sur l'ensemble du continent. inquiétude dont vous parlez pour la France aussi parce qu'on parle beaucoup des autres pays que vous avez 11 milliardaires aujourd'hui en France qui détiennent 80 % euh de la presse écrite, 60 % des antennes radio. Donc c'est c'est une concentration très forte dans les mains de de quelques-uns qui atteint aussi le secteur de la culture.
Voyez ce que fait par exemple le milliardaire Vincent Bolery dans le monde de l'édition quand vous mettez la main sur des éditions comme Fard, sur la maison grassée qui sont patrimoine vivant de la culture française et que vous le faites à des fins politiques. Cela pose un problème et nous n'avons pas aujourd'hui les outils pour y faire face. Il faudrait qu'on puisse fixer des seuils anticoncentration dans le secteur des médias comme dans le monde de la culture.
Monsieur Canef, votre parti le PPE effectivement dans dans un gouvernement mél à travers on parlait de la figure de de Sylvio Berlusconi mais est-ce que vous ça vous choque cette question de l'indépendance de la presse et de la télé publique ? Est-ce que ça ça doit être aussi une des valeurs que l'Union européenne devrait pouvoir défendre avec des outils plus efficaces ? Ça peut pas me choquer comme en Bulgarie, c'est un problème persistant pour pour des diens dizaines d'années.
Euh ce qui j'espère est que le Bulgarie ne sera pas l'exemple [grognement] euh pour le développement de du marché médiatique dans les pays d'Occident. Ah parce que chez nous c'est un problème bien hérité de du régime communiste. Donc ça vous choque quand même comprend que ça peut pas ne pas vous choquer.
Merci en tout cas à vous d'avoir bien illustré cette question de l'état de droit et quels en sont les ingrédients comment le rétablir. Merci à tous et bonne suite de programme sur nos chaînes. Merci à vous.
Chloé Ridel