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interview28 minutes - ARTE· 26 novembre 2025 46 min

Benjamin Morel / Service militaire : les Français prêts au sacrifice ? | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] Bonsoir [musique] spectateur artésien chéri, bienvenue dans 28 minutes. Merci de votre fidélité et bonsoir mes camarades. L'actualité française, c'est l'annonce imminente par Emmanuel Macron du rétablissement du service militaire sous la forme d'un service national volontaire ouvert aux filles et aux garçons dans un contexte de monté des menaces de conflit terrestre ou hybride avec la Russie.

Il y a pour tout soldat de la nation un pacte et le soldat qui s'engage fait sacrifice mais après faut pas expliquer à tous les Français qu'on va les sacrifier. Ça n'a aucun sens. Préparer la nation et réarmer ses forces morales entre guillemets la passe-t-il par ce service national au fait qu'en pensent les Français les jeunes et les moins jeunes vivions-nous depuis 80 ans dans l'illusion de la fin de l'histoire ou de la fin de la guerre ?

On en débattra avant de vous retrouver Marie Bonissau et Xavier Maudu et direction la Belgique Ellisabeth. Oui. Grève massive en Belgique national interprofessionnelle contre les mesures de rigueur du gouvernement et c'est l'occasion de rappeler l'histoire intime qui unit les Belges et les mouvements sociaux d'ampleur.

Et vous mari par où ? En Asie. En ce moment les Taiwanais se gavent ostensiblement de sushis pour montrer leur soutien à leur alliés japonais contre la Chine.

J'ai appelé ça la diplomatie du poisson cru. Ça va faire école la diplomatie du sushi quoi. À tout à l'heure.

Et pour commencer après au burrois uburois d'une certaine façon la France n'a en effet toujours pas de budget pour 2026 puisque tous les députés y compris ceux de la majorité présidentielle sauf un un seul ont rejeté le projet de loi de finance samedi dernier à l'Assemblée. Pour analyser cette situation complètement dingue, inédite et les options qui restent au 3e premier ministre nommé depuis la dissolution de 2024, on reçoit un pédagogue et brillant constitutionnaliste Benjamin Morel. Benjamin Morel, bonsoir.

Je vous présente Adan Di et Benjamin Sportouche et je vais tout de suite m'autoflageller parce que finalement j'ai dit une bêtise. On en est pas au 3e premier ministre depuis la dissolution. Techniquement c'est on en est au 4e gouvernement.

Alors le premier ministre c'est le même hein que celui qui est duré 14h mais malgré tout bah c'est un le corn 2. Donc du point de vue strict sensus juridique c'est un nouveau gouvernement par rapport à celui qui a été le plus court toute République confondue. Vous bichez les constitutionnalistes.

On a besoin de vous maintenant pour tout comprendre hein. Bah forc de constater que les Français apprennent beaucoup d'articles de la Constitution que même nous on connaissait très peu parce que on va peut-être parler par exemple des ordonnances budgétaires. Elles n'ont jamais été utilisées.

Donc même dans nos cours, on ne les traitait pas vraiment ou de manière très superficielle considérant que c'était assez anecdotique. On va d'abord commencer par votre profil idéal si vous voulez bien mettre et ensuite on y viendra. Profil idéal réalisé par Gael Legrap.

Benjamin Morel, vous êtes constitutionnaliste, maître de conférence en droit public. En paraphrasant le titre d'un film sorti en 1996, on pourrait affirmer que la question qui se pose aujourd'hui n'est pas "Y aura-t-il de la neige à Noël ? Mais y aura-t-il un budget à Noël ?" Pour prévoir l'évolution du climat parlementaire des prochaines semaines, vous avez le profil idéal.

Lors de son discours de politique générale du 14 octobre dernier, le Premier ministre Sébastien Lecnu avait confirmé qu'il renoncerait au 493 et il avait martelé sa promesse en utilisant sep fois la même formule. Ce que je vous propose, c'est de trouver un chemin commun. Malgré les divergences, le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez.

Le gouvernement a proposé, les députés ont débattu pendant 125 heures. Ils ont amendé le projet de loi de finance et dans la nuit de vendredi à samedi dernier, ils ont en effet voté pour 1 contre 40. L'Assemblée nationale n'a pas adopté.

Alors après ce triomphe historique, que peut-il se passer ? Tout d'abord, la version originelle du texte est actuellement discutée au Sénat, là où la majorité de droite et du centre compte bien imposer sa loi comme le déplore le président du groupe socialiste, Patrick Caner. Quand on dit on va carchériser le travail de l'Assemblée nationale, on va mettre fin à l'hystérie fiscale, c'est le président l'archer lui-même qui a prononcé ces mots très durs, je considère qu'on n'est pas dans une relation normale entre l'Assemblée et le Sénat.

Selon vous, Benjamin Mamorel, la situation qui en découlera est claire. Les sénateurs vont adopter une version très àoite inadoptable par l'Assemblée nationale et on aura jamais un budget à temps. Reste trois options pour sortir de l'ornière. 1, les ordonnances.

Le gouvernement adopte le budget sans passer par la procédure législative, mais il risque une motion de censure. De les lois spéciales qui autorisent l'État à lever l'impôt et à emprunter sur la base du budget de l'année précédente des rustines temporaires donc. Et enfin, le 493 à propos duquel vous déclarez bien utilisé, il peut permettre de trouver un modus viv acceptable et moins coûteux pour tout le monde.

Bref, retour à la case départ et pour reprendre le titre d'un autre film datant lui de 1993, tout ça pour ça. Excellent. Benjamin Morel, revenons quand même sur ce vote incroyable.

Il y a quelqu'un qui a connu son quart d'heure Warolien. C'est le député qui a voté pour député de Roire. On connaît son nom maintenant.

Il s'appelle Arold Hvar. Ils ont tous voté contre, y compris les députés de la majorité présidentielle. Comment vous comprenez ça ?

Bah, tout bêtement, parce que la méthode que l'on a utilisé là pour tenter de faire passer ce budget, c'est une méthode qui ne peut pas fonctionner. C'est-à-dire qu'on dit beaucoup, il y a une reparlementarisation du régime, c'est pas vrai. Un régime parlementaire classique, ça fonctionne pas comme ça.

Ça fonctionne pas comme ça en Allemagne, en Italie, partout. En fait, qu'est-ce qui se passe ? Vous formez une majorité, vous consolidez votre majorité et dans votre majorité, il y a un élément qui est non négociable.

Tous les gens qui sont dans la majorité votent le budget. Il y a personne qui prend un budget qui l'envoie dans le parlement et qui dit vous l'amenderez comme vous voudrez et à la fin bah vous mettrez d'accord pour voter ce texte. Ça ne peut pas réellement fonctionner en tout cas pas depuis le 19e siècle.

Et donc dans ce cadre là bah ce qui s'est produit là c'est peu au prou d'ailleurs ce qui s'est produit l'année dernière également. Et donc bah il va falloir changer de méthode ou en tout cas trouver une autre voie. Enfin il y a quand même une issue vous en parlez tout à l'heure c'est les ordonnances.

En fait, la Constitution a tout prévu. On peut avoir un budget avec des ordonnances. Quel est le problème ?

Alors, on peut avoir un budget par voie d'ordonnance. Alors, un peu de d'historique, on les a jamais utilisé les ordonnances de l'article 47, hein. C'est quelque chose qui vient qui nous vient du droit allemand, de la constitution bismarquienne et de la constitution de Waimar.

À l'époque, le premier qui les utilise, c'est Autophone Bismarck. Et il explique, grosso modo à l'époque au hashtag, le parlement allemand, que l'empire allemand n'est quand même pas tout à fait une démocratie. Les ordonnances, c'est très fort.

On quand on entend ordonnance, on pense à François Mitteran, la chelle des ordonnances. C'est pas du tout la même disposition. Ça c'est les ordonnances de l'article 38 de la Constitution.

Là, on parle des ordonnances de l'article 47 de la Constitution. Not les étudiants. Notez.

Exactement. Or, il faut bien comprendre que le régime parlementaire en France depuis 1816, il a été fondé sur quoi ? Sur le fait que les députés votaient ou ne votaient pas le budget.

Serait la première fois que on a un parlement qui ne se prononcerait pas sur un budget. C'est constitutionnellement possible. Même si on pourrait revenir, on sait pas exactement ce qu'on peut mettre dans les ordonnances.

Néanmoins démocratiquement ça aurait un vrai coût. D'abord parce qu'on ouvrirait une fenêtre d'overton parce que si on n pas de budget cette année, on en aura pas l'année prochaine à quelques mois d'une présidentielle et ensuite par parce que derrière on pourrait s'habituer chaque année à ne plus avoir de parlement qui vote un budget et ça c'est quand même le fondement du contrôle parlementaire. Les lois spéciales y avoir les lois spéciales expliquer encore aux étudiants qui nous écoutent et qui nous regardent ce que c'est que les lois lo spéciales.

Mais les français les connaissent, on les a eu l'année dernière. L'année dernière, souvenez-vous, Michel Barnier tombe au mois de décembre, c'est un peu embêtant. Et donc, on vote ces lois spéciales qui en fait n'autorisent que deux choses.

Prélever les impôts sur la base de l'année précédente et emprunter sur les marchés. Il y a pas de shutdown en France. Justement, ça c'est le spectre auquel tout le monde pense par rapport aux États-Unis.

Ce qui se passe, les fonctionnaires pas payés, ça n'existe pas. On doit toujours, c'est même pas qu'on peut, c'est qu'on doit payer les fonctionnaires. Les cartes vitales fonctionneront toujours, il y a pas de problème.

Mais derrière, si vous exécutez les dépenses sur la base de l'année dernière, ce qu'on appelle les crédits votés, bah il faut quand même avoir des recettes à mettre en face et ça c'est le premier problème. Ensuite, les lois spéciales, bah elles ont deux problèmes fondamentaux. Premièrement, tout ce qui est réindexation des impôts, on oublie.

Donc par exemple barem sur l'impôt sur le revenu. Deuxème élément, bah les dépenses, c'est uniquement les dépenses qui sont les dépenses, on va dire, de fonctionnement global de l'État. Par exemple, vous pouvez payer vos militaires, c'est heureux. mais vous pouvez pas leur acheter de nouveaux avions.

Et donc ça fait peut-être le pont avec un un débat que vous aurez un peu plus tard. Et dans ce cadre-là et bien euh vous comprenez bien que vous avez des politiques publiques qui sont un peu à l'arrêt. Puis derrière les avions, il y a qui ?

Bah il y a des entreprises. Ces entreprises, elles ne peuvent pas avoir de commande publique, elles ont des sous-traitants et donc c'est l'ensemble de votre modèle économique fragilisé. Et donc si ça dure 2 mois, ça va.

Si ça dure plus, c'est embêtant. Donc ça n'exclut pas de voter un budget simplement ça reporte les séances. Jean-Main Morel, il y a un pays où ça n'est pas un problème, on va l'évoquer avec vous et avec Anandiaï, l'Espagne, il y a pas de budget et pourtant la croissance est florissante ou presque.

Ouais. 3 ans que nos voisins espagnols n'arrivent pas à se mettre d'accord pour voter un budget. Le gouvernement de socialiste de Pedro Sanchez peine à réunir des alliés puisqu'il n'a pas de majorité au Parlement.

Une situation qui est quand même assez similaire à la nôtre. Et donc depuis 2023, le budget est reconduit, comme vous venez de l'expliquer, à l'identique. Les retraites et salaires des fonctionnaires sont versés. les dépenses gelées.

Alors, on pourrait croire que ça allait paralyser le pays, mais en fait pas du tout. L'économie espagnole est aujourd'hui la plus dynamique de toute la zone euro avec une croissance insolente. En 2025, elle devait frôer les 3 % de du PIB, bien loin devant la nôtre hein, qui est quasiment au point mort.

Et en plus, l'Espagne réduit son déficit public plus vite que prévu en 2026. Il devrait d'ailleurs être inférieur à celui de la très bonne élève, l'Allemagne, ça c'est du jamais vu en 20 ans. Alors, visiblement, ça ne semble pas si grave si cette année on arrive pas à voter un budget.

Alors, les dispositions sont pas tout à fait les mêmes en Espagne et en France, notamment sur ce que vous pouvez faire en effet lorsque vous n'avez pas de budget voté. Par ailleurs, ben il est pas certain qu'on arrive à réduire les déficits, notamment les déficits sociaux. Et bien à ce moment-là, il y a également des dépenses qui naturellement vont croître.

Donc, c'est pas forcément une bonne opération. croissance qui nous qui est très faible, on a une croissance qui est très faible et puis par ailleurs encore une fois on peut pas réajuster certaines choses. Donc on va avoir quand même à terme besoin d'un budget.

Et on parlait de l'année dernière. La différence avec l'année dernière, c'est que l'année dernière on avait deux choses qui étaient différentes. C'est que un on avait pas d'élection municipal et ça évidemment arriv en mars.

Elles arrivent en mars et donc vous avez des partis politiques tendu. C'està-dire que se mettre d'accord sur un budget en décembre, c'est une chose. Se mettre d'accord en pleine élection municipale, c'est ils sont en campagne.

Et ensuite bah l'année dernière, on va peut-être y revenir aussi, on avait un instrument qu'on aime détester mais qui est pas si inutile qui s'appelle le 49. Donc justement, mais est-ce que c'était vraiment une erreur de s'en priver ? Ça paraît plutôt démocratique de la part d'un gouvernement de se dire "Je ne veux pas aller aussi loin et je laisse la main aux parlementaires." Vous savez le 49 aina à 3 c'est pas une invention de de Gaul et Debré hein les deux papas de la constitution c'est une invention de Pierre Flimelin et Guimolé.

C'est deux anciens présidents du conseil de la 4e République qui s'était posé la question "Mais de quoi est-ce qu'on aurait eu besoin pour que la 4e République tienne ?" Quand vous avez des gouvernements minoritaires, tenir notamment sur un budget est très compliqué. Et celui qui s'en servait assez bien, il s'appelait Michel Rocard.

Michel Rard avait une minorité mais cette minorité pour arriver quand même à faire passer les budgets, il avait deux groupes qui pouvaient ne pas le censurer sur un 49 à 1 à3. Vous connaissez la procédure, j'ai un texte et je dis aux parlementaires soit vous prenez mon texte, soit vous me censurez. Michel Debré euh Michel Rard [rires] donnait des amendements aux communistes à l'époque, il tenait par les communistes ou par les centristes et infiné la plupart des 49 a 3 qu'utilisait Michel Rocard ne donnait même pas vraiment lieu à une notion de censure parce qu'on s'était mis d'accord en amont.

Donc quand les députés ulent en disant "C'est un délit de démocratie, on passe par-dessus nous". Bah, ils ont tort. Disons que à l'époque notamment d'Élisabeth Borne, on a fait un usage extrêmement important, parfois un peu détourné notamment sur la réforme des retraites du 49 à3, mais c'est pas parce que l'usage a été abusif que le dispositif est moins et n'est pas bon.

Et si on revient aux ordonnances, la différence entre un 49 à une A3 et des ordonnances aujourd'hui si on devait les utiliser, c'est qu'avec un 49 à une A3, au moins il y a un vote. Donc les ordonnances sont beaucoup moins démocratiques qu'un 49 à une A3. Vous pensez qu'il y a une dissolution en vue pour terminer ? objectivement personne n'y a intérêt pour si on prend les cartes électorales aujourd'hui une dissolution ça finit de deux façons.

Soit vous n'avez pas de majorité du tout voir même en pire parce que vous aurez plus de RN et donc encore moins d'espace pour construire des budgets ou bien vous avez une majorité pour le rassemblement national c'est moins probable mais c'est possible. Donc pour Emmanuel Macron qui fin et le seul qui a qui peut appuyer sur le bouton dissolution, ça finit soit en pression via une instabilité sur peut-être une démission avec un élargissement en matière de la fenêtre d'Overton, soit sur une cohabitation. Donc on peut parier que l'intérêt des acteurs ne va pas dans ce sens-là.

Après, je dois à l'honnêteté de vous dire que j'avais pas prévu la dernière. [rires] Bon, pour ceux qui ne peuvent pas aller vous entendre à Paris 2, euh renseignez-vous sur la fameuse fenêtre d'Overton. Vous l'avez évoqué deux fois.

Benjamin Morel et je renvoie à votre ouvrage le nouveau régime ou l'impossible parlementarisme qui est paru en février de cette année aux éditions passées composées. Merci infiniment, c'était lumineux et limpide. Et on passe à notre débat donc le fameux débat sur le retour du service militaire en France 28 ans après sa suppression par Jacques Chirac et au vu des menaces russes qui planent sur l'Europe guerres terrestres et guerres hybrides.

Emmanuel Macron envisage un service militaire volontaire rémunéré qui durerait 10 mois. Les jeunes français seront-ils motivés ? Et au-delà du service militaire, l'idée de la guerre à nos portes, de l'engagement, du patriotisme, du sacrifice fracture la société.

On en débat après la mise au point de Sandrine de Calvez. Le président Macron a-t-il décidé de remonter le temps ? Cré Rangers et Garde à vous.

Il devrait annoncer demain l'instauration d'une nouvelle forme de service militaire sur la base du volontariat. Le service dans sa version obligatoire avait été abandonné en 1997. Jacques Chirac l'avait supprimé car trop cher et dépassé.

Le service militaire a été créé en 1905 à une époque où il fallait des poitrines à opposer à d'autres poitrines si j'ose dire face à un danger extérieur. Cette époque est complètement révolue. Sauf qu'aujourd'hui la France veut bomber le torse face à la Russie de Vladimir Poutine.

On est face à un monde géopolitique complètement bouleversé. On a un vrai risque aux portes de l'Europe avec la Russie qui envahit l'Ukraine. Il faut qu'on soit fort, fort, dissuasif, mais aussi près à une possible guerre selon les mots la semaine dernière du chef d'état-major des armées.

Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants parce qu'il faut il faut dire les choses. Si on n'est pas prêt à ça, alors on est en risque. Cette déclaration a ouvert une vaste polémique.

Eren et les filles ou encore le communiste Fabien Roussell ont dénoncé le discours va en guerre d'un pouvoir prêt à sacrifier ses enfants. Nous voulons perdre aucun de nos enfants, ni ici ni à l'étranger. Emmanuel Macron a pris la parole pour essayer d'apaiser la controverse.

Je pense qu'il faut vraiment supprimer toute idée confuse qui consisterait à dire qu'on va envoyer nos jeunes en Ukraine. C'est pas du tout le sens de de cette affaire. Alors, au moment où Donald Trump tente d'accélérer les difficiles négociations de paix entre l'Ukraine et la Russie sur la base d'un accord dicté par Moscou, la France comptaelle utiliser le retour du service militaire comme une arme de dissuasion face au risque de conflit. [musique] À quel sacrifice les Français sont-ils prêts ?

Nos trois invités pour ce débat. Nicolas Offenstad, bonsoir. Vous êtes historien et professeur à l'université Paren.

Je signale votre dernier essai. Le pays disparu sur les traces de la RDA. Et à propos du sujet qui nous concerne, le service militaire peut fonctionner selon vous comme une forme de mobilisation patriotique.

La question est de savoir quelle serait son utilité à l'heure des armées ultra modernes alors que le rapport au sacrifice a profondément changé en un siècle, en peine un siècle. À côté de vous, général Dominique Trincan, bonsoir. Ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU.

Votre dernier ouvrage d'un monde à l'autre. Selon vous, il ne s'agit pas d'appeler au sacrifice, il s'agit d'un engagement au sens fort du terme. Les français, ils sont prêts selon vous.

Ce qu'il faut réveiller désormais, c'est ce que l'on appelle les forces morales. Et à côté de vous, Alexandra Saviana. Bonsoir.

Vous êtes reporter, grand reporter à l'Express. Votre dernier ouvrage, les scénarios noirs de l'armée française chez Robert Lafond. Selon vous, recruter de nouveaux soldats avec de nombreux réservistes permet de montrer à un adversaire éventuel et bien que l'on est capable de riposter en cas d'attaque.

C'est un élément de dissuasion. Et on va démarrer avec le site du jour. Oui, le site internet du jour hein, regardez, c'est celui du gouvernement sur le service militaire volontaire, le smv.gouff.fr. faire 7 centres 10000 jeunes formés dont un/4 de femmes.

Alors quand on a vu ça Alexandra Savien, on s'est dit ben en fait ça existe déjà le service militaire volontaire que le président s'apprête à annoncer. Ben d'ailleurs certains médias commencent à parler de nouveaux services militaires volontaires. En fait ceci dont vous parlez, ça a été créé en 2015, lancé sous François Hollande.

C'est quelque chose qui a une vocation plus d'insertion sociale. C'est les militaires qui encadrent, qui aident des jeunes à s'insérer et à avoir ensuite une vocation professionnalisante. Et ça existe aussi sous une autre forme depuis 1961, donc bien plus longtemps en outreem avec là aussi la vocation sociale et les armée qui accompagne la jeunesse.

H alors je trqu sur les effectifs, on a vraiment pas assez de militaires aujourd'hui actifs de réservistes. Alors aujourd'hui les armées françaises arrivent à recruter le nombre de soldats dont ils ont besoin. 200000 militaires aujourd'hui.

Euh demain, après-demain, si je prends 2035, la démographie démographie française fait qu'on a pu le se le socle sur lequel recruter. Donc on doit préampter préparer cette baisse des effectifs prévisibles pour arriver à avoir un meilleur recrutement beaucoup plus fluide. Le deuxième sujet bien sûr, c'est que on avait un essai qui était le SNU depuis 10 ans à peu près.

Service national universel, un service national universel dont l'objet n'était pas de faire des soldats mais plus des citoyens. H h que ça a été donné un à cheval entre l'éducation nationale et la défense. L'interministériel ça marche pas.

Et donc quand on sait pas comment faire, on le donne à l'armée et ça marche. Et donc ça va être un projet qui a été travaillé avec les militaires, avec l'étatmajor des armées, hein. Et donc qui va prendre ça en main et euh faire en sorte que ça fonctionne et et faire en sorte de compenser cette suppression du service militaire par Jacques Chirac il y a 28 ans, Nicolas Offenstad, Jacques Chirac pensait que plus jamais de guerre, plus jamais de conflit.

C'était la fin de l'histoire. Euh on était dans cette disposition d'esprit. Ça a été une erreur, une énorme bourde selon vous.

Non, parce que vous savez, l'histoire n'est jamais donnée d'avance. Donc on tous les les tous les acteurs politiques agissent et décident en fonction des données du moment. Comment imaginer la configuration qu'on a aujourd'hui euh il y a 20 ou 30 ans ?

Donc il y a pas de raison hein de projeter aujourd'hui sur hier. Vous savez l'histoire, on le sait toujours, elle est jamais donnée d'avance. Il faut toujours voir ce qu'on appelle l'appel des possibles.

Ce qui est possible à un moment donné ne sera pas forcément ce qui arrive. Donc il y a pas de raison hein de de de juger ça rétrospectivement comme ça. Mais c'est vrai que c'est fascinant comme le la conjoncture a changé.

Elle avait déjà changé un petit peu avec le retour de la guerre dans l'ex-yuggoslavie. Oui, on avait déjà eu à ce momentl l'idée de se demander dans le fond la guerre était aux portes de l'Europe occidentale, c'était des pays évidemment avec lesquels il y avait beaucoup de liens. Donc cette idée du retour de la guerre, elle est épanneuse.

Ceci dit, je ferai juste une courte remarque sur cette question, c'est qu' il y a quand même un élément qui est encore plus changé que à l'époque de Jacques Chirac, c'est quand même la dimension européenne. Donc, il faudrait pas faire attention à faire démarrer le débat uniquement dans une arène euh française parce que ça n'a pas de sens aujourd'hui de penser uniquement l'armée, la mobilisation en dehors de l'Europe. Ah ouais.

Sauf que euh les armées européennes sont nationales et sont extrêmement différentes les unes des autres. Je vous donnerai simplement un exemple. On parle de ce service là en France.

L'Allemagne, elle n'arrive pas à recruter ses soldats et comme elle n'arrive pas à recruter ses soldats, elle voulait mettre en œuvre, le chancelole Merc voulait mettre en œuvre un service militaire obligatoire et la coalition ne l'accepte pas. Et donc, ils sont obligés de recruter très cher hein 2600 € par mois. Oui, pour inciter les gens à rejoindre.

Sa coalition politique, hein. Celle de MERS n'en veut pas. Ouais, bien sûr.

Non, la coalition politique n'en veut pas. Donc, si vous voulez, chaque pays réagit différemment. Vous avez les pays scandinaves, eux il y en a qui ont carrément remis le service militaire sur la table.

Donc chaque pays a des des des fils euh historiques qui ne sont pas similaires. Oui, mais il faut faire attention. Les militaires dans les démocraties sont soumis à la décision politique.

Or, la question de de la guerre ou de la violence, elle sera politique par rapport On voit bien que c'est un enjeu politique. Donc en ce sens, on est bien obligé de penser Europe si on pense défense par rapport aux menaces. Alors, on va évoquer avec vous trois et avec Anna le les jeunes les jeunes français.

Donc, qu'est-ce qu'ils en pensent ? Il y a eu un sondage. Visiblement, ils sont prêts à faire la guerre.

Sep hommes sur 10 de 18 à 25 ans se disent, on va le voir ici, prêt à s'engager dans l'armée en cas de guerre en France. Et chez les filles, c'est un peu moins d'une sur deux. Ça, ce sont les chiffres de l'étude sur les jeunes et la guerre du Sévip.

Mais attention, je précise quand même que ces chiffres datent de 2024. Mais on apprend aussi, plus surprenant que 60 % des 16 ans sont même prêts à sacrifier leur vie pour leur fait pour leur pays. Pardon.

Alexandra Vienna, comment vous expliquez cet élan patriotique chez les jeunes alors que paradoxalement le reste de la société semble plutôt avoir peur d'envoyer ses enfants au front ? Alors, je pense qu'il y a une une accumulturation de la société. On cit des chiffres.

Je vais quand même citer le dernier sondage qui est sorti euh qui disait que plus de 80 % 86 % des Français étaient pour un service militaire. Et chez les jeunes, les le chiffre était à plus de 70 % aussi. Donc il y a un vrai appétit manifestement pour ça.

D'après ce sondage en tout cas, pour ce qui est l'évolution justement des jeunes, je pense que ça c'est le fruit d'une acculturation tout simplement de la société au fait militaires, au risque de la guerre. On voit que l'exécutif, notamment les médias, mais surtout l'exécutif fait un effort assez conséquent depuis ces dernières années pour communiquer sur le risque qui était à nos portes. On pense notamment à la conférence de presse du général Burcat cet été qui désignait la France comme l'une des principales cibles de la Russie, si ce n'est la principale cible en Europe.

Et on pense encore à la dernière sortie que vous avez évoqué, polémique donc du général Mandon devant le congrès des maires la semaine dernière. H général Trinc. Oui, moi j'étais hier dans un lycée avec des jeunes de première et de terminale et je suis frappé de leur engagement.

Qu'est-ce que vous disait ? Comment qu'est-ce qu'il vous disait ? Ah, il me disait d'abord très très intéressé par tous ces sujets géopolitiques, vraiment très connecté hein au sujet géopolitiqu et quand vous discutez un petit peu l'engagement, ça reflète exactement les les sondages qu'il y a eu là.

C'est-à-dire, ah bah oui euh si c'est notre tour, c'est notre tour. On doit défendre on doit défendre notre pays et et ce qu'il représente au sein de l'Europe. Et donc euh vraiment pas de retrait par rapport à ça.

J'ai l'impression que c'est un peu le fait d'une génération plus âgée, vous savez, qui a peur pour ses enfants, mais eux les enfants n'ont pas peur pour eux. Voyez, c'est comme ça que je vois les choses. Nicolas.

Ouai, je serais un peu réservé sur ce type de songage parce que qu'est-ce que qu'est-ce qu'on se représente quand on dit qu'on veut bien faire la guerre, qu'on accepte la guerre ? Qu'est-ce quelle image on a derrière ? Vous savez en 1914, il y a beaucoup de soldats qui disaient "On va y aller, on sera à Berlin très rapidement." Et il y en a un qui a un soldat dans les tranchées qui a dit "l'Alsace Laoren au début, ça me motivait beaucoup mais après quelques mois dans les tranchées, j'avoue que c'est un but qui est devenu très lointain." Donc entre la guerre réelle, ce à quoi peuvent être confrontés les jeunes et ce qui se représentent, il y a quand même une marge les sondages de il voit ce qui se passe en Ukraine, j'allais vous dire, il voit que cette guerre sur le terrain, c'est une guerre.

Exact. Mais ils peuvent aussi se représenter. D'ailleurs, faudrait se demander ce que serait que guerre aujourd'hui parce que d'abord est-ce qu'elle est pas déjà sous une forme ou sous une autre engagée cette guerre avec tout un ensemble de technologies d'invasion différent sous différentes formes hybride vous faites une guerre hybride on y reviendra donc la question c'est à quoi à quoi on répond quand on s'imagine la guerre je crois qu'il faut faire attention un sondage peut-être quand même non oui ou peut-être une guerre technologique.

Je pense que ce qui est important aussi, il faut pas prendre les sondages au pied de la lettre surtout quand ils sont aussi simples parce que dans le fond ce qu'il faudrait c'est discuter qu'est-ce que ces jeunes se représentent de la guerre, quelle guerre ils ont ils auraient envie de mener. C'est pas si simple que ça. En fait, je pense qu'il y a deux éléments.

Il y a le côté vraiment les médias ont permis de parler de la guerre, de parler de la menace et ont sensibilisé au même titre que le pouvoir sur le danger qui qui est proche et qui est tangible. Et il y a aussi la question de l'imaginaire. Effectivement, là où je vous rejoins, c'est que l'armée n'a jamais euh été autant a eu n'a jamais autant eu la côte, pardon, que depuis que la conscription a été supprimée.

C'est vrai, je le reconnais. Et on voit effectivement que l'armée a retrouvé de sa superbe depuis la fin de l'antimilitarisme et depuis les désastres de la guerre d'Algérie notamment qui avait vraiment écorné son image. Donc on peut penser aussi que ce retour en grâce du militaire c'est lié à une amélioration de la communication, l'image des armées et des armées qui ont évolué tout simplement. parce que justement on est dans les années on est en pile dans tous ces moment peace and love pacifisme protestation contre la guerre du Vietnam l'heure n'était pas du tout à l'engagement militaire et regardez cet échange sur le plateau d'apostrophe de Bernard Pivot entre le dessinateur Cabu et l'écrivain Jean du Tour.

Mais vous croyez pas que les hommes aiment la guerre ? Non. Euh les imbéciles aiment la guerre.

Oh les hommes, les ça veut dire ben écoutez euh qu'est-ce que c'est la la guerre parce que vous voyez la guerre comme au technicolore au cinéma américain mais la guerre c'est vraiment la boule les tripalaires et tout ça. On peut pas aimer. On peut pas même quand on est pun simplement ça.

Vous croyez pas que les hommes aiment la guerre ? Non non non vous croyez pas. Non non parce que vous vous pensez qu'ils sont assez bêtes parce qu'ils s'emmerdent dans leur vie quotidienne pour aimer la guerre.

La guerre c'est la fuite des grandes vacances. Mais je non je crois pas. Il y a quelque chose de mieux à faire.

Cabu général Trin quand vous entendez cela, vous dites voilà c'est la fin de l'antimitarisme, de l'idéalisme même vous dire non je dis c'est n'importe quoi, pardonnez-moi. J'étais lieutenant à cette époque-là, j'avais des soldats sous mes ordres qui m'écrivent encore aujourd'hui et qui à l'époque déjà disaient "Nous, on est là pour défendre notre pays." Pourquoi je dis c'est n'importe quoi ?

Est-ce que vous croyez que les militaires aiment la guerre ? Mais les militaires sont les premiers à détester la guerre. On sait ce que c'est.

H on sait on a vu des soldats blessés à côté de soi. Tu as tu es devant soi. Mon père a été tué en Algérie.

Je suis pupile de la nation. Vous croyez que j'aime la guerre ? Non, la question n'est pas là.

La question est-ce qu'on doit s'engager pour défendre son pays ? Et moi, quand je vois ces sondages, pardonnez-moi, on peut dire "Ouais, pas bien et cetera et cetera." Ben, ils sont là et moi les jeunes que je rencontre, je les sens engagé.

Alors 57 % ça fait pas 100 % c'est sûr mais c'est déjà énorme. Plus de h s'engager jusqu'au sacrifice le contraire du pacifisme en oui c'est vrai que les choses ont beaucoup évolué je pense que vous avez raison de dire que l'image et la fonction de l'armée ont changé. Euh il y a plusieurs éléments la fin de la conscription parce que l'armée quand il y avait une armée de conscription c'était aussi des choses qui gênaient le parcours de jeunes hommes.

C'était une des officiers qu'on jugeait parfois régressifs. Il y avait donc tout tout un rapport très différent. Donc effectivement la fin de la conscription c'est un élément important.

Il y a, je crois, un autre élément aussi important, c'est évidemment la lutte contre le terrorisme parce que évidemment l'armée a là une fonction, on pourrait dire civique, sociale qui est beaucoup plus qui paraît manifeste à tous. Et donc évidemment, il y a un changement aussi dans ce qu'elle elle représente plus euh évidemment euh une armée répressive, une armée défend. Elle est dans nos rues, elle est dans les rues de Paris, elle est dans les rues, elle est elle est beaucoup plus protectrice.

Donc c'est vrai que le sens de l'engagement dans ce est très différent de ce que ça pouvait être à l'époque à l'époque de de l'antimilitarisme le plus le plus actif. On pourrait dire effectivement dans les années 70 ou encore 80 le plus visible mais en même temps Alexandre pardon pendant des années on nous a dit que c'était une affaire de professionnel et aujourd'hui tout d'un coup on nous dit bah voilà les jeunes peuvent s'engager ils peuvent être utiles il y a de quoi être déboussolés mais en même temps c'est parce que le les conditions ont changé tout simplement quand Jacques Chirac met fin à la conscription en 1996 il a deux idées en tête il y en a une qui est interne qui est que la conscription n'est plus le creusé républicain queon avait jusque là dans la mesure mesure où elle est assez inégalitaire. Il y a beaucoup une partie de l'élite qui échappe en allant non pas faire son service militaire dans la boue mais plutôt à l'arrière côté civil.

Et ensuite il y a le il y a la vision de l'extérieur c'estàd ce qui se passe. Il Jacques Chirac voit l'armée comme une armée projetée, une armée qui va faire des opérations sur des théâtres lointains et qui donc du coup ne nécessite pas d'avoir une masse aussi importante que celle qu'elle avait jusqu'à présent. Sauf que aujourd'hui, encore une fois, le théâtre a changé, le l'adversaire aussi a changé et si jamais on se retrouve dans une confrontation possible éventuelle avec la Russie, ce qui compter c'est la masse.

L'effet masse pour dissuader. Mais en même temps, à ce moment-là, Général Trinquan, il faut qu'il soit obligatoire si on veut faire masse. Non, mais attendez, de quel chiffre on parle ?

Le service de que le président va présenter demain, ça va permettre d'avoir pendant 10 mois à peu près de 5000 à 50000. L'armée française aujourd'hui c'est 210000 la une classe d'âge c'est 700000 à 800000 hommes pour ce sont des faut aller plus loin mais général est-ce qu'il faudrait aller plus loin est-ce que vous pensez qu'il faut aller au-delà et aller vers l'obligatoire certains disent bah alors puisque Benjamin tout à l'heure vous a parlé du budget hein Benjamin Benjamin Morel le constitutionniste vous a parlé du budget parlons-en équipéensé équipé entraîner équiper entraîner nourrir loger 700 100000 jeunes trois fois l'effectif de l'armée de terre de des armées aujourd'hui. Vous croyez qu'on est capable de faire ça ?

On sait pas le faire. Vous voulez réagir ? Oui.

Ce que je pense aussi c'est que cet engagement c'est pour quoi faire ? C'estàd que si c'est juste de la mobilisation patriotique pour faire quelques entraînements de gymnastique, c'est très bien mais ça mène pas très loin. La question c'est qu'aujourd'hui on sait qu'il y a une très grande technicité, vous en parleriez mieux que moi, des armées, on le voit bien, y compris en Ukraine.

Ça se joue aussi beaucoup sur des questions technologiques. On le voit le drone, l'informatique, l'internet. Donc toutes ces questions-là sont très différentes d'une mobilisation de masse patriotique.

Donc il faut faire attention. Est-ce que c'est véritablement un discours politique ou est-ce que ça aura une fonctionnalité militaire ? Et par ailleurs, pour ce qui est de de l'affrontement avec la Russie, d'une certaine manière, il est déjà là.

Donc en ce sens, on n'est pas en train de se projeter. Le un collègue allemand, un collègue historien allemand disait "La guerre, elle est déjà on est déjà en guerre la Russie, hein." Et donc du coup ça se pose quand même très ça pose donc double doublement différemment.

D'une part, comment ça se joue, je me répète, mais c'est important au niveau européen, c'est-à-dire faire des mobilisations citoyennes à l'échelle nationale, c'est quand même à mon avis relativement dérisoire tant qu'il y a pas une politique commune forte en Europe et d'autre part pour faire quel type d'affrontement ? Alors, on va évoquer une autre façon de s'engager avec vous, Anna, qui permet de ne pas éventuellement passer par la case armée, comme on dit Oui. En plaçant son épargne dans la défense, le fond la Banque publique d'investissement BPI France a lancé donc un fond spécial défense, c'était à la mi-octobre et sa particularité et bien c'est qu'il est accessible au particuliers comme vous et moi sur les modalités maintenant. 500 € d'apport minimum, 500000 € maximum.

Les sommes investis sont obligatoirement bloquées pendant 5 ans et BPI assure un rendement net par an de 5 % avant impôt. L'objectif, c'est de récolter au total 450 millions d'euros qui serviront à financer des petites et moyennes entreprises, mais aussi des start-ups françaises qui sont spécialisées dans la cybersécurité, l'armement ou l'aérospatial. et et début novembre, le fond avait déjà collecté 100 millions.

Nicolas Offenchat, l'investissement dans la défense est une autre forme de patriotisme peut-être plus rassurante sans mettre sa vie en surtout surtout je dirais elle est très classique historiquement puisque dans toutes les grands grands affrontements évidemment l'appel à l'épargne des citoyens était très important et on a tous en tête ces affiches de la mobilisation en 1418 hein pour faire ramener des fonds. Il y avait des collectes, il y avait des journées qui étaient faites soit qui avaient pour but de soit pour aider les combattants qui avaient été blessés, soit pour soutenir la la défense nationale. C'est je dirais euh une action classique de la mobilisation qui d'ailleurs rappelle effectivement qu'on est déjà dans une forme d'affrontement hein puisque c'est au moment où évidemment les où les guerres étaient les les plus coûteuses financièrement où l'économie était les plus sollicitées qu'on lançait ces fameux bons de la défense nationale ou ses formes de financement mais il y avait sans celle des appels à la à la citoyenneté pour justement que l'épargne des citoyens en France en Allemagne aux États-Unis bien sûr pendant les deux guerres mondiales soutiennent la défense nationale.

Donc c'est finalement très classique aujourd'hui. Ça prend évidemment des formes contemporaines. Alexandre Savinal disait il y a pas assez d'argent enfin quand même 57 milliards d'euros pour 2026.

Donc on met les moyens tout de même ou pas suffisamment par rapport à nos voisins par exemple européens. Mais par exemple pour vous parler du service militaire obligatoire, il y avait eu une note en mars du haut commissariat au plan qui essayait un peu de chiffrer justement cette cette demande. Pour un service militaire obligatoire, on serait sur 15 milliards. 15 milliards. 15.

Donc l'investissement paraît assez conséquent. On comprend pourquoi l'exécutif veut démarrer petit avec le service militaire volontaire. Et euh alors on est dans une dans une trajectoire où effectivement le budget des armées est en hausse.

Elle est depuis 2017 de on commence peu à peu à rattraper un retard qu'on a atteint depuis 1990 et les dividendes de la paix. Mais manifestement, il faut toujours euh continuer. D'autant plus que il y a toute une industrie de défense derrière, des commandes qui attendent, un écosystème qui doit être nourri et monté en puissance si jamais là encore l'armée veut avoir de la masse, pas seulement en terme d'effectif mais aussi d'équipement.

Ouais. Mais général Trinquant en même temps pendant des années là aussi, on nous a dit que la dissuasion nucléaire était un peu l'alpha et l'oméga de notre armée, qu'on avait pas forcément besoin d'une défense civile en quelque sorte, c'est-à-dire des citoyens qui s'engagent. Et là, on nous dit plus cela.

Alors non euh la défense la dissuasion nucléaire est le soc sur lequel la France est défendue. Vous parliez de l'Europe tout à l'heure, ça veut dire bah on s'intéresse pas aux gens qui seraient attaqués en Europe. Non, l'armée française, elle est présente en Roumanie, elle est présente en Estonie.

On défend l'Europe aussi et on la défend en étant présent. Pour suivre simplement, la France a commencé plutôt à augmenter ses budgets à 2017 mais moins fort. Ouais.

Et et s'il faut augmenter encore plus les budgets puisque il faudrait une augmentation de 13 % ça va induire une forme de rigueur d'autres secteurs risquent d'être sacrifier. Les français sont prêts à ça et ben c'est la question qu'on peut poser parlementaire et cetera. Non, si vous me posez la question à moi, je dis oui, on a peut-être un modèle social sur lequel on doit réfléchir parce que notre sécurité c'est aussi la défense.

Vous en pensez ? Alors, j'irai sur un autre point. Je pense que le modèle social au contraire, c'est une des forces du pays qu'il faut défendre.

Mais ça c'est une un débat politique. Hm hm. Par contre, là où je pense que vous parliez tout à l'heure du lien éducation nationale armée qui est un débat classique he de savoir où doit être formé le citoyens, il y a quand même un élément moi qui me frappe dans cette question. on parle de l'armée et de la défense, mais on voit bien que la Russie a des sympathisants en France, que Poutine a des gens qui trouvent finalement pas si désagrébles que ça.

Donc je pense qu'un des éléments euh importants, c'est aussi une formation critique, hein. éducation nationale qui a moyens de former des citoyens critiques qui sont capable de se faire un avis sur la situation qui sont pas soumis aux fake news, qui ont le temps avec leur professeurs d'histoire géographie d'éducation civique d'être bien formé. Ça ça me paraît un enjeu fondamental.

On voit bien le trouble qu'il peut y avoir chez certains français autour de la Russie de Poutine. Vous souscrivez à ça C'est toute la question autour de la bataille contre la désinformation des fake news, vous l'avez dit. C'est pour ça que on a aujourd'hui des organismes comme Virginum.

Encore une fois, j'en parle souvent quand on évoque ces sujetsl parce que je trouve que c'est quand même une agence assez remarquable qui justement de l'État qui cible toutes les campagnes de désinformation étrangères qui essaie de comprendre d'où ça vient et le but c'est un peu sur le modèle finlandais parce que nos voisins finlandais sont très avancés là-dessus fournir l'antidote à la désinformation. Donc non pas dire la vérité aux français mais lutter contre la guerre désinformationnelle quoi. Mais excusez-moi mais ça ça peut être fait que si vous formez des citoyens critiques qui sont capables de même à l'éducation à l'école.

Merci à tous les trois. Non non mais c'est le mot de la fin et vous êtes tous d'accord sur cette chose donc c'est remarquable. Merci infiniment d'avoir participé à ce débat.

On va rester dans l'actualité vu par Xavier Maud et Marie Bonisson. On va évoquer le 3e jour de greffe générale en Belgique contre les mesures d'économie voulues par le gouvernement et la diplomatie du sushi actionné par Taiïwan pour soutenir le Japon sanctionné récemment par la Chine. Mais d'abord le mauvais detête du jour en fin de l'amour quoi.

Le baiser comme le contact de deux muqueuses bucales. Et ben la trace du premier baiser. Oui, je précise entre primat remontré à 21 millions d'années.

H ça nous rajunit le premier baiser sur la bouche. Le baiser le palot l'appelle la galope. Le baiser sur la bouche.

Qu'est-ce que ça veut dire exactement ce que ça dit ? Merci de m'en dire un peu plus. [musique] Entendu.

La vie secrète des mots vedettes. Baiser du latin basiaret embrassé avec la bouche désigne l'action de poser ses lèvres sur quelque chose ou quelqu'un en signe de respect, de réconciliation, de reconnaissance, [musique] de piété, de désir ou d'amour. Selon une étude de l'université d'Oxford publiée le 19 novembre, le premier baisé pourrait remonter à 21 millions d'années.

Ingrid Bergman avait sa définition du baiser. Une jolie astuce conçue par la nature pour faire terre les mots lorsqu'ils deviennent superflus. Les chercheurs anglais ont la leure.

Une interaction non agonistique impliquant un contact oral oral dirigé et intrécifique avec quelques mouvements des lèvres et sans transfert de nourriture. Les experts du Palo au Paléo ont croisé les données comportementales des primates galocheurs avec l'arbre généalogique de l'espèce puis recour à un modèle statistique. Loin d'une invention culturelle humaine récente, le baiser est un [musique] trait ancien ancré dans notre biologie.

Même nos cousins néandertaliens à gros sourcil échangeaient des baisés. À l'antiquité, le baiser romain prend trois formes. Le basium, bisou intrafamilial, [musique] gage de paix et de respect, puis signe de foi jusqu'au 11e siècle chez les chrétiens.

L'coulum entre champ de même rang comme les sénateurs puis chez certains s'attrapent du 20e [musique] siècle et le bien nommé Suavium le juteux baisé des amants échangé avec la langue. Révéré par la poésie du 16e siècle popularisé par Hollywood le suavium est une charge libidoatomique. Effectuée dans les règles de l'art amoureux.

Ce baiser fatal mobilise un régiment de 19 muscles dont 17 pour la langue et bombarde les corps d'ocytocine et dopamine. Hormone d'amour, de plaisir et d'envie. Kiss h un petit suivium.

Bon h desgoulin rebonjour Marie Bonisso et Xavier Baudui. Alors Xavier lors de vos chroniques à tous les deux et avec vous on part en Belgique. Oui. 3 jours de greffe générale.

Le dernier jour c'était bah aujourd'hui euh pour s'opposer aux mesures d'économie du gouvernement et vous revenez. Ce n'est pas une vieille blague belge mais une vieille grève belge. Oui.

Ellisabeth le 18 mars 1886 éclate une grève dans la région de Liège en Belgique. Alors c'est la crise économique hein. Les conditions de vie, les conditions de travail dans les bassins miniers, les bassins industriels sont déjà difficiles.

Mais alors là c'est absolument terrible. On peut dire qu'une partie de la population est plongée dans la misère quand au même moment d'autres s'enrichissent et là des inégalités qui deviennent vraiment insupportable. Un mouvement qui prend donc de l'ampleur qui touche le HAO.

C'est la région, la province frontalière avec la France. Un mouvement très violent hein, ça tourne à l'émeutes. La répression est terrible, il y a plus d'une dizaine de morts.

Avec quelle conséquence Xavier ? pas grand-chose he pour les travailleurs, les travailleuses. En tout cas, les autorités sont surprises vraiment par ce mouvement et puis promettent de porter une attention particulière à la question sociale.

Mais c'est pas vraiment qu'économique cette histoire là, c'est aussi politique. Comment le monde ouvrier est-il représenté ? Parce que à ce moment-là, en Belgique, le suffrage est sensitaire.

C'est-à-dire que seuls ceux, ce sont les hommes qui votent, qui payent le sens, l'impôt peuvent participer aux élections. C'estàd une grande partie de la population est écarté. Donc quand la chambre constituante qui doit réécrire la loi fondamentale, bien travaille sur cette construction d'une nouvelle loi fondamentale, une nouvelle constitution, il y a beaucoup d'espoir.

Le suffrage universel enfin, sauf que le 11 avril 1893, la décision tombe. Pas de suffrage universel. Et là, du tac au tac, hein, le même jour, le parti ouvrier belge appelle à la grève générale.

La Belgique se soulève un mouvement vraiment violent qui fait d'ailleurs peur aux parti ouvriers belges qui décident très vite de calmer le jeu, de négocier. On y va calmement. Et est-ce qu'ils ont gagné les grvistes ?

Alors oui et non. Oui parce que il y a le suffrage universel, c'est-à-dire que tout le monde peut voter. Non parce que c'est le vote plural.

Le vote plural. Qu'est-ce donc ? Oui, individus disposent de plusieurs voix, peut voter deux fois, tr fois quatre fois selon son niveau de fortune, selon les diplômes dont on dispose.

Et bien ce vote plural est maintenu en Belgique jusqu'au lendemain de la Première Guerre mondiale. Mais ce qui est vraiment intéressant dans cette histoire là, c'est l'ampleur des mouvements sociaux en Belgique, que ce soit économique ou que ce soit politique, c'est très précoce. Et d'ailleurs, ça surprend ailleurs en Europe parce que mais qu'est-ce qu'ils font ces badges à se soulever ?

Vous voyez, on est vraiment aux prémises de l'application de lig de grève générale et donc au moment de la conquête des droits sociaux ou de la défense des droits sociaux, on voit que les Belges sont prêts à se battre. Donc ils sont prêts à se friter bien sûr. Oh oui, il fallait le faire mais ça tombait sous le sens.

Merci Modi oui. Alors après la frite le riz hein du riz cru. Depuis ce weekend, les taïwanais rent sur les plateaux de sushi du Ricu évidemment pour montrer leur soutien au Japon.

Oui, face à Chine. Exactement. C'est la géopolitique du ventre.

Vous allez voir dans la région c'est assez courant. Alors, je commence par vous raconter l'embrouille et puis ensuite on va manger du poisson cru. Depuis un peu plus d'un mois, le Japon a une première ministre qui s'appelle Sanae Takaishi.

C'est une ultraationaliste, disciple de feu Shinzo Abé. Et elle a osé briser un tabou en déclarant publiquement devant son parlement que si la Chine essayait de prendre le contrôle de l'île de Taïwan qui est à 110 petits kilomètres du Japon, l'armée japonaise pourrait riposter plus 10000°gr dans la marmite diplomatique [rires] parce que la Chine considère que Taïwan qui est pourtant une démocratie autonome comme faisant partie intégrante de son territoire. On attend alors des noms d'oiseaux.

Un consul chinois a carrément menacé de couper la tête immonde de la première ministre japonaise. Il a rapidement retiré ce tweet très violent et puis surtout concrètement Pékin, ça c'est la classique, a envoyé des navires militaires patrouillés à côté du Japon et puis a restreint les importations de fruits de mer japonais vers la Chine, guerre économique. C'est pour sa queue, pour remercier le Japon de soutien.

Mais voilà, tout le gratin politique taïwanais s'est mis à se filmer en train de manger gément des sushis. Ici par exemple, vous voyez le président taïwanais qui était avec un plateau de saint-jacques et de poissons à queue jaune pêché au Japon. C'était ce weekend.

Et alors, c'est pas un geste anodin parce que Taïwan depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima, c'était quand même il y a presque 15 ans, mettait encore des barrières à l'import de mer japonais. Là c'est fini, on les barrières. Ben voilà.

Non non non, c'est sushi pour tous dans les supermarchés japonais. Lopia, c'est une chaîne qui est présente à Taïwan. Vous voyez maintenant, il y a des promos depuis quelques jours sur des plateaux de sushi.

Ils ont même dessiné le président taïwanais. Voilà, pour célébrer l'amitié entre les deux peuples. On parle, j'adore, on parle de fruit de mer de la démocratie, de pétoncle de la liberté.

Je vous [rires] mettiez ça sur ma tombe. Je trouve ça très évant. Bref, et je vous je vous le disais au début.

C'est du déjà vu. Mais alors dans l'autre sens, il y a quelques années, en 2021, à l'époque Pékin faisait pression sur Taïwan et ils avaient arrêté d'importer les ananas taïwanais. Et ben, qu'avait fait Shinzoabée, le japonais en soutien ?

Il s'était pris en photo tout sourire avec des ananas de Taïwan. Quand il meurt assassiné l'année suivante à Taipei, à Taïwan donc il y a un mur d'hommage qui est dressé pour Shinzoabé, cette ami de l'île et on a retrouvé quoi ? Des ananas dessiné preuve que ça avait touché les taïwanais.

Voilà, il reste plus qu'à trouver des maquis aux ananas. [rires] Bonne idée. Fusion nourriture fusion.

Excellent. Merci de votre fidélité. Bah demain pas de sushi à 20h05.

Tus bis Morgan. he.