"Les fruits et légumes ont augmenté de 10% cette année"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse directe
Peut-on encore bien manger en France face à l'augmentation du prix des légumes et des fruits ?
- 0:49OuverteRéponse directe
On annonce plus 30%. D'ailleurs, Nadia, vous avez fait une étude sur l'accessibilité économique des fruits et légumes.
- 1:38OuverteRéponse directe
Comment expliquer cette augmentation de pratiquement 30% ?
- 4:39OuverteRéponse directe
Quand on a le choix entre un légume importé moins cher et un légume français plus cher, comment on fait ?
- 8:02OuverteRéponse directe
Fruits et légumes, face à la hausse des prix, peut-on encore bien manger en France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:19InvitéChiffre
« les légumes ont quand même augmenté de 10% en conventionnel et de 7% en bio. »
- 2:36InvitéChiffre
« Certains producteurs ont perdu 50% de leur production à cause de la canicule. »
- 4:02InvitéChiffre
« c'est 16,5% d'augmentation des prix de main-d'oeuvre depuis 4 ans »
- 4:12InvitéChiffre
« Les engrais, cette année, avec les blocages au Détroit-Dormouze, ont doublé. »
- 6:24InvitéChiffre
« une inflation générale à 20%, une inflation des prix de l'alimentaire à 33% et une inflation du prix des fruits et légumes à 60% »
- 7:17InvitéChiffre
« le rayon des fruits et légumes a produit 200 millions d'euros de bénéfices après impôt à la grande distribution »
- 7:25InvitéChiffre
« le rayon de la viennoiserie-pâtisserie a produit des pertes de 65 millions. »
Temps de parole
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Peut-on encore bien manger en France face à l'augmentation du prix des légumes et des fruits et des légumes ? On en parle avec nos deux invités. Nadia Zian, qui est directrice consommation à la Fédération Nationale Famille Rurale. Bonjour Nadia. Bonjour. Et Bruno Villain, qui est président UDC Rougeline et coprésident de Légumes des France, sachant que Rougeline, c'est une, je ne sais pas comment on pourrait dire, pas une coopérative, mais c'est une spécialité de tomates.
Oui, bonjour, tout à fait. Une union de coopératives.
Voilà, union de coopératives. Excusez-nous, émission un peu spéciale, vous l'avez entendu sur Sud Radio, on est à fond en train d'aider, en train de parler de cette réalité des incendies. On va faire ce point avec vous sur ce qui se passe suite aux augmentations du prix des fruits et des légumes. On annonce plus 30%. D'ailleurs, Nadia, vous avez, avec les familles rurales, fait une étude que l'on peut retrouver sur votre site.
Oui, absolument. En fait, on regarde le prix des produits et des fruits et légumes en particulier au mois de juin, pour savoir si cette recommandation de santé publique que tout le monde a en tête, manger au moins 5 fruits et légumes par jour et par personne, est économiquement accessible. Alors, cette année, ce dont on se rend compte, c'est que les fruits et les légumes sont des produits très climato-sensibles. Donc, il y a une partie de l'augmentation qui s'explique. Mais les légumes ont quand même augmenté de 10% en conventionnel et de 7% en bio.
Donc, ça nous inquiète forcément puisque plus les prix augmentent et plus ça impacte les budgets les plus modestes pour accéder à ces produits dont chacun a besoin, j'insiste sur ce point, pour être en bonne santé.
Comment est-ce que l'on peut expliquer, ou tout de moins Bruno Villa, vous qui êtes président de Rousseline et coprésident de Légumes de France, comment on explique cette augmentation de pratiquement 30% ?
Alors, déjà, ça, ça mérite évidemment un petit peu de pédagogie. Juste quand même, parce qu'au vu des événements, permettez-moi juste d'avoir une pensée quand même pour les gens sinistrés, des incendies et tout ce qui lutte contre les incendies, parce que c'est terrible, y compris pour les agriculteurs. Au niveau de la formation des prix des fruits et des légumes, en fait, les prix sont formés selon l'offre et la demande. Et la consommation, forcément, détermine les évolutions du prix. Cette année, les légumes ont été impactés par des aléas climatiques. Cet hiver, par énormément d'inondations et cet été, par les canicules. Ce qui a affecté, en fait, les niveaux de production.
Certains producteurs ont perdu 50% de leur production à cause de la canicule. Ce qui crée une sorte de raréfaction de l'offre. Et à côté, on a une climatologie qui pousse à la consommation de produits de saison, les tomates, les concombres, les melons, pastèques, etc. qui crée une demande plus forte liée à la météo, ce qui génère, en fait, des augmentations et des évolutions de prix liées à cette structuration du marché. Donc ça, c'est l'avis des producteurs de fruits et légumes. L'offre et la demande au quotidien. Pour vous donner quelques exemples, sur le mois de juin, moi, producteur de tomates, mon prix a varié de 90 centimes au plus bas à 2,10 euros au plus haut dans le mois. Ouah !
Mais pourquoi ? Mais comment ? Parce que quand on a des semaines où on a énormément de demandes de nos clients et qu'on n'a pas de volume, ça crée une augmentation des prix. Et au contrario, quand l'offre augmente et la demande diminue, les prix baissent. Donc, comparer des prix d'une année sur l'autre, d'un mois de juin et un mois de juin, si les conditions de marché ont évolué, ce n'est pas représentatif de la réalité des prix aux producteurs.
Pour autant, juste, les augmentations de prix des producteurs en coût de production, elles sont réelles, puisqu'avec l'inflation que nous avons eue, c'est 16,5% d'augmentation des prix de main-d'oeuvre depuis 4 ans, la main-d'oeuvre représentant 40% de le coût de production moyenne. Les engrais, cette année, avec les blocages au Détroit-Dormouze, ont doublé. Les prix des emballages ont augmenté, donc les producteurs ont subi. Et les carburants, évidemment, des augmentations significatives de coût de production.
Alors, je vais redonner la parole aussi à Nadiaziane. Mais excusez-moi, mais vous savez qu'on a, malheureusement, cette actualité qui est prioritaire aussi par rapport aux incendies, donc on ne va pas pouvoir faire très long sur ce sujet. On aura l'occasion d'en reparler sur ce radio, ne vous inquiétez pas. Nadiaziane, le problème, c'est que quand on a, nous, consommateurs, le choix entre un légume importé moins cher, mais de moindre qualité, qui a le droit d'utiliser des pesticides qu'on n'a pas le droit d'utiliser en France, etc., et un légume français beaucoup plus cher, comment on fait, quoi ? C'est-à-dire qu'on va aller, évidemment, sur ce qu'il y a de moins cher, Nadiaziane ?
Alors, le débat, il n'est pas forcément ici, parce que d'abord, on va casser une idée reçue. Les fruits et les légumes français ne coûtent pas beaucoup plus cher que les fruits et légumes étrangers. En réalité, quand vous consommez des produits de saison, vous pouvez tout à fait accéder à des produits français à des prix...
Je vais vous embêter deux secondes, mais j'ai acheté des tomates de Provence parce que moi, je privilégie la France. 8,99€ sur le marché, 8,99€ le kilo. Le petit carrefour qui était à côté, ils avaient des tomates à 4,50€ made in Espagne.
Parce que les tomates ont été particulièrement impactées par les conditions météo qu'on a eues, sachant qu'effectivement, ces conditions météo, elles ont été aussi vérifiées chez nos voisins espagnols et portugais. Mais si vous voulez, si vous isolez chaque fruits et légumes, je rejoins tout à fait ce qui a été dit juste avant. Il y a un certain nombre d'éléments qui justifient ces augmentations. Ce qui nous pose problème, ce n'est pas tant que les producteurs se rémunèreraient trop cher ou nous mentiraient sur combien ça coûte de produire. Ce n'est pas ça du tout. En réalité, vous avez deux perdants dans cette chaîne. Ce sont les producteurs et les consommateurs.
Et je vous explique pourquoi. Monsieur a tout à fait raison de dire, sur un an, il y a un certain nombre de choses qu'on peut expliquer. Là, l'augmentation du prix de la tomate s'explique par les conditions climatologiques. Ce n'est pas le sujet climatique. Ce qu'il faut regarder, c'est sur le long terme. Sur les dix dernières années, quand on a une inflation générale à 20%, une inflation des prix de l'alimentaire à 33% et une inflation du prix des fruits et légumes à 60%, c'est là que ça interroge. Parce qu'on n'a pas des météos qui expliquent que les prix augmentent tous les ans. Ça, ce n'est pas vrai de le dire.
Et donc, on s'intéresse à, si ce n'est pas que la météo, si ce n'est pas que les conditions liées aux intrants, etc., qu'est-ce qui explique que ces prix augmentent de manière si significative sur cette longue période de dix ans. Et là, on est aidé heureusement par un rapport du Sénat qui vient d'être rendu sur les marges. On a un vrai sujet autour de la manière dont la grande distribution construit ces marges. Et dans les quelques chiffres officiels dont on dispose, ce qu'on sait, et ça c'est une tendance longue ces dix dernières années, c'est qu'elle construit de la marge sur le rayon des fruits et légumes et qu'elle perd de l'argent sur d'autres rayons.
Je vais vous donner un chiffre qui parle de lui-même. On sait que le rayon des fruits et légumes a produit 200 millions d'euros de bénéfices après impôt à la grande distribution, quand le rayon de la viennoiserie-pâtisserie a produit des pertes de 65 millions. Donc très concrètement, c'est un choix aussi de la grande distribution de marger sur ces produits au détriment tant des producteurs que des consommateurs et de faire de la perte sur d'autres. Et c'est cette logique-là qu'il faut changer. J'aurais tendance à vous dire producteur-consommateur, même combat sur ce sujet.
Je pense effectivement, et malheureusement, on va devoir en rester là, que votre invité Bruno Villa, qui fait partie de Rouge Laine, entre autres, qui est maraîcher, cérisse, producteur de tomates dans les Pyrénées-Orientales également, ne peut être que sans doute d'accord avec ce que vous dites. Je suis désolée, on va devoir en rester là sur ce sujet. Je vais conclure avec cette question évidemment que l'on vous posait aussi sur la page YouTube de Sud Radio. Fruits et légumes, face à la hausse des prix, peut-on encore bien manger en France ? Je rappelle que vous êtes 82% à dire non. Et vous êtes nombreux aussi à réagir sur la page Facebook de Sud Radio.
On va effectivement continuer à parler dans quelques instants de ces incendies en France et particulièrement celui de la Gironde, bien sûr. Mais juste avant, il y aura le retour de l'information.
Sud Radio, parlons vrai.