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InterviewRTL — L'invité de 7h40 (sur Podcast)· 4 août 2026 11 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileEnvironnement & énergie

Fabrice Leggeri, eurodéputé RN et ex-patron de Frontex, appelle à "envoyer un avertissement à l'Espagne" face à la vague migratoire à Ceuta

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01OuverteRéponse directe

    Les ministres de l'intérieur de l'Union Européenne se réunissent à 10h en urgence par visioconférence pour tenter de faire front commun après la crise migratoire sans précédent de Ceuta.

  • 0:28FerméeRéponse directe

    Cette enclave espagnole d'Afrique du Nord, qui est responsable selon vous de cet afflux soudain et massif ?

  • 2:05RelanceRéponse directe

    Alors Pedro Sanchez dit que cette décision de justice est mal interprétée mais alors vous, vous pointez la politique espagnole, il y a des témoignages quand même qui montrent que le Maroc n'a pas fait grand-chose pour empêcher les migrants de passer, qu'il pourrait s'agir d'un message d'avertissement à cause du dossier du Sahara occidental.

  • 3:18OuverteRéponse directe

    Vous avez été patron de Frontex pendant 7 ans et c'est une situation que vous avez connue, vous, en 2021. Un afflux de 10 000 jeunes Marocains qui étaient venus faire pression. Le Maroc les avait laissés passer en Espagne.

  • 6:18OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce n'est pas une fausse solution alors que Ceuta est sur le continent africain et hors de cet espace Schengen ?

  • 8:26OuverteRéponse directe

    L'Espagne est sous pression. Cette réunion des ministres de l'Intérieur, dont vous parliez dans la matinée en visioconférence, qu'est-ce qui peut sortir d'une réunion ? Comment les 27 peuvent faire bloc ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:43Invité politiqueFait
    « Je crois que la politique laxiste du gouvernement espagnol de Pedro Sanchez a pour beaucoup incité ceux qui avaient envie de jouer avec une crise migratoire à tester les limites, à tester les possibilités en Espagne et pour l'Union Européenne. »
  • 0:52Invité politiqueChiffre
    « Il y a eu depuis plusieurs mois en Espagne une politique de régularisation annonçant 500 000 régularisations de clandestins qui finalement va se terminer autour de 1 million avec une conséquence sur l'ensemble de l'espace Schengen puisque ces personnes régularisées pourront circuler temporairement dans l'espace Schengen. »
  • 2:08PrésentateurFait
    « Il y a des témoignages quand même qui montrent que le Maroc n'a pas fait grand-chose pour empêcher les migrants de passer, qu'il pourrait s'agir d'un message d'avertissement à cause du dossier du Sahara occidental. »
  • 3:29Invité politiqueFait
    « Oui, alors à l'époque, l'Espagne n'avait pas souhaité le soutien de Frontex en 2021. De manière générale, l'Espagne ne souhaitait pas que l'agence Frontex, donc l'agence européenne, n'intervienne à Ceuta ou à Méli, qui est la deuxième enclave espagnole qui se trouve géographiquement en Afrique du Nord. »
  • 4:19PrésentateurChiffre
    « Donc, 83 morts, c'est le bilan minimum donné. »
  • 4:23Invité politiqueChiffre
    « 83, oui. Voilà, donc les chiffres ne cessent d'évoluer de jour en jour. »
  • 9:09Invité politiquePromesse
    « Nous avons, au Parlement européen, voté d'une manière définitive, il y a quelques semaines, un règlement qui s'appelle règlement retour, c'est-à-dire sur les expulsions de migrants, qui est un règlement extrêmement sévère comme jamais ni la France ni l'Union européenne n'en a connu. »

Temps de parole

  • Fabrice Leggeri81 %
  • Présentateur19 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

RTL Matin. Les ministres de l'intérieur de l'Union Européenne se réunissent à 10h en urgence par visioconférence pour tenter de faire front commun après la crise migratoire sans précédent de Ceuta. Bonjour Fabrice Légéry.

0:13
Fabrice Leggeri

Bonjour.

0:14
Présentateur

Eurodéputé, Rassemblement National, ancien patron de Frontex, l'agence européenne de garde frontière et de garde côte, vous l'étiez, patron entre 2015 et 2022. Alors les images, elles ont fait le tour du monde. Fin juillet, des dizaines de milliers de migrants sont entrés à pied ou à la nage à Ceuta. Cette enclave espagnole d'Afrique du Nord, qui est responsable d'abord selon vous de cet afflux soudain et massif ?

0:36
Fabrice Leggeri

Je crois que la politique laxiste du gouvernement espagnol de Pedro Sanchez a pour beaucoup incité ceux qui avaient envie de jouer avec une crise migratoire à tester les limites, à tester les possibilités en Espagne et pour l'Union Européenne. Donc il y a eu depuis plusieurs mois en Espagne une politique de régularisation annonçant 500 000 régularisations de clandestins qui finalement va se terminer autour de 1 million avec une conséquence sur l'ensemble de l'espace Schengen puisque ces personnes régularisées pourront circuler temporairement dans l'espace Schengen. Donc ça c'est l'élément je dirais de contexte politique espagnol.

Et puis il y a eu une décision de justice de la Cour suprême espagnole au début du mois de juillet qui a indiqué que les autorités espagnoles n'avaient plus le droit de reconduire immédiatement de Ceuta vers le Maroc les clandestins alors qu'il existait un accord entre l'Espagne, il existe un accord entre l'Espagne et le Maroc mais cette décision de justice a estimé que si des migrants arrivent à la nage, c'est-à-dire nage quelques centaines de mètres d'une plage marocaine vers une plage de Ceuta en Espagne, à ce moment-là on ne pouvait pas les reconduire.

Donc il y a eu si vous voulez à mon avis la conjonction des deux qui a provoqué cet afflux et puis peut-être des tests géopolitiques, des tests de tous ceux qui ont un intérêt à créer le chaos migratoire en Europe.

2:05
Présentateur

Alors Pedro Sanchez dit que cette décision de justice est mal interprétée mais alors vous, vous pointez la politique espagnole, il y a des témoignages quand même qui montrent que le Maroc n'a pas fait grand-chose pour empêcher les migrants de passer, qu'il pourrait s'agir d'un message d'avertissement à cause du dossier du Sahara occidental.

2:20
Fabrice Leggeri

Je crois qu'il faut évidemment que l'Espagne dans sa relation bilatérale avec le Maroc puisse clarifier cela. Il faut également que l'Union Européenne qui paye des sommes conséquentes au Maroc dans le cadre d'une coopération en matière migratoire devront pouvoir expliquer. Et je pense que, en tout cas, le conseil qui a lieu aujourd'hui par visioconférence entre les ministres de l'intérieur des pays de l'Union Européenne devra également évoquer cette question. Pour ma part, je participerai, je pense que c'est dans la semaine, à une réunion exceptionnelle au Parlement européen de la Commission qui s'occupe des questions migratoires et où je suis membre et coordinateur de mon groupe.

Et donc, nous avons bien l'intention de faire la lumière avec le commissaire européen, les autorités espagnoles et y compris les autorités locales.

3:18
Présentateur

Vous avez été patron de Frontex pendant 7 ans et c'est une situation que vous avez connue, vous, en 2021. Un afflux de 10 000 jeunes Marocains qui étaient venus faire pression. Le Maroc les avait laissés passer en Espagne.

3:29
Fabrice Leggeri

Oui, alors à l'époque, l'Espagne n'avait pas souhaité le soutien de Frontex en 2021. De manière générale, l'Espagne ne souhaitait pas que l'agence Frontex, donc l'agence européenne, n'intervienne à Ceuta ou à Méli, qui est la deuxième enclave espagnole qui se trouve géographiquement en Afrique du Nord. En tout cas, ce qu'il faut, de mon point de vue, c'est assurer le rétablissement de la frontière extérieure de l'Espagne et de l'Union Européenne avec le Maroc, cette frontière terrestre. Il faut évidemment faire en sorte qu'on surveille le bras de mer à cet endroit-là, que bien entendu, on fasse en sorte que personne ne puisse se noyer.

Je rappelle qu'il y a quand même 60 migrants qui ont perdu la vie, une soixantaine à peu près dans ces événements-là.

4:19
Présentateur

Donc, 83 morts, c'est le bilan minimum donné.

4:22
Fabrice Leggeri

83, oui. Voilà, donc les chiffres ne cessent d'évoluer de jour en jour. Donc, je crois qu'il faut absolument tenir cette frontière et envoyer un message très ferme à tous ceux qui auraient envie de la tester. Et puis, il faut de manière très active qu'on puisse, que ce soit l'Espagne à titre individuel ou avec le soutien de Frontex, puisque vous évoquez l'agence, il faut pouvoir renvoyer ces clandestins de Ceuta vers le Maroc, mais aussi vers d'autres pays d'origine, parce qu'on se concentre sur des Marocains. Mais je lis qu'il y a aussi des milliers de nationalités subsahariennes et donc qui ne sont pas des Marocains.

Et le Maroc ne reprend pas ces subsahariens qui sont des étrangers pour les Marocains également. Donc, c'est une situation qu'il faudra examiner avec beaucoup d'attention et il faudra agir avec beaucoup de fermeté, de détermination politique.

5:16
Présentateur

Parce qu'aujourd'hui, on est dépendant du bon vouloir des pays tiers pour sécuriser nos frontières et renvoyer les migrants.

5:21
Fabrice Leggeri

Je crois que l'une des leçons qui doit être tirée par les dirigeants européens, c'est qu'il faut être capable de protéger nous-mêmes, c'est-à-dire nos États membres à la frontière extérieure, protéger notre frontière extérieure, appliquer avec détermination les règles qui disent que si quelqu'un ne remplit pas les conditions pour rentrer chez nous, et bien cette personne ne doit pas rentrer et ne pas laisser affaiblir notre droit par tout un tas de fables qui sont racontées par des ONG, par des interprétations farfelues, diverses et variées, qui essaient de nous faire croire.

J'ai connu cette situation comme directeur de Frontex, on essaie de me faire croire qu'on n'a pas le droit d'empêcher les migrants illégaux d'entrer illégalement en Europe. C'est une fable politique, idéologique, qui fait le jeu de certains, et donc il faut agir avec détermination politique.

6:13
Présentateur

Alors plusieurs États membres, l'Italie, le Danemark en tête, ont appelé à suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, exclure l'Espagne de Schengen ou fermer les frontières intérieures. Est-ce que ce n'est pas une fausse solution alors que Ceuta est sur le continent africain et hors de cet espace Schengen ?

6:29
Fabrice Leggeri

Alors juridiquement et politiquement, Ceuta est dans l'espace Schengen, même s'il est vrai que traditionnellement, les autorités espagnoles filtrent les personnes qui montent sur des bateaux ou dans des avions entre Ceuta, donc c'est une ville espagnole située géographiquement en Afrique du Nord, et d'autre part le reste du continent espagnol. Donc il y a normalement une deuxième frontière, on va dire, un deuxième filtre, mais il faut absolument que les autorités espagnoles empêchent ces migrants, qui sont à Ceuta encore, de s'embarquer vers le reste de l'Espagne, parce qu'en quelques heures, ils pourraient arriver en France ou dans d'autres pays.

Et je m'inquiète quand même d'entendre, de lire, qu'en Espagne, il a été décidé que des soi-disant mineurs étrangers isolés seraient répartis sur le reste du territoire espagnol à partir de Ceuta, et donc ça veut dire que c'est une dissémination dans tout le reste de l'Europe. Donc pour répondre à votre question, oui, il faut envoyer un avertissement au gouvernement espagnol, qui est notoirement laxiste, ce gouvernement socialiste, et effectivement, rétablir les contrôles aux frontières intérieures, notamment entre la France et l'Espagne, est quelque chose que le Rassemblement national.

7:50
Présentateur

La quasi-totalité des 60 000 migrants sont repartis, vous parlez de laxisme, mais ils sont tous repartis.

7:55
Fabrice Leggeri

C'est ce qu'on nous dit, mais on voit aussi que les autorités locales espagnoles, qui ne sont pas socialistes, le président, maire de la ville autonome de Ceuta, mais espagnol, qui est du Parti Populaire, donc le parti de droite, on va dire, pour faire simple, s'inquiète quand même que des milliers de ces migrants restent encore à camper dans la ville. Donc, il va falloir que les autorités, à la fois espagnoles au niveau national et au niveau local, nous expliquent la situation.

8:25
Présentateur

Alors, l'Espagne est sous pression. Cette réunion des ministres de l'Intérieur, dont vous parliez dans la matinée en visioconférence, qu'est-ce qui peut sortir d'une réunion ? Comment les 27 peuvent faire bloc ?

8:36
Fabrice Leggeri

Moi, je crois qu'il faut rappeler les règles en matière de contrôle aux frontières extérieures. Il faut rappeler la fermeté, la volonté de tous les États membres, d'une majorité, en tout cas d'États membres de l'Union européenne, de contrôler les frontières extérieures, afin d'empêcher ce genre de phénomène. Et il faut aussi une politique active d'expulsion. Nous avons, au Parlement européen, voté d'une manière définitive, il y a quelques semaines, un règlement qui s'appelle règlement retour, c'est-à-dire sur les expulsions de migrants, qui est un règlement extrêmement sévère, comme jamais ni la France ni l'Union européenne n'en a connu.

Et je pense que c'est un premier outil qui devrait être utilisé, que l'Espagne souhaite l'utiliser ou non. Et je note d'ailleurs qu'Emmanuel Macron et son gouvernement, malheureusement, ne s'expriment pas dans le sens de la fermeté.

9:33
Présentateur

Dernière question, Fabrice Légéry. Vous êtes visé depuis le mois de mars par une enquête de la justice après une plainte pour complicité de crime contre l'humanité, notamment une plainte de la Ligue des droits de l'homme, qui vous accuse d'avoir facilité durant votre mandat le refoulement d'embarcations de migrants ainsi que des interceptions par les gardes-côtes libyens de bateaux qui tentaient alors de rejoindre l'Italie. Qu'est-ce que vous répondez aujourd'hui ?

9:55
Fabrice Leggeri

Tout d'abord, je réponds que pendant les années où j'ai dirigé Frontex, l'agence, sous ma direction, a sauvé à peu près 400 000 vies en Méditerranée. Je réponds que ceux qui sont complices de faire prendre des risques aux migrants, ce sont des criminels, et malheureusement les criminels, les trafiquants, les passeurs. Et malheureusement, il y a aussi, comme l'a révélé Frontex il y a encore quelques semaines, des suspicions très fortes que des ONG sont elles-mêmes impliquées dans le trafic de migrants. Donc, évidemment, lorsque des personnes sont proches de la côte libyenne et qu'elles risquent de se nourrir...

10:32
Présentateur

Donc c'est la faute des passeurs et des ONG ?

10:34
Fabrice Leggeri

C'est la faute des passeurs, essentiellement. C'est parfois une complaisance des ONG, une complaisance idéologique opérationnelle. Et puis surtout, je rappelle que le droit international, le droit de la mer, dit que lorsque l'on détecte des embarcations qui sont en train d'être en détresse, eh bien on a le devoir d'aider les autorités qui sont compétentes, et les gardes-côtes libyens sont compétents au large de la Libye. Voilà. Merci beaucoup.

11:03
Présentateur

Merci Fabrice Légeri.