Finances des partis
Ce que couvrent les chiffres de la page Finances des partis, comment les indicateurs sont calculés, et ce qu'ils ne disent pas.
Source unique
Tous les montants proviennent des comptes d'ensemble annuels que chaque parti dépose à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), publiés en open data — jeu de données « Comptes des partis et groupements politiques » (Licence Ouverte). Nous importons les exercices 2018 et suivants (référentiel comptable ANC 2018-03) ; chaque formation est identifiée par son code CNCCFP, jamais par son nom — les homonymies rendent le rapprochement par nom dangereux. Les comptes libellés en francs pacifiques sont conservés mais exclus des comparaisons en euros. Aucun chiffre n'est estimé ni extrapolé : une valeur absente s'affiche « — ».
Calendrier : chaque parti dépose ses comptes de l'année N au plus tard le 30 juin N+1 ; la CNCCFP les contrôle puis les publie vers février N+2. Les comptes 2024 sont ainsi parus le 10 février 2026 — les comptes 2025 paraîtront début 2027, et seront importés automatiquement.
Indicateurs
- Dette par type de prêteur — les trois postes d'emprunt du bilan : établissements de crédit, personnes physiques (y compris à taux préférentiel), autres formations politiques.
- Taux d'intérêt implicite — intérêts et charges assimilées de l'exercice ÷ dette moyenne (N et N-1). Non publié sous 1 M€ de dette (ratio trop bruité).
- Dette / patrimoine — total des emprunts ÷ total de l'actif net au bilan. C'est le repère de solidité mis en évidence dans le tableau : au-dessus de 100 %, la formation doit plus que l'ensemble de ce qu'elle possède.
- Structure de financement — parts de l'aide publique (fractions 1 et 2 + autres aides), des dons de personnes physiques, des cotisations (adhérents + élus) et des autres produits dans le total des produits.
- Fonds propres — somme des réserves, du report à nouveau et du résultat de l'exercice (composantes du passif).
Signaux factuels — les seuils exacts
Un signal est un fait comptable dépassant un seuil public, calculé de façon déterministe (aucune IA, aucune pondération) — une invitation à regarder de plus près, jamais une accusation ni une note. Il n'existe volontairement aucun score global : agréger ces signaux en une note unique imposerait des pondérations arbitraires.
| Signal | Règle de déclenchement |
|---|---|
| Pertes accumulées supérieures aux réserves | Fonds propres consolidés < 0 € au bilan de l'exercice. C'est un cumul de toute l'histoire du parti (réserves + résultats passés), à distinguer du résultat d'une seule année. |
| Plusieurs années dans le rouge | Résultat négatif sur au moins 3 des 5 derniers exercices publiés. |
| Aucun prêt bancaire | Dette totale ≥ 1 M€ sans aucun emprunt auprès d'un établissement de crédit (financement par des particuliers ou d'autres formations). |
| Emprunts plus chers que la moyenne | Taux d'intérêt implicite (intérêts payés ÷ dette moyenne N/N-1) ≥ 1,5 × la médiane des partis suivis endettés d'au moins 1 M€, même exercice. |
| Financé surtout par l'argent public | Aide publique (fractions 1 + 2 + autres) > 60 % des recettes (« produits »), pour les formations d'au moins 500 k€ de recettes. |
| Comptes non publiés | Formation suivie absente du fichier CNCCFP de l'exercice le plus récent publié. |
| Liens financiers avec d'autres partis | Prêts + créances + emprunts + contributions entre formations ≥ 100 k€ cumulés sur l'exercice. |
Limites de lecture
- Périmètres hétérogènes. Les comptes sont consolidés : un parti à fédérations (PS, LR…) intègre leurs comptes locaux, un parti centralisé non. Comparer des totaux, c'est comparer des périmètres différents.
- Aide publique via structures liées. Dans les coalitions, l'aide peut être perçue par une entité pivot puis reversée : un « 0 € » d'aide directe n'est pas une absence de financement public.
- Cycles électoraux. Les années d'élections gonflent dépenses, emprunts et dévolutions — un exercice isolé n'est pas une tendance.
- Flux inter-partis agrégés. Le fichier open data ne publie pas le détail nominatif (qui prête à qui) ; ce détail figure dans les annexes publiées au Journal officiel. Une relation nommée n'apparaît sur le site que documentée par une source vérifiable.